Santé : l’ONG EMMNR sensibilise sur la lutte antivectorielle et renforce la prévention du paludisme
Fidèle à son engagement en faveur de la santé communautaire, l’ONG Ensemble Main dans la Main Niger-Russie (EMMNR) a tenu, en août 2025, dans les locaux de son siège à Niamey, une nouvelle session de son séminaire médical mensuel « Pour sauver des vies », consacrée à un enjeu vital : la lutte antivectorielle. Une thématique d’autant plus pertinente que cette rencontre intervient en pleine saison hivernale, période où le Niger enregistre traditionnellement les pics les plus élevés de paludisme, une maladie étroitement liée au cycle des pluies.
Animée par le Dr Balkissa, cette rencontre a permis d’expliquer de manière claire et pratique les mesures de prévention contre les moustiques, principaux vecteurs du paludisme. L’oratrice a rappelé que la lutte antivectorielle repose sur trois volets complémentaires : des mesures individuelles comme l’usage d’insectifuges, le port de vêtements couvrants et surtout l’utilisation des moustiquaires imprégnées, considérées comme l’arme la plus efficace contre les piqûres nocturnes ; des mesures domiciliaires, allant de l’installation de grillages aux fenêtres à la pulvérisation d’insecticides rémanents et à l’entretien régulier des réservoirs d’eau ; et enfin des actions péri-domiciliaires, telles que le drainage des eaux stagnantes, le ramassage des déchets servant de gîtes larvaires et la couverture hermétique des jarres et fûts.
« La lutte antivectorielle ne se limite pas à la maison, elle concerne toute la communauté. Éliminer les gîtes larvaires et se protéger individuellement, c’est protéger sa famille et son voisinage », a souligné le Dr Balkissa devant un auditoire attentif.
Cette session arrive à point nommé, car la saison hivernale correspond à la période où le Niger enregistre traditionnellement les pics les plus élevés de paludisme. Comme dans la plupart des pays sahéliens, la transmission culmine entre juin et octobre, avec un pic marqué en août-septembre.
En 2020, le Niger a enregistré plus de 4,3 millions de cas et 6 098 décès liés au paludisme, contre 3,6 millions de cas en 2019. Plus récemment, en 2023, on estime à 3,94 millions le nombre de cas suspects et confirmés, pour 4 461 décès recensés. Le paludisme reste ainsi l’une des principales causes de mortalité dans le pays, représentant 28 % des maladies signalées et 50 % des décès dans les établissements de santé. Les enfants de moins de cinq ans sont les plus vulnérables, concentrant près des deux tiers des cas et jusqu’à 75 % des décès.
Les participants, venus nombreux comme pour les autres sessions, ont saisi l’occasion pour poser des questions pratiques : comment traiter l’eau de consommation sans danger, que faire des pneus usagés qui retiennent l’eau de pluie, ou encore quelles précautions prendre dans les zones à forte nuisance. Ces échanges ont mis en lumière un besoin fort d’information accessible et adaptée au quotidien des populations.
Au-delà des explications techniques, l’ONG EMMNR a tenu à rappeler que ces séminaires visent avant tout à renforcer l’autonomie sanitaire des communautés. « La médecine n’est pas seulement dans les hôpitaux, elle commence dans nos foyers, par des gestes simples et collectifs », a rappelé un responsable de l’organisation.
En clôture de la séance, l’ONG a distribué des moustiquaires imprégnées aux participants, symbolisant la cohérence entre la sensibilisation et l’action concrète. Une démarche saluée par les bénéficiaires, pour qui cette dotation représente une protection immédiate et tangible contre le paludisme.
Avec cette initiative, l’ONG EMMNR confirme son rôle de pont entre expertise médicale et mobilisation citoyenne, en instaurant une culture de prévention collective, indispensable dans un pays où le paludisme demeure l’une des principales causes de mortalité.