samedi 13 août 2022

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Prévention et gestion du choléra dans la région de Maradi : l’Unicef Niger au cœur de l’action [Reportage]

colera maradi

« Je me mouille les mains, je place un morceau de savon dans le creux de la main, je frotte mes paumes entre elles, je frotte le dessus des mains et entre les doigts, je frotte les pousses et leur base ainsi que les articulations et les ongles, je frotte aussi les poignets, je rince les mains et les poignets avant de les laisser sécher correctement ». C’est ainsi que du haut de ses 9 ans la petite Ihsane de l’école Madarounfa centre applique les huit étapes du lavage des mains telles que préconisées par l’Organisation des Nations Unies pour l’Enfance (Unicef). Comme Ihsane, les élèves des écoles situées dans les 19 hotspots installés au Niger dans le cadre de la gestion de l’épidémie de choléra maitrisent parfaitement la technique du lavage des mains qui a permis en 2018 de stopper la propagation du choléra dans le district sanitaire de Madarounfa, l’un des plus touchés par le choléra, dans la région de Maradi.

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Habibou Jika, technicien d’hygiène et d’assainissement à l’hôpital de district sanitaire de Madarounfa salue à juste titre les efforts de l’Unicef dans le cadre de la prévention et de la gestion du choléra ; « l’Unicef, c’est notre partenaire de proximité. Elle a beaucoup intervenu, surtout pendant l’épidémie de choléra en 2018. Grâce à l’appui de l’Unicef, on a formé beaucoup d’agent chlorateurs dans 33 villages frontaliers du Nigéria. Ces agents ont appris notamment la technique de chloration et de désinfection de l’eau et ont travaillé dans leurs propres villages. Ils ont fait l’objet d’un suivi permanent aussi bien pendant l’épidémie qu’après. Et jusqu’à ce jour, le district sanitaire garde le contact avec eux et n’hésite pas à faire appel à leur savoir-faire en cas de besoin ». En plus de la formation et de l’équipement de ces agents, l’Unicef a aussi doté ces villages de points d’eau modernes. Au niveau des villages et des hameaux n’ayant pas pu bénéficier de point d’eau, le concours de l’Unicef a permis de traiter les puits qui assurent l’approvisionnement en eau potable des populations. Le district sanitaire de Madarounfa dispose encore aujourd’hui d’un important stock de produits fourni par l’Unicef pour le traitement des puits et la désinfection de l’eau.

En outre, le district sanitaire est doté de dispositifs de lavage des mains. Les agents de santé, les patients et leurs accompagnants sont tous sensibilisés sur l’importance du lavage des mains dans le cadre de la lutte contre le choléra qui est appelé maladie des mains sales. Ainsi le lavage des mains est systématique aussi bien à l’entrée qu’à la sortie de l’hôpital de district. En effet, 80% des infections sont transmis par les mains. Or, un bon lavage des mains de 30 secondes permet d’éliminer 99¨% des bactéries qui s’y trouvent. Selon les spécialistes, se laver les mains peut prévenir environ 30% des maladies liées à la diarrhée et environ 20% des infections respiratoires comme le rhume.

Pour optimiser les efforts de lutte contre le choléra, le district sanitaire, toujours avec l’appui de l’Unicef, a formé les points focaux santé scolaire. Ainsi chaque école est dotée d’un dispositif de lavage des mains et dispose d’un groupe d’enseignants formés sur les questions d’hygiène. Selon M. Sani Ajika, point focal hygiène et assainissement à l’inspection de l’enseignement primaire de Madarounfa, ce sont environ quatre-vingt (80) écoles de son inspection qui été touchées par la campagne de sensibilisation sur l’importance du respect des règles d’hygiène. Toutes ces écoles ont ensuite été dotées d’un dispositif de lavage de main et du savon de Marseille. 128 enseignants ont été formés pour accomplir cette tâche et veiller au respect strict de l’hygiène en milieu scolaire au niveau de cette inspection. « On remercie vraiment l’Unicef pour avoir initié ces bonnes pratiques en matière d’hygiène », affirme Sani Ajika.

Les différentes actions ainsi mises en œuvre ont permis de créer un changement de comportement au niveau des élèves et d’enregistrer des avancées significatives au niveau des communautés locales. C’est pourquoi aucun cas de choléra n’a été enregistré en 2019 à Madarounfa qui a été pourtant été l’épicentre de l’épidémie une année auparavant.

Dans le même ordre d’idées, l’Unicef a également construit 2003 latrines familiales et 9636 latrines ATPC latrines au niveau des villages de la commune de Jiratawa dont certains sont déjà déclarés fin de défécation à l’air libre au début de l’année 2020.

En somme les interventions de l’Unicef sont multiples et multiformes dans la région de Maradi. Elles se déclinent en plusieurs composantes, à savoir la mise en œuvre de l’assainissement total piloté par la communauté (ATPC), la réhabilitation et l’amélioration des capacités des infrastructures hydrauliques, la promotion de l’hygiène, la distribution des intrants, la désinfection des point d’eau et des latrines dans les villages victimes d’inondation ainsi que la formation et l’équipement des brigades de désinfection. L’impact de ces actions est très visible au niveau des communautés locales qui les apprécient à leur juste valeur, car elles contribuent à améliorer les indicateurs dans les secteurs sociaux de base. Toutes ces actions ont été possibles grâce à l’appui financier de Direct Aid International, une ONG des Emirats Arabes Unies.

Garba Boureyma

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Garba Boureyma



Commentaires  

0 #1 Bagnou 25-01-2020 08:28
Je suis une enseignante qui vie a tibiri , j'ai un élève très intelligent qui a un problème de vision il voit de loin difficilement et de près seulement sur une ardoise. J'aimerais bien avoir l'aide d'unicef pour cet enfants.
École Nord 3 tibiri( Maradi)
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