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Migrants revenus de Libye 24 09 2019

Grâce à l’appui de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), un contingent de 149 nigériens sont rentrés volontairement au pays, dans la nuit du 24 au 25 septembre, en provenance de Libye. Acheminés par vol charter depuis Misrata à l’aéroport de Niamey, ils ont été pris en charge avant d’être dirigés vers leurs régions d’origine, où ils bénéficieront d’un programme de réintégration. Quelques heures après leur arrivée, notre reporter est allé à la rencontre de quelques uns de ces retournés volontaires

La fin d’un calvaire ! C’est un peu, le sentiment qui animait Ayouba L., lorsqu’il a foulé le sol nigérien. A 46 ans, ce migrant nigérien vient de passer des mois de souffrances en Libye. Il fait partie des 149 nigériens qui ont été volontairement rapatriés au pays, dans la nuit du 24 au 25 septembre, grâce au programme de Retour volontaire humanitaire (VHR) mis en place par l’OIM Niger en collaboration avec l’OIM Libye. C’est par un vol charter que le contingent a été acheminé à l’aéroport international Diori Hamani de Niamey, en provenance de l’aéroport de Misrata, en terre libyenne.  «  Je suis natif de Tchadoua dans la région de Maradi.  Je suis marié et j'ai laissé mes deux femmes ainsi que mes neufs (9) enfants, pour aller en Libye. Là-bas, j'ai commencé à travailler et quelques temps après, je me suis fait arrêté. J'ai juste fait 3 mois en Libye dont plus de deux mois en détention. J'ai été arrêté pendant que j'étais en train de travailler. J’étais docker.», nous confie-t-il, le regard encore hagard, alors qu’il se préparait à rejoindre le bus qui va l’acheminer chez lui. Aussitôt arrivés, les retournés volontaires sont,  en effet, convoyés dans leurs régions respectives avec les titres de transports que l’OIM Niger leur a offert.

 Sur son retour au pays dans des circonstances assez singulières, Ayouba n’a aucun regret. « C’était la meilleure option ! Je ne suis pas parti pas dans ce pays par plaisir, mais pour travailler et gagner un peu d’argent pour subvenir aux besoins de ma famille. Les conditions de séjour et de travail en Libye sont épouvantables. Bien que je n’ai passé que quelques mois, j’ai mesuré l’ampleur de la souffrance que vivent les migrants dans ce pays », poursuit Ayouba, qui tient à ajouter qu’il a été, tout comme les autres bénéficiaires du programme d’aide au retour, bien pris en charge par les agents de l’OIM et bien accueilli à Niamey. De quoi presque effacer, l’instant d’un moment, les tristes souvenirs de la Libye. « Nous sommes heureux d'être rentrés chez nous. Je vais rentrer à Maradi dès demain. Ma famille sait que j'ai été arrêté en Libye mais elle ne sait pas que je suis rentré au pays. Auparavant à Maradi, je faisais un peu de commerce, et je compte reprendre mon activité dès mon retour », poursuit Ayouba L. avant d’embarquer dans le bus qui était en train de démarrer.

Ayouba migrant 

Ayouba L : " revenir au pays etait la meilleure option,les conditions sont difficiles en libye"

« La Libye, c’est terminé pour moi. Plus jamais ça dans ma vie ! »

L’histoire de Ayouba, c’est aussi un peu celle des autres migrants comme Zabeirou M.  A 34 ans, c’est aussi un ex-détenu. « J'ai une femme et 4 enfants, auxquels s’ajoutent 2 enfants de mon grand frère, et 3 autres de mes frères, que mon père a laissé à ma charge, à sa mort. Je suis de Maradi et c’est là-bas que nous vivons. Cela fait 6 ans que j'avais quitté ma famille pour la Libye où je travaillais comme ouvrier agricole. A vrai dire, je ne gagnais pas grand-chose mais je parvenais à envoyer le peu que je gagnais,  directement à ma famille », nous raconte-t-il, presque sur le ton de la confidence. Avant de poursuivre : « je suis tombé malheureusement malade à un moment, et  je n'avais pas assez d'argent pour rentrer au pays.  Mes proches ont cotisé et m’ont envoyé de quoi rentrer au pays, et c’est en cours de route que nous avons été arrêtés avec d’autres compatriotes par les forces de l'ordre libyenne. Nous ne savions pas qu'il était interdit de traverser la frontière.  Nous avons été  ramenés à Misrata, et malgré ma maladie, j’ai été placé en détention pendant plus de 8 mois. J’ai bénéficié d’un traitement pendant 6 mois ». Sur son retour au Niger, Zabeirou M. souligne que c'est grâce à l'appui des agents de l’OIM Niger, qu’il a pu regagner sa terre natale. « Depuis la Libye, ce sont les agents de OIM qui se sont occupés de nous, c'est eux qui faisaient tout pour nous. Dès  notre arrivée, nous avons reçu de l'aide.  Nous avons reçu à manger et à boire », poursuit-il, avant de revenir sur les conditions de son séjour en Libye ainsi que ses projets d’avenir. « Maintenant que je suis rentré au pays, j'aimerais vraiment faire du commerce, même si malheureusement je n'ai ni la force et ni les moyens. Mais c’est mieux de tenter quelque chose au pays, parce qu’en Libye, la situation est déplorable. Il est impossible de raconter certaines choses, mais à ceux qui rêvent  encore de partir dans ces pays, je leur recommande de rester chez eux, de chercher à faire quelque chose, aussi petit que ce soit et d’oublier ce rêve d'aller dans ces pays. Pour moi c'est terminé, plus jamais je ne penserai à retourner dans ce genre de pays», conseille Zabeirou M., avant de prendre aussi place dans le bus, en compagnie des autres compagnons d’infortune, tous visiblement fiers d’avoir regagné le Niger. 

Atou G. (le prénom a été modifié),  a une autre histoire. A 20 ans, cette femme au foyer et mère d’une fille, a quitté la Libye où elle a laissé son mari. « Je suis de Niamey, et cela fait 1 ans et 2 mois que j'étais en Libye où je vivais avec mon époux. Je ne faisais rien là-bas, et j'ai décidé de rentrer au Niger car j'ai assez de vivre là-bas. Il y a beaucoup de problèmes et les conditions de vies en Libye sont très difficiles », témoigne-t-elle, les larmes aux yeux.  « Mon époux travaille là-bas et lui n'est pas encore prêt à rentrer au pays » poursuit-elle, avec une voix où se mélange une certaine amertume mais aussi du regret d’avoir perdu des années. Sur les conditions de son retour, c’est avec une émotion à peine contenue qu’elle tient à remercier les agents de l’OIM, pour la prise en charge dont elle a bénéficié, elle et les autres nigériens qui ont décidé de rentrer volontairement au pays. « À notre arrivée à Niamey,  nous avons reçu de l'aide de la part de l’OIM. Nous avons été pris en charge et on nous a remis chacun une somme pour nous permettre de rentrer. Les agents de l’OIM nous ont dit que nous allons recevoir encore de l'aide, pour mener des activités. Moi, j'aimerais bien reprendre mes études ».

Migrants revenus de Libye 24 09 2019 BIS

Programme de réintégration pour les retournés

Après leur retour, et en plus de la prise en charge dont ils ont bénéficié, les migrants reçoivent une aide de la part de l’OIM, afin de faciliter leur réintégration et leur permettre d’entamer des activités génératrices de revenus.

Abdoul Rachid Amani, est assistant en charge de la réintégration à l’OIM Niger. Il explique le processus: « À l'arrivée des migrants, nous enregistrons leurs contacts ainsi que leurs identités. Nous prenons également les numéros de téléphone de leurs proches, et pour une identification complète, nous enregistrons leurs empreintes digitales. Nous avons des sous-bureaux dans plusieurs régions notamment à Tahoua ; Zinder ; Niamey et à Tillabéry, à partir desquels les agents de l’OIM Niger se déplacent pour assurer le suivi et rencontrer les bénéficiaires de l’aide. Le processus de réintégration commence d’abord par ce qu'on appelle le counseling. C'est-à-dire que lorsque la personne vient vers nous, nous aussi ; nous nous déplaçons pour aller à sa rencontre, dans son environnement, pour voir quel type d'activité elle aimerait mener. Dans le cadre du processus de réintégration, nous partons du principe que les personnes qui sont de retour, après avoir quitté leur pays où leur ville, étaient membres d’une communauté, qui est leur origine. Le but de la réintégration, c'est justement de leur créer des opportunités. Tout dépend donc des attentes de la personne, certains par exemple peuvent décider de mettre en place une activité génératrice de revenus, d'autres peuvent opter pour une activité professionnelle ou carrément retourner à l'école. Dans des cas très rare, ils peuvent demander à bénéficier d’un suivi psychosocial. Nous sommes aussi en train de mettre en œuvre des programmes de formation. En effet, nous nous sommes rendu compte qu'il ne servait à rien de donner des kits aux bénéficiaires sans pour autant les former. Nous allons donc  commencer par former les bénéficiaires, qui vont par la suite recevoir des kits pour entamer l’activité qu’ils veulent. Par exemple, pour la région de Tillabéry, il est prévu des formations en technique d'élevage et également une formation en GERME afin de leur apprendre comment gérer une petite ou une moyenne entreprise (PME). A la fin de cette formation, chacun peut se lancer dans ses activités afin de se réaliser chez lui. C’est en gros, les opportunités de la réintégration pour les retournés qu’offre l’OIM Niger. Après la période de mise en œuvre du projet, nous faisons des séances de monitoring ainsi que d’évaluation. La réintégration est en effet, un processus à long terme, et c'est pour cela que nous avons besoin de l'appui de tous, nous avons vraiment besoin de l'appui des autorités locales, des autorités coutumières et religieuses ».

Pour l’heure, et selon les explications que nous avons reçu, la mise en œuvre du programme se déroulent bien et les résultats sont édifiants. Il arrive toutefois que certains retournés, tentent à nouveau  de retourner vivre l’aventure. Cette opération de rapatriement n’est pas la première du genre que mène l’OIM Niger, en collaboration avec les autorités.  Le programme de Retour volontaire assisté et de réintégration fait parti du Mécanisme de Ressource et de Réponse pour les Migrants (MRRM), financé par l'Union Européenne. Près de 16.000 migrants ont déjà bénéficié d'une aide au retour volontaire en 2018 alors que le total pour 2017 était un peu plus de 7.000.

Abdoul Karim Moumouni (Actuniger.com)

Commentaires  

+1 #1 Amadou Anabi Jikan Galabi 26-09-2019 20:02
Merci ,OIM! Malheureusement! Avant de se faire inscrire certains gens qui travaillent ou non à l'ambassade du Niger à Tripoli prendre de l'argent au mains de ces Migrants.
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0 #2 Momo 27-09-2019 08:59
Effectivement, il faut faire bcp de communication pour informer les migrants.. Beaucoup se font arnaqués avant d’être conduits dans vos bureaux. On leur fait croire que la prestation est payante
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