Résilience climatique au Sahel : de nouveaux engagements pour accélérer la mobilisation des financements en faveur des CDN

Ouverts le 21 septembre à Niamey, les travaux de l’atelier régional de suivi de la mise en œuvre des Contributions déterminées au niveau national (CDN) ont pris fin ce jeudi 23 septembre 2026, avec de nouveaux engagements pour accélérer la mobilisation des financements en faveur des Contributions déterminées au niveau national (CDN) pour les pays du Sahel. Organisée à l’initiative de la Commission Climat pour la Région Sahel (CCRS), en collaboration avec le Ministère de l’Environnement ainsi qu’avec l’appui des partenaires techniques et financiers dont la BAD, l’UNICEF et le PAM, la rencontre a réuni les experts, les responsables nationaux en charge des CDN et du financement climatique, ainsi que des représentants des partenaires techniques et financiers des pays du Sahel autour d’un enjeu majeur : évaluer les progrès accomplis, partager les retours d’expérience et renforcer la synergie régionale face au défi climatique. À l’issue des trois journées de travaux, les participants ont échangé et défini une feuille de route pour des actions concrètes et adaptées aux enjeux majeurs du moment, celui de réduire l’écart entre les engagements climatiques pris par les pays membres et les financements effectivement mobilisés pour leur mise en œuvre.
Un pas de plus vers la résilience climatique au Sahel ! C’est avec cette note de satisfaction, qui résume le sentiment général, que se sont achevés les travaux de l’Atelier régional de suivi de la mise en œuvre des Contributions déterminées au niveau national (CDN), qui se sont déroulés du 21 au 23 septembre 2026, à Niamey, à l’initiative de la Commission Climat pour la Région du Sahel (CCRS) et des partenaires.
Après trois (03) jours de travaux, les participants venus des 17 États membres de la CCRS ont échangé autour d’un enjeu majeur pour la résilience climatique au Sahel, celui de réduire l’écart entre les engagements climatiques pris par les États et les financements effectivement mobilisés pour leur mise en œuvre.
La cérémonie s’est déroulée en présence du Ministre de l’Hydraulique, de l’Environnement et de l’Assainissement, le Colonel Maïzama Abdoulaye, aux côtés de la Coordinatrice du Système des Nations Unies, Mme Djanabou Mahondé, de l’ensemble des membres du Gouvernement et des partenaires du Sahel.
Et parce qu’agir aujourd’hui, c’est bâtir un environnement durable et assurer un avenir plus résilient pour les populations sahéliennes, la rencontre, qui a réuni des experts des pays membres de la CCRS, des responsables nationaux en charge des CDN et du financement climatique, ainsi que des représentants des partenaires techniques et financiers, a permis de prendre de nouveaux engagements pour renforcer le partenariat entre la CCRS, les États membres, la Banque Africaine de Développement (BAD), le Programme Alimentaire Mondial (PAM), l’UNICEF et les autres partenaires mobilisés pour faire avancer des solutions de financement et de résilience adaptées aux réalités du Sahel.
Mobiliser les acteurs et les partenaires en faveur de la mise en œuvre des CDN
Le ton a été donné dès la cérémonie officielle d’ouverture de l’Atelier, qui s’est tenue lundi 23 septembre à l’Hôtel Bravia de Niamey, avec la participation remarquable de hautes autorités nigériennes, de représentants du corps diplomatique, d’organisations internationales et de partenaires au développement.
Elle a été marquée par l’allocution de bienvenue du Gouverneur de la Région de Niamey, le Général de division Assoumane Abdou Harouna, les interventions des partenaires, l’allocution de M. Issifi Boureima, Secrétaire exécutif de la CCRS, et le discours d’ouverture du Ministre de l’Environnement, de l’Hydraulique et de l’Assainissement, le Colonel Maizama Abdoulaye.
Dans son discours introductif, le Secrétaire exécutif de la CCRS a souligné que le premier cycle de CDN a mis en évidence des ambitions fortes, mais aussi des ressources insuffisantes, une fragmentation des approches et des mécanismes internationaux de financement qui peinent encore à répondre à l’urgence et aux réalités du terrain sahélien.
Face à ce constat, la CCRS entend favoriser « une approche plus coordonnée entre les États membres ». Pour le Secrétaire exécutif, les nouvelles CDN doivent permettre de renforcer la territorialisation des ambitions climatiques et leur articulation avec les priorités de développement des pays. Elles doivent surtout se transformer en portefeuille d’investissements bancables, capables de mobiliser la finance mixte, l’Article 6 de l’Accord de Paris et les ressources du Fonds Vert pour le Climat (FVC). Il a également salué et remercié les partenaires multilatéraux et bilatéraux pour la sincérité et la constance de leur engagement aux côtés de la région.
Cette orientation traduit la volonté de la CCRS de faire du financement climatique un véritable levier de résilience et de transformation économique au bénéfice des populations sahéliennes. Et c’est dans ce cadre que s’inscrit cet atelier portant sur des défis stratégiques et des enjeux majeurs, a mis en avant M. Issifi BOUREIMA, en sa qualité de responsable de l’institution organisatrice de cette importante rencontre régionale.
Au Niger, les objectifs de la CDN alignés sur les priorités nationales
En procédant officiellement à l’ouverture des travaux de l’Atelier, le Ministre de l’Environnement, de l’Hydraulique et de l’Assainissement, le Colonel Maizama Abdoulaye, a salué l’engagement de la CCRS aux côtés du Niger et du Sahel dans le cadre de l’action climatique et réaffirmé l’engagement du Gouvernement du Niger en faveur de l’institution. Il a également souligné la cohérence de la CDN 3 du Niger avec les priorités du Programme de la Refondation de la République (PRR).
« Le Niger a compris très tôt que l’avenir de notre souveraineté passe par notre capacité à nous adapter au changement climatique », a déclaré le ministre nigérien. C’est pourquoi, a-t-il poursuivi, conformément aux orientations du Président de la République, Chef de l’État, et sous la coordination du Premier Ministre, le Niger a engagé, à travers son département ministériel et l’appui des partenaires, la formulation de sa Contribution Déterminée au niveau National, la CDN Le PM 3.0, pour la période 2025-2035, a souligné le ministre Maizama Abdoulaye. Et d’ajouter que cette nouvelle CDN du Niger n’est pas un document de plus, mais la déclinaison climatique du Programme pour la Refondation de la République (PPR) et donc cohérente avec nos priorités, notamment la souveraineté alimentaire, l’accès à l’énergie et la création d’emplois pour notre jeunesse qui représente plus de 50 % de la population. « Notre CDN 3.0 est ambitieuse, mais réaliste. Elle est ancrée dans nos réalités et place les communautés, les jeunes et les femmes au cœur de l’action », a soutenu le Ministre de l’Environnement.
Le Colonel Maizama Abdoulaye a aussi saisi l’occasion pour mettre en avant les avancées enregistrées par le Niger ainsi que les défis qui persistent pour le pays et ses alliés de l’AES, au cœur de la réponse climatique au Sahel. Le Ministre a salué l’appui des partenaires avant d’exhorter les experts des pays membres à faire preuve d’engagement pour le succès des travaux, conformément aux termes de l’agenda, afin que la région soit mieux outillée pour la mise en œuvre des nouvelles CDN. « Le Niger réaffirme son engagement à œuvrer pour que les résultats de cet atelier soient traduits dans nos politiques nationales, budgets et projets », a enfin assuré le représentant du Gouvernement.
Agir aujourd’hui pour bâtir un environnement durable pour les populations
Auparavant, les représentants des partenaires techniques et financiers ont également pris la parole pour rappeler les enjeux de cette dynamique, l’importance du renforcement du partenariat et la nécessité d’accélérer la mobilisation des financements en faveur des CDN des pays du Sahel, afin de prendre en charge efficacement les défis du moment et d’atteindre les objectifs visés.
Dans son allocution, Mme Djanabou MAHONDE, Coordonnatrice Résidente a.i. du Système des Nations Unies au Niger et intervenant au titre de l’appui de l’UNICEF et du PAM, a placé au centre des échanges une question essentielle : comment passer de l’ambition climatique à des investissements concrets qui améliorent réellement les conditions de vie des populations ?
Dans cette dynamique de réponse aux défis identifiés, Mme MAHONDE a salué le leadership de la Commission Climat pour la Région du Sahel (CCRS) et l’engagement des États membres et partenaires. Elle a de ce fait estimé que cet atelier illustre la force du partenariat entre la CCRS, les États membres, la Banque Africaine de Développement (BAD), le Programme Alimentaire Mondial (PAM), l’UNICEF et les autres partenaires mobilisés pour faire avancer des solutions de financement et de résilience adaptées aux réalités du Sahel.

« Les pays du Sahel ont relevé leur ambition climatique. Le défi est désormais de transformer cette ambition en programmes solides, finançables et effectivement mis en œuvre. Notre responsabilité collective est de réduire l’écart entre les engagements pris et les investissements réellement mobilisés sur le terrain, en nous appuyant sur les priorités nationales, des données robustes et des résultats mesurables », a ajouté la Coordinatrice par intérim du Système des Nations Unies au Niger (SNU Niger).
Dans le Sahel, cette urgence est déjà une réalité quotidienne, a mis en évidence Mme Djenabou Mahonde, qui a notamment cité les sécheresses, les inondations, la dégradation des terres et la variabilité climatique qui fragilisent les moyens d’existence, les systèmes alimentaires et la nutrition. « Elles affectent aussi l’accès à l’eau, à la santé et à l’éducation. Et les enfants en subissent souvent les conséquences les plus durables. Une sécheresse peut aggraver la malnutrition. Une inondation peut interrompre la scolarité ou l’accès aux soins. La raréfaction de l’eau peut peser davantage sur les femmes et les filles », a déclaré la Représentante résidente de l’UNICEF au Niger, pour qui, « la crise climatique est donc aussi une crise du développement humain ». Et de souligner qu’« elle nous oblige à regarder ensemble ce que nous traitons encore trop souvent séparément : climat, sécurité alimentaire, nutrition, eau, santé, éducation, protection sociale, moyens d’existence et capital humain ».
Pour les communautés, en effet, ces défis ne sont pas séparés, a souligné Mme MAHONDE. « Nos réponses ne devraient pas l’être non plus », a-t-elle plaidé avant de souligner la nécessité de mieux relier les investissements climatiques à la sécurité alimentaire, à la nutrition, à l’eau, à la santé, à l’éducation, à la protection sociale et au capital humain. Elle a également insisté sur l’importance de renforcer les capacités nationales afin de transformer les priorités climatiques en projets bancables et crédibles, et de développer des mécanismes de financement mieux adaptés aux réalités du Sahel.
« Le succès de nos CDN ne se mesurera pas seulement au volume des financements mobilisés. Il se mesurera à notre capacité à transformer ces ressources en résultats concrets et durables pour les populations et les écosystèmes. Vous pouvez compter sur l’engagement du Système des Nations Unies, et notamment sur les expertises mobilisées par l’UNICEF et le Programme Alimentaire Mondial, pour continuer à accompagner le Gouvernement du Niger et la CCRS dans cette ambition. Parce qu’au bout de chaque CDN et de chaque mécanisme de financement, il y a une communauté qui veut mieux résister au prochain choc, une famille qui cherche à préserver ses moyens d’existence, et des enfants dont l’avenir dépend des décisions que nous prenons aujourd’hui. Financer l’action climatique au Sahel, c’est investir dans la résilience de nos territoires, protéger les acquis du développement et investir dans le capital humain et l’avenir des générations futures », Madame Djenabou MAHONDE, Coordinatrice par intérim du Système des Nations Unies (SNU) et Représentante résidente de l’UNICEF au Niger.
Faire de la finance climatique un levier structurant de transformation des économies sahéliennes
Prenant la parole au nom de la Banque Africaine de Développement (BAD), M. Mamadou TANGARA, responsable-pays de la BAD au Niger, a rappelé l’accompagnement de longue date apporté par la Banque à la CCRS. Il a souligné la nécessité d’une action collective, structurée et durable face à l’ampleur des défis climatiques auxquels le Sahel est confronté.
Il a indiqué que la BAD consacre aujourd’hui plus de 40 % de ses financements au climat et mobilise plusieurs instruments destinés à aider les pays africains dans la préparation de projets, le renforcement des capacités et l’accès aux financements climatiques. Elle dispose également d’une plateforme africaine pour les Contributions Déterminées au niveau national (CDN), conçue pour soutenir les pays africains dans la mise en œuvre de leurs engagements au titre de l’Accord de Paris.
Après la cérémonie d’ouverture, les travaux se sont poursuivis du 21 au 23 septembre 2026 autour de plusieurs séquences techniques. La première journée a été consacrée à l’état de la mise en œuvre des CDN révisées, avec des communications des différents pays membres. La deuxième journée a porté sur les financements innovants pour la mise en œuvre des CDN et a été l’occasion pour la CCRS de présenter l’Initiative 4x5 Résilience Sahel, qui a été suivie d’échanges avec les participants.
La troisième journée a été enfin consacrée à l’opérationnalisation de la Plateforme Régionale des Points Focaux de l’Agenda CDN des pays membres de la CCRS, à travers la validation de ses termes de référence et l’actualisation de son plan d’actions. Une communication conjointe UNICEF/CCRS sur les préparatifs du webinaire de présentation du Children’s Climate Risk Report aux pays membres.
Au-delà des objectifs fixés à l’atelier, cette rencontre a permis à la CCRS de consolider le dialogue entre ses États membres et leurs partenaires, et ainsi contribuer à faire évoluer les CDN, de simples cadres d’engagement climatique, vers de véritables instruments de mobilisation des investissements, adaptés aux priorités et aux réalités de la Région Sahel.


Abdoul Karim Moumouni (actuniger.com)



