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montage attaque MPLJ

L’armée nigérienne a annoncé avoir repoussé, mardi 10 février aux environs de 15h30, une tentative d’attaque armée contre le site pétrolier de Djibeila-Agadem. Selon un communiqué du ministère de la Défense, grâce à la « réaction prompte et fulgurante » des FDS, plusieurs assaillants ont été neutralisés et des équipements ainsi que du matériel militaire récupérés. D’après la même source, les assaillants armés, venus à bord d’une dizaine de véhicules, ont été poursuivis et contraints de se replier vers le Tchad d’où ils étaient venus. Il faut dire que, comme le mouvement l’a lui-même revendiqué, les autorités militaires nigériennes ont attribué ce nouvel assaut au MPLJ de Moussa Kounai, un groupe rebelle en guerre contre le régime du CNSP et qui s’est attribué, ces derniers mois, la paternité de plusieurs attaques contre les installations pétrolières du pays, à partir de ses bases tchadiennes. De quoi susciter des interrogations sur l’entente entre Niamey et N’Djamena.

Ce n’est pas une accusation officielle du gouvernement nigérien à l’égard de N’Djamena, mais dans le contexte géopolitique et sécuritaire actuel, l’indexation par Niamey du Tchad comme base du MPLJ n’est pas fortuite et laisse la porte à plusieurs interprétations. Bien qu’il faille appeler un chat par son nom, elle a de quoi apporter de l’eau au moulin de ceux qui, comme les opposants à son régime, accusent le Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno de jouer un double jeu de « souverainiste » et « anti-impérialiste », tout en restant proche de la France, l’ancienne puissance coloniale en guerre ouverte avec les pays de la Confédération des États du Sahel (AES). D’autant qu’il y a quelques jours, coïncidence hasardeuse peut-être, le chef de l’État tchadien était à Paris où il s’est entretenu avec son homologue français, Emmanuel Macron, que les autorités nigériennes accusent de tentative de déstabilisation en se servant de relais dans la sous-région.

 

Une attaque du MPLJ conduite depuis le Tchad mais repoussée par les forces nigériennes

Dans un communiqué publié quelques heures après l’assaut, le ministre d’État en charge de la Défense, le Général d’armée Salifou Mody, a informé que le mardi 10 février 2026, aux environs de 15 h 30, la position CNPC de Djibeila, située dans le bloc pétrolier d’Agadem, dans l’est du pays, a été la cible d’une « tentative d’attaque armée menée par des individus armés de la nébuleuse de mercenaires de Moussa Kounai du MPLJ ». Selon la même source, les assaillants sont venus à bord d’une dizaine de véhicules.

« La réaction prompte et fulgurante des FDS a contraint ces mercenaires à se replier en débandade, abandonnant du matériel et des équipements militaires », a ajouté la même source qui fait cas d’un véhicule, de trois (03) armes de type AK47, de munitions, de roquettes et de téléphones Android. « Des corps de mercenaires ont également été abandonnés sur le terrain et d’autres emportés », a assuré le ministère nigérien de la Défense, qui précise qu’une course-poursuite a aussitôt été engagée par les Forces de défense et de sécurité (FDS) pour « rattraper les rescapés des assaillants en repli en direction du Tchad d’où ils sont venus ».

Dans son communiqué, le ministre de la Défense n’a pas fait cas de pertes dans les rangs des forces nigériennes mais, au nom du Président de la République, Chef suprême des Armées, il a souhaité un prompt rétablissement aux soldats blessés. Le Général d’armée Salifou Mody a aussi saisi l’occasion pour « féliciter l’ensemble des FDS et les encourager à persévérer dans la lutte contre nos ennemis ».

 

Une attaque revendiquée par le MPLJ de Moussa Kounai

Il faut dire que le Mouvement Patriotique pour la Liberté et la Justice (MPLJ) a officiellement revendiqué cette attaque du site pétrolier de Djibeila, dans la zone stratégique d’Agadem. Dans un communiqué signé de sa direction, le MPLJ a affirmé avoir mené « une opération militaire ciblée » contre « les forces de défense et les infrastructures pétrolières présentes sur le site ». Le groupe dirigé par Moussa Kounai a revendiqué « la destruction de trois véhicules militaires, d’importants dégâts matériels sur les installations pétrolières et la mort d’au moins 24 éléments des forces de défense et de sécurité », tout en reconnaissant « la perte d’un de ses combattants et plusieurs blessés dans ses rangs avant le repli de ses unités ».

Dans son communiqué, le MPLJ, que Niamey qualifie de « mercenaires », a affirmé vouloir poursuivre ses actions jusqu’à la chute des autorités militaires actuellement au pouvoir au Niger, qu’il qualifie de « régime illégitime ». Il a présenté l’attaque comme « un acte de lutte visant à imposer un ordre politique fondé, selon ses termes, sur la justice, la dignité et la souveraineté populaire ».

Le MPLJ a aussi réaffirmé sa mise en garde directe aux acteurs du secteur pétrolier opérant dans la zone d’Agadem, notamment l’entreprise chinoise CNPC, principal partenaire de l’État du Niger dans l’exploitation du pétrole. « Toute collaboration avec les autorités nigériennes exposerait désormais les installations, les intérêts économiques et les personnels à de nouvelles attaques », a menacé le MPLJ, qui n’en est pas à sa première action du genre contre les installations pétrolières du pays, notamment le pipeline d’exportation du brut Niger-Bénin qu’il a saboté à plusieurs reprises.

 

Le MPLJ, un nuage qui risque d’assombrir les relations entre Niamey et N’Djamena

Actif dans le nord-est du pays, le MPLJ est un mouvement politico-militaire apparu au lendemain du coup d’État militaire du 23 juillet 2023, qui dit se battre pour « la libération du président Bazoum Mohamed » et « la restauration de l’ordre constitutionnel ». Depuis, le mouvement, basé désormais au Tchad voisin, s’est radicalisé en déclarant la guerre ouverte contre le régime de la Refondation du CNSP dirigé par le Général d’armée Abdourahamane Tiani.

Revendiquant des centaines de combattants, le mouvement rebelle constitue une menace désormais prise au sérieux par les autorités militaires du Niger, ce qui risquerait de ternir la bonne entente entre Niamey et N’Djamena. Pour l’heure, on n’en est pas encore là, comme en atteste le séjour en terre tchadienne, la semaine dernière, à l’occasion du FISCA, d’une délégation de haut niveau conduite par le Premier ministre Ali Mahamane Lamine Zeine. Au Niger pourtant, et principalement parmi les soutiens du régime, l’opinion commence à s’agacer du mutisme du régime de Déby fils sur la présence du MPLJ sur son territoire, sans que le gouvernement tchadien ne s’en lave encore les mains !

Aboubacar Yacouba Barma (actuniger.com)



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