lundi 28 novembre 2022

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Sani, jeune mendiant : « en demandant de l’aumône, nous sommes agressés au niveau des certains carrefours par des personnes au volant de leurs véhicules »

Interview enfant mendiant

Célébrée le 16 juin de chaque année, en souvenir du massacre des enfants de Soweto, la Journée de l’Enfant Africain est une occasion pour les Etats et les organisations protégeant les enfants de passer en revue la question du respect des droits de ces derniers.  Le thème de cette édition 2022 de la Journée de l’Enfant Africain (JEA 2022) est : l’«Élimination des pratiques néfastes affectant les enfants: Progrès sur les politiques et pratiques depuis 2013».

Au Niger, l’accent a été mis sur la mendicité qui prend de l’ampleur car des milliers de personnes y compris des femmes et des enfants s’adonnent à la pratique. Il faut noter que cette fête coïncide avec la situation des enfants mendiants nigériens retournés du Sénégal et du Ghana, ce qui a constitué la raison principale pour laquelle le Ministère de la Promotion de la Femme et de la Protection de l'enfant a décidé d'organiser la cérémonie officielle sous le thème de « la mendicité, un phénomène qui gangrène notre société ».

En cette occasion, la rédaction d'ActuNiger a choisi de faire parler les enfants par des enfants et surtout d'un sujet au coeur des préoccupations de nos gouvernants : la mendicité.

Dans l’interview qui va suivre, cet enfant mendiant a touché du doigt l’ensemble des violations de leurs droits qui sont nées de l’état de mendicité dans lequel ils se trouvent, le plus souvent malgré eux. Sani, c’est le nom que nous avons donné à cet enfant âgé seulement de dix (10) ans qui pratique la mendicité dans la ville de Niamey. 

ActuNiger : Comment tu t’es retrouvé dans la mendicité et depuis quand tu pratique cette activité?

En effet, c’est du Nigeria que ma maman m’a envoyé ici à Niamey, plus précisément dans le quartier Goudel, où je fais des études coraniques chez un marabout. Ça fait aujourd’hui deux (2) ans que je mendie, parce qu’il faut que je sorte pour trouver à manger, mais aussi avoir quelques pièces d’argent qui vont me permettre de faire parfois des économies. Quand je gagne de l’argent, c’est un trou que je creuse pour cacher une partie malgré les risques que ma cachette soit découverte par d’autres personnes plus âgées.

Parle-nous de ton quotidien ?

Le matin nous sortons à partir de huit (8) heures pour revenir à la mi-journée. L'après-midi également nous repartons pour revenir en début de soirée. Parfois, il m’arrive de rentrer dans la nuit, surtout les jours où nous n’étudions pas. Bref, il n’y a que les dimanches que je me repose.

Est ce qu’il t’arrive d’être maltraité ?

Oui, c’est surtout au niveau des carrefours (rond-point) que nous subissons de la violence lorsque nous nous  approchons de certaines personnes au volant de leur véhicule, pour leur demander de l’aumône. C’est en ce moment qu’ils sortent leur cravache, pour essayer de nous fouetter. Il y a des fois, où nous esquivons les coups et malheureusement, il y a aussi des moments où avant même qu'on se rende compte, on a déjà reçu le coup.

Interview enfant mendiant BIS

Si on t’offre un choix entre la mendicité et l’école, lequel tu vas choisir ?

Je préférerais être à l’école comme beaucoup d’enfants de mon âge. Si aujourd’hui je ne suis pas sur les bancs de l’école, c’est parce que mes parents ne m’y ont pas inscrit. Ils ont préféré que j’apprenne le Coran en lieu et place de l’école française. En plus d’aller à l’école, je peux vous dire que, je souhaiterais devenir soldat quand je serais grand.

S'il t'était donné la possibilité d'envoyer un message aux parents des enfants mendiants, quel serait-il?

L’appel que je lance à nos parents, c’est de nous inscrire à l’école et ainsi de nous éviter la mendicité. Là où je suis, je passe la nuit chez des voisins.

Quant à l’Etat, nous lui demandons de créer les conditions qui nous permettront de nous scolariser. Car tout ce que voulons aujourd'hui, c'est d'aller à l’école et de rompre avec la mendicité. 

Interview réalisée par Aaliyah Salifou Ibrahim âgée de 16 ans

 

 

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Commentaires  

+1 #1 TOTO A DIT 19-06-2022 04:54
: 8) :-* TOTO A DIT dit :
N'importe quel ADULTE politicard du Niger est un MENDIANT par essence , vivant par parasitage, non seulement, sous le dos du pauvre contribuable , sans valeur ajoutée vérifiée pour la masse , mais aussi des aides multiformes de la communauté internationale , avec création inutile , budgétaire pour caser des rats transhumants politiques comme disait Macky Sall ou des KOUDA ( mouches ) d'après feu TANDJA ,paix à son âme .
Pour preuve quelle est la valeur ajoutée réelle de cette kyrielle inutile de conseillers et autres postes à redondance pour caser des amis et sympathisants politiques en passant de ministres à Députés , as well.???
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-1 #2 Foutadjalo 19-06-2022 06:37
Essaye de parler des causes de la mendicité de ces jeunes gens au lieu de dire qui c est les études coranique qui les obligent à mendier
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0 #3 Webdubois 19-06-2022 10:39
Jamais le Niger en tant qu'etat n'a mendie que sous le reigne satanique du maudit trafiquant. La mendicite des nigeriens c'est culturel. Elle s'apprend a bas age et prospere avec la complicite passive voir active de la societe entiere. Sortez cet enfant de la rue, un autre prendra sa place. Cela n'a rien a voir avec la misere ou le manque d'education ou d'opportunites. Ils trouvent juste que c'est plus facile de mendier aux carrefours que de cirer les chaussures dans les rues ou de porter les bagages. Vous voulez y mettre fin, traitez les comme il faut c'est a dire comme des escrocs inutiles a eux memes et a la societe entire car c'est ce qu'ils sont. Arretez de leur donner du cash et pour ceux dont l'ame est trop genereuse pour s'empecher de donner, donnez leur des vivres, du pain, etc. Quand mendicite ne rimera plus avec enrichissement sans effort, alors ils trouveront autre chose a faire.
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0 #4 Blackmarket 20-06-2022 10:54
Au Niger, nous avons tellement cultivé et institutionnalisé la mendicité qu'elle fait désormais partie intégrante de notre identité. Le Niger est mondialement reconnu comme étant le premier pays producteur et exportateur de mendiants au monde. Ce n'est pas l'Etat, dont le chef meme se balade dans le monde pour mendier, qui trouvera une solution à un problème dont il fait partie.
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