dimanche 4 décembre 2022

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Niger, un vrai potentiel à exploiter… souverainement !

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Les populations du Niger sont parmi les plus pauvres de la planète, mais le pays n’est pas dépourvu de ressources économiques, dont un bon usage pourrait favoriser le décollage économique du pays dans les années qui viennent. À la condition que le Niger fasse les bons choix pour son développement, avec des partenaires choisis en toute souveraineté.

Sortir le Niger du fond de classement de la pauvreté. Outre celui de sa propre stabilité politique, c’est certainement le plus grand défi que doit relever le président Mohamed Bazoum depuis son arrivée au palais présidentiel à Niamey en 2021. Il faut dire que les indicateurs du Niger ne sont pas bons : 29e place du continent africain (sur 54) en termes de PIB, et 189e place (sur 189) dans le classement mondial de l’indice de développement humain (IDH). Dans ces conditions, progresser un tant soit peu est certainement compliqué mais pas impossible. À condition de repenser le cadre de ce développement, et de faire fructifier, au profit de nos frères nigériens, des ressources qui ne manquent pas !

Les ressources ne manquent pas

On ne peut pas parler du Niger sans évoquer l’Uranium : le pays apparait au 4e rang mondial pour la production d’uranium et au 6e rang pour ses réserves. Si l’intérêt des pays étrangers pour l’uranium du Niger – ou de Namibie – est en train de remonter à la faveur de la crise énergétique amplifiée par l’invasion russe en Ukraine, les dernières années avaient connu un creux. En 2020, le pays a exporté 2904 tonnes d’uranium, pour des recettes de 145,7 milliards de francs CFA, contre 4282 tonnes en 2013, soit 302,8 milliards. Mais le Niger ne se résume pas qu’à l’uranium, il dispose aussi d’or, de pétrole et de gaz.

De fait, l’État nigérien a des ressources, modestes certes mais son budget est en légère hausse depuis 3 ans : 2266,15 milliards de francs CFA en 2020, 2644,54 milliards en 2021 et 2888,80 milliards en 2022.

Des financements étrangers bienvenus

Et ces financements sont nombreux. Par exemple, le Niger a rejoint en 2021 un programme phare de la Banque mondiale, Scaling Solar, pour la construction d’une centrale solaire photovoltaïque près de Niamey. L’objectif pour le Niger, d’ici 2035, est de produire 30% de ses besoins grâce à l’électricité verte. Plus récemment, dans ses relations bilatérales avec ses partenaires traditionnels, le Niger a signé de nouveaux accords. En juillet par exemple, Niamey et Paris ont renouvelé leur pacte de coopération, tant au niveau économique que sécuritaire dans la lutte contre le terrorisme qui sévit au Sahel, avec son cortège de massacres que subissent par exemple nos frères maliens ou burkinabè.

Deux nouvelles conventions d’assistance ont été signées. La première (10 milliards de FCFA) couvre le renforcement des finances publiques, la reconstitution de stock de sécurité alimentaire et le rétablissement des services essentiels. La seconde (33 milliards) financera le Projet de renforcement des réseaux de distribution et d’amélioration d’accès à l’électricité (PREDAC), qui devrait assurer l’électricité à deux millions de personnes à travers tout le pays. À cela s’ajoute le financement par l’AFD depuis 2017 du programme Misola et de ses unités de production de farine infantile afin de lutter contre la malnutrition des enfants nigériens.

Sur le plan économique, des pays que l’on ne soupçonne pas croient eux aussi en l’essor du Niger. En juillet également, le Luxembourg a signé 4 nouveaux protocoles de coopération dans des domaines essentiels pour la progression de l’État de droit et les conditions de vie de la population, comme les finances publiques (3,7 milliards), l’assainissement de l’eau (26,2 milliards de FCFA), l’éducation (6,5 milliards), ou encore l’accès à l’emploi pour les jeunes et pour les femmes (22,9 milliards). La coopération entre les deux pays, qui remonte à 1989, ne s’est jamais démentie. Ces nouveaux protocoles courent jusqu’en 2026.

Des investissements privés ciblés

Des entreprises étrangères sont elles aussi en train d’investir dans le pays, et ce sera aux autorités de Niamey de veiller à ce que ces investissements bénéficient pleinement à la population nigérienne dans son ensemble. Par exemple, les Canadiens sont en train d’investir dans l’industrie minière : l’entreprise Global Atomic Corporation va investir (131 milliards) là où les Français ont choisi de se désengager, en construisant une mine de production d’uranium à Dasa au nord du pays, qui devrait être opérationnelle en 2023. D’autres pays continuent d’investir dans l’uranium nigérien, comme la Chine avec la China National Nuclear Corp (CNNC) dans la mine d’Azelik.

De son côté, l’entreprise française Orano (ex-Areva) n’opère plus que deux gisements d’uranium, après la fermeture de la mine d’Akouta l’an passé. Malgré cela, Orano vient de lancer le projet PADA-ITA (Projet d’appui au développement agricole de l’Irhazer, du Tamesna et de l’Aïr), aussi appelé Projet Irhazer (11,4 milliards). Objectif : développer l’irrigation, au profit de l’élevage et de l’agriculture, sachant que la nouvelle locomotive du pays, l’agriculture, devrait permettre au Niger de connaître une croissance de +7,1% en 2022 ! L’intelligence dicte donc d’investir massivement dans le secteur primaire.

Des initiatives étatiques qui donnent de l’espoir

Les améliorations structurelles sont aussi en train de fleurir, comme le montre la mise en place d’un guichet unique pour la gestion du commerce extérieur nigérien. Niamey a fait appel à Webb Fontaine, une société technologique basée à Dubaï, pour accroître ses recettes publiques et améliorer l’efficacité des transactions commerciales, à commencer par les procédures de dédouanement. « Le guichet unique du commerce extérieur est une mise à niveau très attendue qui renforcera la position du Niger en tant que partenaire commercial et stimulera également son commerce international », s’est réjoui le secrétaire général de la Chambre de commerce et d’industrie, Ousmane Mahaman, puisqu’il s’agit de lui. Ce guichet unique sera sûrement l’un des outils au service de l’économie du pays, suite à la réintégration du Niger au sein de l’ITIE (Initiative pour la transparence des industries extractives). Il en avait été suspendu en 2017 à cause de pratiques floues en matière de contrats d’exploitation. Depuis, Niamey a pris des engagements et mis en place de nouvelles mesures susceptibles de ramener la confiance.

Choisir librement ses partenaires

Pour faire murir ces bonnes intentions, le Niger a besoin de multiplier les partenariats, non au bénéfice de quelques intérêts particuliers, mais au profit de tous, et du long terme. Et loin des discours idéologiques fumeux et plus ou moins manipulés. Comme l’a dit à juste titre l’éditorialiste camerounais Alain Foka, peu suspect de francophilie, l’Afrique doit refuser la condescendance et les modèles imposés, d’où qu’ils viennent. « Il faut se faire entendre et se faire respecter par des positions claires et cohérentes, par des propositions stratégiques concrètes. (…) Nous devons pouvoir discuter avec nos partenaires en oubliant définitivement l’idée que notre salut passera par un autre. En bannissant définitivement l’idée qu’une puissance étrangère viendra encore installer son diktat. Les Russes ne sauraient remplacer d’autres. […]! Nous sommes ouverts à tout le monde du moment que c’est bénéfique pour le continent. » Donc Russes, Français, Canadiens ou Chinois même sont les bienvenus, du moment que nous traitons d’égal à égal, au profit de tout le pays.

Une logique à appliquer également au champ sécuritaire

Reste la question sécuritaire, si prégnante au Sahel sur lequel plane la menace jihadiste. Le président Bazoum a choisi une double stratégie, mêlant politique de main tendue avec l’EIGS (État islamique au Grand Sahara) et offensive militaire comme on a pu le voir près de la frontière avec le Burkina dans la zone de Torodi et Gotheye en mai dernier. Une stratégie que ses voisins scrutent d’un œil intéressé et à laquelle ses partenaires internationaux – comme la France et ses soldats invités sur le sol nigérien – sont invités à apporter appui et expertise. Cette approche nouvelle, centrée sur la souveraineté nationale, pourrait servir de modèle aux pays de la région, tous embourbés dans une guerre contre les groupes islamistes radicaux qui ne voit aucune issue malgré les grands discours des pouvoirs militaires. La meilleure arme contre les jihadistes, c’est la démocratie et le développement, et c’est ça la vérité. Car comme le dit ce proverbe nigérien empli de sagesse, « l’ennemi vaincu par la vérité ne reviendra jamais ; l’ennemi vaincu par les armes reviendra certainement. »

Issouf Dembélé

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Commentaires  

0 #1 EMMS 13-10-2022 17:54
Changeons tous et nous verrons comment cet innocent pays va développer.
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