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Badiehima1

Il y a quelques jours, j'ai appelé à des discussions ouvertes et inclusives pour sauver le processus électoral, en particulier sur le sujet qui fâche en ce moment, tant les positions entre majorité et opposition sont restées tranchées, plongeant le cycle électoral dans une impasse. Plusieurs journalistes, des militants de la société civile et des leaders politiques m'ont interpellé pour contribuer par des propositions concrètes pouvant aider à aller de l'avant. Certains acteurs politiques m'ont donné leur version des faits. J'en étais autant ému que j'ai rassuré que ma flamme militante est restée intacte, inusable et intemporelle.

 

Comme vous savez, j'ai contribué avec vous tous, dans la limite du champ des droits de l'homme, de la gouvernance démocratique et l'organisation des élections, à asseoir des bases et des acquis, dont je vois, à distance, certains voler en éclat. Que les dirigeants actuels tolèrent cette position que je peux défendre en donnant les éléments caractéristiques, mais là n'est pas mon propos d'aujourd'hui. Faisant le constat que la crise actuelle est lointaine et est née du boycott du second tour de l'élection présidentielle, de la non reconnaissance du Président sortant comme Président élu, et ensuite du boycott par l'opposition des travaux ayant conduit à l'élaboration du Code électoral actuel, ce qui en fait, de facto, un code non-consensuel, je voudrais à la veille du CNDP du 1er octobre 2018, faire les suggestions suivantes, sur les principes et sur le fond.

Sur les principes :

  1. L'acceptation par tous les blocs de l'opposition de prendre part au CNDP du 1er octobre portant sur la révision de la loi électorale. Il n'y a pas un autre cadre pour trouver un consensus. L'opposition est libre d'y aller ou de ne pas y aller. Je n'ai pas d'enseignement à lui donner, elle sait plus que quiconque où se trouvent ses droits et ses intérêts. Elle peut objecter qu'il n'y a pas de volonté politique chez son adversaire politique, mais elle a la responsabilité d'y aller. Y aller défendre ses droits politiques et les droits des électeurs qui fondent la légitimité de son action.
  2. L'acceptation par le gouvernement de remettre le Code électoral sur la table, en particulier sur les points de désaccord. Le gouvernement n'aura pas de répit tant qu'un consensus n'aura pas été trouvé, qu'il l'avoue ou qu'il ne l'avoue pas.
  3. Le CNDP doit revenir au principe du consensus qui a commandé à sa création. En dehors de l'idée de consensus, il n'a pas de raison d'être et il doit disparaitre pour faire place à la rue et au parlement. Ainsi le gouvernement doit reconnaître qu'il n'a pas, seul, le monopole de la vérité et du droit et accepter que les forces politiques et sociales oppositionnelles ne soient pas d'accord sur les questions électorales, politiques, sociales et économiques majeures de la nation. L'un des piliers d'un processus électoral inclusif, transparent, juste, équitable, donc crédible, reste et demeure la représentation de l'ensemble des forces politiques de la compétition électorale. Toutes les parties peuvent avoir des prétentions légitimes mais seul un cadre inclusif et consensuel peut permettre, à chacun, à court, moyen et long terme, de les réaliser légitimement.
  4. La force ne fonde pas le droit.

Sur le fond :

  1. La révision de la composition de la CENI.
  2. la représentation de l'ensemble des forces politiques au sein de la CENI, pour les 12 mois précédant le jour des scrutins et les 3 mois après le scrutin, nécessaires à l'élaboration et à l'adoption du rapport général. Les forces politiques doivent toutes être à la fois actrices et observatrices des étapes majeures du processus électoral. En amont des 12 mois, le CNDP servira de cadre de discussion inclusive, durant les 4 années sur 5 du mandat présidentiel, sur les questions électorales et les reformes, en lien avec le Bureau des 4 membres qui doivent être permanents pour le mandat de 6 ans renouvelable une fois (article 13 du Code). Le mode de représentation majorité/opposition (articles 13 et 17), ne nous parait ni juste, ni équitable. Pire, il a été porteur de méfiance et de crise dans d'autres pays.
  3. La participation des représentants des partis politiques au sein des bureaux de vote, le bureau de vote doit être la vitrine de la transparence et de la représentativité (revenir à l'ancienne composition des Bureaux de vote).
  4. L'adoption par consensus du cahier de charges de l'opérateur qui aura en charge le fichier biométrique et le choix par consensus de l'opérateur.
  5. L'implication des partis politiques dans les audiences en cours sur l'état civil. L'état civil a été et reste encore le tendon d'Achille des élections en Afrique pendant que la procuration et le témoignage en sont les infirmités. Si vous n'avez pas un bon état civil, c'est une minorité qui va élire le Président de la République d'une part, si vous ne participez pas à l'état civil, d'autre part, ne soyez pas surpris que demain les franges de la population qui adhèrent à votre projet de société soient exclues du fichier biométrique. Le fichier actuel en est un exemple.

Je souhaite un CNDP qui sera l'amorce d'un consensus sur les questions électorales et politiques.

Dr Badie Hima, Membre du Bureau de la CENI 2004

 

 

Commentaires   

+3 #1 Haha 01-10-2018 16:12
Ils savent tous quoi adopter mais comme c'est tous des hypocrites ils préfèrent ne pas mettre en place des institutions fortes pour que quand ce sera leur tour de gouverner qu'ils puissent faire ce qu'ils veulent aussi tous des faux culs
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0 #2 yaro 01-10-2018 17:27
Ce monsieur mange dans Guri ou quoi?
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0 #3 zomo 01-10-2018 18:00
Citation en provenance du commentaire précédent de yaro :
Ce monsieur mange dans Guri ou quoi?

Si c´est un membre de la ceni de boube ibrahim qui a fabrique de toute piece la victoire de issoufou, alors qu´il la boucle.
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+1 #4 Doumbia 01-10-2018 19:21
De Hima est un expert en question électorale. Il a fait la la part des responsabilités et que chacun s'assume
Une très bonne contribution
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0 #5 lolna 01-10-2018 19:52
Citation en provenance du commentaire précédent de Doumbia :
De Hima est un expert en question électorale. Il a fait la la part des responsabilités et que chacun s'assume
Une très bonne contribution

Excellent, Monsieur Hima.
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+1 #6 DODOGANI 02-10-2018 10:22
Bonne contribution Dr. ! Mais la volonté de bien faire des uns et des autres reste et demeure le tendon d'Achille des questions électorales qui sont, avant tout, des affaires nationales.
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+1 #7 Zombra 02-10-2018 10:36
Décidement, tous les philosophes finissent par devenir des politiciens, expert en ceux-ci et autres. Il faut aller enseigner Evêque.
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+1 #8 Attarougou 02-10-2018 12:07
Dr Badié, toutes mes félicitations et tous mes encouragements. Même si vous appartenez à telle ou telle partie, votre raisonnement est sans doute intellectuel, pertinent et impartial, n'en déplaise à ceux qui souffrent du manque de l’honnêteté intellectuelle ou qui interprètent ou comprennent mal vos idées.
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0 #9 Sani Abdoulaye 03-10-2018 12:59
Merci Mr, même si vous êtes un gouristanais, faut reconnaître que la vérité a été dis ici, Mrs faut vous calmez et pensé à l'avenir de ce pays.
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0 #10 Malam Kidivérité 13-11-2018 19:36
On peut ne pas être d'accord avec, mais le cadre est là. Il faut juste ajouter que le CNDP n'est pas un lieu où les fourbes de politiciens nigériens auront le loisir de casser du sucre sur le dos des nigériens lambda. Toute décision majeure qui en sortira doit être par la suite être adoptée par référendum.
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