jeudi, 21 février 2019
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Moussa Tchangari SG

Après une longue période de léthargie, le conseil national de dialogue politique se réunira le lundi 1er octobre 2018 dans la salle des banquets de la primature. La bonne nouvelle a été annoncée par le cabinet du Premier ministre, président dudit conseil, a travers un communiqué largement relayé par les médias. L'ordre du jour de cette réunion comporte un seul point, le code électoral, sujet de discorde entre le pouvoir de Niamey et son opposition politique, bien sûr, mais aussi entre le principal parti de la majorité et quelques uns de ceux qui l'accompagnent.

 

Dans le contexte sociopolitique actuel, l'annonce de la tenue prochaine d'une réunion du CNDP mérite certainement d'être saluée comme un signe d'ouverture du régime en place ; car, il n'y a pas longtemps encore, certains caciques du régime ne rataient aucune occasion pour tenir un discours de fermeté sur le sujet aujourd'hui inscrit à l'ordre du jour, à savoir le code électoral. C'est d'ailleurs autour de cette question notamment que le régime en place a enregistré sa première grosse défection après le départ bruyant du parti Modem-FA Lumana.
Aujourd'hui, il est de bon ton de se demander qu'est ce qui a bien pu changer pour que le régime en place se décide finalement à convoquer une réunion du CNDP pour discuter du code électoral; mais, disons que ce n'est pas le plus important, même s'il est vrai que la réponse à cette question constitue une des clés pour évaluer les chances pour les acteurs politiques de parvenir à un consensus autour de cette question importante. Les observateurs avertis ne manqueront certainement pas de chercher à établir un lien quelconque entre cette offre de dialogue et la pression exercée par certains partenaires extérieurs ; de même qu'ils ne manqueront pas de voir dans cette offre une opportunité de dégel que se crée le régime en place face à la tension sociale consécutive à l'adoption des mesures d'austérité.
Quoiqu'il en soit, il importe de noter que le menu du dialogue qui va s'ouvrir le lundi reste malheureusement trop maigre pour entraîner une modification substantielle du climat politique qui prévaut dans le pays; car, s'il est vrai qu'un dialogue autour du code électoral est d'une importance capitale pour les acteurs politiques, il reste que cela ne suffit pas à créer un climat de sérénité permettant de se projeter avec optimisme par rapport à l'échéance de 2021.
En effet, certains observateurs s'interrogent, à voix basse, sur la pertinence même d'un dialogue politique ayant pour seul point d'ordre du jour la question du code électoral ; sachant que si le climat politique et social actuel perdure jusqu'en 2021, un code électoral consensuel pourrait bien s'avérer comme un gage à un coup de force électoral. C'est bien là une équation qui n'échappera certainement pas aux négociateurs de l'opposition qui, en politiques avisés, ne manqueront pas de relever qu'un dialogue politique sérieux ne peut manquer d'aborder d'autres questions que le régime de Issoufou ne voudra jamais voir figurer à l'ordre du jour du CNDP ; parce que justement ce sont ces questions là qui vont déterminer l'issue de la bataille de 2021. Parmi ces questions, il y a bien sûr celle du respect scrupuleux des libertés fondamentales; mais aussi, celle de l'indépendance de la justice, à commencer par la cour constitutionnelle, des médias publics et de l'administration d'une manière générale.
En tout cas, quelque soit la tournure que va prendre le dialogue politique de la semaine prochaine, la société civile restera mobilisée autour des deux questions clés du moment, à savoir les mesures antisociales contenues dans la loi de finances 2018 et le projet de loi de finances 2019, et l'installation des bases militaires étrangères dans notre pays. La journée d'action citoyenne du samedi 6 octobre 2018 viendra nous montrer si l'offre de dialogue politique faite par le régime en place peut avoir une quelconque incidence sur le degré de mobilisation des citoyens autour de ces deux questions ; car, d'une manière ou d'une autre, c'est au minimum ce qu'espèrent les ténors du régime en place et ceux qui, à l'extérieur, font pression sur eux pour dialoguer au moins sur les sujets sur lesquels leurs intérêts stratégiques ne risquent aucunement d'être remis en cause. Nous osons espérer que la fraîcheur de la salle des banquets de la primature ne fera pas oublier à certains que le 6 octobre nous les attendons à la Place de la Concertation, quelque soit l'issue du conclave du lundi prochain, auquel nous souhaitons franchement un succès éclatant.

Moussa Tchangari

SG/ Alternative Espaces Citoyens (AEC)

 

 

Commentaires   

-4 #1 BALI 29-09-2018 11:45
Bonjour,
Monsieur le Premier Ministre,
J'espère que vous n'allez tout de même pas permettre aux inconséquents d'avoir à nouveau l'opportunité de parler. Le CNDP est très mal composé. Des partis qui ne représente que leur ombre, et qui veulent imposer leur cécité à la majorité. Arrêtez s'il vous plaît ce faux dialogue. ON NE MODIFIERA RIEN DU TOUT. Le Niger avancera sans eux, je dis bien sans eux.
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-1 #2 Moungané 29-09-2018 13:08
A BALI: vous parlez comme si le Niger appartient à une partie de la population c'est à dire ceux qui gouvernent, c'est ça? Votre réveil sera douloureux.
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+1 #3 lolna 29-09-2018 14:45
Citation en provenance du commentaire précédent de Moungané :
A BALI: vous parlez comme si le Niger appartient à une partie de la population c'est à dire ceux qui gouvernent, c'est ça? Votre réveil sera douloureux.

Non, vous avez rien compris, Tchangari veut nous que c'est lui qui a fait plier le gouvernement
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-3 #4 Haboule 29-09-2018 22:52
la presence des bases militaires etrangeres est illegale et anti-constitutionnelle. Issoufou merite un tribunal militaire pour cette Traitrise Historique ..
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