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Abdoulahi ATTAYOUB

Le pays est secoué par un indice de développement humain qui le classe à nouveau 189e sur 189 dans le concert des nations ! Une situation dont la responsabilité incombe à la société nigérienne dans son ensemble notamment aux élites politiques qui ont installé un système de gouvernance visiblement inefficace.

 

Cette dernière place au classement mondial du développement humain devient pour nous tous particulièrement insupportable ! À croire qu’un esprit maléfique s’acharne à clouer le Niger au poteau d’une disgrâce permanente !  Devons-nous admettre qu’une distorsion tenace entre le logiciel socio-politique en vigueur au Niger et le standard international se manifeste ainsi brutalement en matière de gouvernance mondiale ? Ou s’agit-il de tout autre chose ? Qu’en est-il réellement ?

Ainsi les Nigériens ont-ils été une nouvelle fois surpris de découvrir que leur pays était placé en queue du classement du Programme des Nations unies pour développement (PNUD), fermant ainsi la marche du monde vers le développement. Après avoir occupé cette place pendant une décennie, le pays semblait avoir enfin décollé ces deux dernières années ! Un léger vent d’optimisme était ainsi né au regard de progrès socio-économiques sensiblement plus favorables et à l’efficacité des politiques publiques en la matière…

À se demander si le Niger n’est pas frappé de malédiction aux yeux des experts qui mesurent le niveau de développement humain dans le monde ? Il faut bien le croire quand on constate la difficulté du pays à s’extirper de la dernière place du classement du PNUD depuis des années ; se retrouvant ainsi derrière des pays comme le Sud-Soudan ou la République centrafricaine (RCA) qui sont pourtant en déliquescence depuis plusieurs années et dont les populations sont en proie à des famines et autres malheurs. Il est vrai que pour un système censé se mettre en mouvement, le plus difficile est souvent le décollage. Ces deux dernières années nous pensions y être enfin arrivés !

Les indicateurs utilisés pour établir les critères de ce classement conservent évidement leur mystère et réservent à l’évidence une place de choix à des domaines sur lesquels le Niger ne progresse manifestement pas de manière significative. 

À l’insuffisance de la réponse aux besoins en services sociaux de base et autres infrastructures, s’ajoutent les difficultés rencontrées dans la mise en place d’un espace politique apaisé. Dans son ensemble la classe politique semble s’être engagée dans une pratique politique hasardeuse qui met à mal le processus démocratique et fausse la compétition et l’expression de certaines libertés. À cela s’ajoute une vie politique pluraliste encore trop embryonnaire polluée à la fois par l’argent et par un esprit clanique exacerbé. 

Il y a lieu de questionner les choix stratégiques et de gouvernance, afin d’envoyer des signaux plus rassurants sur la capacité des élites à faire avancer le pays vers plus de maturité politique et fluidifier ainsi les relations entre les différents acteurs du développement économique et social.

De plus, la gestion des questions sécuritaires vient complexifier la tâche des gouvernants dont le rôle est de mettre en cohérence acceptable ces différents impératifs constitutifs de toute bonne gouvernance. En effet, l’image que traîne encore le Niger, d’un pays crispé, gangrené par un niveau encore élevé de corruption n’arrange pas les choses.

La prolifération des agendas politiques, y compris au sein du système en place, risque de nuire gravement à la confiance dans la capacité des décideurs à maintenir une cohésion nationale et sociale pourtant indispensable à l’abandon de cette maudite dernière place dans le monde. 

Encore une fois, le Président de la République, comme souvent quand l’essentiel est en jeu, devrait s’affranchir du poids de certains intérêts particuliers et accepter un fléchissement de la pratique actuelle. Faire face aux lourdeurs internes préjudiciables au système de gouvernance et qui amoindrissent son efficacité à jouer sur les inerties de la société. Bousculer certaines habitudes actuelles et travailler à l’avènement d’une culture politique tournée davantage vers la promotion de l’intérêt général. 

Ce que d’aucuns nomment le “concassage” des partis politiques, si ce n’est de la classe politique elle-même, constitue un syndrome reconnu d’un paysage politique national en mauvaise santé. Ce qui annule d’autant les efforts qui pourraient être tentés afin d’atteindre une pratique politique favorisant une démocratie moins cloisonnée, donc plus efficace.

En dépit des efforts du Président de la République pour arrimer le pays à la scène internationale, il faut croire qu’il existe des forces internes au système qui empêchent toute capitalisation de ces efforts ainsi que leur visibilité à l’extérieur.  Cet « activisme », parfois jugé excessif, ne donne pas, à l’évidence, les résultats escomptés et l‘image du pays peine à s’imposer dans la communauté des Etats.

L’empreinte internationale du Niger demeure floue et trop limitée pour nombre d’observateurs malgré le rôle actuel du pays comme pièce maitresse dans la stratégie sécuritaire au Sahel et la gestion des flux migratoires vers l’Europe.

Le moment est peut-être venu de s’interroger sur les priorités en termes de vision d’avenir pour le pays. Le fonctionnement régulier des institutions de la République devrait constituer un souci permanant des pouvoirs publics. En effet la crédibilité de toute politique publique passe nécessairement par une attention accrue au respect des règles et des lois qui régissent sa mise en œuvre. Comme cela se voit dans nombre de pays émergents, l’efficacité d’une politique s’obtient généralement par une autorité éclairée quand les institutions de la république sont encore trop fragiles et que la notion même de démocratie souffre souvent d’approximations les plus farfelues. 

Abdoulahi ATTAYOUB

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Lyon 17 septembre 2018

 

 

Commentaires   

0 #1 Souk 19-09-2018 07:50
savourez la mangeoir mais de grâce arrêtez d´insulter le peuple nigérien, savoir se taire est aussi une sagesse parfois!!!
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+5 #2 BEp 19-09-2018 09:25
Un salut pour cette analyse.je suis à 99% d'avis avec cet apport intelligent!
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+6 #3 Hum 19-09-2018 09:48
L esprit maléfique qui s est emparé du Niger c est bien le Président mal élu , son gouvernement et quelques intellos qui pour des raisons intestines et testiculaires les enduisent d avantage dans le gouffre.
Tout ce que le nigérien produit sert à entretenir cette bandes de gaillards inconscients je veux dire le politique et les intellos.
Comment pourrons-nous avancer dans ces conditions là?
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+9 #4 Tawey 19-09-2018 11:17
Quels efforts pour arrimer le pays à la scène internationale? La lutte contre la migration? On s'en fout. C'est ça la priorité de ceux qui nous gouvernent, pas l'éducation et la santé dans un contexte de croît démographique exceptionnel.
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+4 #5 Labize 19-09-2018 12:32
Niger dernier du monde, Il y a de quoi faire profil bas surtout dans les sommets inutiles, Il faut s'asseoir et réfléchi pour au moins sortir de l'abîme pour la fin du mandat di Président sinon il partirait sur un échec cuisant
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+3 #6 Galifou 19-09-2018 14:31
Vous aviez été leurré aussi? Vous regardiez trop la tele nationale, n'est-ce pas? Eh bien reveillez vous! Ce n'etait que du bluff .
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+4 #7 bagague 19-09-2018 20:07
ILS disent toujours que" les jeunes manquent d'expérience".Voilà là où les expérimentés nous ont amené.A quoi sert elle a servi ,leur foutue expérience?Si ce n'est echec après echec
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+3 #8 M. Salissou 19-09-2018 23:00
Les mêmes histoires , politique, demographie, sécurité,.....
PNUD va toujours classer mon pays189ém,
Faisons ce que, nous pouvons pour notre pays.
PNUD !!!!
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+1 #9 Nigérien 20-09-2018 08:12
Le nigerien ne produit presque rien, tout le monde fait de la politique au lieu de travailler dignement et gagner son pain quotidien. Ceux qui font de la politique ce sont eux qui mangent le peu de ressources, donc c'est tout à fait normal qu'on tourne en rond. Je vous revele deja que le prochain classement sera le meme. Nous serons toujours dernier de la planete....
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+1 #10 nouhou halidou 20-09-2018 09:16
si nous restons toujours dernier de la planète, c'est que nos politiques publiques et notre gouvernance sont moins performantes que celles des autres pays. Tant que la corruption et la concussion constituent les règles de notre gouvernance, il y aura toujours une mauvaise répartition des revenus entre les citoyens, donc un écart criard entre les revenus. Les riches s'enrichissent davantage et les pauvres s'appauvrissent davantage, la satisfaction des besoins sociaux est léguée au dernier rang des préoccupations gouvernementales. aussi, tant que nous continuerons à diviser sans nous soucier d'un travail productif pour le pays, nous resterons toujours dernier de la planète. il nous faut donc changer de mentalité et de pratique pour sauver le bateau Niger de ce naufrage,parce que c'est de cela qu'il s'agit.
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+2 #11 aghalis 20-09-2018 09:24
Faites un tour chez le tablier du coin et essayez de trouver un seul produit manufacturé "made in Niger" et vous verrez que nous vivons d'importations ! La classe politique dans son ensemble ? C'est elle-même le véritable problème de ce pays ! Que n'a-t-on pas vu dans le "bled" ? Toutes sortes de personnages aux affaires, en majorité sans aucun sens de l'intérêt public. Je commence à croire que ce classement est mérité et aucune fanfaronnade ne peut nous amener en première classe !
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0 #12 Moungané 20-09-2018 12:58
Dans tout ça, ce qui plombe réellement les performances du Niger dans le calcul de l'IDH, c'est le taux de fécondité. Il y a des mesures simples:
-améliorer le niveau de scolarisation en particulier des filles en multipliant les cantines scolaires, ça peut coûter cher mais c'est le prix à payer. les discours ne suffisent pas.
- lutter contre le mariage précoce: au Mali le mariage religieux ne suffit pas, il faut valider à la mairie qui vérifie l'âge. Il faut une telle loi au Niger
-la polygamie est un fléau: concurrence des femmes dans la procréation, délinquance sexuelle des hommes due à l'absence de loi qui protège les femmes divorcées (pension alimentaire), cette loi peut décourager les hommes à la polygamie irresponsable etc.
-Impliquer les religieux dans la sensibilisation sur l'utilisation des moyens de contraception car la religion a pris le dessus sur tout.
-la culture du travail: le fleuve et les autres cours d'eaux ne sont pas suffisamment exploitées à cause de la paresse des populations, les fonctionnaires ne travaillent pas car l'adm est fortement politisée et la corruption est légalisée.
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+1 #13 commandant 20-09-2018 14:45
Le drame c'est que le Niger et ses leaders oublient que nous sommes dans une communauté mondiale tres dynamique. Il n'y a pas de la place a l'auto satisfaction. Qui n'avance pas recule, qui avance timidement avance lentement et qui recule se fait distancé par les autres. Ce n'est pas une avancée qu'il faut pour le Niger c'est un BOND qu'il faut pour sentir une certaine avancée..avec le leadership rocambolesque de M.I et ses tarrayistes, ce n'est pas du tout étonnant. Pauvre Niger!!!! et ça rame rame.....
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+3 #14 Niandou 21-09-2018 09:52
Je donne un exemple concret qui confirme ce classement: le niger et le Burkina ont presque le même nombre de population , or, dans le domaine de l'éducation de base, secondaire, le Burkina double le niger ! Les candidats au brevet et au bac double celui du niger, le Togo et le bénin sont nettement supérieur ! L'indice est basé sur les facteurs sociaux
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+1 #15 Harouna Belko 24-09-2018 17:04
pour moi, le développement, c'est de pouvoir assurer au peuple une bonne vie dans un système qui prend en compte les normes établies par l'Islam, c''est à dire par Dieu (Dieu étant Le Juste par excellence). Le Niger, en tant que pays musulman doit se réapproprier les principes islamiques ainsi que le mode de vie basé sur la crainte de Dieu. Car si nous revenons à Dieu repentant de nos péchés, Il nous donnera une position beaucoup plus acceptable que celle à laquelle (à tort ou à raison) nous sommes classés aujourd'hui. Sans compter que l’au-delà également sera garanti garanti pour les musulmans que nous sommes. qu'Allah nous guide vers le développement qu’Il aime et agrée.Amine
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0 #16 Verdatre 25-09-2018 08:55
Nous préconisons des journées de réflexion pour trouver les voies et moyens nous permettant de céder cette place déshonorable.

Nous allons commencer aussi la construction de caniveaux dans toutes les villes et apprendre à être propre en mettant en place des services d'assainissement chargés de punir les délinquants.
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