Niger : le PAM réaffirme son engagement aux côtés du Gouvernement et renforce son partenariat avec les médias autour de la résilience communautaire

Le Programme alimentaire mondial (PAM) a réaffirmé, jeudi à Niamey, son engagement à accompagner les autorités du Niger dans les priorités nationales relatives à la sécurité alimentaire et nutritionnelle ainsi qu'à la résilience des communautés. À l’occasion d’un café-presse avec ses médias partenaires, le nouveau Représentant résident de la première organisation humanitaire mondiale, M. Guy Mesmin ADOUA OYILA, a partagé sa vision, a échangé autour des priorités communes et a souligné le rôle essentiel d’une information de qualité dans le contexte de la refondation. L’occasion pour le PAM-Niger d’assurer sa détermination à renforcer son partenariat avec la presse nationale pour une information de qualité à travers la valorisation des actions de résilience menées auprès des communautés.
Cette seconde rencontre du genre entre le PAM Niger et la presse nationale a revêtu un caractère particulier puisqu’elle a été l’occasion de la première prise de contact officielle entre le nouveau Représentant résident du PAM au Niger, M. Guy Mesmin Adoua Oyila, entré en fonction le 25 mai dernier, et les médias partenaires appelés à accompagner la visibilité des interventions de l'Agence du Système des Nations Unies (SNU Niger) sur le territoire nigérien. Le café-presse a été rehaussé par la présence du Président de l’Observatoire national de la communication (ONC), M. Ibrahim MANZO DIALLO, du staff du PAM Niger ainsi que des responsables et journalistes des médias partenaires.
Pendant plusieurs heures, les échanges entre les responsables du PAM, les autorités du secteur de la communication et les journalistes ont porté sur les motivations, les enjeux et les défis d'une même ambition commune, celle de la construction d’un partenariat durable et fructueux fondé sur la confiance, le dialogue permanent et une meilleure compréhension des réalités du terrain.
Un partenariat appelé à franchir une nouvelle étape
Depuis plusieurs années, en effet, le Programme alimentaire mondial (PAM) collabore avec les médias nigériens afin de mieux faire connaître ses actions auprès des populations et de la communauté internationale. C’est dans ce cadre qu’est intervenue, il y a quelques mois, la signature d'accords de partenariat avec plusieurs organes de presse, ce qui a ouvert un nouveau cadre de collaboration visant à permettre aux journalistes d'accéder davantage aux zones d'intervention du PAM et de rendre compte, au plus près des communautés, des effets des programmes mis en œuvre.
Et c’est dans cette dynamique que s’inscrit cette deuxième rencontre dont l’objectif était de consolider les échanges entre les équipes du PAM et les professionnels des médias, mais aussi d'évaluer les premiers résultats de cette coopération naissante à travers les retours d'expérience des journalistes ayant participé à la caravane de presse organisée dans la région de Zinder du 8 au 12 juin 2026.
Cette immersion sur le terrain avait permis aux représentants des différents médias de découvrir les réalisations du PAM en matière de restauration des terres, d'appui aux productions agricoles, de nutrition, d'éducation, de sécurité alimentaire et de développement communautaire.
Le PAM réaffirme son soutien aux priorités définies par le Niger
Pour sa première rencontre officielle avec les médias nigériens, le nouveau Représentant résident du PAM a choisi un ton à la fois sobre et résolument engagé.
D’entrée de jeu, il a rappelé que les relations entre le PAM et les médias ne datent pas d'aujourd'hui. Selon lui, ce partenariat repose sur un dialogue construit au fil des années et qui a contribué à une meilleure compréhension des enjeux humanitaires auxquels le Niger fait face. Cependant, a-t-il estimé, le contexte est propice à aller plus loin dans ce partenariat stratégique. Il a exprimé sa volonté de consolider cette relation afin que les journalistes deviennent davantage des témoins privilégiés des transformations en cours dans les communautés. « J’aimerais que nous puissions, ensemble, écrire et raconter l’histoire de la résilience des Nigériens : celle des communautés qui se battent chaque jour pour préserver leur dignité, nourrir leurs familles et construire un avenir meilleur. », a déclaré M. Guy Adoua, Représentant et Directeur pays du PAM Niger, pour qui « les médias sont des partenaires clés pour relayer les réalités vécues par les communautés et mettre en lumière les efforts de résilience des populations à travers le Niger ».
Dans son intervention, M. Adoua Oyila a également replacé l'action du PAM dans le contexte politique actuel du Niger. Il a souligné que le pays traverse une période historique marquée par une affirmation de sa souveraineté et une dynamique de refondation nationale. En tant qu'Agence spécialisée des Nations Unies, a-t-il insisté, le Programme alimentaire mondial respecte pleinement cette orientation et réaffirme son engagement à accompagner les priorités définies par les autorités nigériennes. « Notre rôle n'est pas de nous substituer aux efforts nationaux, mais de les accompagner », a-t-il expliqué, rappelant que les interventions du PAM s'inscrivent dans une logique d'appui aux politiques publiques plutôt que de remplacement des initiatives nationales.
De l’aide d’urgence à la construction de l’autonomie alimentaire
L'un des temps forts de son intervention a été la manière dont il a redéfini la notion même de résilience.
Pour le responsable du PAM, en effet, celle-ci ne peut être réduite à la seule distribution de vivres. Elle englobe un ensemble d'actions destinées à permettre aux populations de retrouver progressivement leur autonomie, a expliqué le Représentant résident du PAM au Niger, qui a notamment cité la restauration des terres dégradées, la gestion durable des ressources en eau, les programmes de nutrition, les cantines scolaires, le développement des moyens d'existence ou encore les activités génératrices de revenus.
Autant d'investissements qui, selon lui, permettent aux communautés de mieux résister aux crises récurrentes tout en préparant l'avenir.
Selon M. Guy Adoua, cette approche traduit l'évolution progressive du PAM, longtemps identifié principalement comme une agence d'assistance alimentaire d'urgence, mais qui intervient désormais, de plus en plus, dans des programmes de développement durable et de renforcement des capacités communautaires. « Notre ambition est d'aider à répondre aux urgences d'aujourd'hui tout en construisant la sécurité alimentaire de demain », a résumé le Représentant résident.
Avant de conclure, Guy Mesmin Adoua Oyila a livré une réflexion plus personnelle sur le sens de la mission du PAM. Pour lui, les performances de l'organisation ne sauraient être appréciées uniquement au regard des tonnes de vivres distribuées ou du nombre de bénéficiaires assistés. Le véritable succès, estime-t-il, réside dans « la capacité collective à restaurer l'espoir, préserver la dignité humaine et accompagner durablement les communautés vers leur autonomie ». Une histoire qui, selon lui, mérite d'être racontée avec justesse par les médias.
« Je forme le vœu que cette rencontre renforce davantage la collaboration entre le PAM et les médias nigériens, au service d’une information constructive et d’un Niger plus résilient », a conclu le responsable du Programme onusien, qui a été très à l’aise dans ses échanges avec les journalistes.
Les médias appelés à raconter un Niger résilient
Invité d'honneur de cette rencontre, le président de l'Observatoire national de la communication (ONC), M. Ibrahim Manzo Diallo, a abondé dans le même sens en mettant l'accent sur le rôle stratégique de la presse dans la construction du récit national.
Après avoir souhaité la bienvenue au nouveau Directeur pays du PAM et salué son engagement au service des populations vulnérables, il a replacé la résilience au cœur de la dynamique actuelle de refondation nationale.
Selon lui, les défis auxquels le Niger est confronté — qu'ils soient sécuritaires, climatiques, économiques ou alimentaires — exigent non seulement des réponses opérationnelles, mais également une évolution de la manière dont le pays est raconté.
Pendant longtemps, a-t-il observé, les discours sur le Niger ont essentiellement mis en avant les crises et les vulnérabilités.
Si ces réalités existent bel et bien, elles ne sauraient résumer à elles seules la situation du pays.
Pour Ibrahim Manzo Diallo, il est désormais essentiel de montrer également les initiatives locales, les communautés qui se mobilisent, les femmes, les jeunes, les producteurs et tous ceux qui développent quotidiennement des solutions adaptées à leurs réalités.
À ses yeux, la résilience est précisément cette capacité des populations à résister aux chocs, à s'adapter et à reconstruire durablement leurs conditions d'existence.
Informer sans occulter les défis, raconter aussi les solutions
Le président de l'ONC a insisté sur la responsabilité particulière qui incombe aujourd'hui aux journalistes. Selon lui, les médias ne sont pas de simples canaux de diffusion de l'information. Ils participent directement à la construction de la perception que les citoyens se font des enjeux nationaux. Par leurs reportages, leurs enquêtes, leurs analyses et leur présence sur le terrain, ils influencent la manière dont les réussites, les difficultés et les perspectives du pays sont appréhendées.
C'est pourquoi il a appelé les professionnels des médias à produire une information équilibrée, qui rende compte des défis sans occulter les solutions. « Raconter la résilience, ce n'est pas minimiser les difficultés. C'est rendre justice à toute la réalité du terrain », a-t-il résumé.
La caravane de presse de Zinder, une immersion au cœur des réalisations
Les échanges ont également permis de revenir sur la caravane de presse organisée récemment par le PAM dans la région de Zinder.
Pendant cinq jours, des journalistes issus de plusieurs médias partenaires ont parcouru différentes localités afin d'observer directement les programmes mis en œuvre avec les communautés.
Au cours de cette immersion, ils ont découvert des terres restaurées grâce aux techniques de récupération des sols, des ouvrages de mobilisation des eaux, des activités agricoles soutenues par le PAM, des écoles bénéficiant de cantines scolaires ainsi que diverses initiatives de renforcement des moyens d'existence.
Au moment de la restitution, plusieurs journalistes ont partagé leurs impressions.
Tous ont salué l'opportunité qui leur a été offerte de confronter les données institutionnelles à la réalité du terrain.
Ils ont notamment relevé que les impacts des interventions étaient davantage perceptibles lorsqu'ils étaient observés directement auprès des bénéficiaires.
Ces témoignages ont également permis d'identifier plusieurs pistes d'amélioration pour renforcer encore la collaboration entre le PAM et les médias.
Un rappel des principaux axes d'intervention du PAM au Niger

Profitant de cette rencontre, le chargé de résilience au PAM-Niger, M. Théodore Kaboré, a présenté un aperçu de ses principales interventions dans le pays.
Au-delà de l'assistance alimentaire d'urgence, le PAM intervient aujourd'hui dans plusieurs domaines structurants.
Ses actions couvrent notamment l'appui à la production agropastorale, la réhabilitation des terres dégradées, les programmes de nutrition destinés aux femmes et aux enfants, l'alimentation scolaire, le renforcement des moyens d'existence des ménages vulnérables ainsi que les activités de transformation agricole.
L'objectif affiché est d'agir simultanément sur les causes immédiates et les causes profondes de l'insécurité alimentaire afin de permettre aux populations de construire progressivement leur autonomie économique.
Cette approche intégrée répond à une conviction de plus en plus partagée au sein des acteurs humanitaires : aucune réponse durable à l'insécurité alimentaire ne peut être obtenue sans des investissements dans la résilience des communautés.
Des pistes pour consolider la coopération entre le PAM et les médias partenaires
Au terme de cette matinée d'échanges, un constat s'est imposé : le partenariat entre le Programme alimentaire mondial et les médias nigériens ne se limite plus à une simple couverture médiatique des activités de l'institution.
Il tend désormais à devenir un véritable levier de sensibilisation, de redevabilité et de valorisation des initiatives locales.
En donnant davantage la parole aux communautés, en documentant les changements observés sur le terrain et en mettant en lumière les solutions portées par les populations elles-mêmes, les journalistes apparaissent comme des partenaires essentiels de la stratégie de résilience promue par le PAM.
À travers ce deuxième café-presse, l'Agence des Nations Unies confirme ainsi sa volonté d'inscrire durablement sa collaboration avec les médias dans une logique de proximité, de transparence et de dialogue.
Dans un contexte où les défis demeurent nombreux, le PAM entend poursuivre son accompagnement des priorités définies par le Niger tout en s'appuyant sur des professionnels de l'information capables de raconter, avec rigueur et fidélité, les multiples visages d'un pays qui cherche à transformer les crises en opportunités de reconstruction.


