NITA Fond Site Web 675 x 240

 groupe de femmes beneficiant formation paix et cohesion sociale

Le 6 février 2015, la ville de Diffa située à 1350 kilomètres à l’Est de Niamey enregistre sa première attaque terroriste menée par le groupe ‘’ BOKO HARAM’’. A partir de cette date, des attaques se sont intensifiées au fil des années et ont conduit à la détérioration progressive de la situation sécuritaire, provoquant du coup une crise humanitaire sans précédent. Selon  le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (UNHCR) en 2025, la région de Diffa compte 121.000 réfugiés, 175.000 déplacés internes et 35.000 retournés.

Au premier crépitement des armes, la riposte militaire a été immédiatement déclenchée. Malgré la détermination des Forces de Défense et de Sécurité, le conflit est loin de s’estomper car il s’agit en réalité d’une guerre asymétrique.

 Conscientes que le tout militaire est loin d’être la solution, des femmes de la région du Bassin du Lac Tchad ont songé à des initiatives civiles pour ramener la paix et renforcer la cohésion sociale. Les femmes ont ainsi opté pour  la mise en place du Réseau des Organisations Féminines du Bassin du Lac Tchad pour la Paix, le Relèvement et le Développement (RESOF-BLT-PRD), qui regroupe les quatre (4) pays du Bassin du Lac Tchad : Cameroun, Niger, Nigeria et Tchad.  Créé en juin 2022  le réseau  qui a son siège au Niger mène un travail remarquable dans les douze (12) communes de la région de Diffa.

 

Prêcher la Paix et la Cohésion Sociale à travers l’autonomisation des femmes

Bosso, Chétimari, Diffa, Foulatari, Goudoumaria, Gueskérou, Kablewa, Mainé Soroa, N’Guel Béli, N’Gourty, N’Guigmi et Toumour. Dans chacune de ces douze (12) communes  de la région de Diffa, ces femmes ambassadrices de la paix et la cohésion sociale sont connues grâce à la thématique qu’elles prêchent : paix et cohésion sociale. Toutes sont membres du Réseau des Organisations Féminines du Bassin du Lac Tchad pour la Paix, le Relèvement et le Développement (RESOF—BLT-PRD) antenne de Diffa. Dans  ces localités, ces ambassadrices de bonne volonté pour la paix et la cohésion sociale sont présentes. Parmi elles, des médiatrices, elles sont plus d’une centaine réparties sur l’ensemble des communes, leur travail au quotidien consiste à sensibiliser les populations sur la paix et la cohésion sociale.  Ces femmes mères de familles et jeunes filles ont un œil regardant sur toute action ou personne  suspecte dans leurs communautés voire leurs entourages.

La Présidente du réseau  Madame Bintou Mamadou explique les raisons qui ont conduit les organisations féminines à mettre en place une plateforme qui doit apporter sa contribution pour la stabilisation de la région de Diffa voire, la sous-région  Bassin du Lac Tchad dans le cadre d’une initiative civile pour lutter contre le terrorisme. Selon madame Bintou, tout est parti d’un constat que rien qu’au niveau de la région de Diffa, il y a eu des comités mis en place pour la gestion de la crise sécuritaire dans lesquels ne figure aucune femme, et même si elles y sont,  leur nombre reste insignifiant.

Après la correction de cette sous-représentation par les autorités, les femmes ont alors mis en place leur réseau.  Persuadées qu’il faut renforcer la résilience des femmes pour qu’elles puissent agir dans la sérénité, Madame Bintou et ses collègues ont opté pour des activités génératrices de revenus. « Grâce à un appui d’ONU-FEMMES, nous avons mis à la disposition des femmes, des jeunes filles et jeunes garçons des outils de travail telles que des machines décortiqueuses, broyeuses, farineuses qui leur permettent aujourd’hui de transformer nos produits locaux comme  le mil, le maïs, le riz.  Elles revendent ces produits transformés sur le marché qui leur génère des petits revenus », affirme Madame Bintou.

Secretaire General Commune Diffa et beneficiaires formation AGR

Le Secrétaire General de la Commune Urbaine de Diffa s'adressant aux bénéficiaires de formation sur les AGR

Grâce à ces appuis apportés  par le Réseau des Organisations Féminines du Bassin du Lac Tchad pour la Paix, le Relèvement et le Développement (RESOF-BLT-PRD),  les bénéficiaires ont poursuivi avec conviction et détermination leur travail de sensibilisation des populations sur la paix et la cohésion sociale. « Il y a eu pas mal de changement, aujourd’hui là où nous sommes, nous avons amené les femmes à travailler grâce aux appuis que nous leur  apportons pour qu’elles soient beaucoup plus résilientes, qu’elles organisent mieux leur vie et  avoir un œil regardant sur la question sécuritaire », a renchérit  madame Bintou.

En quatre (4) années seulement d’existence, le réseau à travers ses membres continue d’apporter sa pierre à la construction de la paix  dans cette partie du Niger où le terrorisme sévit depuis plus d’une décennie. L’appel au  renforcement de la paix et la cohésion sociale reste leur exercice favori. Ces ambassadrices  s’adressent à tout le monde, jeunes, adultes, vieux, femmes, hommes  musulmans et chrétiens ainsi que les personnes sans aucune religion abrahamique.

 

Les médiatrices communautaires,  ces gardiennes de la paix et la cohésion sociale

Elles sont plus de 100 à travers la région de Diffa.  Grâce au rôle qu’elles jouent dans la société, ces femmes apportent leurs contributions dans la promotion de la paix et la cohésion sociale. A travers leurs structures respectives,  leurs relations, du fait aussi qu’elles sont toujours ensemble et qu’elles ont des nouvelles à partager, les médiatrices arrivent à recueillir et rassembler toutes les informations fraiches du village. Avant qu’elles ne reçoivent les séances de sensibilisations en matière de veille citoyenne, souvent elles avaient les nouvelles mais  elles se taisaient parce qu’elles n’avaient pas de connaissances sur comment remonter les informations.  Mais avec la mise en place de ce cadre, elles  arrivent  à capter des informations, et c’est très facile maintenant pour elles de détecter des soupçons à travers un comportement d’une tierce personne jugé. Une fois qu’elles se trouvent en face de ces cas de figure, automatiquement elles prennent les choses en main en remontant les informations avant que la situation  ne dégénère, a expliqué  Nafissa, membre du réseau et médiatrice dans une des communes de la région de Diffa. Au niveau communautaire, elles remontent les informations aux chefs de villages, aux  leaders communautaires  car elles sont beaucoup plus proches de ces  derniers.  Berame Elhadji Adam est médiatrice dans la commune de Bosso « Je sensibilise les femmes dans ma communauté, je le fait en présentiel et aussi à la radio. J’ai été formée à deux reprises à Niamey sur la paix et la cohésion sociale, paix et sécurité  et c’est ce que je fais à mon tour dans le village », s’est réjouie la présidente du réseau à Bosso.

mediatrice seance sensibilisation Bosso

Une médiatrice en pleine séance de sensibilisation à Bosso

Les jeunes également sont impliqués dans cette démarche. Leur apport est surtout visible sur  les nouveaux canaux de communication, c’est-à-dire, le numérique. Les filles ayant bénéficiées de formation sur les Activités Génératrices de Revenus se disent satisfaites de l’appui que leur apporte le réseau. Cette aide leur permet d’être autonomes et de veiller sur les mouvements suspects au sein des communautés.  Adji Kolo Toudjani est présidente du comité des jeunes et membre de la plateforme Réseau des Femmes du Bassin du Lac Tchad, elle est aussi membre du bureau de coordination des femmes AES à Diffa. «  Grâce à l’appui du Réseau des Femmes du Bassin du Lac Tchad, j’ai bénéficié d’un accompagnement de renforcement de capacité qui a eu un impact positif dans ma vie. Aujourd’hui, je participe davantage aux activités communautaires. Je contribue à la paix, à la cohésion sociale à travers la sensibilisation, le dialogue et j’encourage les ententes entre les communautés, je participe aux activités qui favorisent la paix, la tolérance et le vivre ensemble…, » a-t-elle signalée.

Dans la région de Diffa, l’engagement envers la paix et la cohésion sociale par les jeunes ne souffre d’aucune ambiguïté.  Ramatou, membre du Réseau des Organisations Féminines du Bassin du Lac Tchad ne ménage aucun effort pour apporter sa contribution pour que la paix revienne dans son Diffa natal. « Nous menons régulièrement des actions de sensibilisation auprès des jeunes, des femmes  bref aux différentes  communautés sur le vivre ensemble, la tolérance et la prévention des conflits. A travers les activités associatives et communautaires que nous menons, nous favorisons le dialogue, l’entraide et la solidarité entre les populations y compris les déplacés internes, les réfugiés et les retournés ».

Les autorités reconnaissantes envers le travail  qu’abattent les femmes membres du Réseau des Organisations Féminines du Bassin du Lac Tchad pour la Paix, le Relèvement et le Développement (RESOF-BLT-PRD).

Malgré la rareté des financements, la structure continue toujours à fonctionner en prenant en charge ses dépenses de souveraineté  et aussi à poursuivre des activités de sensibilisation avec les moyens de bord. « Je vous félicite  Pour la multiplication des initiatives en faveur du développement local, la cohésion sociale et le renforcement de l’autonomisation  économique des femmes dans la région de Diffa…, » a laissé entendre M.  Mahamadou Seyni, Secrétaire Général de la Commune Urbaine de Diffa.  

Ces femmes sont aujourd’hui des modèles au sein de leurs communautés car grâce à leurs interventions, elles ont beaucoup contribué à un changement de comportement, chose qui à apaiser mais surtout empêcher l’éclatement des tensions. Leurs actions ont également impacté sur la situation sécuritaire car leurs gestes a permis à mettre hors d’état de nuire, plusieurs actes que les forces du mal notamment des individus armés ont voulu poser comme l’ont témoignés des habitats de la région de Diffa, qui ont préféré garder l’anonymat.

Burkina, Niger et Mali, mêmes défis, mêmes combats.

Dans les trois (3) pays membres de la Confédération de l’Alliance des Etats du Sahel, les femmes  sont vent debout pour apporter leur contribution dans le renforcement de la résilience à travers des Activités Génératrices de Revenus. Avec l’association des Femmes de l’AES qu’elles sont en train de mettre en place,  les femmes mènent d’ores et déjà des activités de sensibilisation allant du porte à porte en passant par les quartiers voire les villages et les communes. C’est le cas  à Niamey où sous l’égide de Madame Bayard Mariama Gamatié, présidente nationale des femmes AES, les femmes sensibilisent leurs sœurs et aussi des jeunes.  « La paix et la cohésion sociale constituent notre principale préoccupation. Nous sensibilisons les femmes dans leurs maisons, dans les quartiers et même sur les antennes de  la radio. Si la paix est revenue au Mali et au Burkina  ça aura un impact au Niger, c’est pour ça qu’on s’est dites, il faut que nous nous engageons pour la paix parce qu’en plus des liens familiaux, l’insécurité impacte aussi nos échanges économiques » a déclaré la présidente nationale des femmes AES.

Le soutien des chefs d’Etat de l’AES encouragent les femmes

Qu’il s’agisse du Burkina, du Mali ou du Niger, les femmes dans l’espace AES bénéficient du soutien des chefs d’Etat dans le cadre de leurs combats civils pour renforcer la paix et la cohésion sociale.  A chaque occasion qu’elles se trouvent en face des autorités, comme c’était le cas, du 19 au 21 mai à Niamey lors du Forum sur le Désarmement-Démobilisation-Réinsertion –DDR, les femmes ont mis à profit cette tribune pour  présenter à la plénière  les résultats de leurs travaux, et sur ce, elles ont lancé un appel pressant à l’endroit des participants  pour appuyer les  femmes par des activités génératrices de revenus.

Avec l’avènement de l’intelligence artificielle, le réseau des femmes de l’Alliance des Etats du Sahel  ont besoin des formations afin de sensibiliser à leur tour, leurs sœurs, afin qu’elles puissent continuer efficacement le travail de sensibilisation. « Nous nous étions dites que comme les défis sont communs, il nous faut une union, comme dit l’adage, l’Union fait la force », a suggéré  Mme Aji Kollo Mamadou, membre du réseau des femmes de l’AES de Diffa.

Kabirou Cheffou Zara  



Ajouter un Commentaire

Enregistrer
CANAL + BAN1

 android_actuniger2.jpg


Télécharger l'application depuis notre serveur ICI
Image
Image
Image
Image

LOWEBTV.png

 
L'eau saine à domicile avec le filtre FAIRCAP - Version Hausa
2402 vues
 
L'eau saine à domicile avec le filtre FAIRCAP - Version Zarma
888 vues
 
Forum national sur les décès maternels et périnatals du 13 au 15 novembre 2024 au Palais des Congrès de Niamey
4045 vues
 
DEPART DU DERNIER VOL DE LA FORCE FRANÇAISE CE 22-12-2023
3935 vues
 
Conférence de presse des députés et sénateurs de la CEDEAO
796 vues
 
AUDIENCE DU GOUVERNEUR DE LA BCEAO JEAN CLAUDE KASSI BROU
640 vues
 
Communiqué conjoint de la visite officielle au Burkina Faso de Son Excellence le Général de Brigade Abdourahamane Tiani, chef de l’État du Niger.
757 vues

logo-white.png

Site web d'informations générales sur l’actualité politique, économique, culturelle, sportive au Niger et dans le monde.

Tél: (+227) 89 99 99 28  / 92 55 54 12

Copyright © 2022, ActuNiger. Tous droits réservés. Designed by KM Media Group

0
Partages