Fonds vert pour le climat : le Niger se dote d’un pôle national d’experts pour renforcer la mobilisation des financements

Le Ministre de l’Environnement, de l’Hydraulique et de l’Assainissement, le Colonel Abdoulaye Maizama, a présidé, lundi 20 juillet 2026 à Niamey, l’ouverture officielle de l’atelier national dédié à la mise en place du Pôle d’experts du Fonds vert pour le climat (FVC). Portée par la Commission Climat pour la Région du Sahel (CCRS), avec le Gouvernement du Niger et soutenue par l’UNICEF, l’initiative réunit plusieurs acteurs institutionnels, partenaires techniques et financiers ainsi que des experts nationaux autour des enjeux liés à la mobilisation des financements climatiques et au renforcement des capacités nationales en matière d'action climatique. Dans ce cadre, l’atelier pilote, qui se tiendra du 20 au 24 juillet 2026, va permettre de renforcer les capacités nationales pour l'accès aux financements du Fonds vert pour le climat à travers la mise en place d'un Pôle national d'experts. Cette initiative permettra de disposer d'une expertise nationale capable d'accompagner l'identification, la formulation et le suivi de projets répondant aux exigences des mécanismes internationaux de financement climatique. L'atelier offrira également aux participants une formation approfondie sur les mécanismes du Fonds vert pour le climat, la préparation de projets bancables, les exigences environnementales et sociales ainsi que les critères d'investissement requis pour l'obtention de financements.
Le Niger marque une avancée majeure dans la réponse nationale aux défis climatiques à travers le lancement du premier Pôle national d’experts du Fonds vert pour le climat (FVC) pour accélérer l’accès aux financements climatiques, une initiative de la Commission Climat pour la Région du Sahel (CCRS) qui franchit ainsi une nouvelle étape dans sa mission de renforcement des capacités des États membres.
Pour le lancement de cette initiative, une cérémonie solennelle s’est déroulée lundi 20 juillet 2026 à l’hôtel Bravia de Niamey. L’occasion pour le lancement d’un atelier national de cinq (05) jours qui va permettre aux participants, représentant les institutions nationales, les partenaires techniques et financiers ainsi que les 18 experts sélectionnés, de renforcer leurs capacités institutionnelles en la matière. L'enjeu : mettre les orientations stratégiques de la CDN 3.0, Contribution déterminée au niveau national, qui constitue la feuille de route climat du pays, au service de la résilience et du développement durable du Niger.

L’initiative, portée avec le Ministère de l’Environnement, de l’Hydraulique et de l’Assainissement, le Conseil national de l’environnement pour un développement durable (CNEDD), en tant qu’Autorité nationale désignée du FVC, et avec l’appui de l’UNICEF, cet atelier pilote vise à renforcer les capacités du pays à mobiliser les financements climatiques et s’inscrit dans la feuille de route de la CCRS qui consiste à doter les 17 États membres d’équipes nationales d’experts pour accélérer l’accès aux ressources du FVC.
Une expérience pilote au Niger qui va s’étendre aux 17 États membres de la CCRS
C’est le Ministre de l'Environnement, de l'Hydraulique et de l'Assainissement, le Colonel Maizama Abdoulaye, qui a présidé la cérémonie officielle d’ouverture de l’atelier qui a rassemblé autorités, partenaires techniques et les 18 experts qui forment le premier noyau national de spécialistes du FVC au Niger. L’événement a été rehaussé par la présence de plusieurs membres du Gouvernement, du Secrétaire exécutif de la CCRS et de son homologue du CNEDD, de la Représentante résidente de l'UNICEF au Niger, du Gouverneur de la région ainsi que de l’Administrateur délégué de Niamey, des représentants des ministères sectoriels, des institutions publiques, des partenaires techniques et financiers ainsi que de ceux du secteur privé et de la société civile.
Plusieurs allocutions ont marqué la cérémonie d’ouverture, dont celle de bienvenue du Gouverneur de la Région de Niamey, le Général de Division Assoumane Abdou Harouna, qui a rappelé le contexte dans lequel intervient cette initiative ainsi que ses enjeux pour la région sahélienne, qui demeure l'une des plus exposées au changement climatique. « Au Sahel, la température augmente de 1,5 °C plus vite que la moyenne mondiale. Les sécheresses, les inondations, la désertification et toutes les autres calamités naturelles s'intensifient impitoyablement, entraînant de facto la dégradation de nos terres, déjà naturellement arides, aggravant l'insécurité alimentaire et les conflits inter- et intracommunautaires qui naissent de façon récurrente, suite à la perte progressive des moyens de subsistance traditionnels des populations rurales et nomades, plus que jamais vulnérables. Ces chocs climatiques plongent le Sahel, comme disent les spécialistes, dans un cycle vicieux climat, sécurité et développement », a fait remarquer le Gouverneur.
À l'évidence, a-t-il ajouté, « ces chocs climatiques qui nous assaillent, en plus d'aggraver la pauvreté et les tensions sociales, fragilisent la résilience de nos populations. Pourtant, cette résilience est notre seule voie de survie ». Et d’estimer que cette résilience exige des spécialistes en la matière d'identifier, de proposer et d'exécuter des projets structurants avec pour pilier une meilleure prise en compte des politiques climatiques dans notre agriculture, dans le domaine de la sécurité, de l'eau et bien d'autres. « Le Fonds vert pour le climat est la pierre angulaire financière multilatérale de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, dont l'objectif essentiel consiste à accompagner les pays en voie de développement dans leur lutte contre les effets des émissions de gaz à effet de serre et à faciliter leur adaptation aux impacts des changements climatiques. Ce Fonds vert devient alors un pilier de solidarité internationale. Il représente pour notre pays, le Niger, une véritable opportunité stratégique pour le renforcement des politiques initiées et la résilience de nos populations. Il finance en cela plusieurs pays », a déclaré le Général Abdou Harouna.
Les défis climatiques, un enjeu majeur pour le Niger
En procédant au lancement officiel des travaux de l’atelier, le Ministre de l'Environnement, de l'Hydraulique et de l'Assainissement a aussi rappelé le contexte national dans lequel intervient cette initiative et ses enjeux pour le Niger, qui, à l'instar des autres pays du Sahel, fait face à des défis climatiques majeurs affectant directement les conditions de vie des populations ainsi que l’économie nationale. « Ces défis liés aux sécheresses répétitives, aux inondations, à la dégradation des terres et à la raréfaction de l'eau compromettent nos efforts de développement », a souligné le Colonel Maizama Abdoulaye, qui a saisi l’occasion pour rappeler que sous le leadership éclairé du Général d'Armée Abdourahamane Tiani, Président de la République, « le Niger trace de manière irréversible la trajectoire de sa souveraineté politique et de son développement résilient et durable à travers la mise en œuvre du programme de la Refondation de la République ». Dans ce cadre, la gestion durable des bases productives, axe 3 de ce programme, constitue un pilier essentiel pour renforcer la résilience des communautés et des écosystèmes, a-t-il expliqué. Et c’est à ce titre, dira le ministre, que la Contribution déterminée au niveau national (CDN) a été révisée pour réaffirmer notre engagement à contribuer à l'effort mondial de lutte contre le changement climatique, notamment au maintien de la hausse de la température en dessous de 2 °C, voire 1,5 °C.
Dans son allocution, le ministre Maizama Abdoulaye a salué l'engagement et la mobilisation de l'ensemble des parties prenantes nationales ainsi que des partenaires techniques et financiers qui ont permis à notre pays de se doter de cet important cadre référentiel. Il s’est également réjoui de voir le Niger partager cette vision et cette dynamique avec ses deux pays frères de l'AES, le Burkina Faso et le Mali. « Ensemble, nous devrons bâtir un espace de souveraineté et de résilience face aux défis communs », a dit le ministre pour qui il est important de magnifier la position stratégique du Niger comme pays leader de la diplomatie climatique et environnementale au Sahel, en abritant le siège de la Commission Climat pour la région du Sahel, regroupant dix-sept pays. En effet, a-t-il poursuivi, la Commission Climat pour la région du Sahel est née de la volonté des chefs d’État et de gouvernement africains, exprimée en novembre 2016 après la Conférence des Parties sur les changements climatiques, de doter notre région d'un instrument politique et technique capable d'apporter une réponse concertée aux défis climatiques, environnementaux et de développement auxquels fait face le Sahel. « Le Niger est fier d'avoir été désigné, depuis 2017, pays leader de ce processus par l'Union africaine. En accueillant le siège du Secrétariat exécutif de la Commission Climat pour le Sahel (CCRS), à Niamey, et en soutenant son opérationnalisation, notre pays réaffirme son engagement à apporter une vision commune d'un Sahel plus résilient, plus prospère et plus stable », a ajouté le Ministre de l'Environnement, de l'Hydraulique et de l'Assainissement.

Dans la même lancée, le colonel Maizama a mis en exergue le fait qu’aujourd'hui, la CCRS constitue un cadre stratégique de coordination, de mobilisation des partenaires et des financements climatiques au service des États sahéliens. Elle contribue à renforcer les capacités de nos pays à promouvoir des projets régionaux structurants et à faire entendre la voix du Sahel dans les grandes négociations internationales sur le climat. « Cette position nous confère une responsabilité, mais aussi une opportunité de porter la voix du Sahel sur la scène internationale », a-t-il mis en évidence, tout en rappelant que la CCRS constitue un instrument-clé de l’agenda des coopérations sous-régionales en matière de résilience climatique et de développement durable. Il a aussi loué les actions stratégiques et opérationnelles déjà réalisées par la CCRS en appui à l'agenda climatique au Niger. Depuis l'appui à la finalisation de la CDN 3.0, aux études stratégiques en lien avec l'adaptation et à la promotion de l'entrepreneuriat vert au bénéfice des femmes, en passant par le renforcement des capacités de mobilisation des partenariats, « la CCRS constitue un acteur majeur dans la mise en œuvre de nos priorités nationales », a-t-il souligné.
C’est pourquoi le ministre de l'Environnement, de l'Hydraulique et de l'Assainissement a tenu à saluer la CCRS et ses partenaires, notamment l'UNICEF, pour leur accompagnement dans l'organisation de cet atelier. Il a encouragé, par ailleurs, l'ensemble des partenaires techniques et financiers à se mobiliser pour une opérationnalisation réussie de cet instrument. « Votre appui sera déterminant pour pérenniser ces cadres et en faire un véritable levier de mobilisation des ressources pour le Niger », a-t-il plaidé.
Aux 18 cadres nationaux issus de l'administration publique, du secteur privé, des institutions financières et de la société civile, le ministre Maizama a rappelé qu’il leur revient la responsabilité de constituer le noyau de l'expertise nationale sur le Fonds vert pour le climat. « Votre mission est claire : maîtriser les procédures, comprendre les critères d'éligibilité et proposer des projets répondant aux priorités du Niger. La réussite de ce pôle repose sur vous. Je vous exhorte donc à vous approprier pleinement cette formation et à en faire un instrument au service du développement résilient du Niger », a conclu le ministre de l'Environnement, de l'Hydraulique et de l'Assainissement, le colonel Abdoulaye Maizama, en donnant le coup d’envoi de l'atelier national de formation et de mise en place du Pôle national d'experts du Fonds vert pour le climat.
Le Niger en première ligne pour atténuer les effets de la crise climatique
Auparavant, M. Issifi Boureima, Secrétaire exécutif de la CCRS, a également pris la parole pour souligner que le Niger, cœur du Sahel, est en première ligne face aux phénomènes induits par le dérèglement climatique : cycles imprévisibles de sécheresses, inondations récurrentes, insécurité alimentaire. « Le Niger est en première ligne face à la crise climatique, à l'instar de l'ensemble du Sahel. Fort heureusement, la résignation n'est ni sahélienne, ni encore moins nigérienne. Nos gouvernements déploient des efforts colossaux face à ces défis, et nos vaillantes populations y répondent avec une résilience inouïe et une dignité qui forcent l'admiration. C'est fort de cet engagement de nos États et de cette résilience de nos populations qu'il est du devoir de tous de décider de ne plus subir, de vaincre l'inaction par l'action, par des actions concrètes et adaptées, pour des solutions durables face à ce défi », a-t-il déclaré, soulignant que c'est précisément dans cette optique que la CCRS s'engage aux côtés de ses pays membres et que cette rencontre à Niamey en est une parfaite illustration.
Pour le Secrétaire exécutif de la CCRS, cette initiative est une action concrète et un acte de souveraineté qui pose la première pierre de la capacité du Niger à mobiliser, par ses propres mécanismes endogènes, les ressources nécessaires à sa résilience et à son développement durable. C’est ainsi qu’il s’est félicité de voir le Niger à l’honneur avec ce premier atelier pilote, qui s'inscrit dans le cadre de cette initiative. « Faire du Niger le pays pilote est un choix tout à fait naturel. Au-delà d'être le pays hôte de la CCRS, le Niger est le pays pionnier, à l'avant-garde de cette conduite politique. Mais notre ambition, à la CCRS, est régionale. La CCRS a en effet l'ambition de voir chacun des 17 États membres disposer de la même capacité : la capacité d'accéder directement à la finance climat », a-t-il déclaré, rappelant les défis auxquels sont exposés les pays du Sahel, qui est le front le plus avancé de la crise climatique sur le continent africain. « Et le Niger en paie le prix fort car, à l’instar du reste de la région, nos terres se dégradent, nos eaux se raréfient, nos récoltes sont incertaines alors que, chaque année, sécheresses et inondations fragilisent la vie de nos populations et les bases de notre économie, et ce, en dépit des efforts soutenus de nos gouvernements. »
Face à cette situation, a-t-il dit, « nous nous réjouissons du choix qui a été fait pour le cas du Niger, un choix clair, sous l'impulsion des plus hautes autorités. Le choix du Programme de Refondation de la République. Le choix de la souveraineté et de la résilience ».
M. Issifi Boureima a saisi l’occasion pour saluer les efforts du Niger sous le leadership des autorités nationales, au premier rang desquelles le Chef de l’État, avant de réaffirmer l’engagement et la détermination de la CCRS à accompagner cette dynamique à travers des initiatives qui cadrent parfaitement avec les priorités nationales de la Refondation.
L’UNICEF engagé avec le Gouvernement pour garantir l’effectivité des droits des enfants, menacés par les changements climatiques
De son côté, Ainhoa Jaureguibeitia, Représentante par intérim de l’UNICEF au Niger, qui soutient l’initiative, a adressé sa gratitude à la Commission Climat pour la Région du Sahel pour son leadership ainsi qu’au Gouvernement du Niger pour son engagement constant en faveur de l’action climatique et du développement durable. Les objectifs de cet atelier, a-t-elle affirmé, sont ambitieux et stratégiques puisqu’il s’agit de renforcer les capacités nationales sur les mécanismes du Fonds vert pour le climat et de créer un vivier d’experts capables d’accompagner le pays dans la préparation et la mise en œuvre de projets bancables en lien avec la Contribution déterminée au niveau national de troisième génération (CDN 3.0) et le Programme de Refondation. « Le Niger figure parmi les pays les plus exposés aux effets du changement climatique. La multiplication des sécheresses, des inondations, des vagues de chaleur et de la dégradation des ressources naturelles compromet les moyens de subsistance des populations et accentue les vulnérabilités existantes. Comme le rappellent les documents préparatoires de cet atelier, les conséquences du changement climatique affectent directement la sécurité alimentaire, l’accès à l’eau, la santé publique et les perspectives de développement économique et social », a rappelé Ainhoa Jaureguibeitia, qui n’a pas manqué de souligner que, pour l’UNICEF, ces défis climatiques ne sont pas uniquement des questions environnementales. Ils sont avant tout des questions de droits de l’enfant.

« Chaque sécheresse qui réduit l’accès à l’eau potable, chaque inondation qui détruit une école, chaque épisode climatique extrême qui prive une famille de ses moyens d’existence a des conséquences directes sur les enfants. Les enfants sont les premiers affectés et pourtant les moins responsables de cette crise. C’est pourquoi l’action climatique constitue aujourd’hui un élément essentiel de notre mission de protection et de promotion des droits de chaque enfant. À l’UNICEF, nos actions sont guidées par des valeurs fondamentales qui résonnent fortement avec les objectifs de cette initiative. »
Pour la Représentante de l’UNICEF, la création d’un Pôle national d’experts constitue une étape particulièrement importante car elle traduit la volonté de bâtir durablement une expertise nationale capable de concevoir, développer et défendre des projets répondant aux standards internationaux du Fonds vert pour le climat. « Au-delà de la formation elle-même, c’est un investissement dans le capital humain du Niger. Ce sont les compétences nationales qui permettront demain de mobiliser davantage de ressources climatiques, de renforcer les institutions et d’assurer une meilleure appropriation des solutions par les acteurs nationaux », s’est-elle félicitée.
C’est pourquoi l’UNICEF salue l’importance accordée aux questions de résilience dans cette initiative. « À travers ses interventions dans les secteurs de l’eau, de l’assainissement, de l’éducation, de la santé, de la nutrition et de la protection de l’enfant, notre expérience montre qu’une telle approche contribue à renforcer durablement la continuité et la qualité des services essentiels face aux défis actuels et futurs », a déclaré Ainhoa Jaureguibeitia, qui a saisi l’occasion pour réaffirmer l’engagement de l’UNICEF à accompagner les efforts du Gouvernement du Niger et de ses partenaires pour faire face aux impacts du changement climatique. « Nous continuerons à soutenir les initiatives qui renforcent les capacités nationales, protègent les enfants et contribuent à construire un avenir plus résilient, plus inclusif et plus durable. » Après avoir félicité la Commission Climat pour la Région du Sahel, le ministère de l’Environnement, l’Autorité nationale désignée du Fonds vert pour le climat ainsi que l’ensemble des partenaires qui ont rendu possible l’organisation de cette importante activité, la Représentante par intérim de l’UNICEF au Niger a souhaité plein succès à ces travaux, tout en formulant le vœu que cet atelier marque le début d’« une dynamique durable permettant au Niger de mobiliser davantage de financements climatiques au service de son développement et, surtout, au service de ses enfants ».
Des initiatives pour mobiliser les financements nécessaires pour atteindre les objectifs visés
Autre intervention importante, celle du Secrétaire exécutif du CNEDD, le colonel Yacouba Magagi, qui représente l'Autorité nationale désignée (AND) du Fonds vert pour le climat au Niger. Le CNEDD, à travers son Secrétariat exécutif, est dans son rôle d'AND et assure le suivi technique et l'alignement des financements climatiques avec les priorités nationales, ainsi que l'accompagnement du processus et l'endossement des propositions de financement pour soumission au Fonds vert pour le climat au profit du Niger. À cet effet, a-t-il mis en exergue, au début de son opérationnalisation en 2015, le Fonds vert pour le climat, créé en 2010 lors de la COP16 au Mexique, a approuvé 12 propositions de financement et 8 appuis préparatoires, généralement appelés « readiness », pour une enveloppe cumulée d'environ 160 millions de dollars américains.
Cependant, a-t-il reconnu, « cet effort reste encore insuffisant au vu des besoins de financement climatique assez élevés pour notre pays dont la priorité climatique met l'accent sur la mise en œuvre des mesures d'adaptation et de renforcement de la résilience des communautés et des écosystèmes ».
Selon les explications du Secrétaire exécutif du CNEDD, il est ressorti dans la première communication relative à l'adaptation au changement climatique au Niger, en 2025, que ces mesures planifiées dans les documents nationaux, notamment le Plan national d'adaptation, la Contribution déterminée au niveau national révisée, le Plan national d'adaptation intégrant le secteur de l'eau et la SPN2A nécessitent un financement de plus de 9 milliards de dollars US. À cet effet, a-t-il poursuivi, pour mobiliser ce financement, il conviendra d'exploiter les opportunités au niveau national, régional et international, y compris les financements innovants, afin de permettre à notre pays, le Niger, qui est très vulnérable aux effets des changements climatiques, de renforcer ainsi sa résilience climatique, voire sa résilience économique et sociale. Plus encore, la mise en œuvre de la CDN 3.0 demande un financement d'environ 17 milliards de dollars US. C'est pourquoi il a salué cette initiative de la Commission Climat pour la région du Sahel de mettre en place, en collaboration avec le CNEDD, un Pôle national d'experts d'appui à la mobilisation du financement climatique au Niger, et particulièrement du Fonds vert pour le climat. « L'idée de la mise en place de ce Pôle national d'experts arrive à point nommé. Elle est pleinement cohérente avec les efforts que nous conduisons en collaboration avec le ministère en charge de l'environnement à travers sa coordination, la Coordination nationale de la Contribution déterminée au niveau national et la CCRS, ainsi qu'avec l'ensemble des partenaires pour doter le pays d'une expertise nationale capable de formuler des projets conformes aux procédures et exigences du Fonds vert pour le climat », a estimé le colonel Magagi. En effet, a-t-il fait remarquer, ce Fonds reste à présent le plus grand mécanisme de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, à même de financer des projets structurants produisant des impacts significatifs dans la lutte contre les changements climatiques ainsi que leurs effets.
Le colonel Yacouba Magagi a enfin exprimé toute la disponibilité du CNEDD à œuvrer pour le succès de cette initiative à travers l'appui technique nécessaire et un accompagnement rapproché à cette cause, en collaboration avec la CCRS et l'ensemble des parties prenantes au niveau national. Il a aussi lancé un vibrant appel à un engagement remarquable des 18 experts désignés pour cette importante mission républicaine. « Vous êtes désormais le noyau de l'expertise nationale sur le Fonds vert pour le climat. La qualité de votre travail déterminera notre capacité collective à transformer les ambitions climatiques en projets concrets, alignés sur les orientations stratégiques du Programme de Refondation de la République et conformes aux exigences des mécanismes innovants du financement climatique », leur a-t-il adressé avant d’exprimer toute sa reconnaissance au ministre de l'Environnement, de l'Hydraulique et de l'Assainissement, pour son engagement et son leadership à la tête du ministère. Des actions qui ont permis de créer l'environnement favorable conformément à la volonté politique imprimée par le Général d'Armée Abdourahamane Tiani, Président de la République, dans le cadre de la redynamisation de l'administration et du renforcement de la cohérence du fonctionnement des mécanismes institutionnels.
Ikali Dan Hadiza (actuniger.com)


