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Directrice departementale echange enfants victimes viol La directrice départementale de l’Action sociale échange avec les fillettes victimes et leur mère après le drame.Dans une commune rurale de la région de Tahoua, à environ 600 kilomètres de Niamey, le quotidien a été brutalement bousculé par une affaire de violences sexuelles visant quatre fillettes âgées de 8 à 10 ans. Au-delà du choc local, le drame ravive les inquiétudes autour des violences basées sur le genre au Niger, un phénomène persistant malgré les dispositifs de prévention, les engagements internationaux et les efforts des acteurs sociaux. Entre traumatisme des victimes, silence des familles et limites de la prise en charge, l’affaire met en lumière la fragilité des réponses face à une réalité encore largement tue.

Dans cette commune de la région de Tahoua, les journées suivent habituellement un rythme immuable. À l’aube, les ruelles sablonneuses s’animent, les enfants rejoignent les écoles coraniques, les femmes s’activent dans les concessions et la vie communautaire reprend ses repères.

Mais depuis plusieurs semaines, un déséquilibre s’est installé dans cette harmonie apparente. Dans une concession familiale, quatre fillettes tentent de retrouver un semblant de normalité après des violences sexuelles présumées, attribuées à un jeune homme de 25 ans, apprenti enseignant dans leur école coranique, aujourd’hui en détention.

L’affaire a profondément bouleversé la communauté et ravivé les inquiétudes autour des violences basées sur le genre (VBG), un phénomène qui continue de toucher durement les femmes et les enfants au Niger.

 

Le quotidien fracturé d’une enfance

Dans la cour familiale, les mots sont rares. Les regards, eux, traduisent encore la peur et l’incompréhension. Les enfants jouent à proximité, mais l’insouciance semble avoir disparu. La grand-mère des fillettes accepte de témoigner, sans quitter des yeux les enfants.

Grand mere enfants victimes viol

« Avant, elles passaient leur temps dehors à jouer ensemble », raconte-t-elle d’une voix basse. « Aujourd’hui, elles ont peur. Certaines refusent même de sortir seules ».

Ce jour-là, explique-t-elle, les enfants étaient revenues de leurs occupations habituelles en fin d’après-midi lorsque quelque chose d’inhabituel a commencé à l’inquiéter. « J’ai senti que quelque chose n’allait pas », dit-elle simplement.

Les fillettes seraient revenues plusieurs heures plus tard, dans un état de peur extrême. Selon les témoignages recueillis auprès de la famille, elles auraient été conduites dans un endroit isolé où elles auraient subi des violences sous la menace.

Terrifiées, elles seraient restées silencieuses dans un premier temps avant de finir par se confier à des proches. Le lendemain, la famille s’est tournée vers les services de sécurité puis vers les structures sanitaires afin d’obtenir une prise en charge médicale et psychologique.

Depuis, le quotidien des enfants a changé. Les nuits sont difficiles. Certaines pleurent fréquemment. D’autres sursautent au moindre bruit. La famille tente désormais de les entourer en permanence afin d’éviter qu’elles restent seules trop longtemps.

« Ce genre de traumatisme ne touche pas seulement le corps », souffle une proche. « Il atteint tout l’équilibre de l’enfant ».

 

Une réalité qui dépasse un seul drame

À Malbaza, les services sociaux alertent sur une situation qu’ils décrivent comme persistante et préoccupante. 

« La situation est grave. Et malheureusement, elle s’aggrave d’année en année », affirme Rakia Manzo, directrice départementale de la Population, de l’Action sociale et de la Solidarité nationale.

Les violences basées sur le genre prennent plusieurs formes : violences physiques, psychologiques, mariages d’enfants ou forcés, déni de ressources. Mais les agressions sexuelles sur mineures restent au centre des préoccupations.

Dans certaines communes, une vingtaine de cas de viol seraient enregistrés chaque année. Et les chiffres réels, selon les acteurs sociaux, seraient largement supérieurs.

Directrice departementale Rakia Manzo

 « Beaucoup de cas ne sont jamais déclarés », reconnaît la responsable. « Par peur, par honte ou pour préserver l’honneur familial, le silence l’emporte souvent ».

Dans les villages, les violences sexuelles restent entourées de tabous tenaces. Les victimes, souvent très jeunes, affrontent seules les conséquences physiques et psychologiques des agressions.

Les services sociaux identifient plusieurs facteurs de vulnérabilité : instabilité familiale, divorces, mobilité des enfants entre différents foyers, mais aussi pauvreté. « Les enfants issus de familles pauvres sont souvent les plus exposés », observe Rakia Manzo, évoquant des situations où les agresseurs ciblent des victimes perçues comme moins protégées socialement.

 

Des engagements internationaux face au mur du terrain

Le Niger a pourtant ratifié plusieurs instruments internationaux relatifs aux droits des femmes, dont la Déclaration des Nations unies de 1993 sur l’élimination des violences faites aux femmes. La Constitution et la Politique nationale genre consacrent également les principes d’égalité et de protection des personnes vulnérables.

Mais sur le terrain, ces engagements se heurtent à une réalité persistante : normes sociales, contraintes économiques et poids des traditions continuent d’alimenter les violences. Au-delà des blessures individuelles, les conséquences touchent aussi la cohésion sociale et le développement des communautés.

Ces dernières années, l’État nigérien, avec l’appui de l’UNICEF et d’autres partenaires, a multiplié les initiatives : campagnes de sensibilisation, émissions radiophoniques, formations locales et accompagnement des survivantes.

La lutte contre les violences basées sur le genre est désormais affichée comme une priorité nationale. Mais sur le terrain, les acteurs restent prudents. « Les efforts existent, mais ils restent insuffisants face à l’ampleur du phénomène », confie un intervenant de la protection de l’enfance.

 

Briser le silence, un défi collectif

Dans cette localité de Tahoua, le drame a ouvert une brèche dans le silence. Certaines familles disent désormais mieux surveiller leurs enfants, d’autres affirment avoir engagé davantage de dialogue.

Pour les travailleurs sociaux, cette évolution reste fragile mais essentielle. « Tant que les victimes se tairont, les violences continueront », rappelle un agent social.

Dans la cour familiale, la grand-mère observe les enfants jouer sous une vigilance constante. Elle espère qu’un jour, elles retrouveront leur insouciance. Puis elle lance, comme un avertissement adressé à toute la communauté : « Il faut écouter les enfants. Et surtout, les croire ». 

Abdoulkarim (actuniger.com)



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ortm AES fama sacko
3 semaines ya
Direct | Édition de 07heures du mercredi 13 mai 2026 du journal parlé de la radio nationale.
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ORTM
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