Zinder : quatre enfants périssent dans les pluies diluviennes du 30 août, plusieurs quartiers submergés
Zinder a connu une matinée meurtrière ce samedi 30 août 2025. Dès 4h45, le ciel s’est déchaîné sur la ville et ses environs, déversant jusqu’à 170 millimètres de pluie à Tabkin Kalgo, dans la commune 4. En quelques heures, les rues se sont transformées en torrents et de nombreuses habitations en pièges mortels. Le bilan provisoire est lourd : quatre enfants ont péri dans l’effondrement de leurs maisons, deux dans la commune 2 (âgés de 8 et 3 ans) et deux autres dans la commune 3.
Dans un drame particulièrement poignant, un père a réussi à sauver deux de ses quatre enfants, avant que les murs fragiles de son habitation en banco ne s’écroulent. Les corps des victimes ont été acheminés à la morgue.
Outre ces pertes humaines, les pluies ont provoqué l’effondrement de plusieurs habitations et laissé des quartiers entiers inondés. Selon les services techniques, les pluies de ce samedi 30 août ont atteint des niveaux exceptionnels avec 170 mm enregistrés à Tabkin Kalgo (Karaguwa, commune 4), 162,2 mm à Angoual Makko, 143 mm à Zinder Ville, 142,8 mm au poste agricole de Zinder, 140 mm à Kirchia, 130 mm dans la Commune II, 125 mm à Kachéni, 120 mm à Angoual Dan Tahi, 115 mm à Gorgoré et 100 mm à Nwala Gogo.
Des chiffres qui dépassent largement la moyenne saisonnière et rappellent la vulnérabilité criante des constructions précaires face aux pluies diluviennes.
Face à l’ampleur du désastre, l’Administrateur Délégué de la ville de Zinder, accompagné du Secrétaire Général de la ville, des Administrateurs Délégués des 2e et 3e arrondissements, ainsi que du Chef du Service Hygiène et Assainissement, s’est rendu dès la matinée dans les quartiers les plus touchés. Objectif : évaluer l’ampleur des dégâts, rencontrer les familles sinistrées et coordonner les premiers secours.
« Nous suivons de près l’évolution de la situation et nous apportons tout notre soutien aux populations affectées », ont assuré les responsables locaux, appelant à une solidarité renforcée pour venir en aide aux victimes.
Le récit des habitants est unanime : une averse d’abord salvatrice après la saison sèche, vite devenue angoissante, puis franchement terrifiante. « L’eau montait, montait sans s’arrêter. Elle a forcé la porte, tout emporté sur son passage : nos sacs de mil, nos nattes, nos vêtements… », témoigne Ousmane, un habitant du quartier populaire de Zinder Ville, les yeux encore hagards. « Le pire, c’était le bruit. Le grondement de la pluie sur les toits de tôle et le craquement sinistre des murs en banco qui cédaient un à un ».
La tragédie humaine, encore en train de se chiffrer, a déjà un visage : celui de l’enfance. Les quatre âmes arrachées à la vie sont celles de jeunes enfants, fauchés dans l’effondrement soudain de l’habitat précaire. Ces drames mettent en lumière, une fois de plus, la vulnérabilité criante des constructions face à la furie des éléments dans les quartiers les plus défavorisés. Le banco, matériau traditionnel roi, se révèle une protection fragile lorsque le ciel se déchaîne.
Au-delà de l’émotion et du deuil, cette nouvelle catastrophe met en lumière la fragilité des infrastructures urbaines et la nécessité d’un plan durable de prévention des inondations, combinant aménagement urbain, renforcement des matériaux de construction et meilleure anticipation météorologique.
Ibrahim Issa (actuniger.com)