jeudi 8 décembre 2022

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VIOLENCES SEXISTES ET SEXUELLES À L’ÉCOLE : les Jeunes Leaders pour le Plaidoyer (JLP) présentent les résultats de leur enquête et plaident pour la révision du règlement scolaire

Journee Plaidoyer JLP BIS3

Les Jeunes Leaders pour le Plaidoyer (JLP) engagés depuis mars 2020 dans la lutte contre les violences sexistes et sexuelles (VSS) en milieu scolaire ont organisé hier, jeudi 20 Octobre à l’hôtel Radisson Blu de Niamey, une journée de plaidoyer. A travers cette journée de plaidoyer qui entre dans le cadre des activités de la campagne #ZéroViolence lancée le 12 Octobre dernier et qui s’inscrit dans le cadre du projet “Jades II”, Jeunes et Adolescent·e·s en Santé phase 2, mis en oeuvre avec l’appui de Lafia Matassa, Equipop, l’ONG Solthis, les Jeunes Leaders pour le Plaidoyer (JLP) demandent au ministère de l’Education de revoir l’arrêté n° 0064 du 16 Mars 2020 déterminant le canevas de règlement intérieur des établissements scolaires du secondaire, afin de prévenir, protéger et prendre en charge les victimes et témoins de violences sexistes et sexuelles en milieu scolaire.

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La cérémonie de lancement de cette journée de plaidoyer s’est déroulée à l’hôtel Radisson Blu de Niamey en présence du Représentant du ministre de l’éducation nationale, des cadres centraux du Ministère de l ‘Éducation Nationale, du Ministère de la Santé Publique, de la Population et des Affaires Sociales, du Ministère de la Jeunesse et du Ministère de la Promotion de la Femme et de la Protection de l’Enfant, de la Directrice pays de Solthis, du président de l’ONG Lafia Matassa, Dr Gado Sabo, du Chef de Projet par intérim du Projet JADES 2, Dr Balarabe Mahamadou, de la Représentant de l’ONG Equipop, Dr Chamsiya Mahaman Sani Ali, des représentants des ONG et Associations sensibles à la question, des représentants des partenaires techniques et financiers, ainsi que de l’équipe des Jeunes Leaders pour le Plaidoyer, ainsi que de plusieurs invités. Cette journée de plaidoyer a été également l’occasion pour les Jeunes Leaders en Plaidoyer de présenter les résultats de l’enquête qu’ils ont menée du 23 mai au 04 juin 2022, dans 7 établissements secondaires publics  de Niamey et de Maradi, zones d’intervention du projet.

Journee Plaidoyer JLP BIS3

Cette mobilisation des Jeunes Leaders pour le Plaidoyer s’inscrit dans le cadre du projet “Jades II”, qui a pour objectif de renforcer le plaidoyer pour les droits et la santé sexuels et reproductifs des jeunes au Niger, notamment des jeunes femmes, exposées à de multiples vulnérabilités.

Un projet conçu et piloté pour les jeunes par les jeunes

Selon le président de l’ONG Lafia Matassa, Dr Gado Sabo, la particularité de ce projet est que ces jeunes ont été mis au devant du début jusqu’à la fin. « Depuis la conception, ces jeunes ont été mis au centre. Ils ont conçu toutes les activités à faire, ils les ont mené jusqu’à ce jour où ils sont très actifs sur les réseaux sociaux, dans ce domaine de plaidoyer. Et même à notre niveau, nous avons responsabilisé les jeunes, chacun selon sa capacité, que ce soit à Niamey ou à Maradi » a-t-il déclaré.

Dr Gado Sabo a rappelé que cette activité n'aurait pas été possible sans la collaboration des différents partenaires, notamment l’État à travers son engagement par son premier responsable, SEM  le Président de la République Mohamed Bazoum qui dans son premier discours en tant que Chef de l’État, a tenu à accorder une place particulière à la jeunesse. « Cela a également été possible grâce à l’appui financier de partenaires tels que l’AFD, que je remercie ici à travers l’ambassade de France au Niger, la mairie de Paris également, la Fondation de France et d’autres ONG partenaires qui apportent l’appui technique, j’ai nommé Solthis et aussi Equipop et tout ceci, avec la collaboration de l’ONG Lafiyar Matassa pour permettre de faire en sorte que cette activité soit beaucoup plus pérenne » a poursuivi le président de l’ONG Lafia Matassa.

Dr Sabo qui a par ailleurs salué le rôle important des Directions régionales, a également émis le vœu qu’il y aura un changement relativement à ces violences dont les jeunes sont victimes. « L’impunité doit disparaitre et j’espère que d’ici peu, on va modifier les règlements intérieurs pour qu’ils prennent en compte ces aspects. Déjà un certain nombre de résultats ont été obtenus au niveau régional, notamment à Maradi dans le cadre de la phase 1, où ce règlement a été modifié au niveau régional pour tenir compte de certaines réalités, notamment la consommation de certaines substances nocives à la santé par les jeunes, mais aussi l’utilisation des portables en milieu scolaire. J’ose espérer que les résultats engrangés par ce projet serviront toute la jeunesse nigérienne, pas seulement en  milieux scolaire » a-t-il laissé entendre.

En prenant la parole à son tour, le Chef de Projet par intérim de JADES 2, Dr Balarabe Mahamadou a fait un point sur le projet, ses objectifs et les résultats attendus.

« Le projet JADES est dans sa phase 2. Il y’a une phase 1 qui a concerné le Niger et le Mali et  au vu des résultats probants au Niger, nous avons obtenu cette phase 2 qui est en cours. Cette phase 2 a commencé en octobre 2019 et s’étendra jusqu’en fin janvier 2023 » a-t-il souligné.  Selon Dr Balarabe, l’objectif global de ce projet est de contribuer à la réduction de nouvelles infections à VIH et aux grossesses non désirées chez les adolescentes. L’objectif spécifique, a-t-il précisé, c’est l’accès des jeunes à leurs droits et de conditions de prise en charge pour une aide améliorée dans les zones ciblées, Niamey et Maradi.

« Trois résultats sont attendus dans le cadre de la mise en œuvre de ce projet multi partenarial dont Solthis est cheffe de file, il y a également Lafiyar Matassa et Equipop, en plus des partenaires étatiques avec lesquels nous collaborons de façon très cordiale : Résultat 1, c’est l’empowement des jeunes, quand on voit cette salle, il y’a déjà de quoi être fier, c’est les jeunes qui ont le lead sur cette activité et l’ONG de mise en œuvre, c’est Lafiyar Matassa avec les jeunes, et en milieu communautaire. Résultat 2, c’est l’amélioration des conditions en matière de santé sexuelle et reproductive des adolescents et des jeunes, c’est Solthis qui met en œuvre cette activité. Nous travaillons au niveau de 9 structures de santé à  Niamey et à  Maradi. Résultat 3, c’est le volet plaidoyer conduit par ‘’ Equipop’’ » a expliqué le Chef de Projet par intérim qui a par ailleurs précisé que les bénéficiaires, c’est d’abord les jeunes, mais également les services de santé, les établissements scolaires et les partenaires étatiques que sont les différents ministères concernés.

En s’adressant à son tour à l’assistance, la représentante d’Equipop s’est félicitée du travail accompli avec les jeunes. « Nous avons accompagné les jeunes leaders pour le plaidoyer à chaque étape du projet. Nous avons renforcé leurs connaissances sur les violences sexistes et sexuelles. Nous les avons également accompagné sur la phase de collecte des données pendant la préparation de la campagne média et de plaidoyer » s’est réjouie Dr Chamsiya Mahaman Sani Ali.

Peu après les différentes adresses des officiels, les Jeunes Leaders se sont présentés devant la salle pour présenter les résultats de leur enquête menée à Niamey et à Maradi et donner des détails sur  la campagne ‘’Ensemble pour Zéro Violence Sexiste et Sexuelle à l’école’’.

Des résultats inquiétants

Journee Plaidoyer JLP BIS3

Réalisée après l’accord du comité d’éthique du ministère de la santé, relèvent les Jeunes Leaders pour le Plaidoyer, l’enquête à permis de réaliser plus de 750 questionnaires et plus de trente focus groupes avec les élèves et les responsables scolaires.

De manière globale, il ressort de cette enquête menée du 23 mai au 04 juin 2022 dans 7 établissements secondaires publics des communes I, III et IV de Niamey et I, II et III de Maradi que : plus d’un·e élève sur 5 déclare avoir été victime de violences sexistes et sexuelles (attouchements sexuels, baisers forcés, dénigrement, viols…), 83% des élèves victimes de VSS n’ont jamais parlé des violences subies, le plus souvent par peur, manque de confiance ou ne sachant pas vers qui se tourner.

Les auteurs cités sont majoritairement, ont-ils précisé, des élèves, mais aussi des professeur·e·s ou personnels des établissements.

Selon toujours les informations fournies par l’enquête, près d’un·e élève sur deux (45%) ne considère pas le viol (rapport sexuel forcé) comme une violence sexuelle.

Et c’est justement pour mettre en lumière ce problème de société majeur et remonter leur voix jusqu’au niveau des autorités, que les Jeunes Leaders pour le Plaidoyer ont démarré le 12 octobre 2022  la campagne ‘’Ensemble pour Zéro Violence Sexiste et Sexuelle à l’école’’, qui s’étendra jusqu’au 26 octobre 2022 dans les médias et sur les réseaux sociaux.

« Tout au long de cette campagne nous demanderons au Ministère de l’Éducation de revoir l’arrêté n° 0064 du 16 Mars 2020 déterminant le canevas de règlement intérieur des établissements scolaires du secondaire, afin de prévenir, protéger et prendre en charge les victimes et témoins de violences sexistes et sexuelles en milieu scolaire » ont déclaré ces jeunes engagés pour l’éradication des violences sexistes et sexuelles en milieu scolaire.

Des résultats probants déjà enregistrés dans le cadre de cette campagne 

À mi-parcours de cette campagne, des résultats encourageants ont été enregistrés par les Jeunes leaders. Ainsi sur les réseaux sociaux, c’est plusieurs centaines de jeunes qui ont été mobilisés avec le hashtag #ZéroViolence.

Près de 2000 publications avec #ZéroViolence ont été faites sur Twitter et Facebook principalement, pour 2300 commentaires, likes et partage sur ces publications avec une portée totale estimée à plus de 200.000 personnes avec l’outil Talkwalker. Sur Twitter spécifiquement, ce sont des dizaines des jeunes qui ont été mobilisés, plus de 430 réponses enregistrées, plusieurs dizaines de tweets demandant la révision du règlement.

La campagne compte également à son actif la réalisation d’une émission Web Tv et 3 parutions dans trois médias, notamment ‘’ Le Canard déchaîné’’, ‘’ ActuNiger’’ et ‘’La Roue de l’Histoire’’.

Les Jeunes Leaders pour le Plaidoyer encouragent l’ensemble de la jeunesse et la communauté dans son ensemble, pour une portée encore plus importante, à rejoindre la campagne #ZéroViolence sur Twitter (https://twitter.com/JLP_Niger) et Facebook (https://www.facebook.com/JeunesLeadersPlaidoyer).

Abdoul Wahab Issaka (actuniger.com)

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