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C’est de nouveau l’escalade entre le Syndicat national des enseignants chercheurs et du supérieur (SNECS) et le gouvernement. Une semaine après l’adoption par ce dernier du projet de loi portant réforme du mode de désignation des recteurs et vice-recteurs des universités publiques, lesquels seront désormais nommés et non plus élus comme c’est le cas depuis 2010, le SNECS a décidé de radicaliser sa lutte.

Des trois (3) jours de grève hebdomadaires que le syndicat observe depuis début février en guise d’avertissement, c’est désormais un mot d’ordre de grève de cinq (5) jours, du lundi 11 au vendredi 15 que le SNECS va observer cette semaine. Ce débrayage qui est annoncé comme celui d’une longue série, entre dans le cadre des actions qu’a décidé de mettre en œuvre le SNECS pour mettre la pression sur le gouvernement, qui de toute évidence entend mener sa réforme ou « le retour de l’Etat dans l’université », au forceps.

Le vendredi 8 mars, après une concertation de deux jours de ses instances dirigeantes, le SNECS a animé un point de presse au cours duquel une déclaration a été lue, et dans laquelle le syndicat annonçait de nouvelles mesures d’actions et même de rétorsion. Ainsi, d’après son mémorandum le SNECS a demandé à ses militantes et militants de considérer les semestres impairs (S1, S3 et S5) comme réalisés, de sursoir à tout rattrapage de cours, examens, TD, TP, délibérations, soutenances, encadrements ; de ne plus programmer ni exécuter aucune activité académique les samedis, dimanches, les jours fériés et au-delà des heures réglementaires ; de renoncer aux missions d'enseignement dans les Universités publiques jusqu'à nouvel ordre. Selon le SNECS, ces décisions ont été prises en réaction à « une crise délibérément provoquée par le gouvernement », qui en plus d’avoir adopté le projet de décret sans tenir compte de ses observations, a décidé à travers une directive du ministre de l’Enseignement supérieur Yahouza Sadissou, d’opérer des coupures dans les salaires pour « faits de grève ».

Les étudiants pris en otage

Dans sa déclaration, le SNECS demande « le retrait pur et simple du projet de loi portant modification de l'ordonnance n° 2010-77 du 9 décembre 2010 portant régime des établissements publics à caractère scientifique, culturel et technique », et « rend le gouvernement responsable des conséquences graves de cette évidente déstabilisation des UPN à court, moyen et long termes ».

Les activités académiques dans les huit (8) principales universités du pays se trouvent de facto paralysées par ce bras de fer entre le gouvernement et le SNECS qui fait des étudiants, les premières victimes. Alors que le début de l’année a été rythmé par des grèves en séries de la part des étudiants et de leurs encadrants, cette nouvelle crise va davantage amplifier la crise que traverse l’enseignement supérieur au Niger, un secteur qui laisse franchement à désirer et cela depuis belle lurette. L’année passée c’était déjà une crise entre l’UENUN/USN et le SNECS qui a occasionné une perte de plusieurs semaines de cours en plus des grèves répétitives des structures syndicales des étudiants pour non-paiement des bourses et aides sociales ainsi que des revendications pour de meilleures conditions d’études. La Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) avait entrepris une médiation entre le SNECS et le gouvernement, mais malgré quelques accords de principe trouvés, elle a capoté en cours de chemin. Désormais, les deux parties campent chacune sur ses positions au grand dam des intérêts du pays car au final c’est l’avenir du Niger qui est en jeu. Au moment où partout, l’éducation et la formation de compétences de haut niveau fait consensus comme levier de développement, et à l’heure où dans nos pays voisins, les autorités rivalisent d’efforts pour disposer des meilleurs systèmes et institutions académiques, le cas de l’enseignement supérieur public du Niger est tout simplement déplorable. Le bras de fer actuel qui n’est que la énième manifestation de cette crise, rappelle à juste titre que les responsabilités sont partagées de part et d’autre.

Lettre SENC aux recteurs min

Ikali (Actuniger.com)

 

Commentaires   

+1 #1 Boureima Guingarey 10-03-2019 21:26
projet de loi portant réforme du mode de désignation des recteurs et vice-recteurs des universités publiques, lesquels seront désormais nommés et non plus élus comme c’est le cas depuis 2010.....

Rectifier Monsieur le journaliste:

.....lesquels seront désormais nommés et non plus élus comme c’est le cas depuis 1993 ........
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+2 #2 Ambouka Azarori 10-03-2019 21:36
Donc avant l'arrivé du régime de l'AFC en avril 1993 qui a fait de Mahamadou Issoufou, Premier Ministre du17 avril 1993 – 28 septembre 1994.
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+2 #3 Mahamadou Ibrahim Sourage 10-03-2019 23:22
De grâce nos parents, je suis persuadé que vous suivez de près cette presse,alors je me permets de vous adressez ceci: descendez dans tout les coins pour dire non à cette politique,qui tue et ennui gravement vos enfants.
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+1 #4 Ant-fcfa 11-03-2019 01:39
C'est dommage vraiment, au lieu de se mettre au travail pour redresser l'IDH et nôtre honneur, vous essayez de sombrer dans les pièges des grèves, DNECS vous me fait honte et vous faîtes honte à l'éducation.
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+1 #5 Blackmarket 11-03-2019 14:26
Des soit disant intellectuels qui se sont toujours avidement immiscer dans les affaires politiques mais qui refusent aujourd'hui l'immixtion de la politique dans leurs "affaires"... Ce pays est dans une déperdition totale. Toutes les couches socio-professionnelles sont infectées jusqu’à la dernière cellule. Elle est autant pitoyable qu'effrayante la situation a laquelle nous avons abouti de nos jours. Cette conférence nationale qui, de part les réelles intentions sombres qui animaient ses acteurs d'antan, a été déviée de son objectif idéal, nous avons besoin d'elle encore aujourd'hui. Les Nigériens ont plus que jamais besoin de s’asseoir, de se regarder en face, de se dire les "quatre vérités" et de se réconcilier. il est impératif pour nous de rectifier le tir avant que le cancer qui gangrène cette nation n'atteigne son stade terminal. Comme le disait quelqu'un, "tout le monde doit quitter le Niger et laisser ce pays réfléchir..." Lol
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0 #6 kirja 12-03-2019 16:46
Bien avant cette grevé , ces enseignants chercheurs en tout cas ceux du Niger , je ne dis pas tous mais étaient de mauvaise fois. ils sont entrain de détruire l’enseignement supérieur. Pourtant ils étaient tous des enfants des paysans qui avaient bénéficier des bourses publiques pour être la ou ils sont aujourd’hui.
Que dieux nous vienne en aide et sauve le Niger.
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