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Le Président nigérien a de nouveau accusé la France et Emmanuel Macron d’être derrière les récentes attaques terroristes qui ont visé l’aéroport de Niamey ainsi que plusieurs localités et positions des forces de défense et de sécurité au Niger, mais aussi au Mali. « La horde de ceux qui sont venus pour la deuxième fois [attaquer] l'aéroport sont des mercenaires à la solde de la France, mais de façon plus générale, à la solde de l'Union européenne ou de l'Europe, ou de l'Occident plus généralement », a déclaré le Général d’armée Abdourahamane Tiani lors d’un entretien diffusé sur les chaînes publiques, samedi dans la soirée, à l’occasion de la commémoration du 3e anniversaire des évènements du 26 juillet 2023 et de la prise de pouvoir par les militaires du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP) suite au coup d’État contre le régime de l’ancien président Bazoum Mohamed. Ce n’est pas la première fois que le chef de l’État accuse l’ancienne puissance coloniale de financer les groupes armés terroristes (GAT) pour déstabiliser les États de la Confédération AES avec l’appui des pays de la sous-région, notamment ceux de la CEDEAO. Cette fois, le Général Tiani a étendu ses accusations aux pays européens et occidentaux, soulignant que le combat que mène actuellement l’AES est une guerre contre le néocolonialisme occidental.

« Ce n’est pas à ces hommes armés qui ne sont que des marionnettes et des mercenaires téléguidés par la France, mais c’est contre les forces occidentales néocoloniales qui orchestrent toutes ces attaques coordonnées contre nos pays que nous nous battons », a déclaré le président nigérien face au journaliste de la chaîne publique (RTN), qui assurait l’entretien de plus de cinq heures en français, haoussa et zarma, diffusé dans la soirée du samedi 25 juillet 2026.

Un entretien bilan sur les trois (03) années de son accession au pouvoir, à la tête du CNSP, et qui a été largement consacré aux évènements sécuritaires qui continuent d’endeuiller le Niger ainsi que ses voisins alliés de la Confédération des États du Sahel (AES).

À la première question du journaliste Abdoulaye Tiémogo, son conseiller en communication, sur les attaques terroristes qui ont ciblé l’aéroport de Niamey, la capitale du Niger, le Président nigérien a affirmé que la France était derrière les assauts des 28-29 janvier et 18 juin 2026.

Le chef de l'État soutient que les assaillants étaient des « mercenaires à la solde de la France », affirmant qu'ils avaient reçu pour mission de détruire entièrement l'aéroport, de tirer sur les passagers et de mener simultanément des attaques contre le palais présidentiel et le centre d'instruction militaire de Tondibiah. Selon lui, ces commandos étaient composés de combattants issus du JNIM, regroupés et entraînés par les services français. Abdourahamane Tiani affirme disposer de « preuves » de toutes ces accusations.

La France accusée d’être derrière les attaques terroristes contre l’aéroport de Niamey

Évoquant les multiples attaques terroristes auxquelles le pays fait face, notamment contre l’aéroport Diori Hamani de Niamey, dont la dernière est intervenue le 18 juin dernier, le Général Tiani a clairement indiqué que « ceux qui sont venus à l’aéroport sont des marionnettes, et croire que ce sont des terroristes qui combattent pour une cause, c’est être extrêmement naïf ».

Comme pour la première attaque de la nuit du 28 au 29 janvier dernier, le Général a fait savoir que l’aéroport a été attaqué une deuxième fois et sera encore attaqué parce que « c’est de la survie de la France qu’il s’agit ».

La France, a-t-il poursuivi, « va utiliser tous les moyens, comme Emmanuel Macron l’a dit, et je le cite, qu’il ne quittera pas le pouvoir avant de régler ses comptes avec les dirigeants du Niger prioritairement, ensuite ceux du Sahel, c’est-à-dire Assimi Goïta et Ibrahim Traoré ».

Pour le Président nigérien, c’est donc la France qui a financé et planifié ces attaques. « Nous avons des éléments de preuve », a-t-il insisté, précisant qu’au cours de la dernière attaque contre l’aéroport, les mercenaires ont « reçu l’ordre de brûler intégralement l’aéroport international Diori Hamani de Niamey, de tirer sur tous les passagers qui seraient présents ».

Selon les détails donnés par le Général Tiani, l’attaque du 28 au 29 janvier avait regroupé des mercenaires du JNIM, de l’EIGS, des LAKURAWA et d’autres anciens militaires. L’attaque du 18 juin 2026, quant à elle, était conduite par des mercenaires issus spécialement des rangs du JNIM [GSIM, affilié à Al-Qaïda, NDLR] et, d’après le président nigérien, « ce sont les Français qui les ont regroupés, qui les ont entraînés et qui leur ont donné des consignes claires de détruire intégralement et totalement l’aéroport de Niamey ».

Après leur formation, a-t-il précisé, « ils ont commencé leur mouvement, pour certains le vendredi, pour d’autres le samedi et pour certains le dimanche. L’attaque a été planifiée pour être conduite sur trois sites simultanément : l’aéroport international Diori Hamani de Niamey, le palais de la Présidence et toutes les annexes, et enfin le centre d’instruction et de formation des officiers ». Et afin de mieux coordonner leurs actions, « ces mercenaires ont été dotés par les renseignements français d’un moyen de communication, et chaque combattant avait reçu deux types de téléphones, dont un Tecno Spark et un IT 5606 », s’est-il indigné.

Face à cette situation, « nous avons mené une riposte qui nous a permis d’interpeller, deux jours avant l’attaque, le commando qui était censé conduire l’attaque du Palais et du centre d’instruction de Tondibia. Pour ce qui est de l’autre commando, il a été repéré à 1 km de l’aéroport de Niamey. Nous connaissons sa composition exacte et nous connaissons ceux qui ont survécu à l’attaque, du fait qu’ils ne soient pas neutralisés ou arrêtés, tout simplement parce que c’étaient les plus intelligents qui donnaient les ordres à partir de certaines résidences à la périphérie de Niamey et qui ont eu le temps de fuir quand ils ont découvert que l’attaque avait échoué », a-t-il encore fait savoir.

Cette attaque, a précisé le Chef de l’État, visait des objectifs dont la première raison ayant conduit à cela est l’expulsion des militaires occidentaux de la base aérienne de Niamey. « Face à cette situation, la France voulait montrer par tous les moyens que notre sécurité est conditionnée à leur présence chez nous », a-t-il souligné. Le deuxième objectif à travers cette attaque, selon le Général Tiani, « c’est de donner une forme à leur guerre informationnelle qu’ils avaient développée à travers la cellule Sahel de l’Élysée qu’ils avaient conçue et mise en place en août 2024 afin de montrer l’incapacité des Africains à s’auto-construire et à s’autodéterminer, a ajouté le chef de l’État. Aussi, l’un des objectifs était de détruire l’aéroport de Niamey, qui est le point stratégique reliant le Niger au reste du monde, compte tenu du désenclavement du pays et de la fermeture, pour des raisons bien précises, de certaines voies reliant le Niger aux autres pays, a poursuivi le Général-Président, qui a indiqué que « cette attaque n’était pas du tout une surprise », craignant également qu’elle ne soit pas la dernière, car « l’objectif visé par la France n’est toujours pas atteint et elle fera toujours face à notre détermination ».

L’UE et les pays occidentaux au banc des accusés

Dans son entretien, le chef de l’État a étendu ses accusations au-delà de la France et de ses « valets locaux », indexant également l’Union européenne et les autres pays occidentaux. « Nous faisons face à une adversité et à un acharnement de l’Europe qui soutient de façon consciente Emmanuel Macron, puisque l’Europe voit ce qui se passe et ce qui est derrière tout ça, mais comme les intérêts sont convergents et que, de toutes les façons, ce sont des peuples africains qui seront massacrés, ça ne leur dit rien ; pour eux, c’est juste perte et profit », a martelé le Général Tiani.

Le Président nigérien a aussi dénoncé ce qu’il a présenté comme des manipulations ainsi que la complicité de certains pays africains voisins. « Les terroristes qui veulent attaquer le Mali sont venus de la Côte d’Ivoire et de la Mauritanie », a par exemple asséné le Général Tiani, qui a fait cas, entre autres, de transferts d’importants fonds destinés aux groupes terroristes qui transitent par le pays d’Alassane Ouattara, où des officiers ukrainiens entraîneraient également des mercenaires pour faire le sale boulot.

Pour le chef de l’État, les populations ne devraient pas accepter ces différentes méthodes de diversion, notamment le djihad, rappelant que le Niger est un pays à 99 % musulman. « Il faut que nous soyons convaincus pour ne plus nous laisser manipuler et il faut que les gens se réveillent. Ceux qu’on manipule, réfléchissez. Sachez que la France est en train de nous manipuler pour ses intérêts et elle a perdu la soumission, le privilège de nous humilier sans qu’on puisse dire non », a déclaré le tombeur de Bazoum.

Et selon le chef de l’État, « les défis sont énormes, l’adversité est animale, irrationnelle », ajoutant qu’« il faut que les Africains comprennent que la France n’est l’amie de personne. De Gaulle l’a dit : la France n’a pas d’ami, elle n’a que des intérêts ».

Pour le chef de l’État nigérien, cette guerre menée au nom de l’affirmation de la souveraineté nationale et de la dignité retrouvée des Nigériens constitue l’actif majeur du bilan des trois années parcourues depuis le coup d’État militaire du 26 juillet 2023 et l’avènement du CNSP au pouvoir. C’est la dynamique qui porte la Refondation, le régime qui dirige actuellement le pays. L’occasion pour le chef de l’État d’appeler ses concitoyens à faire leur cette détermination et à consentir le sacrifice nécessaire. « Ce que je voudrais dire aux Nigériens, et de façon plus large, aux peuples de la Confédération, c’est que le combat que nous menons est de longue haleine ; l’adversité à laquelle nous faisons face ne va pas s’estomper de sitôt ou par juste une prise de conscience de quelqu’un qui n’a pas de conscience », a-t-il martelé, appelant à continuer les prières, les invocations, à travailler de façon acharnée, à consentir d’autres sacrifices. « Nous n’avons pas d’autre choix. Si nous voulons rester des hommes libres, il n’y a pas d’autre voie. C’est la seule voie, celle de la victoire, et cette victoire, nous verrons le bout du tunnel », a estimé le Président Tiani, qui a saisi l’occasion pour saluer le peuple nigérien en particulier et le peuple sahélien en général qui, malgré les menaces, continuent à lutter pour leur souveraineté et leur dignité.

Le Général Tiani a également salué le sacrifice des forces de défense qui ne cessent de se battre pour ramener la paix au Sahel, tout en rendant hommage à ceux qui sont tombés les armes à la main pour la défense de leur patrie.

A.Y. Barma (actuniger.com)



Commentaires

0
2 taxis + 1 faba
14 minutes ya
Bravo quand-même à A.Y. Barma qui a résumé les 5 heures de charabia, sans émettre un seul commentaire.

Dadis a toutes les preuves. C'est la cellule Sahel de l'Élysée, la France, l'Europe, l'occident, RCI, Bénin est sorti, Mauritanie est entrée. Il les avait répérés à 1 km de l'aéroport, il avait leurs numéros de téléphone, il connaissait leurs cibles. Après la prochaine attaque, il reviendra nous exposer en 5 heures de temps que c'est la France et qu'il a toutes les preuves.

3 ans de souffrance et de navigation à vue. Aucune perspective.
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