Afrique du Sud : l’activiste panafricaniste Kémi Séba et ses coaccusés maintenus en détention

La justice sud-africaine a rejeté, vendredi dernier, la nouvelle demande de mise en liberté provisoire introduite par le militant panafricaniste Kémi Séba, son fils Khonsou ainsi que leur coaccusé sud-africain François Van Der Merwe. Après une nouvelle comparution, le tribunal de Pretoria en charge du dossier a confirmé le maintien en détention des trois hommes dans l’attente de la poursuite de la procédure judiciaire. La prochaine audience, qui est prévue pour le 14 juillet prochain, va permettre à la justice sud-africaine de statuer à nouveau sur l’un des aspects du dossier, les accusations d’immigration illégale et, en même temps, d’examiner la demande d’extradition déposée par le Bénin. Un rendez-vous décisif pour le militant Gilles Robert Capo Chichi, par ailleurs conseiller à la Présidence de la République du Niger, interpellé et placé en détention depuis le 13 avril dernier.
L’activiste panafricaniste Kémi Séba va donc attendre en prison la prochaine audience prévue pour le 14 juillet. La demande de liberté provisoire introduite par ses avocats a été rejetée par les juges qui ont accédé à la requête du procureur qui a évoqué un « risque de fuite ».
Lors de la prochaine audience, la justice sud-africaine va notamment examiner la suite à donner à la demande d’extradition introduite par le Bénin, parallèlement à une procédure distincte évoquant une demande d’asile politique déposée par le président d’Urgences Panafricanistes. Avec ses deux autres coaccusés, Kémi Séba a été maintenu en détention en attendant cette échéance judiciaire jugée déterminante pour la suite du dossier.
Selon les éléments du dossier, les intéressés sont poursuivis pour des infractions liées aux règles de l’immigration, notamment le séjour irrégulier et une tentative présumée de franchissement clandestin de frontière. Le parquet estime par ailleurs que le militant Gilles Robert Capo Chichi représente un risque de fuite, ce qui a pesé dans le rejet de la demande de liberté provisoire du président d’Urgences Panafricanistes et de ses coaccusés.
Risque d’extradition vers le Bénin
Arrêté le 13 avril 2026 par les services sud-africains alors qu’il tentait de rallier le Zimbabwe pour continuer vers l’Europe, l’activiste Kémi Séba est depuis détenu à Pretoria, dans la prison de Kgosi Mampuru. Dans une déclaration publiée depuis son lieu de détention, il avait dénoncé des « conditions carcérales difficiles », évoquant notamment la surpopulation, des conditions sanitaires dégradées, l’absence d’eau chaude en période hivernale ainsi que des violences à caractère xénophobe dont seraient victimes certains détenus étrangers. Des accusations auxquelles les autorités sud-africaines n’ont pas encore commenté.
L’affaire a pris une dimension supplémentaire avec la notification d’une demande d’extradition formulée par les autorités béninoises. Celles-ci ont émis deux mandats d’arrêt internationaux à l’encontre de Kémi Séba, dans le cadre de poursuites liées notamment à des accusations d’apologie de crime, d’incitation à la rébellion, de soutien présumé à une tentative de coup d’État et de blanchiment de capitaux, selon les informations contenues dans le dossier.
La situation judiciaire est également marquée par la présence de François Van Der Merwe parmi les coaccusés, présenté dans le dossier comme une figure de la mouvance nationaliste blanche sud-africaine et qui a affirmé devant les juges n’avoir aucune connaissance des activités reprochées aux autres prévenus.
Pour l’heure, la justice sud-africaine ne statue que sur le volet de l’immigration illégale, mais c’est plus l’examen de la demande d’extradition déposée par le Bénin que redoute Gilles Robert Capo Chichi, qui est par ailleurs détenteur d’un passeport diplomatique nigérien. Les autorités béninoises lui reprochent en effet son rôle dans la tentative de coup d’État de décembre dernier contre le régime du président Talon. Des accusations de blanchiment d’argent ont également été portées contre l’activiste politique, proche de Moscou, qui a affirmé « craindre pour sa vie » en cas d’extradition vers le pays dont il a la nationalité, après la perte de sa nationalité française.
Lors des précédentes comparutions, les autorités nigériennes ont, par la voix de l’ambassade à Pretoria, confirmé la validité des documents officiels dont est porteur celui qui officie comme conseiller à la Présidence de la République, notamment son passeport diplomatique.
Ikali Dan Hadiza (actuniger.com)



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