Gaya : un réseau international démantelé après la saisie de 51,7 kg de cocaïne d’une valeur de 2,6 milliards FCFA

Le 29 septembre 2025 à Gaya, une opération conjointe de l’OCRTIS et des Forces de Défense et de Sécurité a permis l’interception d’un véhicule Toyota Highlander équipé d’un GPS destiné à sa traçabilité. La fouille a révélé 47 briques de cocaïne, pour un poids total de 51,7 kg et une valeur estimée à près de 2,6 milliards de francs CFA, menant au démantèlement d’un réseau international de trafiquants opérant entre le Ghana, le Niger et le Maghreb.
Tout a commencé par une information précise, une de celles qui font gagner des mois d’enquête sur le terrain. Le 29 septembre, l’antenne départementale de l’Office Central de Répression du Trafic Illicite des Stupéfiants (OCRTIS) de Gaya, appuyée par d’autres unités des Forces de Défense et de Sécurité, donne l’assaut. Leur cible : un Toyota Highlander noir, équipé d’un GPS qui allait, ironie du sort, guider les agents droit vers leur cible.
L’interception est rapide, menée sans accroc. Mais c’est lors de la fouille que l’ampleur du coup de filet apparaît. Dissimulée sous la carrosserie, soigneusement conditionnée, la marchandise : 51,7 kilogrammes de cocaine.
Au volant du véhicule, un Nigérien dans la trentaine, identifié comme un ancien employé de sociétés de transport de voyageurs à Niamey. Son profil semble classique, presque banal, mais son implication ne l’est pas. Selon les premiers éléments de l’enquête, l’homme s’était mis au service d’un vaste réseau criminel international.
La cargaison mortelle avait entamé son voyage à Accra, au Ghana. Sa destination finale ? Niamey, où elle devait être reconditionnée, avant de prendre la route du nord vers Agadez. De là, le tracé supposé menait vers le Maghreb, dernière étape avant les marchés européens. Un axe de trafic connu, mais rarement documenté avec une telle précision.
L’opération ne s’est pas arrêtée à l’interpellation du chauffeur. Dans la foulée, à Niamey, deux autres suspects ont été appréhendés. Les perquisitions ont mis au jour l’empire immobilier du réseau : quatre maisons de haut standing saisies, d’autres biens, dont une école, dans le collimateur des enquêteurs. Plusieurs véhicules haut de gamme et une liasse d’actes de cession de terrains et d’immeubles ont également été saisis, dessinant les contours d’un vaste système de blanchiment.

« Ce qui inquiète le plus dans ce dossier, au-delà du trafic de drogue lui-même, ce sont les liens présumés avec le financement du terrorisme », souligne un magistrat spécialisé. C’est précisément pour cette raison que l’affaire a été transférée au Pôle Judiciaire Spécialisé en matière de Lutte contre le Terrorisme et la Criminalité Transnationale Organisée.



