Niger : le Groupe Zimar s’engage à mobiliser 1,9 milliard USD pour la réalisation d’une raffinerie à Dosso

Après plusieurs mois de négociations, le Niger et le Groupe Zimar ont signé, samedi 15 août 2026 à Niamey, une convention de partenariat pour la réalisation d’une raffinerie d’une capacité de 100 000 barils/jour et d’un complexe pétrochimique à Dosso, à 140 km au sud de la capitale. D’un coût estimé à 1,9 milliard de dollars USD, soit 1.077.244.710.000 FCFA, le projet, qui sera réalisé en partenariat public-privé (PPP), prévoit un délai de quatre (04) mois pour la mobilisation du financement, douze (12) mois pour le bouclage de l’ingénierie financière, ainsi que trois (03) ans pour les travaux de construction et treize (13) ans d’exploitation, avant le transfert des installations à l’État nigérien. La réalisation de ce projet phare du CNSP s’inscrit dans le cadre du mémorandum d’entente signé en octobre 2024 par les deux parties et, en juin dernier, les autorités nigériennes avaient annoncé l’abandon de l’option d’une raffinerie modulaire initialement prévue au profit d’une raffinerie classique, après révision des termes de référence, selon le ministère du Pétrole.
C’est un pas décisif dans la réalisation de l’ambitieux projet de raffinerie de Dosso, un projet phare qui tient à cœur aux autorités de la Refondation et qui a longtemps défrayé la chronique.
Après plusieurs mois de négociations et alors que certains pensaient le projet abandonné, l’État du Niger et le Groupe Zimar viennent de donner un coup d’accélérateur au projet, avec la signature, samedi dernier à Niamey, de la convention relative à l’accord de construction de la raffinerie de Dosso.
La convention a été paraphée au cours d’une cérémonie solennelle au cabinet du Premier ministre, par le président du comité chargé de la négociation avec le partenaire dans le domaine du pétrole, M. Bakary Yaou Sangaré, également ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, et le Président-Directeur Général de Zimar Group et High Tech, M. Benjamin Day Marc.
D’un coût estimatif évalué à 1,9 milliard de dollars USD, soit 1.077.244.710.000 FCFA, le projet entre désormais dans la phase concrète de sa réalisation puisque la convention entre en vigueur à compter de sa date de signature. Selon les termes de l’accord, la convention a une durée totale de 16 ans, comprenant 3 ans de construction et 13 ans d’exploitation. Le partenaire dispose également d’un délai de 4 mois pour la mobilisation du financement et la production de l’ingénierie détaillée, et le bouclage financier devra intervenir dans un délai de 12 mois.
Selon le Président du Comité de négociations, « ces jalons permettront au comité de suivi de la mise en œuvre de cette convention de pister l’exécution des engagements du partenaire et de s’assurer que le projet avance dans un cadre clair, sécurisé et conforme aux intérêts nationaux ». En effet, a fait savoir M. Bakary Yaou Sangaré, la convention qui a été signée entre la République du Niger et le groupe Zimar porte sur la conception, le financement, la construction, l’exploitation et le transfert d’une raffinerie conventionnelle d’une capacité de 100 000 barils/jour ainsi que d’un complexe pétrochimique à Dosso. Le projet s’inscrit dans la continuité du Mémorandum d’entente (MOU) signé en octobre 2024, à partir duquel des échanges ont été engagés avec le consortium composé du groupe Zimar, société de droit nigérien, et de Hightech, société américaine, jusqu’à l’aboutissement de la convention PPP/BOT ainsi signée entre les deux parties.
Un partenariat public-privé de type BOT pour la réalisation d’un nouveau pôle énergétique au Niger
Selon les termes de la convention, le montage retenu est celui d’un partenariat public-privé (PPP) de type BOT (Build, Operate and Transfer) et, à ce titre, le partenaire assure le financement, la construction et l’exploitation de l’ouvrage pendant la durée convenue, avec son transfert à l’État dans les conditions prévues par la convention.
Le président du comité de négociations a saisi l’occasion de la signature pour rappeler que cette convention est le résultat d’un processus d’examen, de discussion et d’arbitrage conduit dans « le respect du cadre légal applicable au partenariat public-privé et dans le souci constant de préserver les intérêts supérieurs de l’État ».
« La signature de ce jour marque une étape importante, elle traduit la volonté du Niger de diversifier ses partenaires, de transformer davantage ses ressources sur son territoire, de renforcer ses capacités industrielles, de créer de la valeur ajoutée et d’ouvrir de nouvelles perspectives économiques pour notre pays », a estimé le Président du comité et chef de la diplomatie nigérienne, M. Bakary Yaou Sangaré, lors de la cérémonie de signature qui s’est déroulée en présence des membres du Comité stratégique mis en place à cet effet par ordonnance présidentielle signée par le Général d’Armée Abdourahamane TIANI. Le comité est composé de plusieurs ministres, notamment celui de la Justice, ainsi que du Secrétaire général du gouvernement et de représentants de la Présidence et de la Primature.
En prenant la parole à cette occasion, le PDG du groupe Zimar a assuré qu’à travers ce processus, le Groupe ZIMAR s’engage à construire et exploiter une raffinerie moderne à Dosso, conforme aux normes internationales de sécurité et de protection de l’environnement ; à développer les infrastructures connexes, notamment les pipelines, les capacités de stockage et la plateforme industrielle associée. Le projet va aussi permettre de créer des milliers d’emplois directs et indirects au profit de la jeunesse nigérienne, et faire en sorte que ces emplois restent au Niger, ainsi que d’assurer le transfert de connaissances et de compétences.
« Nos spécialistes internationaux ne viennent pas au Niger pour travailler seuls. Ils viennent également pour former chaque ingénieur, chaque technicien et chaque opérateur et transmettront leur expertise à leurs homologues nigériens, afin que, le jour où cette installation sera transférée à l’État, les femmes et les hommes qui la feront fonctionner soient Nigériens », a déclaré M. Benjamin Day Marc, pour qui « un projet de cette envergure doit laisser au pays bien plus qu’une simple installation industrielle, mais doit contribuer à la stabilité de l’approvisionnement en produits pétroliers, à un prix maîtrisé, au bénéfice des populations du Niger ».
« Cette raffinerie mettra fin à la dépendance du Niger vis-à-vis des approvisionnements provenant de l’extérieur. Dès sa mise en service, les carburants qui feront fonctionner les camions, les tracteurs et les groupes électrogènes du Niger seront des produits nigériens — raffinés sur le sol nigérien, à partir de brut nigérien, par des Nigériens. Et ce que le Niger ne consommera pas, nous approvisionnerons les pays voisins de la sous-région. Pour un pays enclavé, la souveraineté énergétique n’est pas un slogan. C’est une question de sécurité. », a affirmé le PDG de Zimar, qui a souligné compter sur l’appui de l’État et de son administration pour contribuer à « lever les obstacles et faire de Dosso un véritable pôle industriel et énergétique pour le Niger et pour la sous-région ».
Selon les explications, les négociations ont pris deux années, au cours desquelles plusieurs sessions techniques, des examens juridiques et de « négociations difficiles » ont été menés. Des négociations qui n’ont pas été faciles, selon le PDG de Zimar, qui a toutefois reconnu que « le Comité a défendu les intérêts du Niger avec une rigueur que je respecte profondément ».
Comme l’a mis en avant le PDG de Zimar, la signature de la convention est la partie la plus facile de tout projet. « Le véritable travail commence dès demain matin. En signant cet accord, nous ne signons pas simplement un contrat. Nous signons la naissance d’une révolution de l’indépendance énergétique qui ouvrira une nouvelle ère de prospérité pour le Niger », a-t-il lancé. De quoi dissiper certains doutes qui continuent à persister sur la capacité de son groupe à réaliser ce gigantesque et ambitieux projet.
Il faut noter que le Niger, pays producteur et exportateur en devenir de l’or noir, dispose déjà d’une raffinerie d’une capacité de 20 000 b/j, construite et exploitée depuis 2012 à Zinder (SORAZ) à travers un partenariat stratégique avec la chinoise CNPC.
Ikali Dan Hadiza (actuniger.com)


