Tahoua : le PAM inaugure « Guidan Fasaha », un espace communautaire pour faire du numérique un nouveau levier de résilience, d’innovation et d’inclusion

Après Diffa, la capitale de l’Ader dispose désormais de son Centre numérique communautaire, « Guidan Fasaha », une initiative du Programme alimentaire mondial (PAM), en collaboration avec le Cluster des Télécommunications d’urgence (ETC) de Tahoua et avec l’appui financier du Grand-Duché de Luxembourg. Le Centre « Guidan Fasaha », dont l’inauguration officielle s’est déroulée en grande pompe le mercredi 15 juillet 2026, est un espace érigé dans une infrastructure moderne, alimentée par une solution solaire autonome, et dont l’ambition est de contribuer à réduire la fracture numérique en donnant aux jeunes, aux femmes, aux réfugiés, aux personnes déplacées et aux communautés hôtes un meilleur accès aux technologies, aux formations et aux opportunités économiques. Au-delà d’un simple espace de connexion et des opportunités qu’offrent les nouvelles technologies, « Guidan Fasaha » entend faire du numérique un levier de cohésion sociale, d’autonomisation et de résilience pour une région confrontée aux défis sécuritaires, climatiques et socio-économiques.
Après l'expérience pilote concluante menée à Diffa, Tahoua, la capitale du Niger, devient la deuxième région du Niger à accueillir un Centre ETC (Emergency Telecommunications Cluster). Baptisé « Guidan Fasaha », « la maison de la créativité et de l’innovation » en langue haoussa, ce nouvel espace porte une ambition forte : rapprocher les technologies numériques des communautés les plus vulnérables et offrir aux jeunes, aux femmes, aux personnes déplacées et aux populations hôtes de nouvelles opportunités d’apprentissage, de formation et d’autonomisation. Son objectif dépasse largement la simple mise à disposition d'ordinateurs ou d'une connexion Internet au usagers: il s'agit d'offrir aux communautés les outils nécessaires pour apprendre, entreprendre, communiquer et construire leur propre avenir.
Le choix de Tahoua n'est pas anodin. Située au cœur d'une région confrontée simultanément aux effets des changements climatiques, aux défis sécuritaires et aux mouvements de populations, Tahoua accueille depuis plusieurs années des réfugiés ainsi que des personnes déplacées internes venus chercher sécurité et stabilité. Cette réalité exerce une forte pression sur les infrastructures et les ressources locales tout en accentuant les besoins en matière d'intégration sociale et d'accès aux opportunités.
C'est précisément dans ce contexte que s'inscrit la création de Gidan Fasaha.
Le centre ambitionne de devenir un espace sûr où jeunes, femmes, réfugiés, déplacés internes et membres des communautés hôtes pourront se retrouver autour d'un objectif commun : apprendre, partager des connaissances, développer des compétences et bâtir ensemble des perspectives d'avenir.
Le Centre « Gidan Fasaha » : au-delà des services internet, un pont numérique entre compétences, opportunités et cohésion sociale

Le Centre ETC met à la disposition des populations un espace numérique moderne conçu pour favoriser l’accès aux technologies, au savoir et aux opportunités économiques. Doté de 100 ordinateurs, dont 60 postes accessibles au public au sein d’un espace cybercafé et 40 dédiés aux activités de formation, Gidan Fasaha offre un cadre adapté aux recherches en ligne, à l’apprentissage numérique, au développement de projets professionnels et au renforcement des compétences.
Entièrement autonome sur le plan énergétique, le centre fonctionne grâce à une centrale solaire d’une capacité de 50 kilowatts, couplée à un système de stockage par batteries de 100 kilowattheures. Cette solution garantit la continuité des services numériques tout en répondant aux réalités environnementales de la région, où l’accès à une énergie fiable demeure un enjeu majeur.
Au-delà de son rôle technologique, Guidan Fasaha ambitionne de devenir un véritable espace d’apprentissage et d’échanges. Les formations proposées couvriront les compétences numériques de base, mais également des modules plus avancés destinés à améliorer l’employabilité des jeunes, à encourager l’entrepreneuriat et à accompagner l’émergence de nouvelles initiatives locales.
Le centre facilitera également les communications des réfugiés et des personnes déplacées avec leurs proches, tout en leur permettant d’accéder à des informations fiables, particulièrement essentielles dans les situations de crise.
L’une des principales innovations de « Guidan Fasaha » réside toutefois dans sa vocation sociale. Loin d’être un simple espace informatique, il a été pensé comme un lieu de rencontre et de rapprochement entre les différentes composantes de la communauté. En partageant les mêmes salles de formation, les mêmes ateliers et les mêmes espaces d’échanges, jeunes réfugiés, personnes déplacées et membres des communautés hôtes pourront construire des relations fondées sur la confiance, le dialogue et la collaboration.
À travers cette approche, le numérique devient un outil de cohésion sociale, capable de réduire les barrières, de favoriser le vivre-ensemble et de renforcer l’intégration dans une région confrontée à de multiples défis.
Le projet accorde également une attention particulière aux femmes et aux jeunes filles. Souvent confrontées à des obstacles supplémentaires dans l’accès à l’éducation et aux technologies, elles bénéficieront d’un environnement favorable au développement de nouvelles compétences, à la création d’activités génératrices de revenus et à leur autonomisation économique.
À travers cette démarche inclusive, le Centre ETC entend contribuer à réduire la fracture numérique tout en ouvrant de nouvelles perspectives professionnelles et entrepreneuriales aux populations de Tahoua.
Consciente des enjeux, la Ville de Tahoua s'approprie pleinement le projet
La cérémonie officielle d’inauguration de Guidan Fasaha de la capitale de l’Ader s’est déroulée le mercredi 15 juillet 2026 dans une ambiance à la fois festive et solennelle, sous la présidence du Gouverneur de la région de Tahoua, le Colonel-Major Souleymane Amadou Moussa, en présence du Représentant pays du PAM au Niger, M. Guy Adoua, de l’Administrateur délégué de la Ville de Tahoua, M. Sahabi Moussa, de M. Mouhamadou Moustapha Ly, Représentant Résident du FMI au Niger, ainsi que de plusieurs invités parmi lesquels les autorités administratives et coutumières, les responsables des Forces de Défense et de Sécurité (FDS), les représentants des agences des Nations unies (SNU Niger) et ceux des partenaires, notamment les organisations nationales et internationales. On notait également la présence à l’événement d’un public venu massivement assister à l’ouverture du centre, notamment des représentants des communautés, qui ont eu l’occasion d’être édifiés sur les services qu’offre Gidan Fasaha.

Dans son mot de bienvenue, l'Administrateur délégué (AD) de la Ville de Tahoua, Elhadj Sahabi Moussa, a salué l'ouverture de cette infrastructure qu'il considère comme une étape majeure dans le développement de la capitale de l'Ader.
Rappelant que Tahoua compte environ 233 000 habitants répartis sur deux arrondissements communaux et bénéficie d'une position géostratégique importante à quelque 550 kilomètres de Niamey, et en plein centre du pays, il a insisté sur la nécessité de préparer la jeunesse aux exigences d'un monde où le numérique occupe désormais une place centrale dans l'éducation, la communication, l'emploi et l'entrepreneuriat.
C’est pourquoi, l’AD a souligné que Gidan Fasaha ne devait pas être perçu comme un simple bâtiment équipé d'ordinateurs mais comme un véritable levier de développement local, un espace de formation, de recherche, d'innovation et de créativité au service de toute la population.
Pour témoigner de son engagement, le maire a rappelé que la Ville de Tahoua a mis à disposition un terrain de 1 200 m² et affecté sept agents au fonctionnement du centre, dont deux informaticiens, deux agents administratifs, deux agents de surface et un jardinier.
De l’urgence humanitaire au développement durable : le PAM fait du numérique un nouveau levier de résilience à Tahoua
Prenant la parole à son tour, le Directeur pays du Programme alimentaire mondial au Niger (PAM-Niger), M. Guy ADOUA, a replacé l’ouverture du Centre ETC de Tahoua dans une vision plus large de l’action de l’institution au Niger, fondée sur le renforcement durable des capacités des communautés. Avant la cérémonie officielle, a-t-il rappelé, une série de rencontres avec les autorités administratives, les partenaires techniques ainsi que les populations accompagnées par le PAM lui a permis de mesurer les défis auxquels la région est confrontée, mais surtout la remarquable capacité de résilience de ses habitants.

« La résilience n’est pas un concept abstrait. Elle se vit chaque jour », a affirmé le responsable du PAM, évoquant le courage des femmes engagées dans la restauration des terres dégradées, la détermination des jeunes désireux d’acquérir de nouvelles compétences, ainsi que l’engagement des autorités locales et la solidarité des communautés qui, malgré les difficultés, continuent de construire leur avenir avec dignité, créativité et espoir.
Pour M. Adoua, le choix de Tahoua pour accueillir ce Centre ETC n’est pas le fruit du hasard. Région agricole et pastorale, carrefour économique et culturel, Tahoua demeure également une terre d’accueil pour de nombreuses populations déplacées et des réfugiés. Confrontée aux effets du changement climatique et aux défis sécuritaires, elle illustre aujourd’hui la nécessité de faire évoluer progressivement les réponses humanitaires vers des solutions durables de développement.
Depuis plusieurs années, a-t-il rappelé, le PAM accompagne cette dynamique aux côtés du Gouvernement nigérien à travers des programmes intégrés portant notamment sur la restauration des terres, le renforcement des moyens d’existence, la nutrition, l’alimentation scolaire et l’assistance aux populations vulnérables. Le Centre ETC vient ainsi compléter cette approche en introduisant une nouvelle dimension : celle de la résilience numérique.
Selon le Directeur pays du PAM, le renforcement durable de la résilience ne consiste pas uniquement à investir dans les infrastructures ou à répondre aux besoins immédiats des populations. Cela implique également d’investir dans le capital humain, en donnant aux femmes, aux hommes et aux jeunes les connaissances, les outils numériques et les compétences nécessaires pour devenir eux-mêmes acteurs des solutions de demain. « Le numérique est aujourd’hui un formidable accélérateur de développement », a-t-il souligné, rappelant qu’il permet de rapprocher les populations des services essentiels, de faciliter l’accès à l’information, d’élargir les possibilités d’apprentissage et de formation, mais aussi d’ouvrir de nouvelles perspectives dans l’entrepreneuriat et l’emploi, particulièrement pour une jeunesse confrontée au manque d’opportunités.
Le Directeur pays du PAM a également insisté sur la démarche participative qui a guidé la création de cette infrastructure. Les communautés de Tahoua, a-t-il expliqué, n’ont pas seulement été bénéficiaires du projet : elles ont contribué à lui donner son identité. Le centre a ainsi été baptisé « Guidan Fasaha », une expression en langue haoussa signifiant « la Maison de la créativité et de l’innovation », un nom qui traduit l’ambition de faire de cet espace un lieu où les talents se révèlent, où les idées prennent forme et où les solutions émergent au plus près des réalités locales.
Concrètement, le Centre Guidan Fasaha dispose de 100 ordinateurs, dont 60 accessibles au public dans un espace cybercafé et 40 dédiés aux activités de formation. Entièrement autonome sur le plan énergétique, il fonctionne grâce à une centrale solaire d’une capacité de 50 kilowatts associée à un système de stockage par batteries de 100 kilowattheures. Une solution propre et durable qui garantit la continuité des services tout en répondant aux réalités environnementales de la région.
Pour M. Guy Adoua, cette infrastructure incarne également une vision inclusive du numérique. Le centre a été conçu pour être accessible aux différentes composantes de la communauté, notamment les personnes à mobilité réduite ainsi que les personnes vivant avec des déficiences visuelles ou auditives. L’objectif est d’en faire un véritable espace ouvert à tous, où chacun peut apprendre, créer et développer son potentiel sans distinction.
« En donnant accès aux technologies, nous ne fournissons pas simplement une connexion. Nous créons des opportunités. Nous renforçons les capacités. Nous contribuons à bâtir l’autonomie des communautés », a résumé le Directeur pays du PAM devant les autorités régionales, les partenaires techniques et les bénéficiaires présents à la cérémonie.
Cette ambition d’autonomisation repose également sur une gouvernance locale destinée à assurer la pérennité du centre. Un comité de gestion regroupant les représentants des jeunes, des femmes, des autorités coutumières, des personnes vivant avec un handicap, des services techniques et des différentes composantes de la communauté sera mis en place afin que Guidan Fasaha devienne progressivement un bien commun porté et animé par les populations elles-mêmes.
Revenant sur la dynamique nationale engagée par le Niger, Guy Adoua a estimé que cette initiative s’inscrit pleinement dans une vision fondée sur la souveraineté, la valorisation du potentiel national et le développement du capital humain. Le PAM, a-t-il assuré, entend poursuivre son accompagnement aux côtés du Gouvernement, non seulement dans les réponses d’urgence, mais aussi dans la mise en œuvre d’investissements capables de produire des effets durables au bénéfice des communautés.
« Notre ambition n’est pas seulement de répondre aux urgences, mais aussi d’accompagner le Niger dans la construction d’un avenir plus résilient, plus connecté et plus prospère », a-t-il déclaré.
S’adressant directement aux jeunes de Tahoua, le Directeur pays du PAM les a invités à s’approprier pleinement ce nouvel espace. Apprendre, innover, créer des solutions adaptées aux réalités locales et faire vivre Guidan Fasaha : tel est le message lancé à cette jeunesse appelée à transformer le centre en un véritable moteur de développement économique et social pour la région.
« Aujourd’hui, nous n’inaugurons pas seulement un bâtiment. Nous ouvrons une porte vers l’avenir », a conclu Guy Adoua, voyant dans Guidan Fasaha une promesse : celle d’une jeunesse qui crée au lieu de subir, de communautés qui innovent au lieu de renoncer, et d’un Niger qui construit son avenir en s’appuyant sur le talent, l’énergie et l’ingéniosité de ses femmes et de ses hommes.
Avec Guidan Fusaha, Tahoua inaugure une nouvelle forme de résilience portée par le savoir, le numérique et l’innovation
Dans son allocution officielle d’ouverture du centre ETC de Tahoua, le Gouverneur de la région, le Colonel-Major Souleymane Amadou Moussa, a salué un projet qui dépasse largement le cadre d'une simple inauguration d'infrastructure.
Pour le premier responsable de la région, le Centre numérique communautaire représente avant tout un investissement dans le futur de la jeunesse, dans le renforcement des capacités des communautés et dans le développement durable de toute la région.
Le Gouverneur a particulièrement apprécié la démarche du PAM, qui a choisi d'aller à la rencontre des autorités, des partenaires et des populations avant le lancement officiel du projet.
À ses yeux, cette proximité avec le terrain constitue la meilleure garantie de réussite, car les solutions les plus efficaces sont celles qui sont construites avec les communautés elles-mêmes et non imposées de l'extérieur.
Évoquant les réalités de Tahoua, il a rappelé que la région demeure un territoire d'opportunités malgré les difficultés.
Terre d'agriculture, d'élevage, de commerce et de brassage culturel, Tahoua continue d'accueillir des populations déplacées dans un esprit de solidarité qui mérite d'être salué.
Grâce aux efforts du Gouvernement et de ses partenaires, notamment le Programme alimentaire mondial et l'ensemble du système des Nations Unies, plusieurs investissements structurants ont déjà été réalisés dans les domaines de la sécurité alimentaire, de la nutrition, de l'alimentation scolaire, de la restauration des terres et du renforcement des moyens d'existence.
L'ouverture de Gidan Fasaha marque, selon lui, une nouvelle étape. « Nous investissons désormais dans une autre forme de résilience : celle de la connaissance, des compétences et de l'innovation », a-t-il souligné, estimant que le numérique constitue aujourd'hui un levier indispensable pour permettre aux jeunes Nigériens de saisir les opportunités offertes par le monde contemporain.
S'adressant directement aux jeunes, le Gouverneur a insisté sur le fait que cette infrastructure leur appartient désormais.
Il les a exhortés à transformer ce lieu en un espace permanent d'apprentissage, de créativité, d'innovation et de dialogue.
Pour lui, le meilleur hommage qui puisse être rendu à tous les partenaires ayant rendu ce projet possible sera de convertir les connaissances acquises au sein du centre en initiatives créatrices d'emplois, de richesse et d'espoir pour toute la région.
Les autorités régionales, a-t-il assuré, resteront mobilisées pour accompagner toutes les initiatives qui contribueront au développement économique et social de Tahoua ainsi qu'à la réussite de cette infrastructure appelée à devenir une référence nationale en matière d'inclusion numérique.
Des témoignages qui illustrent le pouvoir transformateur du numérique
Au-delà des discours officiels, la cérémonie a surtout donné la parole à celles et ceux qui incarnent concrètement l'impact des centres numériques ETC sur les parcours de vie. Deux jeunes femmes sont venues partager leur expérience, démontrant que derrière chaque ordinateur installé et chaque connexion Internet offerte se cache une opportunité de changer durablement une existence.
Parmi les témoignages les plus inspirants de la cérémonie, celui de Zahra Adam Oumar a illustré, à lui seul, l'impact concret des Centres ETC sur la vie des jeunes. Élève en classe de quatrième au CES Kazelma de Diffa et bénéficiaire du premier Centre ETC de Shimodouram, elle a raconté avoir découvert cet espace presque par hasard, au détour d'une conversation avec des camarades. Sans le savoir, cette rencontre allait changer le cours de son existence.
À l'époque, elle n'avait jamais utilisé un ordinateur. Grâce à l'encadrement des animateurs, elle apprend progressivement à naviguer sur Internet, découvre des vidéos de formation et s'initie à la couture. Très vite, elle acquiert de nouvelles compétences qui lui permettent de confectionner des sacs, des chaussures et même des lits pour bébés destinés à la vente.
Les revenus tirés de cette activité lui offrent une autonomie financière inattendue. Elle prend désormais en charge certaines dépenses scolaires, contribue aux besoins de sa famille et a même pu offrir un cartable à son jeune frère pour la rentrée scolaire. « J'ai soulagé financièrement mon papa », a-t-elle déclaré avec une émotion perceptible, résumant en quelques mots la portée sociale de cette initiative.

Au-delà de son parcours personnel, Zahra a partagé quelques résultats obtenus par le premier Centre ETC de Diffa, des chiffres qui témoignent du potentiel de ce modèle.
Depuis son ouverture, plus de 4 000 personnes se sont inscrites pour utiliser les services du centre, dont une majorité de jeunes. Plus de 80 jeunes ont trouvé un emploi après avoir suivi une formation en informatique, tandis qu'environ 35 femmes ont réussi à développer des activités génératrices de revenus grâce aux compétences acquises sur place.
En découvrant le nouveau Centre Gidan Fasaha de Tahoua, Zahra n'a d'ailleurs pas caché son admiration.
Elle a confié, avec une pointe d'humour, que le bâtiment est près de cinq fois plus grand que celui de Diffa, suscitant une « saine jalousie » chez les bénéficiaires venus de Diffa assister à l'inauguration.
Elle a surtout lancé un message aux jeunes de Tahoua : « Vous avez beaucoup de chance. Prenez soin de ce centre et profitez pleinement de tout ce qu'il peut vous offrir. »
Le numérique, un nouvel outil pour développer l'entrepreneuriat féminin
Autre voix marquante de cette cérémonie, celle de Halima, jeune entrepreneure spécialisée dans la transformation agroalimentaire.
Déjà accompagnée par le Fonds national d'appui à la formation professionnelle et à l'apprentissage (FONAF), elle voit dans l'ouverture du Centre ETC une opportunité de franchir une nouvelle étape dans le développement de son entreprise.
Jusqu'ici, son activité reposait essentiellement sur les circuits traditionnels de commercialisation. Grâce aux formations numériques qui seront dispensées à Gidan Fasaha, elle espère désormais apprendre à promouvoir et vendre ses produits sur les réseaux sociaux tels que Facebook ou TikTok.
« Beaucoup de choses restent à apprendre. Ce centre nous permettra de vendre nos produits en ligne », a-t-elle expliqué avant d'inviter toutes les jeunes femmes de Tahoua à s'approprier pleinement cette nouvelle infrastructure.
Son témoignage illustre parfaitement l'ambition du projet : faire du numérique non seulement un outil d'accès au savoir, mais également un levier de création de revenus et d'autonomisation économique.
Une nouvelle vision du développement humanitaire
Des prestations artistiques et culturelles, ponctuées d’intermèdes de slam, se sont déroulées entre les différentes allocutions officielles, apportant des moments d’animation et de convivialité à la cérémonie. Après les discours, le moment le plus symbolique a été marqué par la coupure officielle du ruban par le Gouverneur de la région de Tahoua, le Colonel-Major Souleymane Amadou Moussa, entouré du Directeur pays du Programme alimentaire mondial (PAM), Guy Adoua, de l’Administrateur délégué de la Ville de Tahoua, Elhadj Sahabi Moussa, ainsi que des autorités administratives, coutumières et des partenaires présents. Ce geste symbolique a officiellement marqué l'ouverture de Gidan Fasaha, suivie d'une visite guidée des installations permettant aux autorités, aux partenaires techniques et financiers ainsi qu'aux invités de découvrir les différents espaces du centre et les équipements mis à la disposition des futurs usagers.

Avec l'ouverture de Gidan Fasaha, le Programme alimentaire mondial et ses partenaires démontrent que la réponse aux crises ne se limite plus à l'assistance d'urgence. Elle s'inscrit désormais dans une approche plus globale, fondée sur le renforcement durable des capacités humaines.
En offrant aux jeunes, aux femmes, aux réfugiés, aux personnes déplacées et aux communautés hôtes un accès équitable au numérique, ce centre pose les bases d'un développement plus inclusif où la connaissance devient une ressource aussi stratégique que l'eau, la terre ou les infrastructures.
Au-delà de ses murs, Gidan Fasaha porte une ambition plus vaste : faire du numérique un catalyseur d'innovation, un vecteur de cohésion sociale et un moteur d'autonomisation économique. Pour Tahoua, cette infrastructure représente bien plus qu'un nouvel équipement communautaire. Elle ouvre une fenêtre sur l'avenir, où chaque connexion Internet peut devenir le point de départ d'un projet, d'un emploi, d'une entreprise ou d'une nouvelle trajectoire de vie.


Abdoulkarim Moumouni, Envoyé spécial à Tahoua (actuniger.com)


