Transfert d’argent : clap de fin pour Zeyna !
C’est la fin de la partie pour Zeyna Transfert d’Argent. La Commission bancaire (COBAC) de l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA) a décidé, dans un communiqué publié cette semaine, du retrait de l’agrément accordé à la société nigérienne de transfert d’argent ZEYNA, désormais placée en liquidation. Le gendarme du système financier de la BCEAO reproche à la société plusieurs griefs, notamment une infraction généralisée à la réglementation bancaire, l’exercice illégal d’activités dans d’autres pays de l’Union ainsi que des manquements dans sa gestion et l’absence de perspective viable de redressement. Depuis plus de deux ans maintenant, en effet, les guichets de l’établissement lancé en 2020 ont baissé rideau, les activités sont suspendues et le promoteur est porté disparu, selon des agents qui ont été laissés en rade.
C’est un constat d’un acte officiel de décès que vient d’enregistrer la COBAC de l’UMOA puisque Zeyna Transfert d’argent n’opère plus sur le marché depuis plus de deux ans maintenant. À l’issue de sa dernière session tenue les 17 et 18 mars derniers, le Collège de supervision de la Commission bancaire de l’UMOA a publié cette semaine les sanctions disciplinaires et pécuniaires prononcées contre plusieurs établissements financiers de l’Union monétaire ouest-africaine. Dans la liste des établissements sanctionnés figure la société nigérienne de transfert d’argent ZEYNA dont l’agrément a été retiré, en sus du placement en liquidation de la société.
Dans son communiqué, la Commission bancaire de l’UMOA annonce qu’après avoir entendu les dirigeants de la société nigérienne lors de cette session, elle a prononcé le retrait de l’agrément de ZEYNA. « Cette sanction disciplinaire est motivée par une infraction généralisée à la réglementation bancaire et en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et de la prolifération des armes de destruction massive ainsi que l’exercice illégal des activités dans d’autres pays de l’Union, en l’absence d’autorisation préalable », indique la COBAC, qui reproche également à l’établissement nigérien de transfert d’argent « le non-respect des exigences en matière de reporting, notamment comptable et prudentiel, les manquements dans sa gestion et une absence de perspective viable de redressement de l’établissement ».
En conséquence du retrait d’agrément, précise la Commission, ZEYNA a été mise en liquidation.
Des difficultés financières et de gestion
C’est donc la fin de la partie pour Zeyna Transfert, l’établissement de transfert d’argent lancé en 2020 sur un marché national où la concurrence était déjà rude.
Cependant, au regard des griefs reprochés à la société par la Commission bancaire (COBAC), ce n’est pas la concurrence qui a eu raison de Zeyna Transfert. Il faut dire qu’avec une stratégie commerciale très offensive, l’entreprise a même pu se faire une place sur le marché national du transfert d’argent, avant de se déployer dans les autres pays de la sous-région.
Au Niger, Zeyna avait étendu sa couverture sur l’ensemble du territoire national avec des guichets jusque dans certains villages reculés et offrait une panoplie de services de paiements numériques grâce à son partenariat avec plusieurs entreprises publiques et privées, comme pour le paiement des factures d’eau et d’électricité.
Depuis son lancement, la société a traversé plusieurs difficultés, notamment des problèmes de gestion, mais a su rebondir avec des plans de redressement qui ont marché jusqu’à cette dernière crise qui a eu raison de la jeune entreprise.
Depuis plus de deux ans maintenant, et principalement depuis les événements du 26 juillet 2023, l’entreprise a commencé à sombrer. Les guichets ont commencé à baisser leurs rideaux et, par la suite, les activités de transfert d’argent ont été suspendues.
Le personnel de l’établissement a été pour l’essentiel laissé sur les carreaux malgré la saisine, par certains employés, de l’Inspection du travail. À l’époque, des informations faisaient état du promoteur qui était porté disparu, alors que d’autres sources l’ont localisé dans des pays du Golfe où il se serait réfugié ou serait en exil.
Avec cette décision de la COBAC, c’est le requiem officiel pour ZEYNA Transfert d’argent. Le marché national et sous-régional du transfert d’argent est pourtant loin d’être saturé, comme en témoigne son dynamisme actuel où les entreprises nigériennes font office de locomotive.
Il faut aussi souligner qu’en dehors de ZEYNA, une autre structure bancaire installée au Niger a été sanctionnée. La banque, dont le nom n’a pas été dévoilé, a écopé d’un blâme assorti d’une amende de 300 millions de francs CFA pour « faiblesses au niveau de la gouvernance, de la gestion des risques et du dispositif de lutte contre le blanchiment de capitaux et la prolifération des armes de destruction massive ». Le Collège de la COBAC a prononcé à son encontre un blâme assorti d’une amende de 300 millions de FCFA, soit environ 524 000 dollars américains.
A.Y.B (actuniger.com)


