Fin de mission de la Coordinatrice Résidente du Système des Nations Unies au Niger : un Iftar d’adieu en guise d’hommage pour Mama Keïta

Arrivée en fin de mission au Niger, après près d’un an et demi de service, la Coordinatrice Résidente des Nations Unies (SNU-Niger) s’est vu rendre un hommage mérité par l’ensemble de ses collaborateurs, le personnel des agences onusiennes au Niger, le corps diplomatique ainsi que les responsables d’institutions publiques et privées et des organisations de la société civile. Après sa décoration par les plus hautes autorités du pays pour services rendus à la Nation, au rang de Commandeur de l’Ordre du Mérite du Niger, Mme Mama Keïta a eu droit à un Iftar d’adieu, mercredi 25 février 2026, dans les jardins de la Maison des Nations Unies à Niamey, une occasion pour saluer son leadership et mettre en exergue l’impact de ses actions dans le pays, mais aussi officialiser l’entrée en fonction de Mme Djanabou Mahondé, Représentante résidente de l’UNICEF, appelée à assurer l’intérim à la tête de la mission onusienne au Niger.
C’est dans une ambiance solennelle, chargée d’émotions et riche en couleurs que s’est déroulée cette cérémonie d’adieu et d’hommage à Mama Keïta, la Coordinatrice résidente du Système des Nations Unies, en fin de mission au Niger. L’événement, inscrit dans le contexte du moment — un Iftar marquant la fin de la journée du mois de Ramadan —, a été rehaussé par la présence de membres du gouvernement, diplomates, acteurs humanitaires, associatifs et partenaires. Une double célébration autour d’un moment de convivialité pour honorer la rupture du jeûne et rendre un hommage appuyé à l’action de Madame Keïta. Parmi les personnalités présentes figuraient également le Secrétaire général du ministère des Affaires étrangères, de la Coopération et des Nigériens à l’Extérieur, M. Issakou Souleymane, le président de la Haute Autorité à la Consolidation de la Paix (HACP), ainsi que la Conseillère spéciale du Président de la République et de nombreux invités du monde associatif et culturel.

C’est dans une atmosphère à la fois solennelle, conviviale et fraternelle que plusieurs participants ont pris la parole pour saluer un leadership qui, en moins de deux ans, aura renforcé la cohésion et la coordination du système onusien dans un contexte particulièrement exigeant.
Un hommage appuyé à une « leader exceptionnelle
La cérémonie s’est ouverte par le mot de bienvenue du Chef du Bureau de la Coordination, M. Maharouf Oyolola, qui a dit son « honneur » de prendre la parole pour saluer Mme Mama Keïta à l’occasion de la fin de son mandat en tant que Coordonnatrice résidente des Nations Unies au Niger.
Dans une atmosphère marquée par « l’esprit de partage et de communion » propre au mois du Ramadan, il a souligné que ce moment était « bien plus qu’un simple Iftar ». Selon lui, il reflète les valeurs qu’elle a incarnées au Niger : « le rassemblement, l’écoute, la bienveillance et le respect mutuel ».
S’adressant directement à Mme Mama Keïta, il a déclaré : « Au cours de votre mission au Niger, vous avez su allier avec une rare justesse compétence et humanité ». Il a salué son « leadership éclairé », son « sens du dialogue » et son « engagement constant », affirmant que son action a profondément marqué non seulement le Système des Nations Unies, mais aussi les relations avec le Gouvernement du Niger et l’ensemble des partenaires techniques et financiers.

Il a décrit Mme Keïta comme « une fédératrice, une voix de sagesse dans les moments de défi, et une source d’inspiration pour nous tous », mettant en avant sa capacité à placer l’humain au cœur de l’action, à valoriser chaque contribution et à promouvoir un esprit d’équipe authentique.
Sous sa coordination, a-t-il affirmé, « notre action collective a gagné en cohérence, en impact et en crédibilité ». Mais au-delà des résultats, il a estimé que « la qualité des relations que vous avez su bâtir constitue votre héritage le plus précieux ».
« Ce soir, nous ne disons pas simplement au revoir à une haute responsable », a-t-il ajouté. « Nous saluons une femme de cœur, une collègue respectée, une mentor pour beaucoup d’entre nous, et une amie du Niger ».
Il a conclu en souhaitant la bienvenue à Mme Djanabou Mahondé, appelée à assurer l’intérim en qualité de Coordonnatrice résidente, lui assurant « l’entière collaboration » des équipes dans la poursuite de la mission au service des populations nigériennes.
Une vidéo d’hommage, vingt témoignages, un message unanime
Moment particulièrement marquant de la soirée : la projection d’une vidéo retraçant les qualités humaines et professionnelles de Mme Mama Keïta à travers les témoignages de ses collaborateurs. À l’écran, les visages se succédaient, mais le message était unanime.
À travers une vingtaine de témoignages successifs, ses collaborateurs ont décliné un même fil conducteur : leadership, vision, écoute, confiance.
« Votre mission s’achève, mais votre impact demeure. »
« Vous avez transformé les défis en opportunités. »
« Vous avez renforcé notre sens du One UN. »
« Derrière la diplomatie, il y avait avant tout l’humain. »
« Vous avez créé un climat de confiance durable. »
« Vous laissez un système plus fort et plus uni. »
Au fil des interventions, une image se dessinait : celle d’une coordonnatrice exigeante mais juste, rigoureuse mais accessible, stratégique mais profondément humaine. Le Bureau de la Coordination, souvent perçu comme une structure technique chargée de chapeauter l’ensemble des agences onusiennes présentes dans le pays, apparaissait aussi comme une famille. Une famille soudée autour d’un cap commun.
Les phrases se sont enchaînées, sobres mais chargées d’émotion. La vidéo s’est conclue par un chœur collectif : « Merci Madame la Coordonnatrice pour votre leadership et votre humanisme ! »
Dans un contexte international marqué par des réformes internes aux Nations Unies, des restrictions budgétaires et une pression accrue sur l’aide au développement, ces témoignages ont pris une ampleur assez particulière.
Des partenaires unanimes sur un engagement au service de l’humain

Dans le registre des témoignages, la Représentante du corps diplomatique, Mme Catherine Inglehearn, Ambassadrice du Royaume-Uni au Niger, a rappelé le contexte international complexe dans lequel s’est inscrite la mission de Mme Keïta, marqué par l’appel au « UN Reset » à l’approche des 80 ans de l’Organisation et par une baisse globale de l’aide au développement.
Elle a salué son leadership dans un environnement « pas facile pour l’ONU », soulignant les progrès réalisés en matière de coordination et sa disponibilité constante, notamment pour les initiatives en faveur des femmes et des filles. « L’ONU ne va pas te perdre », a-t-elle lancé, convaincue que son engagement se poursuivra ailleurs.
Le Représentant de l’équipe des Nations Unies au Niger, Dr Jean-Baptiste, représentant de l’OMS, a livré une métaphore qui a fait sourire l’assistance : « Si elle était un médicament essentiel de l’OMS, Mama serait un vaccin ». Un vaccin contre l’ignorance et la pauvreté, a-t-il précisé, capable de générer des « anticorps » durables au sein des équipes. Il a salué son calme, sa rigueur, son optimisme et son humilité, la décrivant comme une « banque à solutions ».
Du côté humanitaire, M. Djaffra Traoré, Directeur pays d’Action contre la Faim (ACF), a évoqué les débuts difficiles, à une période où il fallait retisser les liens de confiance entre acteurs. Dans un cadre souvent traversé par des débats intenses, Mme Keïta a su, selon lui, imposer une culture du dialogue et du consensus, toujours orientée vers l’intérêt des populations. « Qui veut aller loin part avec les autres », a-t-il rappelé, saluant une vision de coordination inclusive.
L’exemple d’un engagement concret
L’un des témoignages les plus forts est venu de Mme Nana Assoumi, coordonnatrice du Programme des Volontaires des Nations Unies au Niger.
Le témoignage de Mme Nana Assoumi, coordonnatrice du programme des Volontaires des Nations Unies au Niger, a illustré de manière concrète l’impact du leadership de Mme Keïta sur le terrain. Elle a raconté une activité de sensibilisation au cancer en faveur de femmes en situation de handicap, à laquelle la Coordonnatrice résidente avait pris part.
Restée debout plusieurs heures sous le soleil, veillant à ce que chaque message soit fidèlement traduit et compris, partageant aussi son expérience personnelle, Mme Keïta avait su convaincre ces femmes, initialement réticentes, de se faire dépister. Résultat : plus de 500 femmes handicapées sensibilisées, accompagnées, dépistées et soignées. Des journées spécifiques leur ont même été dédiées au Centre national de lutte contre le cancer.
« Vous n’avez pas seulement sensibilisé, vous avez sauvé des vies », a affirmé Mme Assoumi, soulignant un leadership « proche des réalités du terrain et profondément engagé pour l’inclusion ».
Un message fort de reconnaissance de la communauté étrangère à travers les ressortissants guinéens au Niger
L’émotion était également palpable lorsque M. Mohamed Souma, président du Haut Conseil des Guinéens résidant ou de passage au Niger, a pris la parole.
Au nom de la communauté guinéenne, il a rappelé que malgré un agenda chargé, Mama Keïta avait su préserver des moments fraternels avec ses compatriotes.
« Ce petit court séjour a été très marquant au sein de la communauté », a-t-il affirmé.
Qualifiant la Coordonnatrice de « notre sœur », il a expliqué que les ressortissants guinéens l’avaient mandaté pour lui remettre un témoignage officiel de satisfaction en signe de reconnaissance.
Ce geste a rappelé que derrière la haute responsable internationale se trouve aussi une femme attachée à ses racines.
Reconnaissances symboliques et distinctions

Les marques de reconnaissance se sont multipliées au fil de la soirée. M. Al-Husseini, Directeur de Nomades Artisans, ambassadeur des artisans au Niger et à l’international, a remis un tableau symbolique au nom des artisans soutenus par le PNUD. « Artisan du verbe et du lieu, je salue l’ouvrage solide que vous avez bâti au Niger, fait de dialogue et de confiance », peut-on y lire.
L’Association des anciens fonctionnaires des Nations Unies, par la voix du Dr Tankari, lui a offert un ouvrage intitulé « Et si la santé en Afrique m’était contée ? », acte de mémoire et de transmission destiné à accompagner ses futures responsabilités.

Le collectif des associations du personnel des Nations Unies, représenté par M. Kimba Ali, lui a décerné un témoignage officiel de satisfaction en reconnaissance de « ses services éminents, de son leadership et de son engagement indéfectible ».
La communauté guinéenne au Niger, par la voix de son président M. Mohamed Souma, a également tenu à lui remettre un témoignage de reconnaissance pour la proximité et l’attention accordées malgré un agenda chargé.
Il convient de rappeler que ces hommages interviennent au lendemain d’une distinction majeure : la remise, le 24 février 2026, des insignes de Commandeur de l’Ordre du Mérite du Niger, ainsi qu’une audience avec le Président de la République.
Mama Keïta : un leadership inspirant salué par ses équipes
Prenant la parole pour son mot de remerciement, Mme Mama Keïta a choisi de s’affranchir du protocole. « Permettez-moi de passer outre les usages et de m’adresser à vous simplement comme à des chers amis », a-t-elle lancé d’emblée, dans un ton à la fois chaleureux et sincère. Avant toute chose, elle a tenu à dire « merci », un mot qu’elle répétera à plusieurs reprises au fil de son intervention, comme un fil conducteur de son passage au Niger.
Revenant sur le processus long, exigeant et compétitif qui l’a conduite à devenir Coordonnatrice résidente, elle a évoqué les nombreuses épreuves, techniques et personnelles, qu’elle a dû franchir. À l’une des questions posées lors de cette sélection — quels objectifs poursuivrait-elle au Niger — elle se souvient avoir répondu, au-delà de la promotion du développement humain et du renforcement de la coopération entre le Niger et les Nations Unies, qu’elle souhaitait aussi « former de nouvelles amitiés ».
« Aujourd’hui, je pense que cet objectif-là, je l’ai réalisé », a-t-elle confié, visiblement émue.

Elle a également estimé que l’objectif de renforcement de la confiance entre le système onusien et ses partenaires était « en tout cas en partie atteint », saluant le travail collectif qui a permis, selon elle, de « réaliser de belles choses ensemble ».
Évoquant la distinction reçue la veille — les insignes de Commandeur de l’Ordre du Mérite du Niger — ainsi que l’audience accordée par le Président de la République, elle a insisté sur le caractère collectif de cette reconnaissance. « On ne coordonne rien quand on est tout seul », a-t-elle rappelé. « Pour coordonner, il faut être avec les gens ». La médaille reçue, a-t-elle souligné, est le fruit du travail du staff des Nations Unies, des partenaires humanitaires, des diplomates, des autorités nigériennes, des leaders traditionnels, des médias, de la société civile, des femmes et des jeunes.
Dans un passage plus personnel, elle a exprimé sa gratitude à l’endroit de ses proches collaborateurs, notamment l’équipe de la coordination. Avec humour et tendresse, elle a raconté ces conversations avec d’autres coordonnateurs résidents qui lui confient parfois redouter d’aller travailler. « Moi, chaque matin, c’était un pur bonheur », a-t-elle affirmé.
Elle a évoqué le sourire quotidien de son assistante Adama, la constance et la bonne humeur de Samuel, qui l’accompagnait chaque jour, rappelant combien « l’humeur est contagieuse ». Elle a également salué le rôle central du chef de bureau Maharouf Oyolola, qu’elle a remercié pour son appui et sa loyauté, ainsi que les équipes d’OCHA et celles chargées de la sécurité, reconnaissant avoir pu compter sur elles dans l’exercice de ses responsabilités de coordonnatrice humanitaire et de responsable de la sécurité du système onusien — ses trois « chapeaux », comme elle les a décrits.
« Vous avez fait une famille pour moi », a-t-elle déclaré à l’adresse de ses équipes, la voix empreinte d’émotion.
Concluant son intervention par une note spirituelle, fidèle au contexte du Ramadan, elle a exprimé sa profonde reconnaissance pour l’amitié et le soutien reçus, avant de formuler un vœu : que Dieu bénisse chacun de ses interlocuteurs et qu’Il bénisse le Niger.
Le message des autorités nigériennes
Clôturant la série d’interventions officielles, le Secrétaire général du ministère des Affaires étrangères, M. Issakou Souleymane, s’exprimant au nom du ministre Bakary Yaou Sangaré, a salué la distinction honorifique décernée à Mme Keïta et l’audience accordée par le Chef de l’État.
Il a rappelé que sous sa coordination, les interventions des agences onusiennes ont couvert le développement humain, l’action humanitaire et la promotion des Objectifs de développement durable. « Vous êtes allée à la rencontre des populations les plus vulnérables en quittant la capitale pour sillonner les villages et les autres villes du Niger », a-t-il souligné, au nom des autorités et des populations.
Une cérémonie d’adieu sous le signe de la continuité
Après les discours et la remise des cadeaux honorifiques, l’appel à la rupture du jeûne a rassemblé l’assistance dans un moment de recueillement, suivi d’une prière collective. Les discussions se sont poursuivies autour d’un dîner convivial, dans une atmosphère chaleureuse et empreinte de nostalgie, ponctuée d’accolades et de photos souvenirs.
Au-delà de ces instants, l’image forte de la soirée restera celle d’un système onusien rassemblé autour d’une dirigeante dont le passage, bien que court, a laissé une empreinte durable. Cet Iftar a célébré un leadership où la diplomatie se conjugue à l’humanité et où la coordination repose sur la confiance. En quittant Niamey, Mme Mama Keïta laisse derrière elle un système renforcé et un capital humain solide, un héritage qui continuera d’inspirer l’action des Nations Unies au Niger.


Abdoulkarim Moumouni (actuniger.com)


