Interdiction du Transport de personnes en tricycle à Niamey : Des sanctions pour mettre fin à l’anarchie en attendant de véritables solutions à la mobilité urbaine

Par arrêté 005/AD/VN/SG du 14 janvier 2026, l'Administrateur délégué de la Ville de Niamey, le colonel Boubacar Soumana Garanké, a interdit le transport des personnes par tricycle, une mesure qui s’applique sur tout le territoire de la capitale. Selon les autorités municipales, cette mesure s’inscrit dans le cadre des impératifs de gestion urbaine, de sécurité et de maintien de l’ordre public. Afin de mieux faire respecter cette décision des autorités municipales que beaucoup attendaient depuis fort longtemps, des sanctions ont été prévues pour contrevenants qui s'exposent à une amende forfaitaire non-remboursable de 50.000 FCFA et en cas de récidive, 100.000 FCFA à payer en plus de la confiscation de l'engin à 3 roues et sans préjudice des poursuites judiciaires. Des mesures fortes pour faire régner l’ordre sur les principales artères de la capitale bien que ce n’est pas la première fois que de telles décisions sont annoncées sans être suivies d’effet. Aussi, en interdisant formellement le transport de personnes par tricycles, la ville de Niamey vient certes de mettre un terme à une anarchie qui n’avait que trop duré mais en l’absence de véritables alternatives, le problème risque de ne trouver une solution qu’à moitié puisque ces « sources d’accidents ambulants », peuvent toujours continuer à emprunter sauvagement les artères de la capitale.
Cette fois sera-t-elle la bonne ? C’est le vœu pieu de la majorité des habitants de la capitale, en particulier les usagers de la route qui vivent au quotidien un véritable cauchemar à chaque fois qu’ils empruntent, ces derniers temps, une des principales artères de Niamey. Alors qu’ils sont sensés faciliter la vie aux populations surtout en matière de transport de marchandises et autres produits que les taxis et autres véhicules à quatre roues ne peuvent se permettre, les tricycles qui ont fait leur apparition il y a quelques mois à Niamey, sont depuis quelques années, devenus de vraies « sources d’accidents », transportant marchandises et personnes. Le pire, c’est que la majorité des conducteurs, des jeunes pour la plus part, ne respectent aucunement les règles élémentaires du Code de la route, mettant en péril la vie des gens et provoquant à longueur de journée, des accident parfois graves de circulation.
Une décision attendue depuis longtemps par les populations de la capitale
La décision que viennent de prendre les autorités de la ville de Niamey a de quoi donc soulager plus d’un habitant de la capitale. Elle était, en effet, attendue depuis longtemps par les populations de la capitale car malgré le rôle qu’ils jouent dans la mobilité des usagers, notamment dans les zones périphériques, ces engins à 3 roues sont devenus au fil du temps un véritable casse-tête routier, engendrant une véritable anarchie sur les principales artères de la ville.
« La publication de l’arrêté portant interdiction formelle du transport des personnes sur des motos tricycles par les autorités de la Ville de Niamey est une décision hautement salutaire et patriotique de la part des autorités. En effet, ces engins à 3 roues ne cessent d’exposer les passagers à tous les types de danger car n'ayant pas été conçu pour ce type de transport malgré la faible offre en transport public. Cette mesure va sans nul doute donc mieux encadrer ces moyens roulant qui initialement sont destinés à transporter des marchandises », a réagi à chaud un internaute, Daouel Sidi Mohamed, qui dans une publication sur les réseaux sociaux, reconnait tout de même qu’il aurait été plus souhaitable que « les autorités avec cette explosion démo-spatiale de la ville de Niamey, puissent se pencher sur la question de la mobilité urbaine en renforçant le parc auto de la SOTRUNI (Société des transports urbains de Niamey, NDLR) pour assurer dans de meilleures conditions le transport des personnes et de leurs biens. Parce que, assure-t-il « toute économie moderne a besoin d'un réseau de transport efficace et propre pour se développer, il nous faut une politique de mobilité urbaine et ce n'est pas un luxe mais une nécessité ».
Destinés dans un premier temps à transporter des marchandises et autres produits que les taxis ne pouvaient pas chargés et au regard du contexte urbain actuel de Niamey et ses environs, l’activité est devenue très rentable, procurant de l’emploi certes informels à de nombreux jeunes citadins au chômage.
Cependant, depuis qu’ils se sont mis à transporter les personnes, la situation s’est aggravée. En plus de la concurrence déloyale pour les taxis légaux, l’absence de toute réglementation ainsi que d’organisations socioprofessionnelles pour l’encadrement des propriétaires et conducteurs a rendu l’activité « sauvage ». les désagréments causés sur la route ont fini par exaspérer les populations et surtout les usagers de la route.
À travers cette décision, la municipalité veut donc mieux structurer les modes de déplacement et réduire les risques d'accidents liés à l'usage détourné des tricycles et protéger le secteur des taxis, seuls détenteurs légaux de la mission de transport de personnes en zone urbaine.
Et pour faire respecter la nouvelle réglementation, les autorités municipales ont fait recours à des sanctions auxquelles s’exposent les contrevenants. Il faut dire que cette décision n'est pas une première. En janvier 2023 déjà, les responsables municipaux de la ville de Niamey avaient émis plusieurs communiqués de rappel sur l’interdiction de transport de personnes par les conducteurs de tricycles. Ce qui n’a pas empêché l’activité de connaitre un véritable essor. Cette fois également, certains s’inquiètent des conséquences de cette nouvelle décision en l’absence de solutions alternatives pour les quartiers périphériques où certains taxis ne se rendent qu’à contrecœur en raison de leur éloignement, l’insécurité et surtout l’état des routes. Et s’il s’agit d’atténuer les désagréments pour les usagers routiers, les tricycles sont toujours autorisés à transporter des marchandises et autres produits autres que les personnes. « Cette décision interdisant le transport des personnes par les tricycles doit trouver des solutions à nous autres citoyens lambda qui nous trouvons obliger de bouger pour chercher de quoi manger. je suis entièrement d’accord que beaucoup de ces tricycles ne respectent pas le code routier et sèment du désordre sur certaines artères, mais en leurs interdisant carrément le transport des personnes, vous mettez beaucoup d’usagers dans une situation difficile surtout quand on sait que le taxi est devenu aujourd’hui un luxe au regard du tarif des courses. C'est pourquoi, nous suggérons à la mairie centrale soit de commander des bus pour améliorer le transport urbain, soit remettre les taxis au pas en les obligeant à revenir sur les anciens prix des courses ou soit imposer une certaine conduite à ces tricycles. Une décision aussi salutaire qu’elle soit ne sert à rien si elle ne prend pas en compte le souci de l’amélioration des conditions de vie des administrés surtout en ce temps où on demande chaque jour aux nigériens de continuer à faire preuve de résilience », a fait par exemple remarquer l’activiste Abdourahamane Insar. Et il n’est pas le seul à partager cet avis sans toutefois remettre en cause l’opportunité de la décision de l’Administrateur délégué de la Ville de Niamey.
Autant le dire, si la décision des autorités municipales est à saluer vu sous l’angle de mettre fin à l’anarchie sur les routes de la capitale, l’interdiction sans mesures alternatives ne résous la problématique de la mobilité urbaine qu’à moitié !
Ikali Dan Hadiza, actuniger.com




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Ibrahim Traoré
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