Rencontre entre l’ONC et les Professionnels de la Presse en ligne : enfin un cadre juridique pour les médias numérique au Niger

L’Observatoire National de la Communication (ONC) a engagé, lundi 12 janvier 2026, une série d'échanges avec les acteurs clés de l’espace numérique. Sous la houlette de son président, M. Ibrahim Manzo Diallo, l’institution a reçu successivement les représentants de la presse en ligne, puis ceux des blogueurs comprenant web-activistes et influenceurs. Cette double rencontre s’inscrit dans un contexte où la régulation des contenus sur internet se heurte à un vide juridique croissant, posant des défis majeurs pour l’organisation, la protection et l’éthique du secteur. Face à l’expansion rapide de la presse électronique et des nouvelles formes d’expression numérique, l’absence d’un cadre réglementaire adapté a été au cœur des débats. L’ONC a exprimé ses préoccupations concernant la nécessité de structurer et de protéger ces activités, tout en garantissant un environnement numérique responsable. La question d’une régulation équilibrée, qui puisse concilier liberté d’expression, protection des utilisateurs et professionnalisation des métiers du web, a été largement discutée.
Il était grand temps ! Malgré la place importante que les médias en ligne ne cesse de prendre au Niger, qui accuse certes un sérieux retard par rapport à la sous-région, l’absence à ce jour d’un cadre juridique adapté constitue une véritable entorse à l’éclosion d’un secteur en pleine expansion et dont la contribution, à côté de la presse traditionnelle, aux objectifs de la Refondation n’est plus à démontrer. C’est ce vide que l’ONC et les professionnels des médias en ligne se sont engagés à combler à l’issue de leur rencontre de prise de contact et d’échange, lundi 12 janvier, au cabinet du Président de l’organe de régulation de la Com au Niger.
Lors de la rencontre, le Président de l’ONC, M. Ibrahim Manzo Diallo, a porté à la connaissance des professionnels de la presse en ligne, de la volonté de l’Observatoire de porter jusqu’à son aboutissement, l’initiative d’un texte portant régime de la presse en ligne. Le projet est actuellement en gestation et selon le Président, il sera élaboré à travers une démarche inclusive avant sa transmission aux autorités compétentes pour adoption. « Il existe un vide important qu’il faut corriger. Les acteurs de l’information en ligne fournissent un travail considérable. La mission de l’ONC est de favoriser le pluralisme dans le secteur de l’information et d’accompagner la régulation du numérique. Nous ne sommes pas dans une logique répressive et nous n’entendons exclure aucun acteur », a assuré Ibrahim Manzo Diallo.
En plus de doter le secteur d’un véritable cadre juridique, cette initiative va incontestablement marquer une étape importante vers la reconnaissance, la structuration et la professionnalisation de la presse en ligne, dans un esprit de dialogue, de responsabilité partagée et de respect des libertés fondamentales. Elle permettra surtout de mettre fin à la confusion entre la presse en ligne et les autres métiers du numériques notamment les web-activistes, les bloggeurs et autres influenceurs.
Vers une co-régulation pour un environnement numérique responsable au Niger
Les échanges entre les membres de l’ONC et les professionnels des médias en ligne et du numérique ont également porté sur la création d’un cadre fédérateur pour les web-activistes, ainsi que sur l’adoption d’une Charte de bonne conduite. Celle-ci viserait à promouvoir des pratiques éthiques et responsables sur les plateformes numériques, sans pour autant entraver l’innovation ou la liberté de création des contenus.
Les participants ont salué l’initiative inclusive de l’ONC, qui cherche à instaurer une régulation et co-régulation concertée, élaborée avec les principaux concernés. « Il s’agit de construire un modèle de régulation qui réponde aux réalités du numérique, tout en comblant les lacunes juridiques actuelles », a souligné le Président de l’ONC. Cette démarche marque une étape importante dans la réflexion sur la gouvernance de l’internet au niveau national, alors que les débats sur la modération des contenus, la désinformation et la responsabilité des plateformes prennent une ampleur mondiale.
L’ONC entend ainsi poser les bases d’un dialogue pérenne, en attendant l’élaboration de textes juridiques adaptés aux défis du numérique. « Les médias sociaux ne seront pas exclus. Il n’est pas possible de construire un cadre crédible en laissant certains acteurs de côté. Nous privilégions une démarche de co-régulation, fondée sur la sanction par les pairs plutôt que sur l’intervention systématique du régulateur. L’objectif est de mettre en place un cadre fédérateur. », a exprimé pour sa part, le Secrétaire général de l’ONC, M. Ousmane Garba, qui a également insisté sur l’approche inclusive du futur dispositif.
Les échanges ont ainsi permis aux participants de saluer cette initiative, de formuler des propositions concrètes et d’exprimer certaines préoccupations liées à la mise en œuvre du futur cadre réglementaire.
Il faut noter que ces rencontres s’inscrivent dans le cadre des échanges de prise de contact entre la nouvelle équipe de l’ONC. C’est ainsi que sous la houlette du Président Ibrahim Manzo Diallo, des réunions se sont aussi tenue avec les responsables des syndicats des médias, ceux des organisations patronales des médias ainsi que certaines organisations socioprofessionnelles comme l’ANIWEB, l’ONIMED ou l’ANP/SOLO. A toutes ces rencontres, le Président de l’ONC a salué l’esprit de responsabilité et la disponibilité des organisations patronales, tout en réaffirmant l’engagement de l’institution à poursuivre ce cadre de concertation, en vue d’aboutir à des solutions consensuelles, durables et conformes au cadre légal en vigueur.
Abdoul Karim Moumouni (actuniger.com)



