mercredi 17 août 2022

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Projets Filets Sociaux : des résultats probants enregistrés par le Niger en matière d'inclusion productive selon une étude scientifique

Atelier Filets sociaux Banque Mondiale

L'hôtel Radisson Blu de Niamey a servi de cadre, jeudi 12 mai 2022, aux travaux d'un atelier de présentation et de dissémination des résultats de l'étude scientifique d’évaluation de l’inclusion productive des filets sociaux au Niger. Organisé conjointement par la Banque mondiale et le Projet Filets Sociaux Adaptatifs II "Wadata Talaka" ainsi que de plusieurs partenaires, la rencontre a permis de partager les résultats probants enregistrés par le Niger dans le cadre de la réduction de l’extrême pauvreté ainsi que d'échanger sur les perspectives permettant de trouver et renforcer les voies de sortir les ménages de l'extrême pauvreté à travers notamment l'inclusion économique.

C'est le Directeur de cabinet adjoint du Premier ministre, M. Aghali Abdel Kader, qui a procédé à l'ouverture officielle des travaux de l'atelier au cours d'une cérémonie solennelle qui s'est déroulée en présence des Représentants de la Banque mondiale, du cabinet du Premier ministre, du Projet Filets sociaux adaptatifs II ainsi que des responsables des institutions et partenaires techniques et financiers intervenant en matière de protection sociale au Niger.

Dans son discours d'ouverture, le Directeur de cabinet adjoint du cabinet du Premier ministre s'est félicité de la tenue de cet atelier qui intervient quelques mois après l’entrée en vigueur du financement additionnel qui se chiffre à cent trente millions (130.000.000) de dollars US soit environ 65 milliards  de francs CFA accordés par la Banque Mondiale au Niger. "Ce financement additionnel, on peut le qualifier de prime de performance", a estimé M. Aghali Abdel Kader qui a rappelé qu'en effet, "il a été obtenu suite à la performance de notre dispositif de mise en œuvre du projet filets sociaux adaptatifs". Parmi les résultats très positifs acquis, a souligné le Dircab adjoint, figurent incontestablement les mesures d’inclusion économique en accompagnement du programme national de transferts monétaires. En effet, a-t-il poursuivi, l’évaluation de l’inclusion productive fait ressortir une gamme de résultats positifs qui peuvent efficacement être mis à l’échelle par le biais de systèmes de protection sociale pour réduire l’extrême pauvreté.

Ainsi, selon les chiffres présentés par le Directeur de cabinet adjoint, la consommation alimentaire des ménages bénéficiaires s’est améliorée de 7 à 15 % et l’insécurité alimentaire a diminué. Aussi, les revenus totaux des femmes bénéficiaires ont été augmentés de 59%, voire de 100% dans certains cas. "Les impacts de l’intervention dépassaient déjà les coûts, 18 mois après l’investissement", s'est félicité M. Aghali Abdel Kader qui a saisi l'occasion pour rappeler que la question de la protection sociale occupe une place de choix dans le programme de Renaissance acte III du Président de la République tel que décliné dans la Déclaration de politique générale du gouvernement qui, en son axe 7 consacré à « l'inclusion sociale et relèvement des vulnérables »,  fait "une place de choix aux transferts monétaires comme modalité d’intervention". C'est pourquoi, d'ailleurs, il a n'a pas manqué d'adresser tous les remerciements des plus hautes autorités ainsi que la gratitude des bénéficiaires à la Banque mondiale pour son appui dans ce cadre à travers le financement de ce projet.

Des résultats probants en matière d'inclusion économique au Niger

Atelier Filets sociaux Banque Mondiale BIS1

Auparavant, dans son mot introductif, le Secrétaire général adjoint du Cabinet du Premier ministre et coordonnateur du Projet Filets Sociaux Adaptatifs II "Wadata Talaka" (PFSAII), a rappelé que dans le cadre de la première phase du projet, il a été testé un programme d'inclusion productive adossé au programme de transfert national au Niger. Un programme qui a été conduit dans plusieurs pays de la sous-région et dont les études qui ont été réalisées ont montré "des résultats excellents pour le Niger", a indiqué M. Moussa Bouda. "Ces résultats à nos yeux méritent d'être connus par les différents acteurs non seulement pour leur dissémination mais aussi pour leur mise à l'échelle et c'est dans ce cadre que s'inscrit cet atelier", a-t-il indiqué à l'endroit des acteurs décisionnels et opérationnels qui prennent part à l'atelier.

Selon les explications du coordonnateur du PFSAII, l'étude a montré une forte efficacité de mesure d'inclusions économiques ajouté au programme de transfert national, de transfert monétaire au Niger. Elle a aussi montré que les interventions à multiples facettes permettent d'améliorer les conditions de vie des femmes bénéficiaires de ce programme. "De façon générale, l'étude a montré que les interventions à multiples facettes peuvent être efficacement mise en œuvre pour l'amélioration de la résilience des populations vulnérables à travers le système de protection sociale adaptative pour réduire l'extrême pauvreté au Niger et pour une mise à l'échelle", a ajouté M. Moussa Bouda.

Pour sa part, le spécialiste principal et Représentant de la Banque mondiale, M. Mahamane Maliki Amadou, il a souligné que ce programme a été lancé depuis 2011 avec des activités de cash transfert pour la résilience, des activités de cash for work, plus des activités d'accompagnement pour un changement de comportement. En 2016, a-t-il poursuivi, la Banque mondiale a appuyé le gouvernement du Niger pour introduire un programme d'inclusion productive en lien avec la protection sociale adaptative au Niger mais aussi dans d'autres pays du Sahel financé par le programme de protection sociale adaptative au Sahel. Le programme a été piloté dans plusieurs régions au Niger et a été évalué.

"Nous sommes aujourd'hui réunis pour partager avec vous les résultats de cette évaluation et profiter aussi pour les disséminer et aussi avoir des échanges non seulement autour des résultats mais aussi des perspectives", a indiqué le Représentant de la Banque mondiale qui a tenu à attirer l'attention des participants sur le fait que cette évaluation continue dans les autres pays. La caractéristique pour ce qui est du Niger, devrait-il par la suite préciser, c'est que le programme qui a été mis en œuvre en zone rurale a montré son efficacité mais aussi surtout son efficience. "C’est le genre de programmes qui sont le plus souvent difficiles à mettre en œuvre, mais l'avantage que nous avons au Niger, c'est que non seulement ça marche, mais aussi pour une toute première fois, nous avons un programme qui peut facilement et de façon moins coûteuse mettre mis à l'échelle pour le bénéfice de populations du Niger", a indiqué M. Maliki Amadou. En termes de perspective, il a estimé qu'il serait bien de voir ensemble, maintenant qu'il y a un outil qui marche, comment est-ce qu'on peut passer éventuellement à la mise à l'échelle. "Pour avoir un impact sur l'économie, il faut qu'il y ait une échelle qui soit suffisante", a souligné le Représentant de la Banque mondiale pour qui, justement, "la protection sociale au Niger a des défis et l'un des défis majeurs, c'est vraiment la couverture".

Des progrès positifs confirmés par une étude scientifique

Peu après la cérémonie officielle d'ouverture, les travaux de l'atelier se sont poursuivis avec la présentation du Projet Filets sociaux ainsi que des résultats de l'étude d'évaluation par les consultants. Des échanges ainsi que des partages d'expérience ont clôturé la rencontre d'une journée.

Atelier Filets sociaux Banque Mondiale BIS

"Les résultats sont très probants et ils montrent que l'intervention augmente la consommation des bénéficiaires, augmente leur sécurité alimentaire, augmente leurs revenus mais aussi leur bien-être social et leur bien-être psychologique. Les effets sont très forts si on compare les impacts par rapport aux coûts, on trouve que les impacts sont deux à trois fois supérieur aux coûts du programme. Cela veut dire que réellement, c'est un programme qui a des impacts forts. C'est un très bon investissement économique. Cela montre que la protection sociale à travers ces programmes d'inclusions économiques délivré par le système national de protection sociale est un investissement avec une forte rentabilité. L'étude scientifique dont les résultats ont été présentés aujourd'hui, vient d'être publiée aujourd'hui dans la revue scientifique Nature, qui est reconnue au niveau international, ce qui montre que l'expérience du Niger dans la lutte contre la pauvreté est valorisée aussi du point de vue international. Au niveau des chiffres, l'impact sur la consommation des ménages, un an et demi après la fin du programme et de l'ordre de 10 à 15 %, l'augmentation de la sécurité alimentaire est du même ordre de grandeur, mais quand on regarde les revenus des femmes bénéficiaires, on se rend compte que ces revenus augmentent de 50 à 100 % et c'est principalement à travers des activités génératrices de revenus dans lesquelles ces femmes ont pu investir. Encore une fois, si on compare ces impacts, on se rend compte que les impacts sur la consommation sont 2 à 3 fois supérieur au coût du programme. Pour un investissement de 100.000 francs CFA pour le programme, on arrive à augmenter la consommation des ménages de 200.000 à 300.000 francs. C'est réellement un taux de rentabilité très élevé". M. Patrick Premand, Economiste senior au groupe de recherche de la Banque mondiale

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A.K.Moumouni (actuniger.com)



Commentaires  

0 #1 Blackmarket 13-05-2022 12:39
Des richards planchent sur les problèmes des pauvres sans jamais y associer ces derniers. Sachant que la survie des premiers dépend entièrement des derniers, l'équation devient très simples. :lol:
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+1 #2 Koudize 13-05-2022 19:51
Mefiez vous de ces soit disantes etudes scientifiques dans des pays avec des gouvernances mauvaises ou les populations n'ont rien a dire dans la gestion des biens publics. Ces performances glorieuses sont erronees.
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0 #3 PR Moussa Hassane Khaled 13-05-2022 20:33
l'Afrique et le monde de manière relative ont des défis à relever par rapport aux aspects économiques et sanitaires comment un pays en voie de développement ppeut avoir des indices significatis il faut nécessairement adopter Les principes économiques et financiers dont l'inclusion financière est un outil permettant d'agréger les agents économiques vers les financements nous précisons à ce niveau que il y'a deux types de Finances la finance directe et la finance indirecte aussi la finance directe dans le système de la bourse régionale des valeurs mobilières et l'autre dans Les instruments de Finances principalement les banques et autres institutions financières .
Pr Moussa Hassane Khaled économiste au département d'économie politique à l'Institut économie politique de la Russie.
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