lundi 8 août 2022

2458 lecteurs en ligne -

fraren

Des milliers de personnes ont besoin d’aide urgente dans la région de Tillabéri, suite à l’insécurité croissante et à la saison pluvieuse

Kongokire MSF BIS1

Avec les violences en hausse, les inondations et le pic annuel de malaria,

la situation des réfugiés, déplacés internes et communautés locales continue de s’aggraver

Le conflit dans le Liptako-Gourma s’est intensifié, notamment le long des frontières avec le Mali et le Burkina Faso. Au Niger on compte plus de 53 000 réfugiés et déplacés internes dans la région de Tillabéry, où de nouveaux mouvements de population ont lieu chaque semaine, et les derniers épisodes de violences ont laissé encore plus de morts, de blessés et de populations traumatisées qui souvent ont tout perdu. Avec des inondations fréquentes et le pic annuel de malaria en cours, la saison pluvieuse est en train d’aggraver une situation déjà critique parmi les plus vulnérables. Médecins Sans Frontières (MSF) appelle à une mobilisation humanitaire accrue de façon urgente, y compris en matière de nourriture, d’abris, de protection, d’eau potable et d’assainissement.

 

Zeyna_transfert_argent_bis.jpg

A pied, ou à dos d’ânes, des centaines de personnes ont récemment fui la recrudescence de la violence dans des localités comme Inates, où de nombreux assassinats et enlèvements ont été enregistrés ces derniers mois. Ces individus ont parcouru environ 40 kilomètres en 3 à 5 jours, pour arriver aux camps de Kongokiré à Igalala ou Ayérou, et la majorité habite actuellement dans des abris de fortune, construits avec des bâtons, paille, pagnes et sacs en plastique, ayant un accès limité aux services sociaux de base et de protection, à la nourriture, à l’eau potable et à l’assainissement.

Selon le Chef de Mission de MSF au Niger, Francisco Otero y Villar, la situation est alarmante, les lacunes en termes d’assistance humanitaire demeurent inquiétantes et de l’action immédiate est requise. « On a constaté une hausse des meurtres ciblés, des attaques y compris avec l’utilisation de mines, des kidnappings et des braquages, outre les affrontements armés. Les populations civiles sont victimes de tout cela – tant les réfugiés que les déplacés internes ou les communautés locales. Avec la saison pluvieuse en cours les inondations restent toujours une préoccupation, de même que le pic de paludisme. En outre, il y a des personnes encore retranchées dans des zones inaccessibles en raison de l’insécurité. Ceci inclus des enfants et des femmes enceintes qui sont souvent privés des soins de santé et de la nourriture. Il est urgent de les secourir aussitôt que possible ».

Des troubles du sommeil et des flashbacks parmi les survivants des attaques

Il y a actuellement près de 900 ménages dans les camps de Kongokiré 1 et 2, ce qui représente environ 5 000 personnes. La plupart sont des femmes, des enfants et des vieillards, plus à risque de tomber malades. Compte tenu de la vulnérabilité extrême des nouveaux arrivés, en août MSF a organisé une distribution d’articles de première nécessité pour environ 400 familles, avec des kits d’hygiène, des jerricanes, des moustiquaires, des ustensiles de cuisine et d’autres items. Les pluies et inondations ont causé des importants dégâts matériels dans les sites de réfugiés et déplacés, donc MSF a aussi donné des bâches à 252 anciens ménages dont leurs abris avaient été endommagés.

Nos équipes réalisent également des cliniques mobiles régulièrement dans ces camps, incluant de l’appui en santé mentale. Les psychologues ont traité de dizaines des survivants de violences, qui présentaient des symptômes psychosomatiques y compris des maux de tête, des troubles du sommeil, de la perte d’appétit, des flashbacks, des pensées intrusives… Les conditions les plus fréquentes ont été le stress aigu, l’anxiété et la dépression à cause des incidents subis ou témoignés.

« Nous avons laissé tout derrière nous : nos biens, nos ressources et notre maison », déplorait le 9 août l’un des nouveaux déplacés, de Tinazagaz. « Aujourd’hui je souffre beaucoup, c’est comme si je continue à revivre les mêmes évènements en images et dans mes pensées. Selon moi, à tout moment la même chose peut se reproduire », a-t-il ajouté. L’un de ses voisins, père de 10 enfants, partageait cette peur : « Je suis très vigilant car je pense que la situation sécuritaire peut se dégrader à tout instant ; je ne dors pas la nuit et je reste éveillé jusqu’aux aurores. J’ai vraiment peur ».

En outre, la prévalence de la malaria parmi les enfants a fortement augmenté au cours des dernières semaines : entre juillet et août MSF a traité 2 723 cas dans les districts d’Ayérou et de Banibangou, et la tendance continue à la hausse. Nos équipes ont également consolidé les efforts visant au diagnostic précoce et à la prise en charge de la malnutrition, avec 9 735 enfants dépistés en deux mois et 265 patients en état grave référés à des établissements médicaux.

Kongokire MSF

Volatilité et menaces

En collaboration avec le Ministère de la Santé Publique, MSF fournit une assistance médicale et humanitaire aux populations affectées par les violences dans la région de Tillabéry depuis novembre 2018. Nos équipes appuient 8 établissements publiques de santé et 2 camps de déplacés internes et de réfugiés dans les districts de Banibangou et Ayérou, et elles organisent aussi des cliniques mobiles (y compris l’appui psychologique) et des distributions d’articles de première nécessité.

De janvier à août 2019, nos équipes ont réalisé plus de 29 000 consultations médicales, 4 000 consultations en santé mentale et 2 600 consultations anténatales dans la région, avec 280 accouchements assistés. Plus de 11 600 enfants ont été dépistés pour la malnutrition, avec  315 référés vers des centres spécialisés, et 4 307 ont été immunisés suivant le programme élargi de vaccination. Les équipes de promotion de la santé ont déroulé des séances de sensibilisation auprès de plus de 24 400 adultes, sur des thématiques liées à la santé et l’hygiène. En outre, 2 233 ménages déplacés ont reçu des kits d’articles de première nécessité lors de mouvements de population. Une intervention ponctuelle a également eu lieu à Tadress, Sarakoira et Walou Gountou en février suite à des inondations, avec un support incorporant de l’approvisionnement en eau et en assainissement.

La volatilité en hausse et la prolifération d’engins explosifs improvisés représentent des menaces substantielles tant pour la population civile de Tillabéry que pour les organisations humanitaires, mais il est indispensable d’augmenter le support aux plus vulnérables sans délai. 

Kongokire MSF BIS

 

 Médecins Sans Frontières est une organisation médicale humanitaire internationale qui apporte des soins aux populations dont la vie et la santé sont en danger. Notre assistance est guidée par l'éthique médicale et les principes d'impartialité, d'indépendance et de neutralité.

 

MSF a travaillé pour la première fois au Niger en 1985 et gère actuellement des projets dans six régions du pays, en appui au Ministère de la Santé Publique. L’organisation concentre ses efforts sur la réduction de la mortalité infantile et maternelle, sur l’assistance aux réfugiés, aux personnes déplacées à l’intérieur du pays, aux retournés, aux communautés d’accueil et aux migrants, et sur la lutte contre les épidémies – notamment de choléra, rougeole et méningite.



Commentaires  

+1 #1 Falke 01-10-2019 13:12
L'etat Talibe ne peut rien faire pour ses citoyens car trop occupe a investir dans son train de vie et le confort et les promenades inutiles de son chef.
Citer | Signaler à l’administrateur

Ajouter un Commentaire

Code de sécurité
Rafraîchir

WEB TV

JEA 2022 : la déscolarisation, un mal qui gangrène l’école nigérienne

Image

Site web d'informations générales sur l’actualité politique, économique, culturelle, sportive au Niger et dans le monde.

Tél: (+227) 89 99 99 28  / 92 55 54 12
Email: contact@actuniger.com