jeudi 1 décembre 2022

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Présentation de la politique générale du gouvernement : la situation sécuritaire domine les débats

Assemblee nationale DPG

Le Premier ministre et chef du gouvernement a présenté, ce mercredi 26 mai à l’Assemblée nationale, la Déclaration de politique générale du gouvernement (DPG) qui décline les grandes orientations de l’action gouvernementale pour les cinq (5) prochaines années. Comme il fallait s’y attendre, c’est la situation sécuritaire du pays qui a le plus dominé les interventions des députés.

 

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La lecture de la DPG par le premier ministre a duré plus d’une heure et demi d’horloge avant que les députés qui se sont inscrits soient invités à prendre la parole. Chaque député disposait de trois (3) minutes pour intervenir et de manière générale, les déclarations des parlementaires ont été assez insipides. Entre ceux de la majorité parlementaire qui se contentent d’encenser le gouvernement et le chef de l’Etat et les députés de l’opposition qui ont critiqué la mouture présenté par Ouhoumoudou Mahamadou, on a assisté à du déjà vu. Comme en témoignent les commentaires des citoyens qui s’exprimaient sur les réseaux sociaux, la plénière étant retransmise en direct sur les chaines publiques, certaines interventions ont été « complètement à coté de la plaque ». Les débats qui ont suivi également par la suite n’ont pas été de très haute facture.

La sécurité, défi n°1 du gouvernement

La DPG qui décline les grandes orientations de l’action gouvernementale pour les cinq (5) prochaines années a été déclinée en sept (7) axes conformément aux objectifs du programme de Renaissance acte II du président Bazoum Mohamed. Des différentes interventions des parlementaires, il est ressorti que de toutes les ambitions du gouvernement, c’est la sécurité qui constitue le défi prioritaire. Ce qui s’explique nettement par la situation que traverse le pays avec la multiplication des attaques terroristes, l’amplification des menaces sécuritaires et tout le corolaire qui va avec notamment le déplacement des populations ainsi que l’amenuisement de leurs conditions socioéconomiques.

Dans son intervention, le chef du gouvernement s’est d’ailleurs longuement étalé sur cette question qui constitue à juste titre, avec la cohésion sociale, le premier axe de la politique du gouvernement. « Notre pays continue, en effet, de faire face au défi sécuritaire du fait de l’activisme des Groupes Armés Terroristes, des bandits armés et des trafiquants de tous bords qui écument l’espace Sahélo Saharien », a reconnu M. Ouhoumoudou Mahamadou, qui a aussi reconnu que « malgré les succès enregistrés par nos forces de défense et de sécurité et leurs alliés, la menace persiste et devient de plus en plus inquiétante, du fait que les groupes terroristes n’hésitent plus à s’attaquer aux populations civiles désarmées et vulnérables ». Pour le Premier ministre, elle est d’autant plus inquiétante que la situation sociopolitique et sécuritaire dans certains pays limitrophes est préoccupante. C’est pourquoi, a indiqué le Premier ministre, « mon gouvernement poursuivra au cours des prochaines années, les efforts déjà entrepris en matière de sécurité des personnes et des biens, et de défense de l’intégrité du territoire ». Cela se traduira d’abord, a expliqué M. Ouhoumoudou, par le maintien de l’effort financier à 17% en moyenne annuelle, la poursuite du renforcement des capacités opérationnelles de nos FDS par un maillage du territoire plus dense, le renforcement des effectifs ainsi que la création et la formation des unités spéciales dans différents corps. Pour ce faire, des recrutements conséquents et des formations des FDS seront opérés, des moyens matériels et logistiques adaptés tels que les véhicules blindés et les vecteurs aériens seront acquis. De même, le système de gouvernance sécuritaire sera amélioré afin de concilier les impératifs de redevabilité et de secret-défense dans la gestion des ressources allouées à la sécurité.

D’après le chef du gouvernement, les actions de renforcement des capacités seront accompagnées d’initiatives pour améliorer les conditions de vie des FDS. Cela comprendra la construction des logements sociaux, la création d’une école des pupilles de la Nation et l’opérationnalisation du Waqf en faveur des ayant-droits des soldats tombés sur le champ d’honneur. Certains parmi eux seront honorés en raison de leur bravoure et de leurs faits d’armes, en baptisant de leurs noms certains espaces et édifices publics. De manière systématique, a poursuivi le premier ministre,  un nombre important de forces de sécurité intérieure sera déployé dans toutes les régions du pays pour garantir la sécurité des citoyens et combattre le banditisme, les vols à mains armées et le trafic des stupéfiants. Aussi, a-t-il indiqué, « une attention particulière sera accordée aux régions de Diffa, Maradi, Tahoua et Tillabéry pour lesquelles des dispositifs de défense et de sécurité plus adaptés seront mis en place ». Sur la même question et tirant leçon des situations observées dans certains pays voisins ou les groupes armés terroristes ont poussé les populations vers des conflits intercommunautaires, le gouvernement entend créer, selon M. Ouhoumoudou, « les conditions d’une meilleure coexistence pacifique entre les différentes communautés ». Par ailleurs, a assuré le chef du gouvernement, « notre pays renforcera sa coopération militaire avec ses alliés du fait de leur rôle crucial en matière de formation, de fourniture d’équipement, de partage de renseignements et d’appui aérien ». « Nous poursuivrons également la mutualisation en cours de nos efforts de lutte contre le terrorisme et le crime organisé, avec les pays voisins dans le cadre de la Force Conjointe du G5 Sahel, de la Force Mixte Multinationale des pays du bassin du Lac Tchad et des patrouilles mixtes transfrontalières entre le Niger et le Nigéria », a indiqué M. Ouhoumoudou.

« La situation sécuritaire que vit notre pays tire son origine de l’insécurité qui prévaut dans certains pays voisins. C’est pourquoi nous devons porter une attention particulière à l’évolution de la situation sociopolitique et sécuritaire de nos voisins. Pour cela, mon gouvernement s’activera davantage aux côtés de la communauté internationale dans les initiatives de maintien de la paix et de stabilité dans la sous-région. En particulier, notre action diplomatique visera à favoriser le déploiement des synergies internationales pour accompagner les Etats de la Libye et du Mali à retrouver définitivement la paix et l’unité. Le privilège que nous avons d’être membre non permanent du Conseil de sécurité jusqu’à la fin 2021, sera mis à profit pour mobiliser la communauté internationale sur la situation sécuritaire particulièrement difficile que vivent les pays du Sahel et les pays riverains du lac Tchad. Les initiatives de mutualisation des forces qu’ils mettent en œuvre doivent être soutenues, accompagnées et leur financement pérennisé. En effet, face à la vision hégémonique planétaire des groupes terroristes de créer des Etats sur un espace territorial le plus large possible couvrant le Sahel et le Sahara pour certains, l’Afrique de l’Ouest pour d’autres, mon gouvernement plaidera auprès des autres pays Africains pour la redynamisation des architectures de paix et de sécurité régionales et continentales dans le cadre de la CEDEAO et de l’Union Africaine notamment la mise en œuvre du plan de sécurité régionale de la CEDEAO et la mobilisation de ses forces en attente ».

Dans leurs interventions et commentaires, les députés de la majorité ont salué les mesures annoncées par le chef du gouvernement. Certains députés de l’opposition, comme Ibrahim Yakoubou du MPN Kiishin Kassa, ont estimé que ces mesures « ne prennent pas véritablement compte de la gravité de la situation sécuritaire de notre pays ». « De la mauvaise foi » a renchérit  le député Kalla Moutari du PNDS Tarrayya.

Suite aux interventions des députés, le Premier ministre a repondu et a assumé les actions que son gouvernement entend mettre en œuvre pour faire face à toutes les menaces sécuritaires. « Notre armée n’a jamais été aussi équipée que sous les deux mandats qui se sont achevés et nous allons continuer sur cette dynamique », a répondu Ouhoumoudou Mahamadou, qui a voulu pour preuve « l’efficacité des forces de défense et de sécurité qui ont réussi, en dépit de toutes les menaces qui entourent notre pays, à préserver l’intégrité de notre territoire ».

Ikali Dan Hadiza (actuniger.com)

 

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Commentaires  

+5 #1 Consolidons 27-05-2021 00:54
Monsieur Bazoum nous ne sommes pas dans une guerre conventionnelle.
L’armée nigérienne a besoin de drones de combat, le Niger fera beaucoup plus d’économie que d’acheté des avions non seulement nos enfants ne vont plus à l’abattoir et le Niger aura sa souveraineté et sa Dignité.
Il faut s’adapter personne ne le fera pour nous.
Nos partenaires ne voudront jamais que cette guerre s’arrête leurs soldats sont en permanence en formation sur nos territoire.
Aujourd’hui les multinationales profitent de la RDC et les soldats onusien là-bas pour du folklore. Même si nous devons mettre 50% de notre budget au drones de combats.
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+4 #2 Tinny 27-05-2021 07:26
@1 tchimi dai no
Quand bien même, leur présence n'a pas dissuader les terroristes de continuer à commettre leur forfait, l'insécurité ambiante constitue pour les forces étrangères le ticket malsain qui justifie à leurs yeux leur présence. C'est un complot international avec aussi des collabo en notre sein. On laisse des bandits terroriser de pauvres et paisibles populations pour les contraindres mordicus à se déplacer donnant l'opportunité malsaine à la mafia onusienne de déployer sa horde humanitaire financée par ces mêmes pays ayant des forces étrangères ou non. Un cercle vicieux pour détourner l'attention de nos gouvernants vers l'humanitaire et mettre au calande grecque le développement dont aspire le peuple.
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+2 #3 Karl Marx 27-05-2021 10:18
Si le Niger veut gagner la guerre contre le terrorisme, il doit:

- investir financierement et materiellement dans le renseignement qui est l'arme la plus efficace dans une guerre assymetrique comme celle que nous livrons contre le terrorisme.

- S'affranchir du dictat des francais dans la conduite de ses operations sur le terrain. Attendre l'ordre des francais pour agir est la pire des strategies et nous avons tous vu le resultat.

- Tarir les sources de recrutement des armees djihadistes en promouvant des opportunites pour les jeunes desoeuvres de nos zones rurales. Un programme multisectoriel et multidimensionnel de developpement du monde rural est souhaitable.

- Aider les communautes victimes de ces barbares a se remettre rapidement sur pied.

Les achats des avions de guerre ne seront que pur gachis.
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