lundi 8 août 2022

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Sommet de la CEDEAO sur le Mali : la levée des sanctions conditionnée à une transition civile de 12 mois

Visioconference cedeao 28 08 2020

A l’issue de leur second sommet extraordinaire sur la situation sociopolitique au Mali, qui s’est tenu par visioconférence ce vendredi 28 août, les chefs d’Etat de la CEDEAO ont pris connaissance du rapport de la mission de médiation conduite par l’ancien président Goodluck Jonathan à Bamako. Après des échanges sur les différentes propositions, la Conférence a pris acte de la démission ainsi que de la libération de l’ancien président IBK. Ils ont par ailleurs engagé le CNSP, la junte militaire qui a pris le pouvoir, à engager une transition civile d’une durée de 12 mois à l’issue de laquelle seront organisées des élections générales. La transition sera dirigée par un président civil ainsi qu’un premier ministre qui sera le chef du gouvernement de transition. Pour s’assurer du maintien de la pression sur la junte militaire, les chefs d’Etat de la Cedeao ont conditionné la levée partielle et progressive des sanctions imposées au Mali suite au coup de force du 18 août dernier,  par la mise en œuvre de ces décisions qui se situent aux antipodes des propositions formulées par le Conseil National pour le Salut du Peuple (CNSP).

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Dans le discours de clôture qu’il a prononcé à cette occasion, le président nigérien Issoufou Mahamadou, président en exercice de la CEDEAO, a détaillé les principales décisions issues du Sommet extraordinaire des chefs d’Etats.

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Allocution de son Excellence Monsieur Issoufou Mahamadou, Président de la République du Niger, Chef de l’Etat, Président en exercice de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), à la clôture du Sommet Extraordinaire sur la situation au Mali:

Messieurs les Chefs d’Etat et de Gouvernement,
Mesdames et Messieurs

Nous sommes à la fin de notre Sommet extraordinaire virtuel consacré à la crise politique dans laquelle le coup d’Etat du 18 août 2020 a plongé le Mali.
Nous avons suivi avec attention le compte rendu du Dr Goodluck Jonathan, médiateur que nous avions chargé de la mission de rencontrer les responsables de la junte militaire pour leur porter le message de notre communauté en vue d’un retour dans les plus brefs délais à une situation institutionnelle normale au Mali. Son rapport circonstancié nous a permis de connaître l’état de la situation et après un examen attentif de la situation, notre Sommet décide de prendre les décisions suivantes :
Il prend acte de la démission du Président Ibrahim Boubacar KEITA comme indiqué par le Médiateur qui a été chargé d’en informer notre Conférence ;

Il prend acte de la libération du Président Keita ainsi que celle des autres officiels détenus ;

Il demande aux Responsables du CNSP d’engager une transition civile immédiatement en consultation avec la Cour Constitutionnelle, les Partis Politiques et les Organisations de Société Civile et tous les autres acteurs engagés ;

Il décide que cette transition civile doit prendre en compte les éléments suivants :
Nomination d’un Président de la transition. Cette personnalité, civile, reconnue pour ses qualités professionnelles et sa probité intellectuelle et morale, sera chargée de diriger la transition. Le Président de la transition ne sera pas candidat à la prochaine élection présidentielle.
Nomination d’un Premier Ministre civil, Chef de Gouvernement, reconnu pour ses qualités professionnelles et sa probité intellectuelle et morale. Il sera chargé de conduire le gouvernement sous la responsabilité du Président de la transition. Ce Premier Ministre ne sera pas candidat à la prochaine élection présidentielle.
Mise en place rapide d’un gouvernement pour faire face aux différents défis du Mali et, en particulier, préparer les élections législatives et présidentielles dans un délai de 12 mois.
Aucune structure militaire ne devrait être au-dessus du Président de la transition.

Notre Sommet décide que les sanctions énoncées aux points 13 (h) et 13 (i) de la Déclaration des Chefs d’Etat et de Gouvernement du 20 août 2020 seront levées progressivement en fonction de la mise en œuvre des décisions ci-dessus ;

Il appelle à la finalisation urgente d’un accord sur la transition politique entre la CEDEAO et le Mali et invite l’Union Africaine et les Nations Unies à endosser cet accord ;

Il décide de la mise en place d’un Comité de suivi comprenant le Médiateur, le Président du Conseil des Ministres et le Président de la Commission de la CEDEAO, et incluant les Représentants de l’Union Africaine et des Nations Unies à Bamako ;

Il félicite le Médiateur et sa Délégation pour les résultats obtenus lors de leur précédente mission ;

Il décide de demeurer saisi de la situation au Mali.

Ces mesures contribueront certainement à guérir le Mali des démons du putschisme.

Par ailleurs les chefs d’Etats informés du décès du Conseiller diplomatique du Président Ouattara, Mr Mamadou Diané ont présenté leurs condoléances au Président Ouattara et au Peuple Ivoirien. Ils ont également remercié le Président Muhammadu Buhari pour l’appui logistique à la délégation de la CEDEAO pour sa mission au Mali.

Mesdames et Messieurs,

Le 7 septembre 2020 se tiendra à Niamey, le 57ème sommet ordinaire de notre Organisation. Ce sommet nous permettra de faire le point par rapport à l’évolution de la situation au Mali et de prendre d’autres mesures, le cas échéant.

Pour conclure, Je tiens à réaffirmer au peuple Malien l’engagement de la CEDEAO à ses côtés pour trouver et mettre en œuvre les solutions les meilleures pour la stabilité institutionnelle du Mali.

Je déclare clos les travaux du présent sommet virtuel de notre Conférence.

Je vous remercie de votre attention



Commentaires  

+1 #1 Hum 28-08-2020 17:08
Il a peur lui même pas pour le peuple malien, il est dans la même posture qu IBK sinon pire.
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+3 #2 Gao 28-08-2020 20:56
Le probleme des militaires ce qu'ils profites de l'euphorie de la population pour piller le tresor publique. Nous l'avons vecu au Niger (wanke et Salou), la population est contente de l'arrestation du president et applaudis, au moment les militaires se taille la part du lion pillant les maigres ressources du pays.
La meme population qui applaudis ces militaires va revenir dans la rue en slogan < a bas les putschistes>.
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+4 #3 Issa 28-08-2020 21:14
Il faut que ces farfelus retournent dans les casernes. En tentant d'amener la russie, ils vont creer des marches d'armes, s'enrichir et transformer le Sahel en poudriere. La Russie a Gao, la France a Korhogo, les USA a Agadez ? Il y aura des escarmouches un jour. Et Dieu seul sait le nombre des villages, villes et des pauvres citoyens ouest africains qui seront decimees. les puissances etrangeres demeurent un grand danger quelle soit Turquie, Chine, URSS, Arabie Saoudite. Tous sont derriere leurs interrets, seules les africains sont dans les reves et l'illusion.
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+1 #4 TOTO A DIT 28-08-2020 22:52
‘’ Le peuple malien à travers sa jeunesse vient de donner l’exemple et la voie à suivre aux autres peuples africains opprimés. Le peuple malien vient d’écrire une nouvelle page de son histoire.’’ Dixit .... Guillaume SORO, Ancien President de la Côte d'Ivoire.....
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0 #5 Rabiou Goumounday 28-08-2020 23:29
Il faut que les responsables de la CEDEAO sache que les militaires font parties de la couche intégrante de la population et voire même la plus importante car point sécurité, point paix , point développement. Vouloir les inclure dans la gestion du pays c'est aussi de perpétuité le coups d'État Afrique.
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+1 #6 Gassoukou 29-08-2020 15:56
Une CEDEAO en délire. Où a-t-on vu dans ce monde, une organisation imposé à un pays souverain le profil de président et de premier ministre qui doivent le diriger.
Le Mali et son existaient bien avant la CEDEAO.
Si la situation du Mali se serait passée au Nigeria quelle force nos petits pays ont pour étouffer le grand Nigeria. Est-ce que ce serait même possible de le sanctionner. Par exemple nous avons des intérêts stratégiques et économiques avec le Bénin, le Burkina et la Côte d'Ivoire est-ce que nous pouvons nous permettre de fermer nos frontières. Nous devons avoir une vision de combattre plutôt les causes de coup d'État notamment la mal gouvernance et les pratiques antidémocratiques toutes choses qui peuvent susciter des soulèvements populaires de rupture de confiance.
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