Tentative de déstabilisation : l’ex-inspecteur de police Habibou « Le Rebelle » et dix coaccusés placés sous mandat de dépôt

L’affaire de l’ancien inspecteur de police Habibou Oumarou Mamane, « Le Rebelle », vient de connaître une évolution judiciaire avec la présentation au parquet des mis en cause ainsi que les suites données par le juge d’instruction. L’ex-IP a été, en effet, inculpé puis placé sous mandat de dépôt en compagnie de dix (10) autres personnes, depuis le mardi 3 novembre 2026. Pour rappel, il a fait l’actualité avec des révélations diffusées le 23 octobre dernier sur la télévision nationale (RTN), dans lesquelles il a reconnu son implication dans des manœuvres visant à déstabiliser les autorités nigériennes. Des tentatives de déstabilisation orchestrées avec la complicité d’opposants au CNSP, de proches de l’ancien président Bazoum en exil, ainsi que des services spéciaux béninois, selon son témoignage. Le procès risque pourtant de se tenir en l’absence plus que probable des mis en cause Ange Chekaraou, qui a démenti les accusations, et Kader « Wilik », qui, lui, a reconnu et assumé les faits.
C’est désormais à la justice nigérienne de décider du sort de l’ancien inspecteur de police Habibou Oumarou Mamane ainsi que de ses dix (10) coaccusés, inculpés pour leur implication dans des manœuvres de déstabilisation, comme il l’a lui-même publiquement confessé à la télévision publique, le 23 octobre dernier.
Depuis ce mardi, « Le Rebelle » et les dix personnes qui ont été inculpées après leur passage devant la justice sont sous mandat de dépôt dans diverses prisons du pays. Ils devront répondre de plusieurs chefs d’accusation liés à des manœuvres de déstabilisation déjouées par les services compétents et dont le principal mis en cause a lui-même donné les détails lors d’une confession publique, quelques jours après son interpellation.
Des aveux et des confessions à l’écran
C’est le 23 octobre 2026 que, dans des révélations diffusées sur la télévision publique (RTN), l’inspecteur de police Habibou Oumarou Mamane, dit « Le Rebelle », annoncé comme « porté disparu » depuis quelques jours par sa famille, a mis en cause des opposants au CNSP ainsi que d’anciens proches en exil, notamment « Kader Wilik » et surtout Amadou, dit « Ange Chekaraou », dans de nouvelles tentatives de déstabilisation du Niger. Des manœuvres orchestrées depuis l’extérieur et dont il ne serait qu’un exécutant à Niamey. En service à la Direction des ressources humaines de la Direction générale de la police nationale (DGPN), comme il l’a affirmé, « Le Rebelle » a ainsi confessé son rôle dans des manœuvres en connexion avec des agents haut placés des services de renseignements béninois. Il a notamment dévoilé les contours d’une opération dirigée depuis Cotonou, visant à « exfiltrer » de Niamey le colonel Pascal Tigri, le cerveau du coup d’État manqué de décembre dernier au Bénin. Selon la télévision nationale, qui n’a pas donné de détails sur les circonstances de l’enregistrement de l’élément diffusé dans son journal télévisé, ces confessions publiques de l’IP Habibou Oumarou Mamane ont été recueillies après son audition par les services compétents.
En livrant ses confessions sur le petit écran, l’ancien IP Habibou Oumarou Mamane n’a pas manqué de donner d’autres détails sur ses relations avec ceux qu’il qualifie d’être au cœur de ces manœuvres. En plus de Kader Wilik et d’Amadou Ange Chekaraou, plusieurs autres pro-Bazoum, tous en exil, ont été cités, comme son ancien directeur de cabinet adjoint, Daouda « Dany » Takoubakoye, Safia Amoumoune, ainsi que des agents des services de renseignements béninois et même français. Il a affirmé s’être rendu à plusieurs endroits, notamment à Malanville, au Bénin, ou à Sokoto, au Nigeria, pour rencontrer « ses contacts », dans le cadre des préparatifs de ces opérations de déstabilisation.
Un procès pour édifier l’opinion
Selon les aveux de l’ex-IP, des sommes d’argent étaient en jeu et des promesses de millions ainsi que d’autres privilèges leur ont été miroitées par les commanditaires.
Il va falloir attendre le procès pour que l’opinion puisse être édifiée sur les contours de cette scabreuse affaire.
Il faut dire que, depuis les révélations de « Le Rebelle », les autorités béninoises n’ont pas daigné répondre aux accusations et qu’Amadou Ange Chekaraou a nié, depuis son exil, être de loin ou de près impliqué dans les faits rapportés par l’ancien policier. La télévision publique a même diffusé des contenus, non authentifiés, il est vrai, de conversations téléphoniques entre les deux protagonistes.
Par contre, l’opposant Kader « Wilik », activiste des réseaux sociaux, a reconnu et même assumé ce qu’on lui reproche. Il a d’ailleurs confirmé être un ami d’enfance de Habibou Oumarou et l’avoir associé à ses projets visant à la chute du régime, comme le policier l’a avoué à la télévision publique.
Ikali Dan Hadiza (actuniger.com)



