Défense : présentation au drapeau du contingent 2025 des Forces armées nigériennes formé au Groupement d’instruction de Tondibiah

Le Chef d’état-major des armées, le général de brigade Mamane Sani Kiaou, a présidé, lundi 2 novembre 2026, la cérémonie solennelle de présentation au drapeau du contingent 2025 des nouvelles recrues des Forces armées nigériennes (FAN), formées au Groupement d’instruction de Tondibiah, près de Niamey. Après plusieurs mois de formation intensive, ces nouveaux soldats issus de toutes les régions et de toutes les couches sociales du pays ont acquis les aptitudes physiques, techniques et tactiques nécessaires à l’accomplissement de leurs missions régaliennes au service de la nation. Désormais prêts à défendre la patrie, ils intègrent officiellement la grande famille des FAN dans un contexte marqué par une amplification des menaces sécuritaires et la marche souveraine du Niger vers une République refondée. À cette occasion, le patron de l’armée nigérienne a mis l’accent sur la nécessité de renforcer les capacités des soldats face aux nouvelles formes de conflictualité, notamment les guerres hybrides qui mobilisent des moyens militaires, technologiques, informationnels et psychologiques.
C’est une étape qui finit, avec la fin de la formation initiale du combattant, et une autre qui démarre avec une carrière militaire qui ne fait que commencer. Au Groupement d’instruction des Forces armées nigériennes (FAN) de Tondibiah, à Niamey, les recrues du contingent 2025 ont franchi, ce lundi 2 novembre 2026, une étape symbolique de leur formation avec leur présentation au drapeau national. Une cérémonie présidée par le Chef d’état-major des armées (CEMA), le général de brigade Mamane Sani Kiaou, en présence des membres du CNSP, des responsables des Forces de défense et de sécurité (FDS), des officiers généraux et supérieurs du ministère de la Défense nationale et des états-majors des armées de terre et de l’air, ainsi que de plusieurs invités, dont un public qui s’est massivement mobilisé pour la circonstance. On notait également la présence à la cérémonie de représentants du corps diplomatique et consulaire, du Grand Chancelier des Ordres nationaux, de la présidente du Comité de gestion du Fonds de solidarité pour la sauvegarde de la patrie (FSSP), des attachés de défense de pays amis, des chefs traditionnels et leaders religieux, ainsi que de nombreux responsables et éléments des Forces de défense et de sécurité, notamment les officiers, sous-officiers, militaires du rang, aviateurs et gendarmes, qui ont également pris part à la cérémonie, aux côtés des familles des recrues.

C’est dans la stricte tradition militaire que s’est déroulée la cérémonie, qui a été ouverte par une Fatiha, avant l’allocution de bienvenue du commandant du Groupement d’instruction de Tondibiah, le colonel Harouna Boulweidou.
Les exigences du métier des armes et l’adaptation de l’armée aux nouvelles formes de conflictualité
En présentant le contingent 2025, le commandant du Groupement d’instruction de Tondibiah, le colonel Harouna Boulweidou, a d’abord salué l’engagement des autorités politiques et militaires, dont le soutien a, selon lui, contribué à l’atteinte des objectifs fixés pour cette formation. Il a également rendu hommage aux instructeurs et aux personnels de soutien, dont le travail a permis d’assurer l’encadrement des recrues et le bon déroulement de leur apprentissage.
Le colonel Boulweidou a aussi adressé ses remerciements aux familles, qui ont confié leurs enfants à l’institution militaire. Il a souligné les transformations physiques et mentales acquises par les jeunes au cours de leur formation, estimant qu’elles les préparent à assumer leurs futures responsabilités, aussi bien dans le milieu militaire que dans la société civile.
S’adressant directement aux recrues, le commandant du Groupement d’instruction les a félicitées pour avoir franchi cette première étape de leur parcours. Il les a exhortées à faire vivre les valeurs qui fondent la communauté militaire : l’esprit de corps, l’intégrité, l’honnêteté, le respect et le dévouement. « Pendant cette formation, vous avez acquis des connaissances diverses et variées qui vous permettront de mieux faire votre service. La nouvelle communauté à laquelle vous appartenez depuis quelques mois possède des règles spécifiques qui font sa force », a souligné le commandant du GI Tondibiah. Il leur a également fait remarquer que, dans un pays confronté à des défis sécuritaires, ils sont appelés à accomplir leurs missions avec honneur, bravoure et discipline, tout en contribuant à préserver un environnement paisible et à demeurer une source de fierté pour les populations. « Durant cette période où notre pays est confronté à des défis sécuritaires sans précédent, soyez des acteurs d’un environnement paisible. Retrouvez et apportez des sourires à nos valeureuses populations et soyez leur fierté, accomplissez votre mission avec honneur et bravoure dans la discipline qui est le principal pilier de l’institution militaire », a conseillé le colonel Harouna Boulweidou.
Face aux nouvelles formes de guerre, l’instruction érigée en priorité
Dans l’allocution officielle qu’il a prononcée à cette occasion, le Chef d’état-major des armées (CEMA), le général de brigade Mamane Sani Kiaou, a replacé cette cérémonie dans le contexte des enjeux politiques et sécuritaires auxquels le Niger et les autres États membres de la Confédération de l’Alliance des États du Sahel (AES) sont confrontés. Au nom des Forces armées nigériennes (FAN) et du général d’armée Abdourahamane Tiani, Président de la République, Chef de l’État et Chef suprême des armées, il a souhaité la bienvenue aux invités et salué l’engagement de cette jeunesse appelée à servir la Nation.
Dans son allocution, le CEMA a présenté la reconquête de la souveraineté politique, sécuritaire, économique et stratégique comme une ambition portée par les États de l’AES. Il a toutefois relevé les résistances auxquelles cette dynamique serait confrontée, évoquant notamment des pressions, des ingérences, des campagnes de désinformation et des manœuvres visant, selon ses termes, à entraver la marche de ces États vers une indépendance véritable et la maîtrise de leurs choix stratégiques.
« La souveraineté ne se proclame pas ; elle se protège », a-t-il déclaré, soulignant le rôle central des Forces de défense et de sécurité dans la défense des intérêts supérieurs de la Nation. Pour le général Mamane Sani Kiaou, cette mission exige des institutions fortes, des citoyens engagés et des forces armées professionnelles, capables d’évoluer dans un environnement sécuritaire de plus en plus complexe.
C’est dans cette perspective qu’il a insisté sur le caractère stratégique de l’instruction et de l’entraînement. La formation initiale achevée par les recrues du contingent 2025 ne constitue, a-t-il rappelé, que la première étape d’un apprentissage appelé à se poursuivre tout au long de leur carrière. Le soldat moderne doit notamment pouvoir maîtriser des équipements sophistiqués, évoluer dans des environnements interarmées et multidimensionnels et s’adapter à des menaces en constante mutation.
Le Chef d’état-major des armées a particulièrement attiré l’attention sur l’évolution des conflits contemporains. Ceux-ci, a-t-il expliqué, ne se limitent plus aux affrontements conventionnels et mobilisent désormais des moyens militaires, informationnels, technologiques, économiques et psychologiques. Dans ces formes de guerre hybride, les lignes de front peuvent être invisibles et la bataille des perceptions prendre une importance comparable à celle qui se déroule sur le terrain.
Face à ces mutations, le CEMA a défendu une réponse reposant sur un triptyque : « engagement, instruction et entraînement ». Il a assuré que les Forces armées nigériennes poursuivent leur transformation en vue de disposer d’un outil de défense moderne, réactif et technologiquement performant, tout en renforçant leurs capacités opérationnelles pour faire face aux menaces pesant sur la paix, la stabilité et la souveraineté du pays.
Le drapeau, symbole d’honneur et de responsabilité
S’adressant ensuite aux soldats du contingent 2025, le général Mamane Sani Kiaou a présenté le drapeau national comme le symbole de l’honneur de la Nation, du sacrifice de ceux qui les ont précédés, de l’unité du peuple et de la continuité de l’État. Selon lui, la présentation devant cet emblème marque leur entrée officielle dans la grande famille des Forces armées nigériennes et traduit un engagement exigeant au service du Niger.
Il les a ainsi appelés à considérer le port de l’uniforme comme un privilège, mais aussi comme une responsabilité. Excellence dans le comportement, rigueur dans l’exécution des missions, respect des lois de la République et attachement aux valeurs militaires : telles sont, a-t-il rappelé, les exigences auxquelles ils devront répondre.
Le CEMA a par ailleurs félicité le commandement, les cadres et les instructeurs du Groupement d’instruction de Tondibiah pour le travail accompli dans la préparation du contingent. Il a également salué le courage et l’endurance des recrues, sans oublier leurs familles, dont le soutien contribue, selon lui, à forger l’esprit de sacrifice et de service attendu du soldat nigérien.

« Soldats du contingent 2025, le drapeau tricolore qui se dresse devant vous est le symbole de la République du Niger. Il est composé de 3 bandes horizontales orange, blanc et vert de haut en bas ; la bande médiane porte à son centre un disque orange qui rappelle nos étendues sahariennes, le blanc la pureté et l’espérance, le vert nos terres fertiles du Sud et le fleuve qui les nourrit et, enfin, le disque orange figure le soleil qui veille sur notre nation. (…) La devise de la République, fraternité-travail-progrès, pour vous soldats, chacun de ces mots est un engagement. Fraternité, c’est le lien qui vous unit avec vos frères d’armes au-delà des origines ; au combat, la vie de chacun dépend de l’autre. Travail, c’est la vigueur, la discipline et l’entraînement permanent, un soldat ne cesse jamais d’apprendre, et progrès, c’est l’exigence de devenir chaque jour meilleur. La sécurité que vous assurez est la première condition du développement de notre pays, donc il est désormais de votre devoir de servir et défendre ce drapeau en tout temps et en tout lieu, et s’il le faut, jusqu’au sacrifice suprême », a déclaré le général de brigade Mamane Sani Kiaou, Chef d’état-major des armées (CEMA).
Récompenses, démonstrations et défilé des seize compagnies de la cuvée 2025
La cérémonie a également été ponctuée de séquences destinées à mettre en valeur les résultats et les aptitudes acquis par les recrues durant leur formation. Premier temps de cette séquence : la lecture du palmarès des compétitions intercompagnies, organisées dans les disciplines militaires et sportives, suivie de la remise de récompenses individuelles et collectives aux recrues et aux compagnies qui se sont distinguées.

Mais le moment central de la journée restait la présentation au drapeau du contingent 2025, effectuée par le Chef d’état-major des armées. À cette occasion, le major du contingent, le soldat de deuxième classe Mahamadou Issou Aboubacar, de la 16e compagnie d’instruction, a été promu au grade de soldat de première classe. Le général Mamane Sani Kiaou lui a remis son nouveau galon ainsi que son prix.

La cérémonie a également permis d’apprécier, sur le terrain, quelques-unes des aptitudes développées au cours de la formation. Les recrues ont présenté trois exercices : le combat au corps à corps et la self-défense, le mouvement d’ensemble et une démonstration tactique. Cette dernière a notamment mis en évidence la maîtrise des positions, la coordination des binômes, la vigilance et la cohésion des éléments dans une situation simulée.
Dernière séquence de la journée, le défilé des seize compagnies d’instruction a donné à voir le contingent dans toute sa diversité. Chaque compagnie porte une appellation qui lui est propre ; certaines sont également associées à une devise qui traduit leur identité.
Cette présentation au drapeau marque une étape symbolique dans le parcours des recrues du contingent 2025. Si la formation initiale du combattant est désormais achevée, leur apprentissage se poursuivra tout au long de leur carrière, conformément aux exigences opérationnelles et à l’évolution des menaces, comme l’a rappelé le Chef d’état-major des armées.
Il faut noter qu’après le Groupement d’instruction de Tondibiah, à Niamey, les centres d’instruction d’Agali (Dosso) et d’Aroungouza (Zinder) vont également livrer leurs cuvées du contingent 2025 des « Lacrous » (recrues) dans les prochains jours, ce qui va conforter la montée en puissance des forces nigériennes.


Abdoulkarim Moumouni (actuniger.com)




Commentaires
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