Leadership & Impact : l’UASTM démarre l’année académique avec un programme pour révéler le potentiel de ses étudiants
L’Université Africaine des Sciences, des Technologies et des Métiers (UASTM) de Niamey a lancé, mercredi 7 octobre 2026 à Soleil d’Afrique, son Programme de Base en Leadership & Impact, placé sous le thème « Révéler votre potentiel. Comprenez l’Afrique. Créez un impact durable ». Obligatoire pour les étudiants, ce parcours étalé sur huit (08) semaines, développé en partenariat avec le cabinet STRAT-CORE, constitue désormais le socle de la formation académique à l’UASTM. L’initiative, qui constitue la première étape avant le déploiement du cursus académique, invite les étudiants à apprendre à se connaître, à comprendre les réalités africaines, à résoudre des problèmes, à entreprendre et à agir sur le terrain. Une ambition assumée par l’UASTM : former non pas seulement des diplômés, mais des jeunes capables de devenir des acteurs du changement en Afrique.
Le mercredi 7 octobre, c’était le jour de la rentrée solennelle pour l’année académique 2026-2027 à l’UASTM de Niamey, un événement qui a revêtu un cachet particulier et inédit pour cette édition, au-delà du cadre traditionnel d’une rentrée universitaire. À cette occasion, en effet, une cérémonie solennelle organisée à l’espace Soleil d’Afrique a servi de cadre pour envoyer les couleurs de ce que sera désormais le socle de la formation universitaire au sein de l’institution. Les nouveaux étudiants n’ont pas seulement découvert leur établissement, son administration ou les formations qui les attendent. Ils ont été invités à entrer dans une véritable « aventure », selon les mots du fondateur et président de l’UASTM University Group, Dr Boris Mensah SEGBENOU.
Car, pour l’établissement, intégrer l’UASTM ne signifie pas simplement s’y inscrire. « Rejoindre l’UASTM est différent d’être à l’UASTM », a insisté le fondateur devant les étudiants. Le parcours sera exigeant, parfois difficile, mais cette exigence fait partie de la formation : apprendre à affronter les difficultés, développer ses capacités et, au terme du processus, devenir un acteur capable de contribuer au changement.
Cette vision trouve désormais une traduction concrète dans le Programme de Base en Leadership & Impact, présenté comme la première étape officielle du parcours de transformation de l’étudiant au sein de l’écosystème UASTM. Le programme prévoit huit semaines consacrées notamment à la connaissance de soi, au leadership, à la compréhension des grands enjeux africains, au travail en équipe, à l’innovation et au passage de l’idée à l’action.
« Vous n’êtes pas formés pour être des chômeurs »
Dans son mot de bienvenue, Boris Mensah SEGBENOU a placé la barre d’emblée très haut. Aux étudiants, il a rappelé que derrière leur présence se trouvent les attentes de leurs familles et, plus largement, celles d’un continent confronté à de nombreux défis. « Nous aussi, nous comptons sur vous », leur a-t-il lancé, avant de rappeler que l’Afrique compte sur sa jeunesse pour relever les défis auxquels elle est confrontée.
Pour le fondateur de l’UASTM, l’éducation constitue l’un des principaux leviers de cette transformation. Il s’est appuyé sur une idée résumée dans la vidéo présentée aux étudiants : Knowledge is power. La connaissance, estime-t-il, donne la liberté d’agir, d’entreprendre et de transformer son environnement.
Mais encore faut-il savoir transformer cette connaissance en capacité d’action. C’est là que se situe l’une des ambitions du nouveau programme. « Nous n’aimerions pas trouver nos étudiants demain chômeurs, débrouillards », a affirmé Boris Mensah SEGBENOU. « Vous êtes formés pour être des acteurs du changement. Ceux qui créent, ceux qui provoquent, ceux qui agissent ».
Une conception qui conduit également l’UASTM à placer l’excellence au cœur du parcours. Non pas une excellence réduite à une note ou à un classement, mais celle qui consiste à chercher, au quotidien, à bien faire les choses.
Le message adressé aux étudiants tient ainsi en une exigence simple : apprendre à aimer l’excellence, à faire correctement ce que l’on entreprend et à développer progressivement les aptitudes nécessaires pour porter des responsabilités.
Une université qui revendique un modèle éducatif différent
En présentant le modèle éducatif de l’UASTM, le fondateur a replacé le Programme de Base dans une vision plus large. « L’objectif n’est pas d’ajouter une formation aux cursus existants, mais de prolonger une réflexion nourrie par les premières années de l’université », a-t-il expliqué.
Ce modèle repose sur trois grandes orientations.
La première est celle d’une éducation centrée sur l’humain. L’UASTM entend créer un environnement favorable à l’éclosion des esprits, où l’étudiant puisse apprendre à se connaître, développer sa confiance en lui et construire des relations fondées notamment sur la tolérance, le respect et l’entraide.
« Ce sont des vies qu’on veut construire. Ce n’est pas que des diplômes qu’on veut donner », a résumé Boris Mensah SEGBENOU.
Une approche qui s’écarte d’un modèle universitaire exclusivement fondé sur les cours, les examens et les notes. Pour l’UASTM, la réussite ne se mesure pas seulement à la performance académique, mais aussi à la capacité à prendre des initiatives, à résoudre des problèmes et à construire son avenir.
Le deuxième pilier repose sur les initiatives portées par les étudiants. L’établissement veut créer les conditions permettant aux jeunes de penser, d’expérimenter, de prendre des engagements et de transformer leurs idées en actions.
La liberté accordée aux étudiants n’est toutefois pas conçue comme une liberté sans cadre. Elle doit être, selon le fondateur, une « liberté constructive », destinée à développer l’esprit d’initiative et la capacité à prendre des responsabilités.
Le troisième pilier est celui d’un engagement global avec un ancrage local. Dans un monde mondialisé, l’UASTM entend donner à ses étudiants une ouverture internationale, sans les éloigner des réalités de leur environnement immédiat.
À Niamey comme ailleurs, la connaissance acquise doit pouvoir servir à comprendre et à améliorer le quotidien des populations. « La connaissance qu’on acquiert doit être une action portée vers l’amélioration du quotidien de nos populations », a expliqué le fondateur.
Cette ouverture internationale n’est pas pour autant écartée. Pour cette rentrée, Boris Mensah SEGBENOU a notamment annoncé le développement d’un partenariat avec Morgan State University autour du Global Leaders Programme, avec l’ambition affichée de permettre à chaque étudiant de sortir de l’université bilingue.
Six piliers, huit semaines : du développement personnel à l’impact
Le Programme de Base donne une traduction pédagogique à cette vision. Il s’articule autour de six piliers : leadership et développement personnel ; compréhension de l’Afrique ; design thinking et résolution de problèmes ; transformation numérique, intelligence artificielle et compétences d’avenir ; entrepreneuriat et innovation ; immersion communautaire et leadership de terrain.
Le parcours commence par la connaissance de soi. La première semaine, consacrée au Self-discovery and leadership, invite les étudiants à « découvrir qui je suis pour devenir un leader d’impact », avec un travail autour du leadership personnel, de la communication et du développement personnel.
La deuxième semaine les plonge dans le contexte africain avec l’Africa Challenges Lab. Histoire, gouvernance, démographie, innovation, développement durable et opportunités économiques figurent parmi les thèmes destinés à leur permettre de mieux comprendre le continent et ses défis.
La troisième semaine marque le passage à la résolution de problèmes. Le principe affiché est particulièrement évocateur : « Tomber amoureux du problème avant de construire la solution ». L’objectif est d’apprendre à observer, écouter, comprendre les besoins et tester rapidement des réponses innovantes.
La quatrième semaine sera consacrée à l’entrepreneuriat et à l’innovation, avec un objectif concret : transformer une idée en solution durable. Les étudiants travailleront notamment sur l’identification d’opportunités, le modèle économique, le prototypage et la présentation d’un projet.
La cinquième semaine les conduira au cœur des transformations technologiques, avec la transformation numérique, l’intelligence artificielle, les outils numériques, la cybersécurité, la productivité, l’analyse des données et la collaboration numérique. Le fil conducteur est clair : utiliser la technologie pour amplifier l’impact.
La sixième semaine les sortira de l’univers académique pour les confronter aux réalités du terrain. Chaque étudiant participera à une mission d’immersion communautaire destinée à comprendre les réalités locales, à rencontrer les communautés, à identifier un problème et à proposer une solution concrète.
Les deux dernières semaines seront consacrées à la transformation de cette expérience en projet. La septième doit permettre de passer d’une idée validée à un projet prêt à être déployé, avec un travail sur la planification stratégique, la gestion de projet, la mesure de l’impact et le leadership d’exécution.
La huitième semaine culminera avec le Sommet Innovation et Impact, autour d’un objectif : « Présenter sa vision. Démontrer son impact. Lancer son parcours de leader africain ».
Du campus au terrain : le pari de l’expérience
Le programme ne repose donc pas uniquement sur des cours. Ateliers, conférences, coaching, études de cas, travaux d’équipe, visites, immersion communautaire, hackathon et pitch final sont intégrés au dispositif. Les étudiants seront également évalués à travers leur participation et leur leadership.
Cette orientation traduit l’un des messages centraux du fondateur : le diplôme ne suffit plus. « Ce ne sont pas forcément les diplômes, mais les compétences qui font de vous des diplômés », a-t-il martelé, en évoquant le décalage qui peut exister entre l’accumulation de titres universitaires et la capacité réelle à convaincre, entreprendre, diriger ou agir.
À l’issue des huit semaines, l’étudiant doit ainsi repartir avec bien davantage qu’une attestation. Le programme prévoit un projet d’impact réel, une expérience communautaire, un portfolio numérique, un plan de carrière, un profil LinkedIn professionnel, un réseau de mentors et un certificat de leadership.
Le parcours ne s’arrête d’ailleurs pas au terme de ces huit semaines. L’incubateur INNOV & IMPACT, la Fondation UASTM, les stages, les projets d’impact et l’accompagnement vers l’emploi ou la création d’entreprise sont présentés comme les prolongements de cette première étape.
Des anciens étudiants pour donner corps au modèle
Pour illustrer cette philosophie, l’UASTM a également donné la parole à plusieurs anciens et actuels étudiants.
Parmi eux, Djibo Mamoudou, étudiant en Master 2 de santé publique, connu sous le nom "Aimons-nous vivant", est venu présenter un Grand Prix remporté pour son engagement en faveur de la consolidation de la paix.
Son parcours illustre précisément le passage de la compétence à l’action que l’université cherche à encourager. Médecin de formation, il explique avoir mobilisé ses compétences dans le domaine des soins au service de populations vulnérables. Ses recherches sur le lien entre santé et consolidation de la paix l’ont notamment conduit à travailler à Torodi, zone confrontée à l’insécurité et à d’importantes fragilités dans l’accès aux soins.
Pour lui, c’est précisément l’enseignement reçu à l’UASTM qui lui a permis de franchir le pas entre savoir et action. « Je suis médecin de formation, mais pour agir concrètement, il fallait que je vienne à l’UASTM », a-t-il expliqué, en rappelant que l’université lui avait appris à mettre ses compétences au service d’initiatives concrètes.
Son témoignage a immédiatement trouvé un écho auprès du fondateur. « C’est un témoin vivant de ce que nous souhaitons transmettre ici à l’UASTM », a réagi Boris Mensah SEGBENOU. Pour lui, la transformation de l’Afrique passe par une action nourrie à la fois par la réflexion et par des connaissances solides.
Autre témoignage, celui de Me Sani Sama Halidou, aujourd’hui agent d’affaires près le Tribunal de grande instance hors classe de Niamey et ancien président de l’Association des étudiants de l’UASTM. Revenant sur ses années universitaires, il a expliqué comment l’accompagnement reçu avait contribué à dépasser une forte timidité et à renforcer ses capacités. « Je dois tout à l’UASTM », a-t-il déclaré devant les nouveaux étudiants, insistant sur le suivi, l’accompagnement et le soutien proposés par l’administration.
Nafissa Amadou Aoui, issue de la première promotion de sciences politiques de l’UASTM, diplômée de la licence 2016-2019, a également livré un témoignage centré sur une dimension moins visible, mais déterminante : la confiance en soi. « Je ne changerais certainement rien dans mon parcours à l’UASTM parce que ça a contribué à faire de moi la personne que je suis aujourd’hui », confie-t-elle.
Elle attribue notamment cette transformation à la proximité avec le fondateur de l’établissement, Boris Mensah SEGBENOU, qui, malgré une équipe réduite, restait accessible aux étudiants. Ceux-ci pouvaient se rendre dans son bureau pour évoquer aussi bien les difficultés rencontrées sur le campus que leurs préoccupations personnelles. Une disponibilité et une écoute qu’elle considère comme déterminantes dans leur parcours.
Lorsqu’il lui a présenté le projet de Programme de Base en Leadership & Impact, elle y a ainsi reconnu une démarche dont elle avait déjà expérimenté les effets. À travers les échanges avec les étudiants, le fondateur les encourageait à aller au-delà de ce qu’ils percevaient eux-mêmes comme leurs capacités, en leur faisant prendre conscience de leur potentiel et de leurs aptitudes au leadership.
À son arrivée à l’UASTM, Nafissa Amadou Aoui avait une ambition bien définie : devenir une femme politique à l’image d’Aïchatou Mindaoudou, ancienne ministre nigérienne. Mais son expérience universitaire lui a ouvert d’autres perspectives. « Oui, je pouvais l’être, mais je pouvais être beaucoup plus que ça. Je pouvais être tout ce que je voulais », explique-t-elle. Ce changement de regard sur elle-même, nourri par les encouragements et la confiance que le fondateur plaçait en elle, lui a permis d’envisager plus largement son avenir et de se donner les moyens de réaliser ses propres projets.
Pour l’ancienne étudiante, c’est précisément cette capacité à croire en soi et à dépasser les limites que l’on s’impose qui constitue l’un des acquis les plus précieux de son parcours. « Il faut avoir vraiment confiance en soi pour parvenir à réaliser ses rêves », souligne-t-elle, convaincue que cette confiance est essentielle pour oser entreprendre et accomplir ce qui semblait jusque-là impossible.
Une cérémonie achevée sur un engagement collectif
Après la présentation du programme, la cérémonie de lancement s’est poursuivie avec une conférence consacrée au leadership et à l’avenir de l’Afrique autour d’une question centrale : « Quelle génération de leaders l’Afrique doit-elle former pour relever les défis de demain ? »
Le Team Challenge et le Pitch ont ensuite placé les étudiants dans une logique d’émulation et de mise en pratique, avant la lecture collective du UASTM Leadership Pledge.
Cette dernière séquence a donné à la cérémonie sa dimension la plus symbolique. Dans la salle, les étudiants ont pris collectivement l’engagement d’adhérer à l’esprit du programme. « Je m’engage », a résonné dans toute la salle.
Une formule qui résume l’ambition affichée par l’UASTM pour cette rentrée 2026-2027 : faire du leadership non pas un supplément au diplôme, mais une compétence à construire dès le premier jour.
Le document de présentation du programme résume cette transformation en deux temps : à l’entrée, l’étudiant arrive avec ses rêves, son potentiel et ses interrogations ; huit semaines plus tard, l’UASTM entend le voir repartir avec une vision, un projet, des compétences, un réseau, une expérience de terrain et une identité de leader.
C’est, au fond, toute la promesse portée par ce nouveau dispositif. « Nous ne formons pas simplement des diplômés. Nous formons des leaders africains capables d’identifier les défis de leur communauté, de concevoir des solutions innovantes et de créer un impact durable pour l’Afrique et le monde », affirme l’UASTM dans son programme officiel.
Avec ce Programme de Base en Leadership & Impact, l’université veut ainsi faire de la rentrée 2026-2027 le point de départ d’un parcours universitaire pensé autrement : une formation qui associe, dès les premières semaines, développement personnel, compréhension de l’Afrique, acquisition de compétences, expérimentation et engagement sur le terrain.
Abdoulkarim Moumouni (actuniger.com)









