Niger : un nouveau programme en vue avec le FMI pour 118 milliards de CFA

Les autorités nigériennes et les services du FMI sont parvenus, la semaine dernière, à un accord sur un nouveau programme de 38 mois au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC), après la conclusion d’un accord au niveau des services sur la dernière revue du programme économique appuyé par la même facilité. Au terme d’une mission du Fonds qui a séjourné du 28 septembre au 8 octobre 2026 à Niamey, les deux parties ont convenu d’un nouveau programme appuyé par la FEC, adossé à une enveloppe de 203 millions de dollars, soit près de 118 milliards de FCFA, et qui vise à consolider la stabilité macroéconomique et les acquis de réforme, et à accompagner la mise en œuvre de l’ambitieuse stratégie de développement adoptée par le gouvernement pour 2025-2029. Selon le FMI, la croissance économique du Niger devrait rester vigoureuse et se situer à 7 % cette année, puis à 6,7 % en 2027. Et compte tenu du considérable potentiel économique du Niger, les perspectives à moyen terme sont favorables en dépit des risques baissiers, dont ceux liés aux défis sécuritaires et aux chocs climatiques.

Dans un communiqué publié le 8 octobre dernier, le FMI annonce qu’une équipe de ses services, conduite par Mme Julia Bersch, a séjourné à Niamey du 28 septembre au 8 octobre 2026, dans le cadre des consultations sur la dixième et dernière revue du programme de réformes économiques du Niger appuyé par la Facilité élargie de crédit (FEC), ainsi que sur un nouveau programme de 38 mois appuyé par la même facilité.
À l’issue de la mission, Mme Julia Bersch a déclaré que les autorités nigériennes et les services du FMI ont conclu un accord au niveau des services sur la dixième et dernière revue du programme économique appuyé par la FEC. Un accord au niveau des services a également été conclu sur les politiques économiques et les réformes structurelles sous-tendant un nouveau programme de 38 mois appuyé par la FEC, adossé à un décaissement d’environ 203 millions de dollars, soit quelque 118 milliards de francs CFA au cours actuel des devises sur les marchés internationaux. Selon la même source, l’accord est subordonné à l’approbation du conseil d’administration du FMI, qui devrait se réunir pour examiner la question au début du mois de décembre 2026. L’achèvement de la revue et l’approbation de la demande de programme permettraient le décaissement d’environ 36 millions de dollars, ce qui contribuerait à répondre aux besoins de financement extérieur du Niger et à soutenir la mise en œuvre des réformes.
Une croissance robuste malgré la persistance des risques
Selon les estimations de l’institution de Bretton Woods, la croissance économique du Niger devrait rester vigoureuse en 2026, à 7 %, et elle devrait se situer à 6,7 % en 2027, principalement portée par l’agriculture et le secteur extractif. Les prix ont commencé à augmenter, mais l’inflation moyenne est projetée à -2,5 % en 2026 et à 2,2 % en 2027. La montée des cours du pétrole brut du fait de la guerre au Moyen-Orient a renforcé les soldes budgétaire et extérieur du Niger, mais le renchérissement des transports pèse sur l’inflation et sur les ménages les plus vulnérables. À moyen terme, poursuit la même source, la croissance devrait s’établir aux alentours de 6,1 % en moyenne, impulsée par l’agriculture, les industries extractives et l’investissement public. Toutefois, tempèrent les experts du Fonds, ces perspectives sont sujettes à d’importants risques baissiers, dont ceux liés à « la sécurité et aux chocs climatiques ».
Par ailleurs, le déficit budgétaire est projeté à 3,4 % du PIB en 2026, reflétant à la fois les dépenses de reconstruction consécutives aux catastrophes naturelles de l’année dernière et l’aide apportée aux ménages vulnérables touchés par le renchérissement des produits alimentaires et des carburants. Et le Fonds de relever que « les autorités consacrent une partie des recettes pétrolières supplémentaires à la reconstitution des marges de manœuvre budgétaires tout en continuant de mener des politiques d’endettement prudentes et de privilégier les dons et les financements concessionnels ».
Un appui pour préserver la stabilité macroéconomique
Dans son communiqué, le FMI souligne que l’actuel programme appuyé par la FEC a aidé le Niger à préserver la stabilité macroéconomique et à procéder à un ajustement budgétaire et extérieur significatif malgré les nombreux chocs que le pays a subis. Les résultats du programme au regard des critères à fin juin 2026 ont été solides et les autorités ont continué d’apurer les arriérés intérieurs et extérieurs résiduels.
Le nouveau programme appuyé par la FEC permettra de consolider la stabilité macroéconomique et les acquis en matière de réforme, et d’accompagner la mise en œuvre de l’ambitieuse stratégie de développement 2025-2029, le Programme pour la refondation de la République (PPR). Le programme appuyé par la FEC vise à renforcer la capacité budgétaire et à préserver la viabilité de la dette, à consolider la stabilité financière et à promouvoir une croissance plus forte et plus inclusive, tirée par le secteur privé, notamment en accélérant la transformation économique.
« Les autorités restent déterminées à poursuivre la mobilisation des recettes intérieures et les réformes de gestion des finances publiques, et à renforcer la gouvernance, la reddition de comptes, la transparence et la cohésion sociale. Les efforts se poursuivent pour consolider la stabilité financière et améliorer la capacité du secteur bancaire à accompagner une croissance tirée par le secteur privé, notamment à la faveur d’un programme appuyé par la Banque mondiale pour soutenir les micros, petites et moyennes entreprises. Les autorités poursuivent en outre des réformes destinées à promouvoir la transformation économique du Niger », a mis en avant l’institution financière internationale.
Il faut noter qu’au cours de son séjour dans la capitale nigérienne, l’équipe du FMI accompagné par le représentant résidant au Niger est Mouhamadou Moustapha Ly a rencontré le Premier ministre, M. Ali Mahaman Lamine Zeine, et s’est entretenue avec le ministre de l’Économie et des Finances, M. Maman Laouali Abdou Rafa, le directeur national de la BCEAO, M. Mahaman Tahir Hamani, ainsi qu’avec d’autres hauts responsables publics, des représentants du secteur privé et des partenaires techniques et financiers. À la fin de la mission, l’équipe des services du FMI a d’ailleurs tenu à remercier les autorités nigériennes pour leur étroite coopération et leurs échanges constructifs sur les politiques économiques.
A. Y. Barma (actuniger.com)



