Niger : Paris expulse deux agents nigériens, accusés d’espionnage
La France a expulsé deux (02) agents nigériens en poste à l’ambassade du Niger à Paris. Selon les informations du journal français Le Monde, les deux agents, qui étaient actifs sur le territoire français malgré l’absence de coopération bilatérale entre les deux pays, seraient des agents de la Direction générale de la documentation et de la sécurité extérieure (DGDSE), les services de renseignement nigériens. D’après la même source, l’un des agents expulsés était suspecté de se livrer à des activités de surveillance des opposants nigériens sur le sol français, pour le compte des autorités militaires nigériennes.
Selon les informations du Monde, les deux agents expulsés par Paris officiaient pour le compte de la Direction générale de la documentation et de la sécurité extérieure (DGDSE), les services de renseignement nigériens. Officiellement en poste à l’ambassade du Niger à Paris, ils ont été déclarés persona non grata le 16 septembre et ont quitté la France trois jours plus tard.
La présence de ces deux personnes n’était plus justifiée « en l’absence de coopération » bilatérale, selon une source diplomatique française citée par la même source, qui a précisé que l’un d’eux était notamment suspecté de se livrer à des activités de surveillance des opposants nigériens sur le sol français.
À l’inverse de l’ambassade de France au Niger, qui a été fermée quelques mois après le coup d’État militaire de juillet 2023, la chancellerie nigérienne, située dans le 16e arrondissement de Paris, demeure ouverte malgré les tensions persistantes entre les deux pays.
Tensions diplomatiques
Cette nouvelle affaire illustre l’ampleur de la dégradation des relations diplomatiques entre Niamey et Paris. Des relations qui se sont détériorées au lendemain des événements du 23 juillet 2023 et de l’avènement des autorités militaires du Conseil national pour la sauvegarde de la Patrie (CNSP), qui ont renversé le régime de l’ancien président Mohamed Bazoum, soutenu par l’ancienne puissance coloniale.
Depuis, le régime militaire dirigé par le général Abdourahamane TIANI a rompu les relations de coopération avec la France pour se rapprocher de nouveaux partenaires, notamment la Russie.
Après avoir rompu les accords de défense et « chassé » les militaires français de l’opération Barkhane présents sur le territoire nigérien, Niamey avait fait pression pour expulser l’ambassadeur en poste, Sylvain Itté, avant que l’ambassade de France au Niger ne se voie obligée de fermer ses services et de suspendre ses activités.
Par la suite, les autorités nigériennes n’ont cessé d’accuser la France d’Emmanuel Macron de tenter de déstabiliser le régime de la Refondation qui a été mis en place, en soutenant, avec la complicité de certains pays de la sous-région, les groupes armés terroristes (GAT), qui multiplient les attaques meurtrières contre les positions des forces de défense et de sécurité (FDS) nigériennes.
Des accusations que les autorités françaises ont jusque-là réfutées et que Niamey maintient fermement. Le dernier acte en date remonte aux événements des 28 et 29 août derniers à Niamey, avec la mutinerie de certains soldats des forces spéciales, qui ont attaqué certains endroits stratégiques de la capitale, comme le palais présidentiel, le siège de la télévision nationale ainsi que la zone aéroportuaire de Niamey, qui abrite la principale base aérienne de l’armée nigérienne.
A. Y. Barma (actuniger.com)




