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IssoufouG5 06 12 2018

Discours du Président de la République, SEM. Président en exercice du G5 Sahel, à l’ouverture de la Conférence de coordination des partenaires et bailleurs de fonds pour le financement du Programme d'investissements Prioritaires (PIP)

 

Excellences Messieurs les Chefs d'État et de Gouvernement,

Mesdames et Messieurs les membres de gouvernements et responsables d’institutions,

Chers partenaires et amis du Sahel,

Distingués invités,

Mesdames, Messieurs

Mes premiers mots sont pour mon frère et ami, le Président Mohamed Ould Abdel Aziz, pour le Gouvernement et le peuple frère de Mauritanie, auxquels j’exprime la gratitude de l’ensemble des quatre autres pays du G5 Sahel pour leur hospitalité.

En accueillant la présente Conférence de coordination des partenaires et bailleurs de fonds pour le financement du Programme d’Investissements Prioritaires du G5 Sahel sur cette terre sahélienne de Nouakchott, ils confirment éloquemment leur engagement en vue de faire face efficacement aux défis communs de sécurité et de développement que connaît notre espace.

Je voudrais ensuite remercier tous les amis et partenaires du G5 Sahel, venus si nombreux, manifester leur volonté de soutenir notre ambition, notamment l’Union Européenne, pour son rôle dans l’organisation de cette rencontre.

Mesdames et Messieurs,

En créant le G5 Sahel en décembre 2014, le Burkina Faso, le Mali, la Mauritanie, le Niger et le Tchad  avaient en vue de relever les défis stratégiques communs suivants : les menaces terroristes et celles des organisations criminelles, le défi du changement climatique, le défi démographique, le défi migratoire et celui de la lutte contre la pauvreté.

Forts de l’histoire commune qu’ils partagent à bien des égards ainsi que de la similarité des difficultés conjoncturelles et structurelles qui les caractérisent et de la similitude des composantes de leur indice de développement humain, ils ont décidé de prendre résolument leur destin en mains en mutualisant leurs moyens et leurs efforts de sécurité et de développement. C’est cet élan commun pour une vision partagée qu’incarne le G5 Sahel.

D’aucuns pourraient avoir pensé qu’il s’agissait d’une autre chimère, d’un autre rêve africain sans lendemain.

Et pourtant, les développements récents de notre action solidaire montrent que notre organisation sous régionale appréhende de plus en plus efficacement la situation complexe du Sahel et conçoit des stratégies décisives pour faire face aux défis multiformes que connaît notre espace.

La particularité du G5 Sahel, c’est qu’il est établi autour du Nexus Sécurité et Développement, deux priorités indissociables au cœur de notre action et de notre stratégie, deux priorités décisives dont la réalisation peut avoir une incidence sur tous les autres défis.  

Mesdames et Messieurs,

S’agissant de la dimension Sécurité du G5 Sahel, il convient de rappeler que nos Etats sont confrontés aux menaces d’organisations terroristes et criminelles, menaces amplifiées par la crise en Libye où règne le chaos depuis les évènements de 2011, ce qui nous amène à  être attentifs à l’évolution de la situation dans ce pays voisin pour lequel nous souhaitons un retour à la stabilité.

Ces menaces sont amplifiées aussi par les effets néfastes du changement climatique.

Malgré les énormes difficultés, notamment financières et logistiques, et les contrecoups qui n’ont pas manqué dans cette étape de la vie de notre jeune organisation, nous avons réalisé des progrès notables en matière de sécurité commune.

Nous sommes désormais fermement engagés sur la voie de l’opérationnalisation de la Force Conjointe du G5 Sahel, principale réponse aux préoccupations sécuritaires, notamment dans les zones frontalières entre nos cinq États.

Comme on le sait, l’Union Africaine a endossé le concept stratégique d’opération de cette force en Avril 2017 et le conseil de sécurité des nations Unies l’a consacrée en adoptant la résolution 2359 en juin 2017.

Par la suite, le 23 février 2018 à Bruxelles, la Conférence internationale de haut niveau sur le Sahel s’est conclue par des promesses de dons de 414 millions d’euros.

Suite à cette conférence, le G5 Sahel a créé un Fonds fiduciaire hébergé au sein de la Banque Centrale de Mauritanie.  A ce jour, il a reçu les contributions du Rwanda, pays assumant la Présidence en Exercice de l’Union Africaine, de l’Union Economique et Monétaire Ouest-africaine (UEMOA) et des Émirats Arabes Unis.

Ces contributions s’ajoutent à celles de l’Union Européenne et de ses membres qui suivent un autre mécanisme d’exécution des dépenses.

C’est le lieu d’indiquer que les dépenses militaires de nos Etats leurs dépenses militaires sont estimées à 1,2 milliards de dollars pour la seule année budgétaire 2017.

C’est le lieu de signaler aussi, comme l’a si bien relevé le Secrétaire Général des Nations Unies lors son intervention du 12 novembre dernier devant le Conseil de Sécurité, que sur les 414 millions d’euros promis, la Force conjointe n’a reçu des équipements et services que pour un montant de 18 millions d’euros environ.

Déplorant à juste titre la détérioration de la situation sécuritaire, Monsieur Antonio Guterres a émis le souhait de voir le soutien de l’ONU à la Force Conjointe « se matérialiser de façon plus concrète et tangible ».

C’est dire que les lenteurs et dysfonctionnements actuels retardent malheureusement la mise à disposition des moyens requis pour agir efficacement.

C’est pourquoi, nous continuons à plaider sans relâche afin de mobiliser un soutien multilatéral effectif et conséquent en faveur de la force conjointe.

C’est le lieu de remercier le Secrétaire Général des Nations Unies et la France  pour leur plaidoyer en vue de la mise sous chapitre VII de la force conjointe pour laquelle nous souhaitons une coordination efficace avec la MINUSMA et l’opération Barkhane

Nous remercions tous ces partenaires pour leur appui et nous nous réjouissons des succès de notre Force Conjointe qui a pu d’ores et déjà mener un certain nombre d’opérations.

Mesdames et Messieurs,

Pour assurer avec efficience leur mission nos forces de défense et de sécurité ont besoin d’être formées.

Voilà pourquoi  le G5 Sahel s’est doté d’un Collège de Défense qui est un modèle de coopération régionale et internationale.

Cette institution de formation qui était à l’origine une initiative de l’armée mauritanienne est désormais placée sous la responsabilité du G5 Sahel.

Elle a accueilli le 15 octobre dernier, sa première promotion de 36 officiers issus des cinq armées des États-membres. C’est l’exemple d’une coopération impliquant gouvernements, organisations internationales et fondations.

D’autres institutions d’analyse, de formation, de coordination et d’échanges en matière de défense et de sécurité sont créées ou en voie de l’être ; c’est le cas pour l’académie régionale de police de Ndjamena, le Collège Sahélien de sécurité de Bamako  du  Centre de Fusion des Renseignement de Niamey.

Mesdames et Messieurs,

Notre souhait, c’est d’asseoir vigoureusement le second pilier stratégique et décisif de notre action commune : le  développement économique et social du G5 Sahel objet de notre rencontre. A cet effet nous allons examiner le Programme d’Investissements Prioritaires (PIP) dont la première phase couvre la période 2019-2021.

Ce programme est issu d’un processus de consultation très ouvert dans nos cinq pays et d’un travail d’experts pour une sélection rigoureuse de 40 projets structurants pour un coût total estimé à 1,9 milliard d’euros.

Les projets élaborés privilégient notamment les populations des régions frontalières dans les fuseaux Ouest (Mali - Mauritanie), Centre (Burkina Faso- Mali- Niger) et Est (Niger-Tchad).

Le portefeuille de 40 projets couvre les 4 axes stratégiques de l’organisation à savoir la Gouvernance pour 81millions €,  la Résilience pour 200millions €, la Sécurité pour 396millions €, et les infrastructures pour 1 milliard €.

Ces projets structurants nous paraissent indispensables pour atteindre les objectifs du G5 Sahel et réaliser notre vision commune de faire de notre zone un espace de paix, de sécurité et de prospérité partagée, débarrassé des menaces des organisations terroristes et criminelles.

A ce jour, les États membres ont sécurisé 13% du montant total recherché pour la phase 1 du Programme d’Investissements Prioritaires.

Mesdames et Messieurs,

Lors de son Sommet Extraordinaire qui s’est tenu le 2 juillet 2018 à Nouakchott, en marge du Sommet de l’Union Africaine, le G5 Sahel a décidé de lancer une initiative urgente à fort impact, au bénéfice de certaines franges marginalisées de nos populations.

C’est ainsi qu’en partenariat avec l’Alliance Sahel, il a été extrait du PIP un programme de développement d’urgence dans les domaines suivants : l’hydraulique, la gestion des conflits intercommunautaires, le développement humain  et de la sécurité intérieure.

Les zones concernées par ce programme d’urgence sont notamment la région administrative du Sahel au Burkina Faso, la région de Mopti au Mali, la région des Hodh en Mauritanie, la région Nord Tillabéry/ouest Tahoua au Niger et la région du Kanem et du Lac Tchad au Tchad.

Les interventions qui démarreront très prochainement, visent à améliorer de façon tangible les conditions de vie des populations dont l’accès aux services notamment sociaux n’est pas à la hauteur des besoins.

Je voudrais ici, réitérer les remerciements du G5 Sahel à l’Alliance Sahel pour son appui et nous savons pouvoir compter sur elle pour une mise en œuvre à la mesure des attentes. En créant cette organisation la France, l’Allemagne, le Danemark, le Luxembourg, l’Italie, l’Espagne et le Royaume-Uni, l’Union européenne, la Banque africaine de développement, le Programme des Nations-Unies pour le développement, la Banque mondiale, ont marqué leur engagement à soutenir les populations du Sahel.

Par ailleurs, le G5 Sahel apprécie le partenariat stratégique noué avec le CILSS. Le capital d’expérience de cette organisation, au service de nos pays constitue un atout précieux pour le G5 Sahel.

Dans le même élan, le G5 travaillera avec toutes les autres organisations du système de coopération multilatérale œuvrant en faveur du Sahel. 

Je voudrais donc chers partenaires, vous inviter à redoubler votre soutien à cette initiative qui se présente comme un alliage entre deux priorités indissociables que sont la sécurité et le développement et qui constituent la matrice des actions du G5 Sahel.

Investir dans le Sahel, plus spécifiquement dans ce noyau géostratégique de cinq pays, c’est contribuer indubitablement à la stabilité et à la prospérité de l’Afrique et du monde.

Aussi, espère –je que nous puissions faire de la  présente rencontre un jalon décisif de l’histoire du Sahel, un moment charnière qui permettra d’établir les conditions pour que notre région atteigne son plein potentiel de développement.  

Dans notre réponse, nous veillerons à promouvoir le respect des droits humains, les initiatives impliquant les jeunes et les femmes, toutes choses en phase avec les programmes de nos États.

Chers Partenaires,

Passons donc maintenant à l’action concrète !

Renforçons ensemble la confiance des populations du Sahel en leurs institutions !

Soutenez-nous pour opérationnaliser de façon effective la Force conjointe !

Soutenez-nous pour mettre en œuvre notre Programme d’Investissements Prioritaires, feuille de route pour le développement durable des pays du G5 Sahel.

 Pour y arriver, il est évident que nous avons besoin d’un Secrétariat Permanent du G5 Sahel robuste.

C’est d’ailleurs dans le but d’atteindre une plus grande efficience que le Conseil des Ministres du G5 Sahel a initié un audit organisationnel dudit Secrétariat Permanent, à la suite du Sommet du 6 février 2018 de Niamey.

Nous en attendons les conclusions et nous sommes décidés à doter notre organisation des moyens requis pour qu’elle s’acquitte convenablement de cette mission difficile mais cruciale pour l’avenir des peuples du Sahel.

En déclarant ouverts les travaux de la conférence de coordination des partenaires techniques et financiers du G5 Sahel, permettez-moi de vous remercier de votre aimable attention.

Nouakchott – 6 décembre 2018

 

 

Commentaires   

-2 #1 bagague 07-12-2018 07:46
S'il vous plait,arretez de dilapider l'argent du peuple.Il n y a pas que la guerre qui soit une préoccupation nationale.Il y a beaucoup d'autres défis à relever.
Les fonds déjà alloués aux guerres sont suffisants.Il suffit juste que les généraux en fassent bon usage,et surtout envoyer les soldats courageux sur les fronts.Pas ceux qui passent tout le temps à faire du thé,à écouter de la musique et surfer sur net.
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0 #2 COUNTRY 07-12-2018 10:48
G5 Loisir!!!!
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+2 #3 pauvre Afrique 07-12-2018 12:17
1. Comme quoi nous devons nous prendre en charge.
2. En effet il est difficile de croire que ceux-là même qui sont à la base de cette insécurité vont venir nous aider pour y faire face.
3. Ceux qui ont détruire l'Etat libyen;
4. Ceux qui ont armé les "révolutionnaires" libyens,
5. Ceux qui ont assassiné Kadhafi ne vont pas venir nous verser des milliards pour lutter efficacement contre un mal qu'ils ont eux-mêmes aggravé voire créé.
6. Sait –on que la Turquie a eu près de 2000 milliards de fcfa pour aider l’Europe à réduire les flux des migrants ?
7. Au même moment, pour une mission plus complexe nous n’arrivons à mobiliser moins d’un dixième de cette somme.
8. Racisme ? Mépris ?
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0 #4 haba kouma 07-12-2018 14:04
"Sait –on que la Turquie a eu près de 2000 milliards de fcfa pour aider l’Europe à réduire les flux des migrants ?
7. Au même moment, pour une mission plus complexe nous n’arrivons à mobiliser moins d’un dixième de cette somme.
8. Racisme ? Mépris ?"
Cynisme?
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