dimanche, 25 octobre 2020
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Seraphin Moundounga

Le ministre de la Justice Séraphin Moudounga a annoncé ce lundi après-midi sa décision de démissionner. Il explique sur RFI vouloir « bénéficier de sa totale liberté ». Par ailleurs, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, a fait part de sa vive préoccupation quant au sort de « plusieurs de nos compatriotes » dont on est « sans nouvelles ». Du côté du pouvoir, on continue d'accuser Jean Ping d'être mêlé à un complot. Le ministre de l'Intérieur a refait le bilan des violences de la semaine dernière. Enfin, les accusations de fraudes réciproques continuent. Le point sur la situation.

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  Le ministre de la Justice du Gabon démissionne

Le deuxième vice-Premier ministre gabonais, Séraphin Moundounga, a annoncé ce lundi qu'il démissionnnait. Il s'agit de la première défection de haut niveau depuis le début des troubles mercredi dernier.

« J'ai redouté que le Gabon puisse basculer dans la violence si les résultats étaient rendus publics sans qu'il ne soit procédé au recomptage des résultats, procès-verbal par procès-verbal de chaque bureau de vote. Ceci n'ayant pas pas eu lieu, le pays a basculé dans la violence et cette violence se poursuit de façon latente jusqu'à ce jour. Donc la paix est gravement menacée dans notre pays, la sécurité est gravement menacée. Il a été répondu que le recomptage n'était pas prévu par la loi électorale gabonaise », a indiqué M. Moudounga à RFI.

Ayant constaté que, du côté du pouvoir, on n'apportait pas de réponse à la préoccupation de la nécessaire garantie de la paix et du nécessaire affermissement de la démocratie, j'ai pris la décision de prendre congé, d'une part, du Parti démocratique gabonais, et de me décharger de mes fonctions de membre du gouvernement pour que, grâce à ces deux actes majeurs que je pose, je puisse bénéficier de ma totale liberté.

Il dit vouloir « oeuvrer au côté du peuple gabonais à ce que la paix soit garantie dans le pays ». M. Moundounga est l'invité d'Afrique matin ce mardi 6 septembre.

C'est un véritable coup de poignard dans le dos pour Ali Bongo car Séraphin Moundounga était un homme clé de son dispositif. L'un des rares à l'avoir accompagné depuis 2009 et durant tout son septennat. Un homme considéré comme l'un des plus durs du régime et volontiers perçu comme orgueilleux du fait de sa proximité avec le chef de l'Etat. Au point d'être élevé au rang de second vice-Premier ministre lors du dernier remaniement en 2014.

Seraphin Moundounga était aussi un vétéran du parti au pouvoir dont il prend également congé. Membre du PDG depuis les années 70, élu député du parti en 1990, il était au bureau politique.

 

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Quel est votre sentiment aujourd’hui sur cette crise au Gabon ?

 

Séraphin Moundounga : Je redoutais que le Gabon ne puisse basculer dans la violence si les résultats étaient rendus publics sans qu’il ne soit procédé au recomptage des résultats, procès-verbal par procès-verbal de chaque bureau de vote. Ceci n’ayant pas eu lieu, vous avez constaté que le pays a basculé dans la violence, et cette violence qui se poursuit de façon latente jusqu’à ce jour. Donc la paix est gravement menacée dans notre pays, la sécurité est gravement menacée. J’ai fait hier une nouvelle déclaration dans laquelle j’ai indiqué quelles devraient être les modalités d’une négociation politique avec des alternatives. Il a été répondu que le recomptage n’était pas prévu par la loi, ce qui est une toute petite fuite en avant et une volonté manifeste de faire en sorte que nous puissions continuer à faire en sorte que le pays sombre dans une violence la plus absolue. Et en même temps, ayant constaté que du côté du pouvoir, on n’apportait pas de réponse à la préoccupation de la nécessaire garantie de la paix, j’ai pris la décision de prendre congé, d’une part du Parti démocratique gabonais et de me décharger de mes fonctions de membre du gouvernement pour que, grâce à ces deux actes majeurs que je pose, de pouvoir bénéficier de ma totale liberté et d’œuvrer aux côtés du peuple gabonais à ce que la paix soit garantie dans le pays, que la démocratie soit affirmée.
 
Avec cette démission, est-ce qu’il faut comprendre que vous passez à l’opposition ?
 
Je ne passe pas dans l’opposition. Je me mets du côté du peuple gabonais.
 
Le pouvoir affirme qu’on ne peut pas recompter bureau par bureau parce que ce n’est pas prévu par la loi ?
 
Il y a un principe de loi qui dit clairement que ce qui n’est pas formellement dit, n’est pas interdit. Il est donc possible de faire en sorte que, dans le silence de la loi, on puisse procéder au recomptage des voix, bureau de vote par bureau de vote, procès-verbal par procès-verbal. Ça signifie qu’on peut le faire puisqu’on ne viole aucune disposition de la loi. Et si nous avons gagné au niveau du Parti démocratique gabonais les élections, pourquoi nous n’avons pas accepté qu’on puisse recompter si c’est cela qu’il faut payer pour que la paix puisse régner au niveau du Gabon ? Le refuser, c’est à la limite pousser le peuple vers la révolte. Et ceux qui cassent, ceux qui tuent, ceux qui pillent sont autant coupables et condamnables que ceux qui poussent par l’oppression le peuple à la révolte. Les dirigeants sont plus condamnables parce qu’ils connaissent mieux la loi et ils ont la responsabilité d’assurer la protection des personnes et des biens sur toute l’étendue du territoire national. Dès que le recomptage confirme la victoire du Parti démocratique gabonais, l’opposition n’aura plus rien à redire. Si le recomptage infirme le résultat publié, à partir de ce moment il reviendra au Parti démocratique gabonais de tirer les conséquences de la situation. Nous nous organisons pour que dans le futur, le PDG maintenant s’organise en tant que parti installé dans l’opposition à la reconquête d’un pouvoir qu’il n’a pas été capable de conserver en raison d’un ensemble de divisions internes au Parti démocratique gabonais. Et d’ailleurs, j’ai interpelé le chef de l’Etat en lui disant, s’il est établi que les résultats des urnes vous donnent perdant, il faut prendre de la hauteur, prendre votre téléphone, appeler Monsieur Jean Ping, l’en féliciter et faire en sorte que la démocratie et la paix puissent triompher au Gabon.
 
Est-ce que vous ne craignez pas, avec cette démission, signer la fin, du moins temporaire, de votre carrière politique ?
 
Ma préoccupation, ce n’est pas ma personne. Ma préoccupation, c’est le peuple. J’invite l’ensemble de toutes les personnes qui me font confiance de prendre fait et cause pour la démocratie et pour la paix au Gabon en quittant le Parti démocratique gabonais, peu importe les carrières politiques ou les carrières professionnelles des uns ou des autres.
 
Concernant cette attaque du QG, vous êtes un homme de droit. Est-ce que cette attaque vous semble légale ?
 
Je souhaite simplement que la justice, le moment venu, puisse faire son travail, que ceux qui se sentent lésés par ces attaques puissent saisir la justice. Toute personne, même accusée, est présumée être innocente jusqu’à ce que sa culpabilité soit établie par un jugement devenu définitif.
 
Maintenant que les résultats ont été annoncés, il y a des recours possibles, notamment auprès de la Cour constitutionnelle. L’opposition accuse cette institution d’être biaisée. Est-ce que vous pensez qu’il faut quand même déposer des recours ?
 
Il ne faut pas exclure les pistes des solutions. Les recours sont prévus par les lois gabonaises. Si la date butoir expire, nous serions dans une situation où la personne qui a été annoncée élue, sera donc forcément proclamée élue force de recours et immédiatement, il sera procédé à la prestation de serment. Je voudrais simplement dire que si les recours sont déposés, les délais de 15 jours dont dispose la Cour constitutionnelle pour rendre sa décision donne une marge de manœuvre à tous ceux qui pensent que le recomptage était nécessaire pour continuer à négocier et à obtenir que ce recomptage soit fait dans cet intervalle.
 
Est-ce que vous avez des inquiétudes ? Est-ce que vous pensez que de nouvelles flambées de violence sont possibles ?
 
D’une façon comme d’une autre, même sur la dernière ligne droite, un sursaut d'orgueil et faire en sorte que le président de la République, chef de l’Etat, puisse se raviser et qu’il ne se laisse pas pris dans l’étau par un petit groupe de fondamentalistes politiques qu’il y a autour de lui et qui le poussent malheureusement à ne pas pouvoir accepter ceux qui lui prodiguent les véritables conseils allant dans le sens de la paix. Et c’est d’ailleurs de cette manière que le Parti démocratique gabonais s’est délité, c’est de cette même manière que les mêmes fondamentalistes veulent déliter la nation gabonaise.

 

RFI

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Commentaires  

-2 #1 hermann 06-09-2016 11:39
traitre madounga
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+1 #2 zorro 06-09-2016 19:05
Et c'est de la France qu'on apprend sa démission. Si ce n'est pas pathétique ces africains. En moins de 10 ans la France est intervenue combien de fois en Afrique ? Libye rci rca mali Tchad, Niger, Nigeria..
. la liste est longue. Au profit de qui? Et qui paye ?
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-2 #3 A.Felix 06-09-2016 19:28
Vaut mieu qu'un biafrai qu'un cn chinois parce qu'il est avant tout africain.
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0 #4 gnase 07-09-2016 10:18
c'est traitre n'aura aucun avenir politique ni au Gabon ni en Afrique. Et nous souhaitons que ces traitres de l'Afrique s’égrainent un à un,et ils le feront car ils sont animés de mauvaise fois et doués des ambitions démesurées.... A cet effet ces chefs d’États africains qui se sont réduit au silence hypocrite,les gabonais ne veulent pas de votre présence dans leur pays le jour d'investiture ni de vos lettre de félicitation une fois que vos patrons reconnaissent Ali comme vainqueur..kun ji kumgnya.
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0 #5 kanta 07-09-2016 13:33
c est en ces moments de tensions que tu dois apporter ton soutien a ton frere president ;mais pas demissionner; machiyin-amana(traitre) comme il t as bien parfumè;chausser;vester; et c est la recompense(cheguè;dan [mot censuré];)
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