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Le 28 octobre, à l’hôtel Bravia de Niamey, le PAM et la FAO, en collaboration avec le Ministère de l’Agriculture et de l’Élevage, ont lancé l’exposition itinérante « Les Visages de la Résilience au Niger », en présence des membres du Gouvernement et des représentants d’une soixantaine de partenaires techniques et financiers. À travers cette initiative qui vise à contribuer à faire du potentiel du Niger une force pour son avenir alimentaire, le Programme alimentaire mondial (PAM) et l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), sous le leadership et le parrainage du ministère, entendent mobiliser les partenaires pour soutenir le potentiel agricole du pays et valoriser les initiatives locales. L’occasion de rendre hommage aux femmes et aux hommes qui, malgré les difficultés, restaurent les terres, développent leurs activités agricoles et pastorales, transforment les productions locales et améliorent les conditions de vie de leurs communautés. Des parcours singuliers qui témoignent du potentiel humain et productif du Niger, mais aussi d’une conviction défendue : la résilience ne doit pas seulement permettre de surmonter les crises, elle doit ouvrir la voie à une autonomie durable, à la création de richesses et à la souveraineté alimentaire. À travers les portraits exposés et la vitrine des productions nationales, le PAM, la FAO et le gouvernement nigérien appellent ainsi à consolider les acquis et à renforcer les investissements en faveur des producteurs et des communautés. Ouverte au public pendant une semaine dans les jardins de l’hôtel Bravia à Niamey, l’exposition invite les partenaires et visiteurs à découvrir ces histoires, rencontrer ces visages et regarder le Niger autrement !

Une femme qui fait renaître sa terre, un producteur qui transforme son travail en espoir et des communautés qui bâtissent, chaque jour, leur avenir. Derrière chaque visage, une histoire et derrière chaque histoire, le potentiel d’un pays !

Au Niger, la résilience agricole se mesure aussi aux hectares de terres restaurés, aux récoltes qui augmentent, aux femmes qui développent leurs activités économiques et aux jeunes qui choisissent de rester dans leurs villages plutôt que de partir chercher du travail ailleurs. C’est cette réalité que donne à voir l’exposition photographique « Les Visages de la Résilience au Niger », inaugurée le mercredi 28 octobre 2026 à Niamey par le ministre de l’Agriculture et de l’Élevage, le colonel Bilaly Elhadj Gambobo. Organisée conjointement par le Programme alimentaire mondial (PAM) et l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), sous le leadership du ministère, cette exposition met en lumière les expériences de communautés qui transforment progressivement leurs conditions de vie grâce à la restauration des terres, au développement des activités agropastorales et à des initiatives économiques locales.

 

Des visages à découvrir, des richesses à valoriser et des engagements à concrétiser

Au-delà des portraits, cette exposition met en lumière les initiatives locales, la richesse des productions nationales et les opportunités qu’offre le Niger. Elle ouvre également un espace de dialogue pour rapprocher les ambitions nationales des engagements des partenaires.

Parce que, comme l’a rappelé le ministre de l’Agriculture et de l’Élevage, la souveraineté alimentaire ne se construit pas uniquement dans les champs : elle se bâtit aussi à travers les politiques publiques, les investissements et l’engagement collectif. La solidarité est, en effet, essentielle et l’engagement fait la différence. Le mur de solidarité, signé par les autorités et les partenaires, incarne cette volonté commune d’unir les forces pour faire progresser la souveraineté alimentaire au Niger.

À travers les portraits et les témoignages présentés au public, les deux agences des Nations Unies et les autorités nigériennes entendent déplacer le regard porté sur les populations rurales. Il ne s’agit pas seulement de montrer les difficultés auxquelles elles sont confrontées, mais aussi de rendre visibles leurs capacités d’initiative, leurs savoir-faire et les résultats obtenus lorsque leurs efforts bénéficient d’un accompagnement adapté. « Ces visages ne racontent pas que des difficultés. Ils racontent leur force, leur dignité et leur capacité à construire leur avenir », a déclaré le ministre de l’Agriculture et de l’Élevage lors de l’ouverture officielle de l’exposition. Une cérémonie qui s’est déroulée en grande pompe, dans la convivialité qui sied à l’événement et en présence de plusieurs personnalités et invités de marque.

 

Des parcours individuels qui racontent la résilience au quotidien

Derrière les photographies exposées, les histoires sont différentes, mais elles illustrent une même volonté : améliorer les conditions de vie des familles en s’appuyant sur les ressources locales, le travail et l’acquisition de nouvelles compétences.

Parmi les parcours présentés figure celui de Djibo Dandakoye, originaire de Sakey Kouara Tegui, dans le département de Kollo. Avec la mobilisation de plus de 1 500 membres de sa communauté et l’appui de la FAO, il a contribué à la restauration de 213 hectares de terres dégradées sur le plateau de Gorou Tayya. Selon le représentant de la FAO au Niger, Al Hassan Cissé, cette intervention a permis de redonner vie à un espace autrefois fragilisé par la dégradation des sols et les effets du changement climatique.

La restauration de ces terres s’accompagne, selon le récit présenté lors de l’exposition, du retour de la faune et du développement de la végétation, notamment des arbres fruitiers et du fourrage. Pour la communauté, cette transformation représente une possibilité supplémentaire de valoriser les ressources naturelles et de renforcer durablement les moyens de subsistance.

Le parcours d’Asmaou Daouda, originaire de Birniel Ibrahim, dans la commune de Fabidji, région de Dosso, illustre une autre dimension de la résilience : l’autonomisation économique des femmes. Grâce aux Clubs Dimitra de la FAO et aux formations reçues, elle a développé des activités de transformation de produits agricoles. Elle transforme notamment l’arachide en huile et en tourteaux, ainsi que le niébé en produits alimentaires destinés à la commercialisation. Les revenus générés lui permettent également de réinvestir dans l’élevage.

Pour Al Hassan Cissé, ces trajectoires démontrent que les investissements dans les compétences, la production et la transformation peuvent contribuer à faire émerger des activités économiques durables au sein des communautés.

Au fil de la visite guidée par Karima Moussa, du PAM, les invités ont également découvert d’autres histoires, celles de femmes et d’hommes dont les conditions de vie ont évolué grâce à des interventions adaptées à leurs besoins.

Rabia Moussa, avec l’appui de la FAO, a bénéficié de petits ruminants, d’aliments pour bétail et de soins vétérinaires. Le développement de son troupeau lui permet désormais de consommer et de vendre du lait, ouvrant de nouvelles perspectives pour l’alimentation et les revenus de sa famille.

À travers l’histoire de Hawa Hassoumi, l’exposition met en évidence les effets de la formation sur les activités génératrices de revenus. L’apprentissage de techniques de jardinage et d’une meilleure gestion des ressources lui permet aujourd’hui de contribuer aux dépenses de son ménage et de prendre davantage de décisions concernant sa propre activité.

Le parcours de Biba Ibrahim, présenté comme celui d’une rizicultrice de la région de Zinder, à Maïgardaye, témoigne quant à lui de la capacité de certaines activités agricoles à soutenir les moyens de subsistance malgré les épreuves personnelles. Après avoir perdu ses quatre fils, cette veuve a poursuivi son activité rizicole. Avec l’accompagnement du PAM, elle a bénéficié de formations et renforcé ses capacités, ce qui lui a permis, selon le témoignage présenté, de doubler sa production.

D’autres récits soulignent le rôle des activités agricoles dans la réduction de la dépendance à l’exode. Ado Dika, qui devait auparavant quitter sa localité pour chercher du travail, a progressivement développé des activités agricoles et d’élevage grâce aux formations reçues. Il possède désormais des chèvres, un âne et une vache, et peut travailler dans sa communauté.

Harouna Oumarou a, lui aussi, amélioré ses perspectives grâce aux techniques de restauration des terres. L’augmentation de ses récoltes de mil lui a permis d’acquérir successivement un âne puis une moto, avant de développer plusieurs petits commerces. Ses revenus peuvent atteindre 7 000 francs CFA par jour, selon le témoignage présenté au cours de la visite.

Le parcours d’Inoussa Ibrahim illustre également cette volonté de rester sur sa terre. Grâce aux activités de restauration des sols, à la production de compost et aux travaux collectifs, il a retrouvé confiance dans ses capacités et dans le potentiel de sa communauté.

Ces témoignages donnent à voir une résilience qui ne se limite pas à la capacité de supporter les crises. Elle se traduit aussi par la possibilité de développer des activités, d’accroître ses revenus et de construire un avenir sur place.

 

De l’agriculture à la transformation locale : des opportunités à développer

La visite s’est poursuivie au stand du ministère de l’Agriculture et de l’Élevage, consacré aux productions nationales et aux possibilités de transformation locale. L’espace présente la diversité des ressources agricoles, pastorales et forestières du Niger, ainsi que le savoir-faire des producteurs et des transformateurs.

Les produits exposés comprennent notamment le lait, la viande et les produits avicoles, mais aussi le moringa, le baobab, l’arachide, le mil, le manioc, le sorgho, le niébé, la pomme de terre et le soja. Des produits transformés localement qui illustrent également les possibilités de valorisation des matières premières issues des différentes filières.

Pour les organisateurs, cette présentation permet de rapprocher les histoires individuelles des perspectives économiques qu’elles peuvent ouvrir. Une terre restaurée peut contribuer à augmenter la production ; une production mieux conservée peut limiter les pertes ; une transformation réalisée localement peut créer des revenus et favoriser le développement d’activités entrepreneuriales.

Le ministre de l’Agriculture et de l’Élevage a ainsi insisté sur trois priorités pour renforcer la souveraineté alimentaire : « produire davantage et durablement, mieux transformer et valoriser les productions nationales, puis développer les débouchés et les opportunités économiques ».

La première priorité suppose notamment une meilleure maîtrise de l’eau, le développement de l’irrigation, l’accès aux intrants, la mécanisation et les financements nécessaires à l’amélioration de la production. La deuxième concerne le stockage, la conservation et la transformation sur place afin de réduire les pertes et de retenir davantage de valeur ajoutée au Niger. La troisième vise à faciliter l’accès aux marchés, à soutenir les filières agropastorales et à favoriser l’entrepreneuriat rural, l’emploi des jeunes et l’autonomisation économique des femmes.

« Investir dans l’agriculture, c’est investir dans l’avenir du Niger », a affirmé le colonel Bilaly Elhadj Gambobo, en soulignant que les ressources nationales ne pourront pleinement contribuer au développement que si les producteurs disposent des moyens de les exploiter et de les valoriser.

 

Le PAM met en avant les résultats de la restauration des terres

Dans son allocution, le représentant résident et directeur pays du PAM au Niger, Guy Mesmin Adoua, a invité les participants à regarder au-delà des chiffres de l’assistance humanitaire pour s’intéresser aux changements concrets dans la vie des populations.

« Derrière chaque visage, une histoire. Derrière chaque histoire, un espoir », a-t-il déclaré, rappelant que les femmes, les hommes et les communautés concernés ne sont pas de simples bénéficiaires des interventions, mais les premiers acteurs de leur propre résilience.

Le responsable du PAM a également présenté plusieurs résultats attribués aux efforts conjoints de son organisation et du gouvernement nigérien dans le domaine de la restauration des terres et du renforcement des moyens de subsistance.

Selon les chiffres communiqués dans son discours, plus de 330 000 hectares de terres dégradées ont été restaurés et plus de 13 millions d’arbres plantés depuis 2014. Les activités concernées auraient également permis de créer plus de 240 000 emplois temporaires et de contribuer à une augmentation de 60 % des revenus des populations bénéficiaires.

La production supplémentaire est estimée à près de 127 500 tonnes de produits agricoles par an, tandis que les quantités de matières sèches destinées à l’alimentation du bétail atteindraient 216 500 tonnes.

Guy Mesmin Adoua a par ailleurs indiqué que la mise en œuvre du paquet intégré de résilience avait permis de faire sortir, en moyenne chaque année, un demi-million de personnes de l’assistance humanitaire. Il a également évoqué une analyse selon laquelle les interventions de résilience pourraient générer, d’ici à 2035, un gain économique de 25 dollars pour chaque dollar investi.

Ces données, présentées par le responsable du PAM, mettent en avant l’ambition de l’organisation : associer les réponses aux urgences à des investissements capables de préserver les moyens d’existence, de restaurer les ressources naturelles et de renforcer progressivement l’autonomie des ménages.

Le représentant du PAM a toutefois rappelé que ces transformations nécessitent de la continuité, de la confiance et des partenariats solides. Une terre restaurée doit pouvoir continuer à produire, une filière prometteuse doit disposer des moyens de se développer et une communauté qui a démontré sa capacité à avancer doit pouvoir consolider ses acquis.

 

FAO : investir dans les communautés plutôt que réduire le Sahel à ses crises

Le représentant de la FAO au Niger, Al Hassan Cissé, a pour sa part insisté sur la nécessité de changer le regard porté sur le Niger et, plus largement, sur le Sahel. Pendant longtemps, a-t-il souligné, les représentations de la région ont privilégié les terres arides, la vulnérabilité et les crises répétées, au détriment des capacités d’initiative des populations.

L’exposition entend précisément montrer une autre réalité : celle de femmes et d’hommes qui restaurent les terres, développent des activités productives et contribuent à l’économie de leurs communautés.

Évoquant le cas de Djibo Dandakoye, le responsable de la FAO a rappelé que la restauration de 213 hectares sur le plateau de Gorou Tayya a reposé sur l’engagement local et la mobilisation de plus de 1 500 membres de la communauté. Pour lui, cette expérience démontre ce que la détermination des populations peut accomplir lorsqu’elle est soutenue par des moyens techniques et une coopération adaptée.

Il a également cité l’exemple d’Asmaou Daouda, dont les activités de transformation agricole et de commercialisation contribuent désormais aux revenus de son ménage. Ces parcours, a-t-il insisté, ne doivent pas être réduits à des statistiques ou à des lignes budgétaires : ils témoignent de changements concrets dans la vie des personnes concernées.

Al Hassan Cissé a appelé les partenaires techniques et financiers à soutenir davantage les investissements dans la souveraineté alimentaire, la restauration des écosystèmes et l’autonomisation des communautés rurales. Il a notamment défendu une approche articulant urgence humanitaire, relèvement et développement durable, connue sous le nom de « Triple Nexus ».

L’enjeu est de faire en sorte que les financements ne se limitent pas à répondre aux besoins immédiats, mais contribuent également à réduire les vulnérabilités structurelles et à créer les conditions d’une plus grande autonomie économique.

 

Des partenariats alignés sur les priorités nationales pour relever les défis de la résilience et de la souveraineté alimentaire

Dans son discours d’ouverture, le ministre de l’Agriculture et de l’Élevage a replacé cette ambition dans le cadre des orientations nationales en matière de souveraineté alimentaire. Il a notamment fait référence au Livre Vision du président de la République, le général d’armée Abdourahamane Tiani, et à l’axe 3 du Programme de la Refondation de la République.

Pour le ministre, la souveraineté alimentaire ne se résume pas à l’augmentation des quantités produites. Elle touche également à la capacité du pays à maîtriser ses choix, à créer des richesses, à générer des emplois et à renforcer sa stabilité économique et sociale.

Il a appelé les partenaires techniques et financiers à inscrire leurs interventions dans les priorités définies par le gouvernement, à renforcer les capacités des institutions nationales et à privilégier des résultats concrets, vérifiables et durables.

« La résilience de nos populations ne remplace pas l’action publique : elle l’appelle et elle l’oblige », a-t-il déclaré, soulignant que le courage des producteurs doit être accompagné de politiques et de moyens leur permettant d’améliorer leurs rendements, leurs revenus et leurs perspectives.

Le ministre a également salué l’engagement du PAM et de la FAO dans l’accompagnement des populations confrontées aux crises, tout en plaidant pour une complémentarité renforcée entre l’assistance d’urgence, le développement des capacités productives et la transformation durable des systèmes alimentaires.

L’objectif affiché est de passer d’un potentiel agricole et pastoral encore insuffisamment exploité à une production accrue, mieux transformée et plus accessible aux consommateurs.

 

La recherche universitaire, un partenaire du développement

La cérémonie a également donné la parole au professeur Adamou Didier Tidjani, enseignant-chercheur à l’Université Abdou Moumouni de Niamey (UAM), qui a rappelé l’importance des partenariats entre les institutions de recherche et les organisations engagées dans le développement.

Il a notamment évoqué la coopération entre l’université et le PAM, dont les premières activités ont précédé la formalisation du partenariat, intervenue il y a un peu plus de dix ans, selon son témoignage.

À l’origine, a-t-il expliqué, la collaboration devait concerner principalement la Faculté d’agronomie. Mais une approche plus large a finalement été retenue, afin de permettre à l’ensemble de l’université de mobiliser ses compétences au profit des interventions du PAM.

Cette orientation reposait sur un constat : les défis du développement ne se limitent pas à l’agriculture ou à la restauration des terres. Ils peuvent aussi concerner la santé, le droit et d’autres domaines nécessitant des compétences universitaires diversifiées.

Pour l’enseignant-chercheur, ce partenariat a contribué à rapprocher la recherche des actions de développement et à mieux faire comprendre l’importance des données et des connaissances scientifiques dans la conception et le suivi des interventions.

Son témoignage a ainsi mis en évidence une autre dimension de la résilience : la nécessité d’articuler les initiatives communautaires, l’action publique, les compétences techniques et la recherche pour obtenir des résultats durables.

 

Des portraits pour ouvrir de nouvelles perspectives

Au fil de la visite, d’autres témoignages ont illustré la diversité des interventions présentées. Certains concernent l’amélioration des productions agricoles, d’autres l’accès à l’éducation, la formation professionnelle, l’assistance humanitaire ou l’intégration économique de personnes déplacées.

Ramatou, par exemple, a pu faire évacuer son fils Alio de Maradi à Niamey grâce à l’appui du PAM et au service aérien humanitaire des Nations Unies, UNHAS. Selon le récit présenté lors de la visite, cette assistance a permis à l’enfant, qui nécessitait une prise en charge médicale, d’être transporté rapidement vers la capitale. Il est aujourd’hui âgé de quatre ans et fréquente la grande section.

À Diffa, Zahra Adam a acquis des compétences artisanales au centre ETC, notamment dans la fabrication de sacs, de chaussures et d’accessoires. Cette formation nourrit désormais son ambition de développer sa propre activité économique.

Pour Aïchatou Sidi, arrivée du Mali au Niger il y a quatorze ans, l’assistance du PAM et du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a constitué un soutien initial pour sa famille. Elle participe aujourd’hui à des activités agricoles et de restauration des terres, avec l’espoir de construire un avenir plus stable.

L’exposition a également mis en lumière le rôle des cantines scolaires dans le maintien des enfants à l’école, notamment dans les communautés nomades. Le témoignage de Chomeka, âgée de neuf ans et scolarisée en classe de CM1, illustre cette dimension. Les repas servis à l’école contribuent à soutenir sa scolarité malgré les difficultés liées à la mobilité de sa famille. La jeune fille rêve, à son tour, de transmettre un jour ses connaissances à d’autres enfants.

D’autres initiatives concernent la sécurité des activités agricoles. Mahamadou Abdoulaye a ainsi bénéficié, avec l’appui de la FAO, d’une clôture grillagée, de bornes-fontaines et de semences qui lui permettent de développer le maraîchage et l’arboriculture en protégeant davantage ses cultures contre les dégâts causés par les animaux.

À travers ces expériences, le PAM et la FAO présentent une approche de la résilience qui dépasse la seule réponse aux urgences. Elle englobe la production agricole, la restauration des ressources naturelles, l’éducation, la formation, la diversification des revenus et l’amélioration des conditions de vie.

La cérémonie s’est achevée par la découverte des produits agricoles et pastoraux exposés au stand du ministère de l’Agriculture et de l’Élevage, puis par une signature collective sur le mur prévu à cet effet.

Au terme de cette rencontre, un message s’est dégagé des interventions : les efforts des producteurs et des communautés constituent un point de départ, mais leur consolidation dépendra aussi de la continuité des investissements, de l’accès aux moyens de production, du développement des filières et de la capacité des partenariats à produire des résultats durables.

Les « Visages de la Résilience au Niger » donnent ainsi à voir des trajectoires individuelles, mais posent également une question plus large : comment transformer les initiatives locales et les acquis de la restauration des terres en perspectives économiques durables pour les populations rurales ? Et c’est dans le cadre de la réponse à ces défis, qui passent aussi par la célébration des parcours qui inspirent et des initiatives qui portent leurs fruits, que s’inscrit cette exposition itinérante, qui va se dérouler pendant une semaine dans les jardins de l’hôtel Bravia de Niamey, pour permettre aux partenaires et visiteurs de découvrir ces histoires, rencontrer ces visages et regarder le Niger autrement.

Abdoulkarim Moumouni (actuniger.com)



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