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Vaste pays sahélien, le Niger dispose d’un des potentiels solaires les plus importants au monde. Cette richesse naturelle représente une opportunité pour faciliter l’accès à une énergie moderne, fiable et abordable pour toutes les couches de la population, des zones urbaines aux zones rurales les plus reculées. Dans le cadre de la mise en œuvre du Projet d’accélération de l’accès à l’électricité au Niger « HASKE », financé par la Banque mondiale, l’Agence nationale d’énergie solaire (ANERSOL) a été chargée de la composante 3 du projet, qui consiste au développement des solutions solaires hors réseau et des solutions de cuisson propre et efficace. Ces solutions solaires constituent des réponses concrètes aux préoccupations quotidiennes des populations puisque, en plus d’accroître le taux d’accès aux services énergétiques, elles permettent à des milliers de foyers de bénéficier de kits de cuisson et de kits solaires de qualité, aux services sociaux de base d’accéder à l’électricité et aux acteurs communautaires, notamment les femmes et les jeunes, de s’engager dans des activités génératrices de revenus liées à l’énergie solaire. Dans la région de Maradi, les résultats sur le terrain sont assez illustratifs de l’impact engendré auprès des populations bénéficiaires ainsi que de la dynamique impulsée aux activités socioéconomiques des communautés.

Assis dans ce qui lui sert de bureau, au quartier Sabon Gari, à proximité du marché El Kassoua, à Maradi, Souleymane Adamou, jeune commerçant, est très fier de montrer les équipements qui ont changé sa manière de faire face aux coupures d’électricité. Un téléviseur fixé au mur, un boîtier solaire, des ampoules et de petits appareils électriques : depuis 2023, cet opérateur économique s’appuie sur son kit solaire pour éclairer son espace de travail, assurer la ventilation et suivre l’actualité, même lorsque le réseau électrique est interrompu.

« J’ai découvert ce kit solaire un peu par hasard, en 2023, auprès de MAYAKI-TRADING », raconte-t-il, en référence à une start-up spécialisée dans la vente de solutions solaires soutenue par le projet « HASKE Anersol ». Le dispositif comprend notamment un téléviseur, quatre petites batteries au lithium, des ampoules et un système de recharge pour les téléphones portables. Il permet également d’alimenter un ventilateur sur pied et de faire fonctionner de petits équipements, dont un ordinateur portable.

À Maradi, où les coupures peuvent se succéder plusieurs fois par jour pendant la saison chaude, le kit est devenu un appui précieux pour maintenir ses activités. « Il arrive que nous subissions quatre à cinq coupures par jour, parfois de 30 minutes à une heure, voire toute une journée », explique-t-il. Grâce à cette installation, il peut continuer à travailler, garder son bureau éclairé et faire fonctionner son ventilateur malgré les interruptions du réseau.

Ce qui le convainc surtout, c’est l’autonomie du dispositif. Depuis son acquisition, affirme-t-il, il l’a rarement vu déchargé. Il l’utilise quotidiennement, y compris lorsqu’il quitte son bureau pour rentrer chez lui. Cette expérience l’a conduit à étendre l’utilisation de cette solution au-delà de son propre espace de travail.

Sa mère dispose désormais d’un équipement similaire, qui lui permet d’alimenter son téléviseur, ses ampoules et son ventilateur. Un autre kit a été installé dans son champ, situé à environ 50 kilomètres de Maradi. Là-bas, il facilite l’éclairage et la recharge des téléphones portables pour les personnes qui y travaillent, dans une zone où l’accès à l’électricité reste limité.

L’utilité du dispositif s’étend également aux habitants des environs. Selon Souleymane Adamou, des propriétaires de boutiques voisines venaient régulièrement chez lui recharger leurs téléphones lorsque les coupures se multipliaient. Intrigués par cette solution, plusieurs lui ont demandé où se procurer un équipement similaire. À la suite de ses recommandations, une dizaine de personnes ont acheté des kits, certains pour leurs boutiques, d’autres pour leurs domiciles. Des amis installés à Niamey ont également adopté cette solution par son intermédiaire.

Dans son champ, le kit rend aussi service aux habitants d’un village voisin qui, selon lui, compte environ 400 foyers et ne bénéficie pas d’un accès généralisé à l’électricité. Les habitants peuvent notamment y recharger leurs téléphones. Pour l’opérateur économique, cette utilisation illustre l’intérêt de l’énergie solaire dans les zones où l’approvisionnement électrique demeure limité.

Mais c’est sur le plan financier que les effets du kit sont les plus directement mesurables. Avant son acquisition, le recours à un groupe électrogène pouvait nécessiter jusqu’à cinq litres d’essence par jour pendant les fortes chaleurs. La dépense quotidienne avoisinait alors 2 500 francs CFA, soit un montant mensuel estimé entre 35 000 et 40 000 francs CFA. Le recours à l’énergie solaire lui a permis de réduire considérablement les dépenses de carburant pour l’éclairage et les petits équipements.

La facture d’électricité de son bureau a, elle aussi, nettement diminué. D’environ 15 000 francs CFA par mois auparavant, elle se situe désormais entre 6 500 et 7 500 francs CFA, selon son témoignage. L’économie peut ainsi atteindre 7 500 francs CFA par mois, soit près de la moitié de la facture initiale.

Chez sa mère également, les économies sont appréciables. Sa facture mensuelle, qui avoisinait auparavant 20 000 francs CFA, a elle aussi baissé depuis l’installation du kit solaire.

Pour Souleymane Adamou, cette expérience dépasse donc le simple confort domestique. Elle lui permet de poursuivre ses activités malgré les coupures, de réduire certaines dépenses énergétiques et de faire profiter son entourage d’une solution qu’il juge utile au quotidien.

 

Le projet « HASKE », une initiative stratégique pour une transformation ambitieuse du secteur énergétique

Pour un pays comme le Niger, doté d’un des plus importants potentiels solaires au monde, l’exploitation de la ressource solaire représente une opportunité exceptionnelle pour améliorer l’accès à l’énergie, soutenir les activités productives, créer des emplois, renforcer la résilience des communautés et accélérer la transition énergétique.

Le Niger figure parmi les pays ayant les taux d’accès à l’électricité les plus faibles au monde. En 2020, seulement 19,5 % de la population avait accès à l’électricité, avec de profondes disparités entre les zones urbaines et rurales. Dans les zones rurales, où vit la grande majorité de la population, le taux d’accès n’était que de 5,3 %. Cette situation constitue un frein majeur au développement économique et social. L’accès limité à l’électricité affecte la fourniture des services de santé et d’éducation, l’accès à l’eau, les activités productives et les possibilités économiques, notamment pour les femmes et les jeunes. Pour répondre à ce défi, le gouvernement du Niger a adopté une Stratégie nationale d’électrification (SNE) et un Plan national d’électrification (PNE), avec comme principaux objectifs d’atteindre au moins 60 % d’accès en 2030 et 80 % en 2035, à travers une combinaison d’extension du réseau, de mini-réseaux et de solutions solaires autonomes. C’est dans ce cadre que la Banque mondiale a accordé un appui au Niger pour la mise en œuvre du Projet d’accélération de l’accès à l’électricité au Niger « HASKE », d’une enveloppe estimée à plus de 800 millions de dollars, soit environ 185 milliards de FCFA, sur la période 2022-2030.

La mise en œuvre du projet HASKE s’inscrit dans une approche programmatique multiphase comprenant plus précisément trois phases s’étalant sur la période 2022-2030, avec 317 millions de dollars d’investissements prévus. Elle vise à accélérer les réalisations nécessaires pour réduire la pauvreté énergétique, améliorer les services essentiels et soutenir le développement économique du pays. Cette approche programmatique multiphase s’aligne bien sur la Stratégie nationale d’accès à l’électricité (SNAE) et sur la stratégie de la Banque mondiale au Sahel. Elle permet d’aborder les défis de l’accélération de l’accès à l’électricité au Niger de manière ambitieuse et adaptative, avec des financements significatifs permettant de couvrir les besoins pour doubler l’accès.

Dans le cadre de la mise en œuvre du projet, l’Agence nationale d’énergie solaire (ANERSOL) a été désignée comme agence d’exécution de la composante 3 du projet, chargée d’appuyer le déploiement des politiques publiques visant à l’amélioration substantielle de l’accès des populations à des solutions énergétiques accessibles, propres, fiables et modernes. La coordination et la mise en œuvre des objectifs de cette composante sont assurées par une unité de gestion du projet (UGP C3), qui a pour mission de promouvoir les solutions solaires, notamment à travers le solaire hors réseau et les équipements de cuisson propre. Ces solutions solaires constituent, à bien des égards, des réponses concrètes aux préoccupations quotidiennes des populations, comme à Maradi.

 

Les solutions solaires, des alternatives crédibles et concrètes pour améliorer le taux d’accès à l’énergie au Niger

Dans une salle du Centre de santé intégré (CSI) de Lilli, un village de la région de Maradi, un technicien présente les équipements qui assurent la gestion de l’électricité produite par l’installation solaire. Face aux onduleurs fixés au mur et aux batteries disposées en dessous, il détaille le fonctionnement d’un système hybride destiné à alimenter le CSI, la maternité et le logement du major. Un dispositif conçu pour répondre aux besoins énergétiques de la structure, y compris lorsque le soleil n’est plus au rendez-vous.

L’installation repose sur deux onduleurs hybrides Deye de 5 kVA chacun. Ces équipements assurent la gestion de l’énergie produite par les panneaux photovoltaïques, de son stockage dans les batteries et de sa distribution aux différents espaces desservis.

À l’extérieur, le champ solaire compte 22 panneaux de marque JA Solar, d’une puissance unitaire de 590 W. Répartis sur deux structures, l’une supportant 12 panneaux et l’autre 10, ils représentent une puissance totale installée de près de 13 kWc.

Le dispositif comprend également un parc de batteries dont la capacité prévue est de 30 kWh. À ce stade, 15 kWh sont installés. Lors de la présentation technique, leur état de charge affichait 52 %, tandis que la consommation électrique du CSI était d’environ 900 watts. La production instantanée des quatre rangées de panneaux variait, quant à elle, entre 1 200 et 1 600 watts par rangée.

Le principe est de mobiliser l’énergie solaire pour couvrir les besoins immédiats du centre et de diriger le surplus vers les batteries. Cette réserve doit ensuite prendre le relais lorsque la production photovoltaïque diminue, notamment en soirée et pendant la nuit. Devant les équipements, le technicien détaille également les dispositifs de protection en courant continu et alternatif, ainsi que les disjoncteurs affectés aux différents circuits. Cette configuration permet de répartir l’alimentation entre le CSI, la maternité et le logement du major, tout en assurant la protection des installations électriques.

Selon le technicien, le système a été dimensionné pour répondre aux besoins énergétiques de la structure, y compris durant la nuit. Il affirme que les batteries actuellement installées suffisent à assurer l’alimentation nocturne et que l’installation peut tenir jusqu’à 24 heures sans apport solaire, sous réserve des conditions réelles de consommation et du niveau de charge des batteries.

L’extension du parc de batteries à sa capacité prévue de 30 kWh devrait renforcer cette autonomie. À Lilli, l’enjeu est ainsi de disposer d’une alimentation électrique plus régulière pour le fonctionnement du centre de santé, de la maternité et du logement du major.

À Lilli, dans la commune de Safo, département de Madarounfa, la transformation énergétique du Centre de santé intégré (CSI) s’inscrit dans un programme plus vaste d’accès à l’électricité dans les services publics en milieu rural. Sur le terrain pour constater les travaux réalisés, Justino Rabo Dunka, responsable de la sous-composante 3.1 du projet HASKE, mise en œuvre par l’Agence nationale d’énergie solaire (ANERSOL), présente les ambitions et l’état d’avancement de cette initiative. « La sous-composante 3.1 concerne l’électrification des institutions publiques en zone rurale. Notre objectif est d’électrifier 264 centres de santé intégrés, 200 écoles, d’installer 100 lampadaires solaires pour l’éclairage public et d’équiper 100 points d’eau de systèmes de pompage solaire », explique-t-il.

Lancé en 2022, le projet entre désormais dans une phase décisive, consacrée à l’installation et à la mise en service des équipements. À Lilli, le CSI dispose d’une installation solaire d’une puissance annoncée de 12 kWc, associée à une capacité de stockage de 30 kWh de batteries. Le village bénéficie également de lampadaires solaires installés en différents endroits, afin d’améliorer l’éclairage public.

Mais l’intervention ne se limite pas à cette localité. Dans la région de Maradi, 46 villages doivent bénéficier de ce type d’intervention, selon le responsable de la sous-composante. L’objectif est d’améliorer durablement l’accès à l’énergie dans les structures publiques et de soutenir le fonctionnement de services essentiels au bénéfice des populations rurales.

Sur le plan de l’avancement, Justino Rabo Dunka estime le taux d’exécution global à environ 45 %. Il explique ce niveau par les différentes étapes nécessaires à la réalisation du programme : acquisition des équipements, approvisionnement auprès des fournisseurs, expédition depuis l’étranger et dédouanement. « Nous sommes maintenant dans la phase beaucoup plus concrète, celle de l’installation des équipements et de leur mise en service », précise-t-il.

Pour les centres de santé, l’ambition est claire : achever l’électrification des 264 CSI ciblés d’ici à la fin du mois de décembre 2026. Toutefois, au moment de la visite à Lilli, le déploiement sur le terrain venait tout juste de commencer. « À ce jour, nous sommes à cinq CSI, dont trois dans la région de Maradi et deux dans celle de Dosso. C’est véritablement le démarrage de la phase d’installation et de mise en œuvre », indique le responsable.

Le déploiement dans les établissements scolaires accuse, lui aussi, un décalage lié au calendrier d’approvisionnement. Selon Justino Rabo Dunka, les équipements destinés aux écoles sont encore en cours d’expédition vers le Niger. Leur arrivée était alors attendue dans un délai d’environ deux mois, sous réserve des contraintes logistiques.

À travers cette sous-composante du projet HASKE, l’ANERSOL entend ainsi étendre l’accès à une énergie solaire fiable à des infrastructures publiques rurales, des centres de santé aux écoles, en passant par l’éclairage public et les points d’eau. À Lilli, les installations déjà réalisées donnent un aperçu des changements attendus : un centre de santé éclairé la nuit, des conditions de travail améliorées pour le personnel et un village bénéficiant de nouveaux points lumineux.

 

Des solutions simples, accessibles et adaptées aux réalités locales

Derrière l’amélioration des conditions de travail au Centre de santé intégré (CSI), comme celui de Lilli, se trouve également une infrastructure technique conçue pour répondre aux besoins énergétiques de la structure. Directeur de la société Ouba Energy, Mahamadou Salissou revient sur les travaux réalisés dans le cadre du projet HASKE et sur les caractéristiques de l’installation solaire désormais mise à la disposition du centre.

« Dans le cadre de l’identification des CSI bénéficiaires du projet HASKE, le groupement Kia Energy Group–Ouba Energy Group a remporté le lot 4. C’est dans ce cadre que nous avons réalisé cette installation solaire au CSI de Lilli, dans le département de Madarounfa, région de Maradi », explique-t-il.

Sur le plan technique, l’installation repose sur 22 panneaux solaires bifaciaux de 590 W chacun, associés à des onduleurs Deye de 5 kVA et à une capacité de stockage de 30 kWh de batteries. Un dispositif destiné à fournir à la structure sanitaire une alimentation électrique adaptée à ses besoins, y compris pendant la nuit. « Cette installation va permettre au CSI de Lilli d’assurer les services de base pour les patients, de garantir la continuité des services la nuit et de réduire sa dépendance aux groupes électrogènes », souligne Mahamadou Salissou.

Au-delà de l’équipement énergétique, le chantier a également mobilisé des compétences locales. Selon le directeur d’Ouba Energy, des habitants de la localité ont participé aux travaux, notamment comme manœuvres et, pour certains, comme installateurs. Une contribution qui favorise l’implication de la main-d’œuvre locale dans la réalisation des infrastructures énergétiques. « Dans la mise en œuvre des travaux, nous avons eu recours à la main-d’œuvre locale, notamment à des manœuvres et à certains installateurs. Ce projet nous permet également de maintenir l’emploi de nos collaborateurs », précise-t-il.

À Lilli, cette installation illustre ainsi une double dimension du projet HASKE : renforcer l’accès à une énergie fiable pour les services essentiels, tout en mobilisant les compétences et les ressources humaines disponibles localement. À travers sa composante mise en œuvre par l’Agence nationale d’énergie solaire (ANERSOL), le projet contribue à promouvoir des solutions solaires susceptibles d’améliorer le fonctionnement des structures de santé, particulièrement dans les zones rurales.

Pour les patients comme pour les agents de santé, l’enjeu est concret : disposer d’un centre mieux éclairé, capable de poursuivre ses activités après la tombée de la nuit et de prendre en charge les urgences dans de meilleures conditions.

Dans l’enceinte du Centre de santé intégré (CSI) de Lilli, le chef du centre, Tassiou Mamane, évoque avec satisfaction le changement apporté par l’installation d’un système d’alimentation électrique solaire. Technicien supérieur en soins infirmiers et responsable de cette structure depuis plus de trois ans, Tassiou Mamane prend plaisir à commenter, avec force détails, le chemin parcouru par une équipe autrefois confrontée aux difficultés du travail dans l’obscurité, notamment lors des accouchements nocturnes.

« C’est vraiment une aubaine ! Avant, nous étions dans l’obscurité. Mais maintenant, nous pouvons travailler aisément, à n’importe quel moment. Avec la lumière et les ventilateurs, les conditions de travail ont considérablement changé. Nous remercions sincèrement le projet qui a permis cette amélioration ». M. Tassiou Mamane, chef du CSI de Lilli.

 

De l’énergie solaire pour améliorer l’offre des services essentiels de base

Pour le responsable du CSI, les effets de cette électrification solaire se font particulièrement ressentir à la maternité. Auparavant, les agents de santé et les matrones devaient parfois assurer les accouchements à la lumière de lampes torches ou de téléphones portables. Une situation contraignante pour le personnel, appelé à intervenir avec précision, y compris pendant la nuit.

« Il faut voir ce que représentaient les accouchements la nuit avec des lampes torches ou des téléphones ! Ce n’était pas du tout facile. Aujourd’hui, avec l’électricité disponible 24 heures sur 24, les matrones et les agents de santé peuvent travailler dans de meilleures conditions, sans être constamment confrontés au manque de lumière », explique Tassiou Mamane.

Au-delà de l’amélioration des conditions de travail, le responsable espère que l’éclairage du centre contribuera à renforcer la confiance des populations envers cette structure sanitaire. Dans une zone confrontée à l’insécurité, la fréquentation du centre a connu des difficultés. Mais, selon lui, des signes encourageants sont désormais perceptibles.

« Parfois, les patients hésitaient à venir au centre parce qu’il faisait sombre et qu’il n’y avait pas de lumière. Depuis l’arrivée de cette solution, nous constatons une évolution. Nous pensons que cette amélioration va davantage encourager les populations à fréquenter le CSI », affirme-t-il.

Les besoins sanitaires de la localité restent importants. Selon le chef du centre, le CSI reçoit chaque jour entre 50 et 60 patients pour différentes consultations, notamment celles des nourrissons et les consultations curatives. À la maternité, l’équipe enregistre en moyenne deux à trois accouchements par jour. Ces chiffres soulignent l’importance de disposer d’un service de santé fonctionnel à toute heure, avec un éclairage fiable pour assurer la prise en charge des patients.

L’amélioration de l’éclairage s’est également accompagnée d’interventions sur les installations électriques et d’un renforcement de l’éclairage extérieur grâce à l’ajout de lampadaires. « Comme vous pouvez le constater, le centre est bien éclairé. Nous avons repris les installations et ajouté des lampadaires. De ce côté-là, nous n’avons plus de problème », souligne le responsable.

Si l’installation du système solaire constitue une avancée majeure, Tassiou Mamane attire toutefois l’attention sur un autre besoin : celui d’un logement adapté pour le responsable du centre. Il évoque l’état de son habitation, construite en banco, et souhaite qu’une solution puisse être envisagée afin d’améliorer ses conditions de vie et de travail.

À Lilli, l’accès à l’électricité grâce à l’énergie solaire représente ainsi bien plus qu’une amélioration des infrastructures. Il permet au personnel soignant de travailler dans de meilleures conditions, notamment la nuit, et offre de nouvelles perspectives pour la prise en charge des patients. Cette expérience illustre les effets concrets attendus de la composante du projet HASKE consacrée à l’accès à l’énergie, mise en œuvre par l’Agence nationale d’énergie solaire (ANERSOL), notamment dans les structures de santé en milieu rural.

 

Des réalisations qui soulagent les populations

Au Centre de santé intégré (CSI), les souvenirs des nuits passées dans l’obscurité restent vivaces pour Saa Moussa, matrone et relais communautaire à Lilli. Engagée au quotidien auprès des femmes enceintes et aux côtés du personnel soignant, elle se souvient des difficultés auxquelles l’équipe était confrontée lorsque l’électricité faisait défaut, particulièrement pendant les accouchements nocturnes.

« Nous sommes là jour et nuit pour accompagner les femmes qui viennent accoucher. Lorsque ce centre a été construit, tout le monde l’appréciait. Mais ces dernières années, nous avons rencontré de sérieuses difficultés avec l’électricité. Il y avait du courant, certes, mais il ne fonctionnait pas correctement. Généralement, nous en avions pendant la journée, alors que c’est aussi la nuit que nous avons besoin de lumière pour bien travailler », raconte-t-elle.

Dans ces conditions, chaque accouchement après la tombée de la nuit devenait un véritable défi. Pour éclairer les salles et se déplacer dans les locaux, les matrones devaient parfois compter sur les familles des patientes. « Quand une femme venait accoucher le soir, nous étions obligées de demander à son mari d’aller chercher une lampe torche. Dans les différentes salles, dès qu’il fallait chercher quelque chose, nous devions nous éclairer avec une lampe. Sans lumière, les risques étaient élevés : nous pouvions marcher sur un scorpion ou un morceau de fer », explique Saa Moussa.

Face à cette situation, l’équipe a sollicité le major du centre de santé afin de trouver une solution durable. En attendant le rétablissement d’une alimentation électrique fiable, des lampes ont été mises à leur disposition. Mais ces moyens restaient insuffisants. « On nous avait demandé de patienter, en nous assurant que le courant viendrait. Une lampe, deux lampes, trois lampes ne suffisaient pas pour travailler correctement. J’ai même acheté des lampes à crédit que je n’ai pas encore fini de payer », confie la matrone.

Aujourd’hui, le quotidien du personnel soignant a changé. Grâce à l’arrivée d’une alimentation électrique permanente, le centre dispose désormais de lumière et de ventilateurs. Pour Saa Moussa, cette amélioration est visible et se ressent dans les conditions de travail, notamment pendant les accouchements nocturnes.

« Nous remercions infiniment pour l’arrivée de l’électricité dans notre centre de santé. Maintenant, nous avons du courant en permanence et des ventilateurs. Le changement est là, visible. Nous sommes fiers du projet HASKE, qui a illuminé notre centre de santé », affirme-t-elle avec satisfaction.

Si la question de l’éclairage est désormais réglée, la matrone formule un autre souhait : disposer de davantage de matériel pour accomplir son travail dans de meilleures conditions. Elle lance ainsi un appel en faveur du renforcement des équipements du centre, tout en mesurant le chemin parcouru. « De chez moi, au milieu du village, j’aperçois la lumière du centre de santé intégré », conclut-elle fièrement.

À travers le témoignage de Sa’a Moussa, l’électrification des centres de santé, surtout en milieu rural, prend un visage concret : celui d’un personnel soignant qui peut désormais travailler avec davantage de visibilité et dans de meilleures conditions, y compris la nuit, ainsi que celui des populations soulagées par l’amélioration de la qualité des offres de soins. Cette expérience illustre les enjeux de la composante du projet HASKE mise en œuvre avec l’implication de l’ANERSOL, qui vise à améliorer l’accès à des services énergétiques fiables et à soutenir des usages essentiels, notamment dans les structures de santé.

 

Des solutions de cuisson propre pour les ménages et un marché générateur de revenus

Accroupie devant son réchaud à gaz, Mariam soulève délicatement le couvercle de sa marmite pour surveiller la cuisson du repas familial. À ses côtés, la bouteille de gaz rouge est reliée au réchaud par un tuyau. Dans cette cour à ciel ouvert, la jeune mère de deux enfants prépare le repas comme elle le fait depuis près de quatre ans, depuis qu’elle a abandonné le charbon au profit du gaz.

Pour Mariam, ce changement a transformé sa manière de cuisiner. « Avant, j’utilisais le charbon. Avec le gaz, la préparation des repas est beaucoup plus rapide », explique-t-elle. Au-delà du temps gagné, elle estime également réaliser des économies sur les dépenses de cuisson du ménage.

« Quand mon mari recharge la bouteille à 1 800 francs CFA, je peux l’utiliser pendant au moins un mois, parfois même davantage. À l’époque où nous utilisions le charbon, un sac nous coûtait en moyenne 4 500 francs CFA », témoigne-t-elle.

À travers l’expérience de Mariam se dessine l’un des enjeux de la cuisson propre : proposer aux ménages des solutions qui facilitent la préparation des repas tout en maîtrisant les dépenses quotidiennes. Un défi auquel entend répondre le projet HASKE, à travers sa composante consacrée à la promotion des équipements de cuisson propre et efficace, avec l’implication de l’Agence nationale d’énergie solaire (ANERSOL).

Il faut noter que, dans le cadre de cette initiative, le projet HASKE ANERSOL a lancé, en 2025, un mécanisme de financement innovant, « ARZIKIN HASKE », destiné à impulser le contenu local dans le sous-secteur du solaire afin d’aider les entreprises à se redynamiser, voire à se développer, grâce à des financements basés sur les résultats (FBR) et à des subventions catalytiques. L’objectif visé est d’accroître le taux d’accès aux services énergétiques, en permettant notamment à des milliers de foyers de bénéficier de kits de cuisson et de kits solaires de qualité, et aux acteurs communautaires, notamment les femmes, les jeunes et les réfugiés, de s’engager dans des activités génératrices de revenus liées à l’énergie solaire.

 

Une transformation durable du secteur de l’énergie basée sur les compétences ainsi que les ressources locales

Au Niger, c’est un truisme de dire que l’énergie occupe une place de choix dans le développement économique et social harmonieux. Elle est indispensable au fonctionnement des services sociaux de base, au développement des activités économiques, à l’amélioration des conditions de vie des populations, indispensable à la vie tout court. Pour des régions comme Maradi, poumon économique du pays et donc grosse consommatrice d’énergie, ces initiatives qui tirent leurs sources du solaire constituent des solutions crédibles et concrètes pour les milliers d’artisans, de commerçants, de coopératives agricoles, de petites et moyennes entreprises et de nombreux ménages de plus en plus exigeants. À travers leurs témoignages assez édifiants, ils se réjouissent de telles initiatives porteuses de solutions plus économiques, plus fiables et mieux adaptées à nos réalités.

Choisir une solution énergétique moderne, en effet, c’est améliorer son confort, réduire ses dépenses énergétiques, préserver l’environnement et contribuer au développement économique du pays.

À travers « HASKE ANERSOL », le gouvernement et la Banque mondiale confortent également leur stratégie visant à faire du secteur privé un acteur central de la transition énergétique.

Le développement du solaire au Niger a notamment impulsé l’émergence d’un nouveau marché prometteur et en pleine croissance en raison des besoins en kits solaires domestiques, en équipements solaires à usages productifs, en kits GPL ainsi qu’en cuisinières modernes, en foyers améliorés à biomasse, en foyers performants à charbon de bois et en plusieurs autres solutions énergétiques. Des produits qui doivent répondre aux normes de qualité exigées par la réglementation en vigueur et qui constituent une opportunité pour l’innovation technologique dans le sous-secteur du solaire.

Et le Fonds « Arzikin Haské » constitue aujourd’hui un instrument stratégique de cette transformation. Son ambition est double puisqu’il vise à soutenir le développement d’un contenu local dans le domaine du solaire et de la cuisson propre en suscitant la création de nouvelles entreprises et en consolidant celles qui existent déjà, et à permettre aux ménages nigériens d’accéder à des équipements énergétiques de qualité, modernes, performants et adaptés à leurs besoins.

Grâce au projet HASKE, financé avec l’appui de la Banque mondiale, le Niger a engagé une transformation ambitieuse du secteur énergétique à travers le développement des solutions solaires hors réseau et des solutions de cuisson propre et efficace. Mis en œuvre par le ministère de l’Énergie à travers l’ANERSOL, le projet HASKE conforte la volonté des autorités, avec l’appui des partenaires, d’améliorer les conditions de vie des populations et de soutenir le développement économique durable. Et parce que l’innovation est un levier de développement, à travers ces dynamiques qui s’appuient sur des potentialités et des initiatives, le Niger poursuit résolument sa marche vers une souveraineté énergétique fondée sur ses compétences, ses ressources et son génie créatif.

Abdoul Karim Moumouni, envoyé spécial dans la région de Maradi (actuniger.com)



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Cnews Nunez Belda.
58 minutes ya
Le Niger pourrait d'industrialiser dans le solaire.
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