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Dans le cadre de la célébration de l’édition 2026 de la Journée internationale des filles (JIF2026), l’ONG TransformNiger, en partenariat avec l’UNICEF, a organisé plusieurs activités commémoratives à Niamey, avec la participation de jeunes filles venues de toutes les régions du pays. L’une des activités phares a été l’initiative « Girls Take Over, Les Filles aux Commandes », qui a été l’occasion de permettre à des adolescentes de s’imprégner du fonctionnement des institutions et établissements publics et privés pour prendre les commandes, le temps d’une journée. Du Conseil consultatif pour la refondation au ministère du Commerce, en passant par le ministère de la Jeunesse, le Fonds de solidarité pour la sauvegarde de la patrie, l’ARCEP, l’ANMC, la banque BIA et l’Arrondissement communal Niamey I… des filles se sont assises dans les fauteuils des décideurs et ont ainsi découvert ce que c’est que de porter une responsabilité. Au-delà de la symbolique, cette immersion vise à encourager les ambitions des jeunes filles nigériennes, à renforcer leur confiance et à rappeler que l’éducation est essentielle pour leur ouvrir les portes des responsabilités.

Donner à des jeunes filles la chance de se glisser dans la peau d’une leader ou d’exercer des responsabilités : c’est la portée symbolique de l’initiative GirlsTakeOver, « Les filles aux commandes », qui aura été l’activité phare de la célébration, du 9 au 13 octobre, de l’édition 2026 de la Journée internationale de la fille (JIF2026).

Le temps d’une journée, le jeudi 13 octobre, des jeunes filles venues des différentes régions du Niger ont découvert les coulisses de la prise de décision et le sens des responsabilités à travers une immersion au sein d’institutions publiques et d’organismes privés. Pas pour jouer un rôle, mais pour se rendre compte qu’elles ont leur place dans ces espaces. Que leurs voix comptent. Que décider de ce qui les concerne, c’est aussi leur affaire. Parce qu’une fille qui s’est vue diriger une fois sait qu’elle peut le refaire.

Le Conseil consultatif pour la refondation (CCR), les ministères du Commerce et de la Jeunesse, le Fonds de solidarité pour la sauvegarde de la patrie (FSSP), l’Autorité de régulation des communications électroniques et de la poste (ARCEP), l’Agence nationale de la normalisation, de la métrologie et de la certification (ANMC), la Banque internationale pour l’Afrique (BIA) et l’Arrondissement communal Niamey I ont notamment pris part à cette initiative.

Au sein de ces différentes structures, les participantes ont pu assister à des réunions, écouter les échanges, poser des questions et prendre la parole. Une expérience destinée à leur faire découvrir concrètement le fonctionnement des institutions et la place qu’elles peuvent y occuper.

À travers Girls Take Over, l’objectif est de donner davantage de visibilité aux capacités de leadership des filles, de renforcer leur assurance et de les encourager à prendre part aux espaces de décision. L’initiative entend également rappeler l’importance de l’éducation et de l’égalité des droits pour leur permettre de construire leur avenir.

 

Au CCR, un appel à miser sur l’éducation

Au Conseil consultatif pour la refondation (CCR), le président de l’institution, le Dr Mamoudou Harouna Djingarey, a accueilli les jeunes filles dans l’hémicycle, en soulignant la portée éducative et symbolique de cette initiative. « C'est une importante occasion pour moi en tant que président du CCR, pour tous les membres du bureau, pour tous les conseillers du CCR, d'accueillir aujourd'hui, au sein de l'hémicycle, nos filles des différentes régions du pays à l'occasion de la Journée internationale de la fille », a-t-il déclaré.

À leur arrivée au CCR, les membres de la délégation de l’ONG TransformNiger et de ses partenaires, accompagnés de la jeune Nadia Aboubacar Beidari, ont été accueillis par le président de l’institution, le Dr Mamoudou Harouna Djingarey. La cérémonie a ensuite été présidée par le deuxième vice-président du CCR, le colonel Inoussa Nomao, représentant le président de l’institution.

Étudiante, Nadia Aboubacar Beidari a symboliquement occupé le fauteuil de la présidence du CCR, incarnant ainsi le thème de cette édition et illustrant la place que les filles peuvent occuper dans les instances de décision. Cette initiative vise à encourager leur leadership, à valoriser leurs capacités et à promouvoir leur participation à la vie publique.

La cérémonie s’est déroulée en présence des membres du bureau du CCR, de conseillers et conseillères résidant à Niamey ou y étant de passage, ainsi que du personnel administratif de l’institution et des représentants de Plan International Niger, conduits par leur représentant résident par intérim, Monsieur Abdou Harouna.

Plusieurs interventions ont marqué cette rencontre, notamment la présentation du CCR par son rapporteur général, Monsieur Abdou Moustapha, l’allocution du représentant résident par intérim de Plan International Niger, Monsieur Abdou Harouna, et le mot du deuxième vice-président du CCR, le colonel Inoussa Nomao, au nom du président de l’institution.

Pour le président du CCR, cette expérience doit contribuer à ouvrir des perspectives aux participantes et à encourager les jeunes filles à poursuivre leur scolarité. Il les a invitées à envisager un avenir dans lequel elles pourraient elles-mêmes occuper les fonctions qu’elles ont découvertes durant cette journée.

« C'est vraiment une simulation et c'est aussi un encouragement pour que les filles partout dans le pays voient que l'éducation est la clé du succès », a-t-il insisté, avant d’appeler les participantes à encourager également leurs camarades à aller à l’école.

Le responsable de l’institution parlementaire a notamment établi un lien entre l’éducation des filles et la prévention de plusieurs difficultés auxquelles elles sont confrontées, dont les mariages précoces, les violences faites aux femmes, les grossesses précoces et les complications liées à la maternité.

« Parce que les enfants, c'est le futur de la nation, les filles, c'est le futur de la nation. Quand une femme est éduquée, c'est toute la nation qui est éduquée », a conclu le président du CCR.

 

Une occasion pour porter la voix des filles nigériennes

Le temps d’une journée, la jeune Nadia a ainsi pris les commandes du Conseil consultatif pour la refondation (CCR) en tant que présidente. Installée au perchoir et conduisant les travaux de l’hémicycle, elle a porté avec assurance la voix de millions de filles nigériennes, rappelant que leur place est au cœur des espaces de décision où se construisent les politiques, les priorités et l’avenir du pays.

Face aux conseillers, aux autorités et aux partenaires présents, Nadia a livré un plaidoyer fort pour l’éducation, la protection et la participation effective des filles à la vie publique.

« …J’en appelle à chacune et chacun d’entre nous à poursuivre, partout où nous nous trouvons et dans toutes nos actions quotidiennes, les efforts en faveur de la promotion et de la protection des droits des filles. C’est un engagement que le Conseil consultatif pour la refondation place au cœur de ses priorités, convaincu que la promotion des droits des filles est essentielle à la construction d’une société plus juste, inclusive et équitable… » Nadia Aboubacar Beidari

 

Investir dans les droits des filles, au-delà des discours

Organisée dans le cadre de la Journée internationale de la fille 2026, célébrée autour du thème « Investir dans les droits des filles », l’initiative Girls Take Over entend donner une visibilité concrète aux capacités et aux aspirations des adolescentes.

En leur ouvrant temporairement les portes des institutions, elle permet de mettre en lumière leur potentiel et de sensibiliser les décideurs, les communautés et les autres parties prenantes à l’importance de leur participation à la vie publique, économique et sociale.

L’enjeu est également de faire entendre leurs voix sur les questions qui les concernent directement. Car l’accès à l’éducation, la protection contre les violences, la prévention des mariages précoces et l’égalité des chances conditionnent aussi leur capacité à construire leur avenir et à prendre part aux décisions collectives.

Dans les différentes structures qui les ont accueillies, les participantes ont reçu des encouragements à travailler à l’école et à poursuivre leurs études afin de pouvoir, demain, accéder aux responsabilités qu’elles ont symboliquement exercées ce mardi 13 octobre.

Au-delà de cette journée d’immersion, le défi reste celui de transformer cette prise de conscience en possibilités réelles d’éducation, de formation et d’accès aux postes de responsabilité. Car donner aux filles l’occasion d’occuper les fauteuils des décideurs est une première étape ; leur permettre d’y accéder effectivement constitue un enjeu de long terme.

A. K. Moumouni (actuniger.com)



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