Issoufou et leaders religieux

Le gouvernement a adopté, en conseil des ministres du vendredi 26 février, un projet de décret portant modalités d’application du statut de la Chefferie traditionnelle. L’adoption de ce nouveau texte va se traduire par une revalorisation des taux des indemnités mensuelles accordées aux chefs traditionnels.

 

Certains verront certainement cette revalorisation des émoluments des dépositaires des traditions et coutumes, comme un cadeau de fin de mandat du Président Issoufou pour les chefs traditionnels. Le gouvernement vient, en effet, de revaloriser, à travers un décret adopté lors du dernier Conseil des ministres, les taux des indemnités mensuelles accordées aux chefs traditionnelles.

Au Niger, les chefs traditionnels, considérés comme auxiliaires de l’administration, n’ont pas à vrai dire de salaires, mais des indemnités qui varient en fonction de leur rang.

Pour rappel, dans la Constitution de la 7e république, l’Etat reconnait, en vertu de l’article 167, « la Chefferie traditionnelle comme dépositaire de l’autorité coutumière ». A ce titre, elle participe à l’administration du territoire de la République du Niger dans les conditions déterminées par la loi. « La chefferie traditionnelle est tenue à une stricte obligation de neutralité et de réserve.  Elle est protégée contre tout abus de pouvoir  tendant à la détourner du rôle que lui confère la loi », complète le même article de la loi fondamentale.

Au Niger, les chefs traditionnels sont organisés au sein d’une Association (l’ACTN) et leur statut est défini et réglementé par la loi n° 2015-01 du 13 janvier 2015, portant statut de la Chefferie Traditionnelle en République du Niger ainsi que ses textes connexes notamment les différents décrets d’application.  

Dan Hadiza (actuniger.com)