Célébration du 72e anniversaire de la Révolution algérienne : Alger s’engage à renforcer sa coopération avec le Niger

L’Ambassade de la République algérienne démocratique et populaire (RADP) à Niamey a célébré, le 3 novembre 2026, le 72e anniversaire de la Révolution du 1er Novembre 1954, symbole de la lutte du pays pour l’indépendance et la souveraineté nationale. Au-delà de la portée historique de cette commémoration, la cérémonie a été l’occasion pour l’ambassadeur d’Algérie au Niger, S.E.M. Saadi Ahmed, de réaffirmer l’attachement de son pays au renforcement des relations algéro-nigériennes et de mettre en exergue les avancées d’un partenariat stratégique, matérialisé notamment par la signature de 20 accords de coopération multiforme, la mise en œuvre de projets structurants dans les domaines de la défense, de la sécurité, de l’énergie et de la formation professionnelle. Un partenariat qui a pris, ces derniers temps, une nouvelle dynamique sous l’impulsion des plus hautes autorités des deux pays.
Une célébration en grande pompe, à l’image de l’excellence des relations entre le Niger et l’Algérie ! À Niamey, la cérémonie de célébration du 72e anniversaire de la Révolution algérienne s’est déroulée le mardi 3 novembre 2026 à l’hôtel Radisson Blu de Niamey, en présence de plusieurs personnalités de premier plan, notamment le ministre nigérien des Affaires étrangères, de la Coopération et des Nigériens à l’extérieur, Bakary Yaou Sangaré, le président du Conseil consultatif de la Refondation (CCR), des membres du corps diplomatique et des représentants des organisations internationales accrédités au Niger. Des représentants des institutions publiques, de la société civile et de la presse, ainsi que de nombreuses autres personnalités, ont également pris part à cette célébration.
Dans une atmosphère empreinte de solennité, mais aussi de convivialité, cette réception a conjugué hommage à l’histoire, expression de l’amitié entre les peuples et mise en valeur des liens de coopération entre les deux pays. Après les interventions officielles, les invités ont notamment suivi la projection d’un film documentaire sur cette glorieuse épopée du vaillant peuple algérien, avant d’apprécier une prestation du groupe musical nigérien Mamar Kassey. La cérémonie s’est poursuivie dans une ambiance festive avec la traditionnelle découpe du gâteau commémoratif, suivie d’un dîner offert aux participants.
Une coopération bilatérale portée par 20 nouveaux instruments
Au cœur de l’allocution de l’ambassadeur Saadi Ahmed, la dynamique de coopération entre l’Algérie et le Niger a occupé une place majeure. Le diplomate a particulièrement mis en avant les résultats de la session de la Grande Commission mixte algéro-nigérienne, tenue en mars 2026 à Niamey et coprésidée par le Premier ministre nigérien, Ali Mahaman Lamine Zeine, et son homologue algérien, Sifi Ghrieb.
Cette rencontre de haut niveau, à laquelle avaient pris part 17 membres du gouvernement algérien, a été marquée par la signature de 20 accords, mémorandums et programmes de coopération. Ces instruments couvrent plusieurs domaines d’intérêt commun et traduisent, selon le diplomate, la volonté des deux États de donner une impulsion nouvelle à leur partenariat.
Au-delà de ces engagements institutionnels, les deux pays entendent renforcer leur coopération à travers des projets concrets dans des secteurs stratégiques, notamment l’énergie, les infrastructures, les transports, les télécommunications, la formation et la sécurité.
La Révolution algérienne : un héritage de souveraineté et de solidarité africaine
Revenant sur la portée historique de la date du 1er Novembre 1954, l’ambassadeur a rappelé que le déclenchement de la Révolution algérienne avait marqué le début d’une lutte de libération nationale contre 132 années de colonisation française. Cette guerre, qui a conduit à l’indépendance de l’Algérie, proclamée le 5 juillet 1962, demeure un moment fondateur de l’histoire du pays.
Évoquant le lourd tribut payé par le peuple algérien, le diplomate a rappelé le chiffre de 1,5 million de martyrs, symbole des sacrifices consentis pour recouvrer la liberté et la souveraineté nationales. Il a également souligné que cet héritage historique continue de nourrir l’engagement de l’Algérie en faveur des peuples qui luttent pour leur émancipation et leur autodétermination.
Dans cette perspective, il a fait référence aux figures du panafricanisme et des mouvements de libération, notamment Amílcar Cabral et Nelson Mandela, dont les combats ont contribué à inscrire la liberté, la dignité et l’indépendance des peuples au cœur des aspirations du continent africain.
L’ambassadeur a, par ailleurs, réaffirmé l’attachement de son pays aux principes de souveraineté des États, de non-ingérence dans les affaires intérieures, de respect de l’autodétermination et de solidarité africaine. Des principes qu’il a présentés comme des repères essentiels de la politique étrangère algérienne et de son engagement en faveur d’un ordre international fondé sur le respect des peuples et des États.
Il a également évoqué les relations entre Alger et Niamey dans le contexte politique nigérien ouvert depuis le 26 juillet 2023, en rappelant les propos du président de la République du Niger, le général Abdourahamane Tiani, relatifs à la souveraineté nationale et à la nécessité pour les pays africains de maîtriser leurs choix et leurs orientations.

Énergie et infrastructures : les grands chantiers de la coopération algéro-nigérienne
L’un des axes majeurs du partenariat entre les deux pays concerne les infrastructures et les projets énergétiques. À ce titre, l’ambassadeur a évoqué plusieurs initiatives portées par l’Algérie dans le cadre de sa coopération avec les pays africains, notamment à travers l’Agence algérienne de coopération internationale, dotée d’un fonds annoncé d’un milliard de dollars, ainsi que le fonds africain destiné à soutenir les start-up.
Le diplomate a également mis en avant les actions de l’Algérie en matière de formation et de renforcement des capacités, rappelant que son pays accueille chaque année des milliers d’étudiants africains, dont 8 000 bénéficient de bourses, et que quelque 65 000 cadres africains ont été formés depuis l’indépendance algérienne en 1962.
Dans le domaine des infrastructures régionales, la Route transsaharienne constitue un projet structurant pour faciliter les échanges et renforcer les connexions entre les pays concernés. À cette initiative s’ajoute le projet de Gazoduc transsaharien (TSGP), qui prévoit le transport de gaz naturel du Nigeria vers l’Europe, via le Niger et l’Algérie, avec une capacité annoncée de 30 milliards de mètres cubes par an.
Selon les indications présentées par l’ambassadeur, les travaux du tronçon algérien ont été lancés le 4 juin 2026 à Adrar, tandis que le démarrage des travaux sur la partie nigérienne est annoncé pour une prochaine étape. Ce projet revêt un intérêt particulier pour le Niger, en raison de son potentiel en matière de transit, de retombées économiques et de développement des infrastructures énergétiques.
La coopération s’étend également au secteur des télécommunications. L’ambassadeur a rappelé l’inauguration, le 6 octobre 2026, de l’interconnexion par fibre optique entre les deux pays, une infrastructure destinée à améliorer les capacités de communication et à renforcer la connectivité numérique transfrontalière.
Évoquant ses déplacements dans plusieurs localités du Niger, notamment Agadez, Ingall, Tchirozérine, Arlit et Assamaka, le diplomate a souligné l’importance de développer davantage les infrastructures de transport et les échanges économiques entre les deux pays. Il a notamment abordé les perspectives liées au prolongement du réseau ferroviaire algérien vers le Niger, ainsi que le rôle que pourrait jouer la Société nigérienne de transport par rails (SNTR) dans cette dynamique.
L’amélioration de l’accès du Niger aux ports algériens figure également parmi les perspectives évoquées, de même que l’ouverture envisagée d’une succursale d’une banque algérienne à Niamey. Autant d’initiatives qui, selon l’ambassadeur, pourraient contribuer à faciliter les échanges commerciaux et à renforcer les relations économiques entre les deux pays.
Formation professionnelle : 500 jeunes Nigériens bénéficient d’un programme spécial en Algérie
La formation des ressources humaines constitue un autre volet important de cette coopération. À ce sujet, l’ambassadeur a mis en lumière le départ, le 30 septembre 2026, de 500 jeunes Nigériens pour l’Algérie, dans le cadre d’un programme de formation professionnelle.
Ces jeunes bénéficient de formations intensives dans différents centres spécialisés algériens, dans plusieurs domaines professionnels. À l’issue de leur parcours, ils doivent également recevoir des kits destinés à faciliter la mise en pratique des compétences acquises et à favoriser leur insertion dans la vie active.
Cette initiative traduit la volonté affichée par les deux pays de faire de la formation et du transfert de compétences des leviers de leur coopération. Elle vise à renforcer les capacités des jeunes bénéficiaires et à leur permettre de disposer de qualifications professionnelles utiles à leur avenir et au développement de leur pays.
Un partenariat sécuritaire renforcé face aux menaces dans l’espace sahélo-saharien
La dimension sécuritaire a également occupé une place importante dans le discours de l’ambassadeur. Celui-ci a insisté sur l’interdépendance des enjeux de sécurité entre l’Algérie et le Niger, soulignant que la stabilité du Niger est étroitement liée à celle de son voisin du nord. M. Saadi Ahmed a réaffirmé la « volonté commune des deux pays de faire face aux menaces terroristes, à la criminalité transfrontalière et aux tentatives de déstabilisation dans l’espace sahélo-saharien ». À cet égard, il a repris les propos du président algérien Abdelmadjid Tebboune, selon lesquels les deux pays sont « dans la même tranchée » et que « la sécurité du Niger est indissociable de celle de l’Algérie ».
Dans cette logique, il a réaffirmé la disponibilité de l’Algérie à poursuivre sa coopération avec le Niger face aux défis sécuritaires communs.
Cette volonté s’est notamment traduite par la signature, à Alger, le 21 octobre 2026, d’un protocole de coopération militaire entre les deux pays. Le document a été signé par le général d’armée Saïd Chanegriha, pour la partie algérienne, et le général Salifou Mody, pour la partie nigérienne.
Cet accord vient renforcer le cadre de coopération entre les deux armées et témoigne de l’importance accordée par Alger et Niamey à la coordination de leurs efforts dans un environnement régional marqué par des défis sécuritaires persistants.
Sahara occidental et Palestine : les positions diplomatiques réaffirmées par Alger
Abordant les questions internationales, l’ambassadeur a réitéré les positions constantes de l’Algérie sur le Sahara occidental et la Palestine. Sur le Sahara occidental, Alger réaffirme son attachement au droit du peuple sahraoui à l’autodétermination, conformément aux principes du droit international et aux résolutions pertinentes des Nations unies.
S’agissant de la Palestine, le diplomate a renouvelé le soutien de son pays à la cause palestinienne et au droit du peuple palestinien à disposer d’un État indépendant et souverain. Ces positions s’inscrivent, a-t-il rappelé, dans la continuité de l’engagement historique de l’Algérie en faveur des peuples qui revendiquent leur liberté et leur souveraineté.
Une célébration entre mémoire historique et amitié algéro-nigérienne
Au terme de son intervention, l’ambassadeur Saadi Ahmed a salué les relations de voisinage et d’amitié qui unissent l’Algérie et le Niger, tout en soulignant l’importance des liens humains et culturels entre les deux peuples. Il a également évoqué la communauté algérienne vivant au Niger, qui contribue, à travers sa présence et ses activités, au rapprochement entre les deux pays.
La commémoration du 72e anniversaire de la Révolution algérienne aura ainsi été à la fois un moment de mémoire consacré au combat pour l’indépendance et une occasion de célébrer l’amitié entre Alger et Niamey. La projection du film de la RTN, la prestation du groupe Mamar Kassey, la découpe du gâteau commémoratif et le dîner offert aux invités ont donné à cette réception une dimension festive, venant prolonger les échanges officiels dans une atmosphère de convivialité.

À travers cette célébration, l’ambassade d’Algérie a surtout mis en lumière l’étendue des engagements bilatéraux en cours : les 20 instruments signés lors de la Grande Commission mixte, les projets énergétiques et d’infrastructures, le programme de formation de 500 jeunes Nigériens et le renforcement de la coopération militaire. Autant de dossiers qui illustrent les différents volets d’un partenariat que les deux pays entendent consolider dans les domaines politique, économique, technique et sécuritaire.


Abdoulkarim (actuniger.com)



