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Hassoumi Massaoudou a Paris

À Niamey, on le considère davantage comme un « sécurocrate » que comme un économiste.

Ces dernières années, Hassoumi Massaoudou avait pris en main – et avec poigne – le ministère de l’Intérieur puis celui de la Défense. Difficile alors d’imaginer cet ingénieur de formation, réputé proche du chef de l’État, aux Finances. C’est pourtant le portefeuille dont il a la charge depuis le remaniement d’octobre.

« Nous voulions imposer une gestion rigoureuse des finances publiques », justifie une source proche du Premier ministre. Surtout, les dépenses de sécurité font désormais partie des préoccupations majeures des argentiers nigériens, priés de fournir à l’armée les moyens de tenir les frontières libyenne, malienne et nigériane.

Jeune Afrique : Vous avez occupé le poste de ministre de l’Intérieur, puis celui de ministre de la Défense. Aujourd’hui, vous êtes aux Finances. Est-ce le signe d’une volonté de reprise en main des comptes publics ?

Hassoumi Massaoudou : Je pense que le président et le Premier ministre ont tenu compte des menaces que nous subissons. Pour l’instant, nous avons fait face avec efficacité, puisque aucun groupe terroriste n’a réussi à s’implanter sur notre territoire. Lorsque j’étais à la Défense, je m’interrogeais déjà sur la manière dont on pouvait financer cet effort. Il est donc logique que je poursuive ce questionnement aux Finances. Il n’y a pas de discontinuité entre ces deux postes.

Le Niger a-t-il vraiment les moyens d’assumer ces impératifs sécuritaires ?

Nous y sommes parvenus jusqu’à présent. Depuis cinq ans, nous y avons consacré près de 10 % de nos recettes budgétaires, et nos investissements en la matière ont été multipliés par quinze. Les besoins sont immenses, et nous allons maintenir le même niveau de dépenses.

Mais, dans le même temps, il faudra faire face aux impératifs en matière de développement, d’éducation, de santé et d’agriculture. Il nous faudra assurer le fonctionnement normal des services de l’État. De plus, nous faisons face à un contexte inattendu avec la récession qui sévit au Nigeria. Cela a eu un impact sur les flux commerciaux.

Êtes-vous touchés par la chute des cours du pétrole ?

Nous sommes un petit producteur de pétrole, avec environ 20 000 barils par jour, qui permettent essentiellement de subvenir à nos propres besoins, même si une petite partie est exportée dans la sous-région. Donc oui, la chute des cours nous a affectés, mais je pense que nous allons très vite sortir de cette situation et que les prix vont repartir à la hausse. D’ailleurs, nous souhaitons passer à une production de 80 000 barils par jour d’ici à quelques années.

Êtes-vous aussi optimiste quant aux perspectives dans le secteur de l’uranium ?

Non. J’ai plutôt l’impression que nous nous installons durablement dans une période de cours très bas et nous nous préparons, par conséquent, à une période de recettes très faibles.

Quand l’exploitation de la mine d’Imouraren pourra-t-elle reprendre ?

Difficile à dire. Cela devrait pouvoir se faire autour de 2020. Il est essentiel pour le Niger qu’elle reprenne le plus tôt possible, mais le site devra sans doute être de dimensions plus modestes et subir des aménagements. Il faudra ensuite monter en puissance progressivement en attendant des conditions plus favorables.

Ce contexte économique tendu est-il synonyme de rigueur et de coupes budgétaires ?

Nous allons maintenir le niveau de dépenses dans la sécurité et l’agriculture – en ce qui concerne la petite paysannerie, l’irrigation et l’environnement, pour lutter contre la dégradation des sols. Sur cinq ans, nous avons eu trois années de sécheresse mais aucune crise alimentaire majeure. Il faut continuer. D’autres secteurs risquent d’être affectés. Ces dernières années, nous avons par exemple beaucoup investi dans la construction d’infrastructures. Ce que nous avons fait est extraordinaire, mais nous allons devoir marquer une pause.

Quelles sont vos prévisions de croissance ?

Nous avons actuellement un taux de croissance de 4,5 %, avec une inflation très faible, inférieure à 3 %. L’année prochaine, nous serons à 5 %. Le cadre macroéconomique est donc assez bon, et nous venons de signer un accord avec le FMI pour un nouveau programme. Nous sommes sur les rails pour régler nos problèmes de trésorerie, qui sont essentiellement liés au surinvestissement de ces dernières années.

N’est-ce pas aller un peu vite en besogne, sachant que la croissance démographique au Niger est de 3,9 % ?

Effectivement, notre croissance démographique ne nous laisse que 0,6 % de gain, ce qui est très faible. Il faut que nous agissions là-dessus, sinon notre démographie va absorber tous nos efforts. Un nouveau ministère, celui de la Population, a été créé, mais ce sont des choses qui prennent du temps. Il y a beaucoup de résistances culturelles. Nous sommes déterminés à les combattre et à engager les réformes.

Le Niger devait prendre, en novembre 2015, la présidence de la Commission de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Pourtant, à la suite d’un différend avec le Sénégal, cela ne s’est toujours pas fait. Où en est-on ?

Un accord avait été adopté à l’unanimité par les chefs d’État des pays membres pour qu’un Nigérien succède au Sénégalais Cheikh Hadjibou Soumaré. Pourtant cela ne s’est pas fait. L’accord qui avait été passé est toujours valable, et il est normal qu’un Nigérien prenne la présidence de la Commission. Nous en discuterons au prochain sommet de l’organisation.

Des députés nigériens ont introduit des amendements à l’article 52 de la Constitution, qui interdit aux élus nationaux de prendre part aux marchés publics. Selon vous, cet article doit-il être modifié ?

Je ne le pense pas. Le gouvernement estime que cet article est pertinent et qu’il ne doit pas être modifié.

Hama Amadou est en exil, Seini Oumarou a rejoint la majorité présidentielle… L’opposition nigérienne paraît très affaiblie. Le Niger est-il aujourd’hui entièrement contrôlé, comme certains de vos détracteurs le disent, par le Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme (PNDS, au pouvoir) ?

Pas du tout. Seini Oumarou a répondu à l’appel à l’union nationale lancé par le chef de l’État, et c’est une très bonne chose. Cette pratique n’est pas nouvelle au Niger, puisque Mahamadou Issoufou prône ce type d’alliances depuis 1999. Quant à Hama Amadou, il est en exil volontaire, mais peut revenir quand il le souhaite sans être inquiété.

En outre, son parti, le Moden-Lumana, fonctionne et représente l’opposition à l’Assemblée nationale. J’ajoute que, dans la période qui a précédé l’élection présidentielle de mars, l’opposition s’exprimait de façon très extrême et violente. Elle est certes revenue à une démarche plus conforme à la démocratie, mais n’est pas pour autant atone.

Cela étant dit, des postes importants sont tenus par d’autres partis que le nôtre : c’est le cas des Affaires étrangères, de l’Agriculture ou de l’Environnement. Il n’y a au Niger ni « État-PNDS » ni projet totalitaire.

 

Jeune Afrique

Commentaires  

+1 #1 YARO 16-12-2016 16:41
Pour la sécurité vous dites investir 10% des recettes, et l'investissement multiplié par 15. Dans un autre discours du PRN ou du DG de l'ONEP, on parle de 10% de PIB investis dans la sécurité. Bref une contradiction selon les institutions, soulignant l'opacité. S'il y avait eu des investissements productifs et une rationalité dans les dépenses publiques (pot de vin, détournement....), nous sentirions moins l'atrophie des recettes de l'Etat. Sinon comment on peut comprendre que le Niger puisse emprunter 2 milliards de dollars et au finish, qu'est ce que nous avons réalisé de productif. Moralité, le même Président Issifou félicite Alpha Condé de Guinée pour avoir réalisé un barrage hydroélectrique avec 2 milliards de dollars qu'il a aussi empruntés auprès des chinois. Avec Guri, le Niger a eu une chance d'avoir accès au crédit énorme, ce type d'occasion se présente une fois tous les 30 ans, malheureusement pour nous quant à son bon usage. En espérant que Guri changera pour la suite.
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+1 #2 Tanko 17-12-2016 05:47
Changera jamais
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0 #3 Sibti 17-12-2016 06:01
Un vrai complexé fanfaron et sans éducation. Un enfant marginal de parents marginaux^, donc sans éducation comme son alter ego Bazoum bouche pourrie ou esclave lybien en fuite jusqu' à Damagaram. Les Nigeriens doivent savoir que ces minnables ne cèderront pas le pouvoir usurppé par le calme mais innévitablement par la force. Autant ils vont brutaliser le peuple autant le peuple va les chasser eux leurs familles et domiciles de niamey et partout ailleurs au niger. Les animateurs de gouri sont sans foi ni loi. Ce sont des vrais serpents dont les têtes ne peuvent céder que par une pluie de grosses pierres sans pitié. Leurs domiciles doivent disparaître à niamey et partout ailleurs. Incha'Allah ils vont partir du pouvoir usurpé.
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0 #4 Sibti 17-12-2016 06:08
Fils de colporteur communément appelé Ga roua il pense transcender son complexe dans une société aristocratique de Birni N gaouré par la menace des nigeriens de tous les horizons. Malgré son poste ministérie et son argent volé, la population locale il est une vraie nausée pour la digne population de Birni N gaouré
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+1 #5 YARO 17-12-2016 11:36
Franchement, je souhaiterai que Guri redresse les finances publiques pour l’intérêt du Niger. Mais comme beaucoup de Nigériens je ne crois plus car beaucoup de ratés ont déjà entaché le début du quinquennat : 43 ministres, la pléthorique de conseillers ministres à la présidence, budgétisation d'une réparation d'un avion à 16 milliards, les saisies des avoirs du Niger suite à un contentieux avec une société de fabrication de passeport, le fameux haut représentant de la république avec son fonds politique... Moralité : ce sont les maigres ressources du Niger qui supportent toutes ces dépenses superflues et incongrues. Donc arrêtez de vous moquez des nigériens si vous parlez de rigueur dans les finances publiques. On vous croit plus les politiciens!!!
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+1 #6 Na dakar 17-12-2016 13:57
Je pense que le Niger ne mérite pas d'avoir des baisses en matière d'infrastructures ai regard du poids démographique
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0 #7 Dan Barno 17-12-2016 15:42
On est pas bien éduqué en 24 heures et pour 24 heures.
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0 #8 dan niger 17-12-2016 19:04
Cette Sibti a des problèmes. Apparemment c'est une frustrée. Pourquoi toutes ces insultes à l'égard des gens qui ignorent même ton existence? Ou bien c'est une gabdi qui pleure la fuite de son promoteur?
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0 #9 ni né 18-12-2016 11:24
dan niger tu as vraiment raison cette sibti a des problèmes c'est une gabdi qui se cherche......... :lol:
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0 #10 illa_kan 19-12-2016 09:42
Les Guristes sont des menteurs, des trompeurs, des voleurs, des faux, des incapables et des non democrates. C'est au peuple Nigériens de se mettre debout comme un seul homme et de les chasser du pouvoir comme ce que Blaise Campaouré a subi au Burkina.
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