Forum International Investir au Niger (F2IN) : une table ronde pour lancer les activités de promotion des opportunités d’affaires au Niger
Le ministre de l’Industrie et du Commerce, M. Abdoulaye SEYDOU, a présidé, ce vendredi 16 octobre 2026, à l’hôtel Radisson Blu de Niamey, la table ronde suivie d’une conférence de presse de lancement des activités préparatoires du Forum international « INVESTIR AU NIGER » (F2IN, le Niger ouvre grand ses portes au monde). Organisé par le ministère du Commerce et de l’Industrie, en collaboration avec l’Agence nigérienne pour la promotion des investissements privés et des projets stratégiques (ANPIPS), avec l’appui du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), cet événement majeur, inédit et historique, qui se tiendra du 24 au 26 novembre prochain au Centre international Mahatma Gandhi de Niamey, ambitionne de mettre en avant cinquante (50) projets bancables répartis dans 13 secteurs d’investissement majeurs, avec un objectif de signature de conventions à hauteur de 5 500 milliards de FCFA, une étape décisive dans la dynamique de souveraineté économique actuelle du Niger. La rencontre a également été l’occasion de présenter la plateforme numérique officielle, www.f2in.ne, qui centralise les informations relatives au Forum et aux opportunités d’investissement afin de permettre aux participants et aux personnes intéressées de s’inscrire pour ne pas rater le rendez-vous qui s’annonce plein de promesses.
C’est dans une salle de conférence de l’hôtel Radisson Blu, qui a fait le plein d’investisseurs nationaux et internationaux, d’acteurs clés du secteur public et privé et de partenaires au développement, que s’est tenue, ce vendredi 16 octobre 2026, la table ronde de lancement des activités préparatoires du Forum international « INVESTIR AU NIGER » (F2IN, le Niger ouvre grand ses portes au monde). Un événement qui a constitué un véritable espace d’échanges stratégiques pour présenter les opportunités d’investissement, le climat des affaires et les axes prioritaires du Forum.
L’initiative est en effet stratégique pour la dynamique de souveraineté du Niger qui, conformément aux axes prioritaires du Programme de refondation de la République (PRR), entend faire de l’investissement privé un levier majeur de sa transformation économique. À travers le F2IN/N2IF 2026, les autorités ambitionnent de rapprocher les opportunités économiques du pays des investisseurs nationaux et étrangers, tout en favorisant l’émergence de partenariats susceptibles de renforcer l’appareil productif national.
Présidée par le ministre du Commerce et de l’Industrie, Abdoulaye Seydou, la table ronde du 16 octobre a réuni plusieurs catégories d’acteurs appelés à contribuer à la réussite de cette initiative. Parmi eux figuraient Mamadou N’Daw, représentant résident du PNUD au Niger, des ambassadeurs et chefs de missions diplomatiques, le directeur général de l’ANPIPS, des chefs d’agences des Nations unies, ainsi que des représentants d’institutions financières multilatérales et régionales, d’organismes de coopération, de partenaires au développement et du secteur privé.
Les échanges ont mis en évidence la nécessité de dépasser la simple présentation des opportunités économiques pour créer les conditions de leur concrétisation. Pour les autorités nigériennes, l’enjeu consiste à attirer des capitaux, à mobiliser des partenaires techniques et financiers et à favoriser des investissements capables de générer davantage de valeur ajoutée au niveau national.
L’ambition est de réunir près de 1 000 participants, dont 300 investisseurs qualifiés issus de plus de 30 pays. Placée sous le haut patronage du président de la République, le général d’armée Abdourahamane Tiani, cette première édition entend renforcer la visibilité du Niger auprès des investisseurs et favoriser des partenariats industriels, le développement des entreprises nationales et la création d’emplois durables.
Transformer les potentialités économiques en investissements concrets
Pour les autorités nigériennes, l’enjeu ne réside pas uniquement dans la présentation des ressources du pays, mais dans leur transformation en activités productives, en valeur ajoutée locale et en emplois durables. Le Niger dispose, selon les données présentées aux participants, d’un potentiel agro-pastoral important, de ressources minières et pétrolières, de perspectives de développement énergétique et industriel, ainsi que de possibilités d’investissement dans les infrastructures et les technologies de l’information.
Le territoire national couvre 1 267 000 km² et sa population est estimée à près de 28 millions d’habitants. Sa position géographique, entre l’Afrique du Nord et l’Afrique subsaharienne, est également présentée comme un atout pour accéder à un marché régional de plus de 500 millions de consommateurs.
Sur le plan agricole, les données communiquées dans le cadre du Forum font état de 15,5 millions d’hectares de terres cultivables, dont moins de 20 % seraient effectivement exploités. Le pays dispose également de ressources en uranium, en pétrole, en or et en phosphates, ainsi que d’un potentiel hydrique susceptible de soutenir plusieurs activités économiques.
Ces atouts ne suffisent toutefois pas, à eux seuls, à garantir l’arrivée des capitaux. Le gouvernement reconnaît que le niveau des investissements privés reste inférieur à ses ambitions et identifie plusieurs obstacles à lever pour améliorer la concrétisation des projets.
Trois défis à surmonter pour rassurer les investisseurs
Dans son intervention, le ministre Abdoulaye Seydou a mis en avant trois difficultés structurelles qui ont historiquement limité la mobilisation des investissements privés : le manque de visibilité sur les projets, les difficultés à établir la confiance dans les transactions et l’insuffisance du suivi après la signature des engagements.
Le premier obstacle tient à l’absence d’un portefeuille unifié de projets bancables, suffisamment structuré pour permettre aux investisseurs d’évaluer les possibilités d’intervention. Sans informations techniques et financières solides, la présentation d’un potentiel économique ne garantit ni l’intérêt des financeurs ni la préparation de décisions d’investissement.
Le deuxième défi concerne les conditions dans lesquelles les investisseurs entrent en relation avec les porteurs de projets et les institutions publiques. Lorsque les démarches reposent essentiellement sur des échanges bilatéraux isolés, la recherche de partenaires peut devenir plus longue, plus coûteuse et plus incertaine.
Le troisième enjeu porte sur le suivi des engagements pris. Des annonces ou des conventions ne se traduisent pas nécessairement par des décaissements et des investissements effectifs. L’absence de mécanismes de suivi adaptés peut ainsi limiter les retombées économiques attendues des accords conclus.
C’est sur ces trois difficultés que le F2IN/N2IF entend agir. Le Forum est conçu comme une plateforme de dialogue économique et de mise en relation, mais également comme un dispositif destiné à faciliter la préparation des transactions, la mobilisation des financements et le suivi des engagements au-delà de l’événement.
La portée de cette ambition dépendra notamment du degré de préparation des projets présentés, de la qualité des informations mises à la disposition des investisseurs et de la capacité des institutions concernées à assurer le suivi des partenariats après le Forum.
Un portefeuille de 50 projets et 5 500 milliards de FCFA en perspective
Le principal indicateur annoncé pour cette première édition est un portefeuille de 50 projets bancables répartis dans 13 secteurs stratégiques, associé à un objectif de mobilisation d’investissements et de signatures de conventions estimé à 5 500 milliards de FCFA.
Ce montant représente un objectif de mobilisation, et non des financements déjà obtenus. Sa concrétisation dépendra de l’intérêt des investisseurs, de la viabilité économique des projets, des conditions de financement et de la conclusion effective des accords envisagés.
Le Forum doit permettre de présenter ces opportunités, de faciliter les discussions entre les promoteurs de projets et les investisseurs et de rapprocher les besoins de financement des instruments susceptibles d’y répondre. L’enjeu sera également d’identifier les projets prioritaires, les partenaires à solliciter et les étapes nécessaires pour passer des manifestations d’intérêt à des engagements opérationnels.
Pour le gouvernement, cette démarche doit contribuer à renforcer le rôle du secteur privé dans la création de richesses, le développement industriel et la création d’emplois. Les entreprises nationales sont appelées à participer pleinement à cette dynamique, aux côtés des investisseurs internationaux, des banques et des institutions financières.
Le PNUD plaide pour des projets mieux préparés et finançables
Partenaire stratégique du Forum, le PNUD entend contribuer au rapprochement entre les opportunités économiques du Niger et les investisseurs, les institutions financières et les expertises nécessaires à leur réalisation.
Dans son discours prononcé à la table ronde, le représentant résident du PNUD au Niger, Mamadou N’Daw, a souligné la nécessité de transformer les potentialités du pays en activités productives, en entreprises plus compétitives et en emplois durables au bénéfice des populations.
« Notre ambition doit être de produire davantage de valeur au Niger », a-t-il déclaré, en mettant l’accent sur la transformation locale des ressources, le développement d’unités de production compétitives et le renforcement des entreprises nationales.
Pour le représentant résident, l’enjeu est de faire évoluer le Forum d’un espace de présentation des opportunités vers un mécanisme de préparation de projets capables d’attirer des investisseurs, des financements et des partenaires industriels et commerciaux.
Le PNUD propose notamment de faciliter le dialogue entre les porteurs de projets et leurs partenaires potentiels, de contribuer à l’identification de solutions de financement adaptées et d’appuyer la préparation de dossiers plus solides et bancables. Cette contribution doit également permettre de rapprocher les projets des priorités nationales, notamment la souveraineté alimentaire, l’accès à l’énergie, l’industrialisation, le développement des territoires et l’emploi des jeunes et des femmes.
Mamadou N’Daw a par ailleurs invité les partenaires techniques et financiers à examiner les possibilités de mobiliser des instruments adaptés, parmi lesquels les garanties, les financements concessionnels, les cofinancements et l’assistance technique. Ces mécanismes peuvent contribuer à réduire certaines contraintes de financement et à améliorer la viabilité des projets, sous réserve de leur éligibilité et de l’évaluation des risques associés.
Le PNUD a également appelé les représentations diplomatiques à faire connaître les possibilités d’investissement du Niger auprès des entreprises, des fonds et des institutions financières de leurs pays respectifs.
« Investir au Niger, c’est contribuer à la transformation des productions agro-pastorales, au développement des capacités énergétiques et industrielles, au renforcement des entreprises nationales et à la création d’opportunités pour les jeunes et les femmes. C’est également développer des chaînes de valeur, favoriser l’accès à de nouveaux marchés et renforcer les partenariats économiques. Notre ambition doit être de produire davantage de valeur au Niger : transformer localement les ressources, développer des unités de production compétitives, renforcer les entreprises nationales et créer des emplois durables. Le Forum doit ainsi permettre de passer de la présentation des opportunités à la préparation de projets susceptibles d’attirer des investisseurs, des financements et des partenaires industriels et commerciaux », M. Mamadou N’Daw, représentant résident du PNUD au Niger
Diplomatie économique et partenariats : le gouvernement sollicite la mobilisation des acteurs
Le ministre du Commerce et de l’Industrie a insisté sur le rôle attendu des partenaires diplomatiques, des institutions financières, des organismes de coopération et du secteur privé dans la réussite du F2IN/N2IF.
Aux ambassadeurs et chefs de missions diplomatiques, il a demandé de contribuer à la promotion de la destination Niger, à la diffusion de l’information sur le Forum et à la mobilisation de délégations économiques de haut niveau. Les réseaux diplomatiques sont ainsi appelés à faciliter les contacts avec les entreprises, les institutions financières, les chambres consulaires et les organisations patronales susceptibles de manifester un intérêt pour les projets nigériens.
Les partenaires techniques et financiers sont, quant à eux, invités à rapprocher leurs programmes d’intervention des priorités nationales et des opportunités d’investissement identifiées. Leur expertise, leurs instruments financiers et leurs capacités d’accompagnement pourraient contribuer à la structuration et au financement de projets dans différents secteurs de l’économie.
Le secteur privé occupe une place centrale dans cette démarche. Le gouvernement souhaite que les entreprises installées au Niger, les banques commerciales, les établissements financiers et les opérateurs économiques participent activement aux échanges et proposent des partenariats concrets.
L’objectif est de favoriser les co-investissements, les projets conjoints et les collaborations entre entreprises nationales et internationales. De telles initiatives peuvent contribuer au transfert de compétences et de technologies, au renforcement des chaînes de valeur locales et à l’élargissement de l’accès aux marchés.
Le Forum entend également promouvoir l’actionnariat populaire et une meilleure intégration du secteur privé national et de la diaspora dans les chaînes de valeur stratégiques. Cette orientation vise à faire en sorte que les opportunités économiques ne bénéficient pas uniquement aux capitaux extérieurs, mais puissent aussi mobiliser les ressources et les compétences disponibles au sein de l’économie nigérienne.
« Les investisseurs, les chefs d’entreprise et les représentants du secteur privé, vous êtes au cœur de la dynamique que nous entendons impulser à travers ce Forum. Si les pouvoirs publics ont la responsabilité de définir les orientations stratégiques et de mettre en place un cadre favorable au développement des activités économiques, c’est largement à travers l’initiative privée que se concrétisent la création de richesses, l’innovation, le développement industriel et la création d’emplois. Le gouvernement souhaite donc placer le secteur privé au centre de cette démarche, non seulement comme participants au Forum, mais surtout comme partenaires de la transformation économique du Niger. Le Niger s’ouvre au monde entier avec détermination, clarté et ambition. Le Forum international Investir au Niger constitue la plateforme idéale pour sceller des partenariats gagnant-gagnant, respectueux de nos souverainetés mutuelles et orientés vers la prospérité partagée », M. Abdoulaye Seydou, ministre du Commerce et de l’Industrie
Des réformes annoncées pour améliorer le climat des affaires
Le lancement des préparatifs du Forum intervient dans le prolongement de l’orientation économique affichée par les autorités depuis juillet 2023, qui placent la souveraineté économique et le choix des partenaires stratégiques au cœur de leur vision.
Dans son discours, Abdoulaye Seydou a rappelé les efforts engagés par le gouvernement pour améliorer l’environnement des affaires, notamment à travers la simplification et la dématérialisation des procédures administratives, la modernisation du cadre légal et le renforcement des garanties juridiques.
Les orientations présentées mettent également en avant le développement de mécanismes de financement adaptés et l’amélioration de l’accès à l’électricité et aux technologies de l’information. Ces facteurs sont déterminants pour la compétitivité des entreprises, en particulier dans les secteurs industriels et de transformation.
Le défi consiste désormais à faire en sorte que les réformes annoncées se traduisent par des conditions d’investissement suffisamment lisibles et prévisibles pour les opérateurs économiques. La qualité du cadre réglementaire, la disponibilité des infrastructures, l’accès au financement et la sécurité juridique figurent parmi les éléments qui influencent les décisions des investisseurs.
Le gouvernement entend, dans cette perspective, faire du secteur privé national et international un moteur de la création de richesses et d’emplois durables, en complément du rôle des pouvoirs publics dans la définition des orientations stratégiques et la mise en place d’un environnement favorable à l’activité économique.
Des rencontres d’affaires aux conventions d’investissement
Prévu du 24 au 26 novembre 2026 au Centre international de conférences Mahatma Gandhi de Niamey, le F2IN/N2IF doit s’articuler autour de plusieurs activités complémentaires.
Le programme annoncé prévoit des panels thématiques consacrés aux enjeux économiques et aux secteurs stratégiques, des expositions institutionnelles et sectorielles, ainsi que des rencontres d’affaires entre entreprises (B2B), entre entreprises et administrations publiques (B2G) et entre gouvernements (G2G).
Des visites de sites industriels sont également prévues, de même que des activités de réseautage et des animations culturelles. L’objectif est de multiplier les occasions de contact entre les investisseurs, les promoteurs de projets, les administrations et les partenaires susceptibles d’accompagner la réalisation des investissements.
Ces rencontres devront permettre de préciser les intérêts des différentes parties, d’identifier les besoins d’accompagnement et d’approfondir les possibilités de coopération. La perspective de signatures de conventions constitue l’un des résultats recherchés, mais leur portée économique dépendra de leur traduction ultérieure en financements mobilisés, en projets exécutés et en activités effectivement mises en service.
C’est précisément sur cette capacité à assurer le suivi des engagements que se jouera une partie de la crédibilité du Forum. La mobilisation des investisseurs pendant trois jours ne suffira pas à elle seule : la préparation des dossiers, la clarification des responsabilités institutionnelles et le suivi des accords seront déterminants pour transformer les annonces en réalisations.
5 500 milliards de FCFA visés : le pari de la concrétisation
L’ambition est affichée, les projets sont annoncés, les investisseurs sont attendus. Reste désormais au Niger à transformer l’essai. Avec un objectif de 5 500 milliards de FCFA d’investissements et de signatures de conventions, le F2IN/N2IF 2026 porte une promesse économique majeure, mais aussi une exigence de résultats. Car attirer les capitaux ne suffit pas : encore faut-il convaincre sur la viabilité des projets, garantir un environnement des affaires suffisamment prévisible et assurer un suivi rigoureux des engagements. Du 24 au 26 novembre, à Niamey, l’enjeu dépassera donc la mobilisation des investisseurs et la signature d’accords. Il s’agira de démontrer que les opportunités présentées peuvent déboucher sur des financements effectifs, des unités de production opérationnelles, une transformation accrue des ressources locales et des emplois durables. Au bout du compte, le succès du Forum ne se jugera ni au montant des annonces ni au nombre de conventions signées, mais à la capacité du Niger à convertir ces engagements en réalisations mesurables au bénéfice de son économie et de sa population. C’est à cette épreuve des résultats que le F2IN/N2IF sera véritablement attendu.
Il convient de noter qu’au cours de cette rencontre, en plus de la conférence de presse coanimée par le ministre du Commerce et de l’Industrie, le représentant résident du PNUD au Niger et le représentant du directeur général de l’ANPIPS, les participants ont assisté à la projection du spot officiel, à la présentation de la plateforme F2IN et à une séance d’échanges et de discussions entre ces différents acteurs, animés par une vision commune : promouvoir le potentiel économique du Niger et bâtir des partenariats stratégiques et durables pour la souveraineté économique du Niger.
Youssouf Diallo (actuniger.com)










