Cybercriminalité au Niger : faux entrepreneur, « billets multipliés », crédits détournés… la DPJ démantèle trois réseaux
La Direction de la Police judiciaire (DPJ), à travers sa Division de lutte contre la cybercriminalité, a démantelé trois réseaux impliqués dans des faits d’escroquerie, de chantage, d’usurpation d’identité numérique et de soustraction frauduleuse de crédits de communication. Menées au cours du mois de septembre 2026, ces opérations ont conduit à l’interpellation de plusieurs mis en cause et permis de mettre au jour des modes opératoires distincts, dont une escroquerie à la prétendue multiplication de billets ayant causé plus de 25 millions de francs CFA de pertes et un détournement de crédits de communication évalué à plus de 5 millions de francs CFA.

La cybercriminalité gagne en sophistication, mais les services spécialisés de la Police judiciaire renforcent également leur riposte. Au cours de la période allant du 1er au 30 septembre 2026, la Division de lutte contre la cybercriminalité de la DPJ a démantelé trois réseaux impliqués dans différentes infractions commises au moyen des technologies de l’information et de la communication.
Des dossiers distincts, mais un même recours aux outils numériques pour tromper, faire pression ou détourner frauduleusement des biens et des avoirs. Les trois affaires ont été transmises au parquet au cours du mois de septembre.
Une fausse romance pour piéger des femmes
Le premier dossier, déféré au parquet le 1er septembre, concerne des faits d’usurpation d’identité numérique, de harcèlement et de chantage par moyen de communication électronique.
Le mis en cause, présenté comme l’unique membre de ce réseau, aurait notamment utilisé les réseaux sociaux, en particulier TikTok, pour se faire passer pour un riche entrepreneur somalien. Il ciblait principalement des femmes avec lesquelles il engageait une relation présentée comme amoureuse, avec la perspective d’un mariage.
Une fois la confiance établie, le suspect demandait à ses victimes de lui transmettre des photographies ou vidéos à caractère intime. Ces contenus devenaient ensuite l’instrument d’un chantage : leur diffusion sur les réseaux sociaux était menacée si les victimes ne versaient pas les sommes exigées.
L’exploitation de son téléphone portable a permis aux enquêteurs de découvrir plus de 200 photographies et vidéos à caractère intime, appartenant à des victimes de nationalité nigérienne et étrangère.
Plus de 25 millions FCFA dans une escroquerie aux « billets multipliés »
La deuxième affaire, déférée au parquet le 24 septembre, porte sur une escroquerie par moyen de communication électronique fondée sur une promesse aussi ancienne que lucrative : la prétendue multiplication de billets de banque.
Le réseau compte deux personnes, dont l’une est actuellement activement recherchée.
Selon les éléments de l’enquête, les mis en cause utilisaient les réseaux sociaux pour se présenter comme capables de multiplier des billets de banque. Une fois leurs victimes convaincues, ils obtenaient d’elles l’envoi de fonds avant de couper tout contact et de disparaître.
Le préjudice financier enregistré dans cette affaire est particulièrement important : plus de 25 millions de francs CFA.
Des crédits Niger Télécom détournés
Le troisième réseau, déféré au parquet le 23 septembre, opérait selon un mode opératoire différent. Il s’agit de faits d’accès illégal aux comptes de clients de Niger Télécom et de soustraction frauduleuse de crédits de communication.
Le réseau était composé de trois personnes. Deux ont été interpellées, tandis que le troisième membre est impliqué dans le dispositif décrit par les enquêteurs. Parmi les personnes mises en cause figurent d’anciens agents de Niger Télécom.
Les enquêteurs ont établi une répartition précise des rôles. Le premier complice était chargé d’accéder illicitement aux comptes des clients et d’en soustraire les crédits de communication. Le deuxième recevait les crédits ainsi détournés avant de les transférer vers différents numéros appartenant au troisième. Celui-ci se chargeait ensuite de revendre les crédits et d’en récupérer le produit.
Le préjudice financier résultant de ces agissements est estimé à plus de 5 millions de francs CFA.




