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La dernière réunion du Conseil National de Dialogue Politique (CNDP) a eu pour objet l’émission d’un avis simple sur les candidatsretenus au Poste du Président et du Vice-Président de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI). Ces candidats ont été sélectionnés à la suite d’un appel à candidature et un entretien avec une commission technique prévue à cet effet. Le résultat obtenu à la suite de ce processus technique et assez original est soumis à l’avis du CNDP avant d’atterrir sur le bureau du Président de la République, la seule autorité investit du pouvoir de nomination pour pourvoir à ces postes. C’est ainsi que le CNDP a émis un avis favorable en faveur du premier des candidats au poste de Président et un avis défavorable contre la candidature du premier des candidats au poste de vice-président de la CENI.

Au-delà de l’émoi suscité par une telle incohérence, les propos et arguments avancés pour justifier le rejet de la candidature du Dr. Boubacar Hassan Amadou au poste du vice-président renseignent à suffisance sur la conception qu’une certaine classe politique a de la CENI.

Cette situation nous amène à établir deux constats : 

I.                   Une perception malsaine de la CENI

Dans une approche assez simpliste, l’on peut soutenir que la CENI est une institution de la République chargée d’organiser les élections politiques au Niger.

Toutefois, la dimension institutionnelle de la CENI et sa mission de service public ne sont pas perçues par certains acteurs politiques et ce, à la lumière de deux phrases maladroitement prononcées par le représentant du Parti Nigérien pour la Démocratie et le Socialisme.

A.     « Nous n’allons pas accepter à ce que ce Monsieur qui nous critique et insulte chaque semaine sur la Télévision Bonferey soit Vice-Président de la CENI »

A travers ces propos, l’homme politique en question a ôté, sans le savoir peut être, tout caractère républicain et institutionnel à la CENI en faisant d’elle la chose à eux. Pire, il véhicule, ni plus ni moins, une perception « prébendière » de la CENI en la présentant inconsciemment comme un point de chute réservé aux plus polis des citoyens, c’est-à-dire, ceux-là qui sont prompts à applaudir quels que soient les errements du système.

Dommage, Monsieur le Ministre si la CENI est réduite à cela., c’est-à-dire, un moyen de promotion et de récompense interdit à ceux qui critiquent.

B.      « Nous n’allons pas nous poignarder dans le dos »

La CENI est en principe une institution impartiale dont le rôle est, entre autre, d’organiser les élections, de centraliser et de diffuser les suffrages exprimés par le peuple souverain.

Sous ce rapport, elle ne doit pas être considérée comme un allié ou un adversaire d’un parti politique et d’une coalition de partis politiques. C’est en cela que son caractère d’institution indépendante revêt tout son sens.

Malheureusement, telle n’est pas la vision de certains hommes politiques qui pensent que le fait d’admettre, au sein de l’institution, certains esprits imprévisibles est synonyme de se poignarder dans le dos.

Alors, la question que l’on peut se poser à ce sujet est celle de savoir s’il n’avait pas quelque chose de prévisible ou de planifié qui pousse à craindre l’arrivée « aux affaires » de  certains éléments perturbateurs.

Mais au fond, doit-on avoir peur d’une CENI et ce, quel que soit le profil de ses membres ? Nous y reviendrons. 

Docteur ISSOUFOU Adamou

FSJP/UCAD/DAKAR

 

Commentaires   

+2 #1 JBOLOR 03-10-2017 13:01
Le dernier mot revient au PR et esperons que dans ce cas précis, il saura être au dessus des partis et faire le choix de la raison. Mais cet acte augure mal de la suite des élections à venir si manifestemeent certaines écuries politiques veulent une CENI qui leur est inféodée et je peux le comprendre car nos politiciens ont une peur bleue de perdre leurs prébendes et aussi de risquer de rendre compte de leur gestion en perdant le pouvoir. C'est aussi revelateur des conditions dans lesquelles la présidentielle de février/mars 2016 s'est déroulée.
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0 #2 lolna 03-10-2017 20:06
Monsieur le Docteur l'équation est pourtant simple : la Ceni c'est tout simplement l'impartialité et un juge entre guillemets qui départage les concurrents politiques, allez vous tu accepter un juge qui critique une partie avant même le début du procès, qu'allait on dire si on avait proposé quelqu'un qui passe son temps à critiquer l'action de l'opposition comme membre de la Ceni je présume que votre réaction sera autre. C'est difficile de dire je suis impartial et l'être.
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0 #3 Malami 04-10-2017 09:38
Citation en provenance du commentaire précédent de JBOLOR :
Le dernier mot revient au PR et esperons que dans ce cas précis, il saura être au dessus des partis et faire le choix de la raison. Mais cet acte augure mal de la suite des élections à venir si manifestemeent certaines écuries politiques veulent une CENI qui leur est inféodée et je peux le comprendre car nos politiciens ont une peur bleue de perdre leurs prébendes et aussi de risquer de rendre compte de leur gestion en perdant le pouvoir. C'est aussi revelateur des conditions dans lesquelles la présidentielle de février/mars 2016 s'est déroulée.
JBOLORE vous vous tromper. En tout cas vous serez déçu. Le Président ne peut pas ignorer la chasse contre les fonctionnaires honnêtes engagés par son parti depuis son accession au pouvoir, parce qu'ils refusent de cautionner le faux.
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