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Dans la série d'événements que nous vous proposons en lecture, il y a ceux, nombreux, qui sont relatifs à la dégringolade de nos mœurs. Rassurez-vous, ce n'est pas par pur plaisir ou sadisme que nous le faisons. Nous entretenons l'espoir que ce genre d'événements fouette la conscience des uns et des autres pour canaliser la descente aux enfers de nos vertus séculaires.

Dijé est une jeune fille de 25 ans, peut- être un peu trop vieille dans notre société.

En effet, chez nous quand une fille dépasse 20 ans sans avoir eu d’avance pour le mariage, on commence à s'inquiéter sur son sort. Cette réalité est aujourd'hui moins palpable et on assiste à Niamey à l'émergence de groupes organisés de jeunes filles qui ont décidé de jouir éternellement des joies du célibat. Ne vous faites pas d'illusion, nous sommes bien à Niamey et ces groupes existent. Des « Gabdis lalo (GL) » sous la bannière de femmes et d’hommes proxénètes entretiennent des maisons où ces jeunes femmes officient.

Aujourd’hui, ces groupes utilisent la prostitution à plusieurs fins. La pratique la plus répandue est celle de compromettre de gros bonnets afin de leur soutirer le maximum de profit. Dijé a fait l'expérience d'une telle pratique. Un jour, dans le salon d'un hôtel de la place, Dijé a accroché un gros bonnet, un de ceux-là qui se cachent pour savourer des joies latentes. Dijé l’a reconnu car à plusieurs reprises elle l'a vu vociférer à la télévision.

Et, elle ne s'est pas trompée car, sa responsable, la proxénète, lui avait signifié qu'elle venait de ramener l'un des plus gros poissons ou « poisons » de la Société Civile. C'est parti pour le tour de dribbles à la Léonel Messi.

Au début, Dijé ne faisait preuve d'aucun besoin d'argent. Elle était indifférente à tout ce qui touche à l'argent. Son désir, c'est d'être avec monsieur qu'elle disait aimer comme jamais elle n'a aimé quelqu’un dans sa vie. Et, naïvement, le gros bonnet succombait, affichait un rire bête, à la manière d'un phacochère en je rut. Les choses allaient bon train jusqu'au jour où, après une séance d'amour rondement consommée, Dijé se mit à vomir. Elle vomit tellement que le gros bonnet crut qu'elle allait perdre ses intestins. ll prit peur, la transporta au niveau d'une clinique où on détecta un début de grossesse. Boum ; une véritable bombe assomma le gros bonnet. Lui, auteur d'une grossesse hors mariage ? Que diraient ses trois femmes ? Que dirait tout- le peuple qui l’appréciait à chacune de ses sorties ? Non ; ce n'est pas possible ; ça ne pourrait pas arriver. Le gros bonnet s’activa et le jour même, il prit en charge l'opération d'avortement. Trois jours plus tard, les choses étaient rentrées dans l'ordre. Cependant, le gros bonnet jura de ne plus se laisser surprendre. Il arrêta net toute débauche. À quelque chose malheur est bon.

Après un mois, Dijé fut rappelée par l'infirmier qui l’a consultée ; au fait, c’était un semblant de consultation car il était de mèche avec Dijé. Une fois à la clinique, Dijé fut assommée par une terrible nouvelle : elle était réellement enceinte.

Surtout que, curieusement, Dijé avait des malaises tout le mois. Elle n'avait pas vu a ses menstrues et elle avait de fréquents maux de ventre. Une 2ème opération d’avortement s’imposait. Dijé, aidée par sa proxénète dut rassembler la somme de 500 mille pour l'opération qui s’annonçait pleine de risques comme l'avait annoncé l’infirmier. La somme fut versée.

L’infirmier donna à Dijé des comprimés qu'elle devait absorber ; la semaine qui suivra, elle rejettera le fœtus sous forme d'écoulements.

Une semaine, 2 semaines, trois semaines, aucun écoulement. Inquiète, Dijé se présenta chez l'infirmier avec un ventre qui commençait déjà à rebondir. L’infirmier lui dit de patienter. Dijé, dans une colère mal contenue, lui signifia qu'elle ne peut continuer à trimballer ce ventre qui prenait de plus en plus d'envergure.

Dans un rire, l’infirmier lui dit : « Ton ventre est psychologiquement ballonné car tu ne portes aucune grossesse. Au fait, je voulais prendre ma part sur la somme de un million cinq cent mille que tu as pris au gros bonnet. Merci de ta contribution. »

BIZO

Le Canard Déchainé

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