jeudi, 21 février 2019
French Arabic Chinese (Simplified) English Turkish
Flash Infos
........ ....... ....... ........ ....... ....... ...... ........ ....... .......

Kemi Seba doigt menace

L’avion de l’activiste franco-béninois Kemi Seba a atterri ce jeudi matin à l’aéroport d’Orly, en France. Il était sous le coup d’une procédure d’expulsion qui lui avait été notifiée la veille par les autorités sénégalaises.

Kemi Seba a dû embarquer de force mercredi soir soir sur le vol Corsair SS979, qui a décollé de Dakar à 23h40 [heure locale] pour atterrir ce matin à 7h15 [heure locale] à l’aéroport d’Orly. D’après son avocat Me Koureichi Ba, l’avis d’expulsion lui avait été notifié mercredi « vers 14h [heure locale] ». « Les délais sont très courts, tout est allé très vite », avait-il déploré. Contacté par Jeune Afrique ce matin, Kemi Seba a réagi à sa manière en déclarant : « Jamais noyé, juste en apnée ».

Peu avant son expulsion, la Rencontre africaine pour la défense des droits de l’homme, la Ligue sénégalaise des droits humains et Amnesty international Sénégal avaient dénoncé dans un communiqué commun « une procédure tout à fait arbitraire, qui viole le droit au recours prévu pour les personnes visées par des arrêtées d’expulsion ».

« Menace grave pour l’ordre public »

L’arrêté d’expulsion avait été pris par le ministre de l’Intérieur, et était daté du 5 septembre au soir. « Le Gouvernement de la République du Sénégal a prononcé une mesure d’expulsion du territoire national sénégalais, à l’encontre du ressortissant franco-béninois Stélio Gilles Robert Capo Chichi, alias Kemi Seba », pouvait-on lire dans ce document rendu public dans la soirée. Outre ses récents démêlés judiciaires, l’arrêté d’expulsion souligne que Kemi Seba  « s’est fait aussi remarquer pour les propos désobligeants qu’il formule à l’encontre des chefs d’État et dirigeants africains et envisagerait de mener des actions préjudiciables à l’ordre public en appelant à des rassemblements intempestifs sur la voie publique. » Le texte, signé du ministre de l’Intérieur, justifie la décision d’expulsion par le fait que sa présence au Sénégal constitue « une menace grave pour l’ordre public ».

Les policiers sont venus chercher Kemi Seba à son domicile en milieu de journée pour l’emmener au poste de la police des étrangers de Dakar, à Dieupeul. « Ils lui ont demandé de le suivre pour vérifier sa situation administrative. Il les a accompagné sans faire d’histoires », raconte à Jeune Afrique un militant de la société civile, proche de Kemi Seba, qui était avec lui au moment de l’interpellation et l’a suivi jusque devant les locaux de la police des étrangers, avec d’autres soutiens de cet activiste qui défraie la chronique à Dakar et au-delà depuis qu’il a brûlé un billet de 5 000 francs CFA, le 19 août dernier.

Les services de police ont « pu constater qu’il a un passeport français ainsi qu’un passeport béninois qui, lui, n’est actuellement plus valable », a expliqué à JA une source au sein de la police sénégalaise.

La procédure a été initiée sur la base du « trouble à l’ordre public » que constitue la présence de Kemi Seba sur le territoire national sénégalais. L’appel lancé par le collectif d’organisations constituant le Front anti-CFA à une manifestation le 16 septembre prochain aurait servi d’accélérateur à la décision d’engager une procédure d’expulsion.

Kemi Seba a été poursuivi en justice – suite à une plainte déposée par la BCEAO – pour avoir brûlé un billet de 5 000 francs CFA, le 19 août dernier lors d’une manifestation. Jugé par le Tribunal des flagrants délits de Dakar, après quatre jours passés en détention, il avait finalement été relaxé, le 29 août. Mardi 5 septembre, le parquet de Dakar a fait appel de cette décision. Aucune date n’avait encore été fixée pour le procès en appel.

Le débat sur le CFA relancé

Le président de l’ONG Urgences Panafricanistes a, par son geste, relancé de manière spectaculaire le débat sur le franc CFA, qu’il accuse d’être un instrument au service du néocolonialisme français. En décembre 2016, il s’était vertement attaqué au chef de l’État sénégalais Macky Sall, après une déclaration de celui-ci sur son attachement au franc CFA. Il avait alors accusé le président sénégalais d’avoir livré une déclaration d’« amour pour l’esclavage économique, la soumission politique et la dépendance endémique vis-à-vis de l’oligarchie française », comme le rappelle Jeune Afrique dans son édition du 3 au 9 septembre.

Dans la voiture de police qui l’emmenait dans les locaux de la police des étrangers de Dakar, Kemi Seba a eu le temps d’envoyer un texto : « C’est démesuré tout ça ».

Jeune Afrique

 

Commentaires   

0 #1 lolna 07-09-2017 15:59
Pour une fois une expulsion d'Afrique vers la France. J'en connais qui en rêve comme les 80 vierges du paradis.
Citer | Signaler à l’administrateur
+1 #2 Africa 07-09-2017 16:41
C est vraiment grave. Les Africains sont leurs propres enemies. Kemi S ne fait que lutter pour l emergence de l Afrique mais comme l Afrique francophone est dirigee par des negres a la solde des francais, on expulse un des leurs vers la France. Quelle honte,Quelle disgrace.
Citer | Signaler à l’administrateur
+1 #3 Soum 07-09-2017 17:30
Je suis Ecœuré par le comportement du Sénégal vis-à-vis de Kemi. C’est honteux d’afficher à la face du monde que des africains travaillent pour préserver les intérêts de la France. Pauvre Afrique francophone !!!!
Citer | Signaler à l’administrateur
0 #4 TBI 07-09-2017 21:33
Le Sénégal demandera pardon à la jeunesse Africaine très bientôt car nous nous acheminons vers la fin de la France-Afrique.
Pour la caravane de front anticfa. Dakar-Niamey nous vous attendons a bras ouvertq
Citer | Signaler à l’administrateur
+1 #5 ???? 08-09-2017 09:36
Il aurait du avoir un passeport valable d'un des pays de la cdeao comme ça il aurait pu eviter cette expulsion, il s'attendait à tout sauf à ça certainement....dans une telle lutte, il faut se préparer à toute éventualité quand on sait le moyen dont dispose l’adversaire......
il est expulsé vers la France car il est en possession d'un passeport français valable.....
Citer | Signaler à l’administrateur
+1 #6 lolna 08-09-2017 15:29
Citation en provenance du commentaire précédent de ???? :
Il aurait du avoir un passeport valable d'un des pays de la cdeao comme ça il aurait pu eviter cette expulsion, il s'attendait à tout sauf à ça certainement....dans une telle lutte, il faut se préparer à toute éventualité quand on sait le moyen dont dispose l’adversaire......
il est expulsé vers la France car il est en possession d'un passeport français valable.....
cest juste pour jouer au héros des semi illettrés sinon lui même il ne croit pas à ce qu'il nous raconte. S'il est conséquent avec lui même il n'a qu'à brûler son passeport français et prendre le passeport beninois, on va voir qui est caïman dans l'eau.
Citer | Signaler à l’administrateur
0 #7 djimraou 09-09-2017 22:46
Citation en provenance du commentaire précédent de lolna :
Citation en provenance du commentaire précédent de ???? :
Il aurait du avoir un passeport valable d'un des pays de la cdeao comme ça il aurait pu eviter cette expulsion, il s'attendait à tout sauf à ça certainement....dans une telle lutte, il faut se préparer à toute éventualité quand on sait le moyen dont dispose l’adversaire......
il est expulsé vers la France car il est en possession d'un passeport français valable.....
cest juste pour jouer au héros des semi illettrés sinon lui même il ne croit pas à ce qu'il nous raconte. S'il est conséquent avec lui même il n'a qu'à brûler son passeport français et prendre le passeport beninois, on va voir qui est caïman dans l'eau.

Ils l'auraient emprisonner s'il n'est pas francais, voila pourquoi cette nationnalite est utile pour lui pour le moment car meme en france c'est difficile de le faire taire.
Citer | Signaler à l’administrateur

Ajouter un Commentaire

BULLETIN REJEA N°12

Rejea Bulletin Info min

WhatsApp Image 2019-01-30 at 11.45.05.jpeg

IMG 20190108 WA0002

 // Ecouter de la musique moderne nigerienne \\ 
actuzik1 min

Dans la même Rubrique

Mali: un forum contre le franc CFA organisé à Bamako

18 février 2019
Mali: un forum contre le franc CFA organisé à Bamako

Au Mali, une conférence s’est tenue ce dimanche à Bamako contre le franc CFA. Vieux serpent de mer des relations franco-africaines, le débat a été ravivé par le gouvernement populiste...

Burkina Faso: cinq morts dans l'attaque d'un poste de douane

16 février 2019
Burkina Faso: cinq morts dans l'attaque d'un poste de douane

Au Burkina Faso, un poste de douane situé entre les villes de Bittou et Cinkanse, région du centre-est a subi une attaque dans la soirée du vendredi 15 février 2019....

Nigeria : la présidentielle et les législatives sont reportées au 23 février

16 février 2019
Nigeria : la présidentielle et les législatives sont reportées au 23 février

À quelques heures de l'ouverture des bureaux de vote, la Commission nationale électorale indépendante du Nigeria a annoncé que les élections générales de samedi étaient reportées au 23 février pour...

66 personnes tuées dans une attaque criminelle au Nigeria

15 février 2019
66 personnes tuées dans une attaque criminelle au Nigeria

Soixante-six personnes ont été retrouvées mortes dans le nord-ouest du Nigeria, à la suite d'une attaque criminelle, a annoncé vendredi le gouverneur de l'État de Kaduna, à la veille de...

Présidentielle au Sénégal : Abdoulaye Wade persiste dans sa stratégie incendiaire

14 février 2019
Présidentielle au Sénégal : Abdoulaye Wade persiste dans sa stratégie incendiaire

Arrivé il y a une semaine dans la capitale sénégalaise, l’ancien président sénégalais a multiplié les rencontres avec des représentants de l’opposition. Mais mercredi soir, Abdoulaye Wade a réitéré ses...

Frontière Niger-Benin: plus de 40 disparus dans un naufrage sur le Niger

14 février 2019
Frontière Niger-Benin: plus de 40 disparus dans un naufrage sur le Niger

Au moins 43 personnes, en majorité des Béninois, sont "portées disparus" et plus de 60 autres ont pu être sauvées après le naufrage d'une pirogue surchargée sur le fleuve Niger,...