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Le Premier ministre, Chef du gouvernement, SEM. Brigi Rafini, s'est rendu, samedi dernier, «au chevet» de l'hôpital national de Niamey pour s'enquérir de son état de santé. Le diagnostic est formel. L'hôpital national de Niamey est malade, très malade pour pouvoir soigner des malades.

Face à cette urgence de 3ème niveau, le Premier ministre s'est entretenu avec les responsables de l'établissement en vue de trouver avec eux la puissante thérapie qui puisse permettre aux malade des se remettre sur pied. Le Premier ministre était accompagné dans cette visite du ministre de la Santé Publique, M. Soumana Sanda.

Le Premier ministre a entamé très tôt cette visite surprise, par le service des urgences. Il s'est rendu dans tous les compartiments de ce service, notamment à l'aiguillage, à la salle des consultations, au niveau des deux salles d'intervention, dont une seule est fonctionnelle par manque d'équipements. La vétusté des équipements techniques et l'exiguïté des locaux sont les maîtres maux dont souffrent les urgences de l'hôpital national de Niamey.

Selon le ministre de la Santé Publique, M. Soumana Sanda, un plan d'extension de ce service est actuellement envisagé. M. Brigi Rafini a ensuite visité le service d'imagerie médicale, et le Pavillon A. Il s'est rendu à la Pédiatrie B qui accueille des enfants malades, âgés de 2 à 15 ans. Les 42 lits d'hospitalisation qui s'y trouvent sont loin de satisfaire la demande. Ce sont les couloirs qui sont utilisés pour faire face à l'exiguïté des locaux. La responsable des lieux a évoqué un important problème de concentrateur d'oxygène. Une impérieuse nécessité pour ce service qui a vu son taux de décès dégringolé de 25% en 2003, à 8% en 2010.

Le Premier ministre s'est par la suite rendu dans les salles d'hospitalisation et au bloc opératoire de la Chirurgie. Les problèmes d'exiguïté de locaux et de certains appareils techniques ont été évoqués par le Médecin Colonel Illo Almoustapha, responsable du service. A l'issue de cette visite, M. Brigi Rafini a tenu une réunion avec tous les responsables de l'hôpital national de Niamey.

« Je voudrais qu'on puisse échanger pour voir comment on peut se ressaisir vous et nous ensemble pour faire de l'hôpital national un outil opérationnel, fonctionnel et moderne. J'ai vraiment eu mal au cœur quand j'ai visité certains services, et je voudrais qu'on échange pour savoir quelles sont les grandes priorités ici, quelles sont les dispositions que nous devons ensemble prendre. On a vu que souvent, on fait des investissements, et après, ces investissements ne produisent pas les effets escomptés. Cela veut dire qu'il y a un problème à tous les niveaux. Aussi bien au niveau de l'Etat, qui ne fait pas peut-être tous les efforts nécessaires, mais il y a peut être aussi la part des ressources humaines qui ont leur partition à jouer. Je crois que l'hôpital national nécessite véritablement un plan d'urgence » a indiqué le Premier ministre. Après cette introduction, la parole a été donnée au Directeur général de l'hôpital national de Niamey, M. Samba Boubacar, qui est à la tête de l'institution depuis trois mois. Il a souligné avoir déjà procédé à une étude diagnostic des problèmes de l'hôpital, et qui a abouti entre autres, à la nécessité de procéder à une extension du service des urgences, et à une nouvelle organisation du travail.

Quant au Pr Eric Adeossi, il a indiqué que les problèmes de l'hôpital de Niamey se situent à deux niveaux : « Il y a des problèmes qui sont liés au système de santé en lui-même, et des problèmes qui sont propres à l'hôpital. Pour en revenir aux problèmes de l'hôpital liés au système de santé, il faut dire que le premier point sur lequel on doit agir, c'est le niveau de référence de l'hôpital. Nous sommes un hôpital de 3ème niveau de référence, mais nous faisons plus de dispensaire de 1er niveau, que de 3ème niveau. Il va falloir que le niveau périphérique prenne en charge les malades, surtout qu'on a envoyé  des médecins partout ; et qu'on nous envoie que les malades qui nécessitent un degré de technicité plus élevé pour arriver au diagnostic et au traitement. Le deuxième point, c'est le financement du système de santé. Les patients, quand ils arrivent ici, sont obligés de tout acheter avant d'avoir droit au soin. Je pense qu'il faut mener une réflexion globale pour que l'accès au soin soit amélioré. Sur le problème du personnel, des mesures ont déjà été prises, et des correspondances ont été envoyées à tous les services  par le Directeur général, pour rappeler au personnel le respect des horaires de service et lui demander de se remettre au travail. A tous les niveaux, les départements vont se réunir pour re-sensibiliser les gens sur la notion de service public,  ainsi que sur leur contribution à l'amélioration de la santé », a dit Pr Eric Adeossi.

Parlant de la vétusté du matériel technique, il a souligné que l'hôpital travaille pour la plupart, avec du matériel reçu sous forme de don. «  Il y a très peu de nouveaux matériels achetés. Au-delà de l'achat du matériel, il faut penser à l'amortissement. Les appareils ont une durée de vie légale. Nous, on les utilise au-delà de cette durée de vie. Nous avons des appareils qu'on utilise depuis 15 ans, alors que leur durée de vie n'excède pas 5 ans. Et quand ils tombent en panne, on n'a pas de pièces de rechange parce qu'en Europe ils ont cessé de les fabriquer », a ajouté le  Pr Eric.  Il a enfin évoqué la nécessité de procéder à une extension du service des urgences, et l'amélioration de l'accueil au sein de l'hôpital national. Sur cet aspect, le Haut Commissaire à la Modernisation de l'Etat, M. Oumarou  Saley, a donné d'amples explications sur les projets en cours, en étroite collaboration avec ses services, pour soulager les souffrances des malades. Tous les autres médecins-chefs des services ont tour de rôle pris la parole pour exposer les difficultés auxquelles ils sont quotidiennement confrontés dans leur travail.

En clôturant la réunion, le Premier ministre, Chef du gouvernement, s'est réjoui de ces échanges qui ont permis d'appréhender les vrais problèmes de l'hôpital national de Niamey. « Le diagnostic a déjà été fait et il ne reste plus qu'à poser des actions. J'ai eu mal en visitant l'hôpital et je pense que nous devons faire quelque chose tout de suite. Il faudrait que le personnel prenne en main l'hôpital. A partir de maintenant, il faudrait que nous nous plaçons dans la logique de l'action. Pour le service des urgences, il y a véritablement des urgences. Nous sommes disposés à vous appuyer de toutes nos forces », a dit M. Brigi Rafini à l'adresse des  responsables de l'hôpital national de    Niamey.

OUMAROU MOUSSA

Le Sahel

Commentaires   

 
0 #1 facky 2012-03-26 13:46
:cry:
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0 #2 Hali 2012-04-13 16:47
Le plusgros problème de cet hopital, c'est le personnel! Certains agents se croient irremplaçables et n'en font qqu'à leurs têtes. A croire u'ils viennent travailler à l'hopital, juste parcequ'ils n'ont pas d'autre choix! Les malades sont super maltraités, car en plus, personne ne porte plainte contre ces incompétants réunis soit disant pour sauver des vies et soulager nos maux!
Un hoital où des prélèvements se perdent! que Dieu nous vienne en aide et que les dirigeants prennentleurs responsabilités .
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0 #3 Rama 2012-07-01 10:46
C'est très bizarre cette tendance qu'on nos dirigeants de ne se rendre compte des difficultés que vivent nos populations que de manière fortuite. Cela traduit tout simplement une déconnexion totale d'avec la réalité de ceux-là même qui les ont élus et pour qui ils sont sensés travailler.
Mesdames et Messieurs d'en-haut si vous aviez la décence de faire prendre en charge vos familles et vous même dans nos structures publiques au lieu de les envoyer avec l'argent de nos impôts dans des cliniques privées mafieuses ou à l'extérieur, vous saurez. Vous saurez la réalité du peuple... Malheureusement , et particulièremen t dans notre contexte l'ivresse du pouvoir et la valse des "TOUDIKOYE" vous amènent au delà de l'aveuglement. Alors réveillez vous et ayez au moins "TCHISHINKASSA" .Vos évacuations contribuent à développer d'autres systèmes alors que le notre régresse dans un état pire que post-colonial!
:cry:
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