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ecole non termine Maradi

Deux blocs de 3 classes à l’école Maida Mamoudou,  deux autres blocs identiques à l’école Noma Kaka 1, un bloc à Noma Kaka 2, 2 blocs de R2 au CES Raouda, … Dans les établissements scolaires publics de la ville de Maradi et de sa région, le spectacle des chantiers non terminés, agresse les yeux du visiteur. Des chantiers tout simplement abandonnés, depuis trois à quatre ans et pour certains, depuis déjà 2012 !

Quel est l’ampleur du phénomène dans les écoles publiques de la région de Maradi ? Quel est son impact sur la scolarisation des enfants de la région ? Qui sont les principaux responsables de cette forfaiture ? Enquête autour d’un gros scandale qui prive des milliers d’enfants de la Région de leur Droit à l’Education !

Vendetta infrastructurelle !

Ce sont des centaines de salles de classes en construction qui sont présentement abandonnées depuis 2012 dans les écoles primaires de la région de Maradi. « Un peu partout, le spectacle des classes non finies est la première chose qui nous accueille… », déplore le nouveau Directeur Régional de l’Enseignement Primaire (DREP) monsieur Maman Abdou Namadi. En effet, confirme-t-il après avoir fait le tour de la région, « il est rare de rencontrer une école qui n’a pas son chantier abandonné ».

Selon des sources proches de la DREP et du Gouvernorat de Maradi, quelques 436 classes abandonnées ont été recensées dans les écoles primaires publiques de la région. Les départements de Tessaoua, Guidan Roumdji, Mayahi et la Ville de Maradi arrivent en tête de ce décompte scandaleux. En effet dans les confins des départements et des communes, loin des yeux des responsables nationaux et des journalistes, la fréquence des chantiers abandonnés prend l’allure d’une véritable vendetta infrastructurelle. Là-bas, certains entrepreneurs ont poussé l’outrecuidance jusqu’à aller nuitamment démolir le peu qu’ils ont construit pour récupérer les briques. D’autres ont disparu dans la nature avec l’argent de la main d’œuvre locale qu’ils ont sollicitée…

Au niveau du secondaire, les statistiques exhaustives ne sont pas encore disponibles, mais selon des informations en provenance des Direction Départementales (DDES), plus de 100 chantiers de classes sont abandonnés dans les collèges et lycées de la région.  D’ores et déjà, des chantiers R1 R2 abandonnés sont visibles au CES Raouda, CES Bagalam, LBD, CES Jinguilé et dans bien d’autres collèges et lycée dans les départements.

La « maladie des chantiers abandonnés » touche tous les secteurs de l’éducation publique. A la Direction de l’enseignement professionnel, le scénario est identique, voire plus dramatique. Au centre d’apprentissage de la Commune 1 par exemple un bloc de 3 classes est à l’abandon depuis plus de 4 ans, un autre a le toit totalement arraché. La seule classe en bon état c’est celle construite gratuitement par la Société MIGAS. A l’université Dan Dicko Dan Koulodo de Maradi, sur le deuxième site, trônent des chantiers à étages qui ne sont toujours pas finis depuis deux ou trois ans. C’est donc tout le secteur de l’éducation publique qui est gangrené par cette maladie.

Un dernier fait à relever, l’abandon des chantiers dans la région de Maradi, a commencé en 2012 avec 8 classes au compteur, pour exploser littéralement entre 2013 et 2014…

25 000 élèves sinistrés

Même en raison de 50 élèves par classe, au bas mot, ce sont quelques 25 000 élèves de la Région de Maradi, tous ordres confondus, qui sont spoliés de leur « Droit inaliénable » à l’Education. En raison de 1000 élèves par établissement, c’est l’équivalent de 25 écoles qui ont été fermées pendant plus de 3 ans. En terme de concentration, c’est comme si l’on fermait la quasi totalité des écoles primaires de Maradi pendant ces trois années. Une contingence malheureuse qui va sans nul doute plomber tous les indicateurs régionaux d’accès et d’accessibilité à l’éducation. Au delà des chiffres, le spectacle des enfants exposés sous des arbres, dans des paillotes sommaires ou même dans ces cubes de bétons abandonnés sans toit et fenêtre, surtout en ce mois de fortes intempéries, a de quoi révulser et révolter le plus passif des nigériens. Aussi cette situation inique,  prive au moins 500 jeunes diplômés nigériens d’accéder à la fonction enseignante où de la pratiquer dans des bonnes conditions. Telles sont les conséquences directes de cette immense spoliation.

Autres conséquences, les chantiers abandonnés sont à la base l’arrêt de la programmation de la construction de salles de classes dans les établissements scolaires publics du Niger depuis 2015. La gabegie et la confusion étaient telles qu’il fallait arrêter. En effet, depuis cette date, aucune classe n’a été construite. Et rien n’est fait pour relancer le programme de construction de classe ni même en informer l’opinion sur les raisons de son gel. A l’évidence ce « dossier » est devenu un vrai capharnaüm  que, mêmes  les inspecteurs d’Etat et autres enquêteurs de la HALCIA contournent allègrement pour ne pas se perdre dans les taillis.

Et pourtant, l’argent des contribuables nigériens, des « pays amis » et des institutions internationales est en jeu. Si l’on tient compte du fait que la construction d’une classe est (sur)facturée autour de 7 millions par nos entrepreneurs, c’est donc au bas mot des marchés de plus de 5 milliards qui sont au cœur de cette grosse arnaque.

Entrepreneurs indélicats

Nul besoin de chercher trop loin pour identifier les premiers responsables de ce qui ressemble fort bien à une véritable escroquerie. Une cinquantaine d’entrepreneurs tant locaux que nationaux, ayant tous pignon sur rue, dont nous tairons les noms pour les besoin de la suite de l’enquête, y sont directement impliqués. Les entrepreneurs locaux ont bénéficié des marchés régionaux, tandis que les entrepreneurs des autres régions, principalement de Niamey, ont décroché les leurs depuis la portion centrale. Pour l’essentiel, leur manège consiste, après avoir décroché un ou plusieurs marchés publics, à placer un chantier sommaire et commencer l’édification d’un cube, pour après courir derrière les régies financières à la recherche d’un décompte.

D’après nos enquêtes, certains entrepreneurs ont déjà touché jusqu’à 40% du montant du contrat alors que le taux de réalisation physique vérifiable de leur chantier ne dépasse guère 20% selon la plupart des spécialistes que nous avons consultés. La quasi-totalité des entrepreneurs ont touché ces fameux décomptes. Les Directions régionales de l’ordonnancement et du trésor ne veulent nullement communiquer sur les montants perçus par les entrepreneurs. « On n’a pas ce droit », nous confirme un des responsables des régies financières régionales.

Du côté des entrepreneurs, l’on reconnait que la profession est investie de plus en plus par des aventuriers. « Parmi nous, beaucoup n’ont pas été corrects », reconnaissait Elh Dan Foulani Président du syndicat des entrepreneurs de Maradi lors d’une interview à l’occasion d’une réception d’un bâtiment de Maradi Kolliya dont les infrastructures souffrent du même abandon. Mais l’on dispose également d’un argument massue. Selon des sources qui leur sont proches, la plupart des entrepreneurs ont déjà dépensé des sommes équivalentes ou supérieures aux décomptes perçus dans le cadre de l’obtention du marché…

La Renaissance par le bas !

« Mais c’est quoi ces histoires ? » avait un jour lâché sa colère, l’ex enseignant, le Ministre Kalla Moutari devant la récurrence de ces chantiers abandonnés, tout au long de son périple dans la région, en décembre dernier. Il était certes venu pour l’évaluation de la campagne agricole 2017, mais il ne pouvait détourner ses yeux, comme d’autres l’ont fait, sur ce scandale évident. Devant des maires et des préfets médusés qui tentaient de lui faire comprendre qu’ils n’étaient même pas au courant de l’installation de certains chantiers, il leur a asséné : « Vous avez le pouvoir et le devoir de contrôler et même d’arrêter n’importe quel chantier, même s’il vient d’en haut… Prenez vos responsabilités ! Car souvent les informations qui nous remontent, ce n’est pas ce qu’on voit… »

Depuis, « le dossier » a pris une autre envergure. Le Gouverneur Zakari Oumarou s’implique personnellement dans la recherche des solutions. Une enquête systématique serait en cours ou même peut être bouclée sur la situation exacte des chantiers abandonnés communes par communes avec toutes les références des contrats, les noms et les contacts des entrepreneurs, ainsi que les montants des décomptes perçus. Après quoi confirment les sources proches du Gouvernorat de Maradi, il sera demandé tout simplement aux entrepreneurs de finir les chantiers ou rembourser les sommes perçues.

« Le mal est déjà fait ! », soupire Elh Mahamadou Labo, un des portes paroles du PNDS dans la région. « Ces gens là sont dans leur majorité militants du PNDS et des partis alliés… quel service ils sont en train de rendre à ce régime et à ce pays qui leur ont rendu tant de services en se débrouillant pour leur octroyer tant de marchés ? Ils sont tout simplement en train de tirer la Renaissance par le bas ! », conclut-il plein d’amertume.

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El Kaougé Mahamane Lawaly, Le Souffle Maradi.

Commentaires   

+1 #1 GASKYA RABAGARDAMA 05-02-2018 01:18
Quand les dirigeants veulent bien faire en construisant dess classes en matériaux définitifs afin de décourager les Parents-Amis-Connaissances pyromanes qui, pour se remplir les poches, mettent de feu aux classes en paillotes - ça, c'est endigué à la Capitale. Plus moyen de trouver leur compte de 50/50 avec des Maires gloutons en brûlant les classes, ils ont changé de tactique: "USER DE L’AFFINITÉ POLITIQUE À L’INTÉRIEUR DU PAYS (à Niamey, c'est proches des décideurs, voyant, flagrant et très facilement déclarable), DÉCROCHER LA CONSTRUCTION DES CLASSES EN MATÉRIAUX DÉFINITIFS OÙ LA GROSSEUR DE L'AVANCE EST PRESQUE ÉGALE AU MONTANT TOTAL DES TRAVAUX; ET, S’ÉTABLIT LE 50/50 ENTRE LES PRESTATAIRES ET LES DÉCIDEURS LOCAUX QUI SE FROTTENT LES MAINS AU DÉTRIMENT DE L’ÉCOLE NIGÉRIENNE". Allez-y enquêter, et vous trouverez que ce sont les habitués protégés du fuyard tel qu'avec l'autre qui ne finira jamais l’amphithéâtre de l'UAM à Niamey. Nos problèmes au Niger, c'est l'impunité car, il suffit aux arnaqueurs et autres escrocs dilapidant les biens publics, de mouiller la bouche de quelle que autorité que ce soit ou être du rouage politique pour se croire au dessus de la loi, intouchable!
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+1 #2 tanko 05-02-2018 07:35
15000 classes en 5 ans qui dit mieux
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-1 #3 bagague 05-02-2018 09:18
Et avec tous échecs,le CAMES n'a eu mieux à faire que de discerner un prix au président de la République.

C'est ça le régime de la renaissance:détournement de denier publique à grande échelle
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+1 #4 Amadou 05-02-2018 10:21
Ça c'est régulier, faite un tour à l'école Seyni alzouma de Lossa goungou, Niamey
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0 #5 BRS 05-02-2018 10:27
15 000 classes sans compter celles de la région de Maradi
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-1 #6 gozambiro 05-02-2018 15:47
Ils ont raison, un peuple averti et instruit n'est plus facile à manipuler, voilà pourquoi son éducation n'est plus une priorité. C'est aux pauvres et, au-delà, toute l'Afrique de se débrouiller pour faire reculer les frontières des ténèbres ! Autrement, les "suprématistes" blancs continueront de croire que le "Nègre" n'est pas bons pour le savoir et qu'il n'a rien fait pour l'Histoire !
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0 #7 Naba 08-02-2018 19:06
Rendez le niger aux nigeriens et ils sauront en faire quelque chose de bon.
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0 #8 gazere 08-02-2018 19:09
Au lieu d'aller sur le terrain constater par lui meme les consequences de sa trahison, issoufou prefere gaspiller l'argent du contribuable pour aller se promener dans les enterements, les investitures, les reunions inutiles. Chaque voyage de issoufou suffit pour finir une ecole avec toutes les options, mais helas quand on n'aime pas un pays et son peuple, on n'agit pas autrement.
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